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Jean-Baptiste Loin

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La peinture thérapie

L’art-thérapie en général et la peinture-thérapie en particulier connaissent aujourd’hui un succès sans précédent, sans doute parce qu’elles s’inscrivent parmi ces psychothérapies qui évitent la verbalisation. Or, à cause même de ce succès, les méthodes se multiplient, quelquefois au dépens de la qualité.

Par Jean-Baptiste Loin

Rappelons tout d’abord que la peinture-thérapie, comme toutes les art-thérapies, n’est pas de l’art, pas plus qu’un apprentissage de l’art, qu’elle n’est pas non plus une forme d’expression artistique pour malades mentaux, et encore moins un moyen de rééducation psychomotrice.

Lorsqu’on parle de peinture-thérapie, on fait référence à une méthode basée sur l’acte de peindre et permettant d’amener un patient à un changement positif dans son appréciation du monde et de lui-même.

Depuis sa naissance dans les années cinquante, l’art-thérapie, souffrant sans doute de l’association impossible des notions d’art et de thérapie, a pu prendre le nom de psychothérapie par la créativité, de psychothérapie par les expressions plastiques, de thérapie par l’art ou de psychothérapie médiatisée, mais quels que soient ses noms ou ses redéfinitions, elle a toujours eu, entre autres buts, un enrichissement sensoriel et émotionnel, une gestion des états de chaos ou de séparations, et une ouverture identitaire…

Créer, dans le cadre de la peinture-thérapie, c’est donc, comme le dit Jean-Luc Sudres, “ se créer soi-même, se mettre en forme et en œuvre, se projeter dans un processus de transformation de soi dans une culture et une société données ”.

Au plan concret, la clientèle des ateliers de peinture-thérapie se compose de personnes, certes pas “ artistes ” mais douées tout de même d’un minimum de créativité, que la peinture va pouvoir inciter et mobiliser. Pas plus que les art thérapeutes ne sont des Picasso, le patients ne deviennent des peintres à l’issue de leur cure ; et, à défaut de talent, la seule chose qu’il leur soit demandée est de trouver du plaisir dans l’exercice de la peinture.

Comment les couleurs et les lignes peuvent-elles guérir ?

Suffisamment sensibilisé par le succès grandissant de la chromothérapie, le public actuel est tout à fait capable de comprendre le pouvoir des couleurs sur le psychisme.

En peinture-thérapie, utiliser les couleurs en phase avec le ressenti du moment revient souvent à traduire des émotions à l’état pur, avant même que des mots ne viennent les traduire.

Quant aux traits et aux formes, ils expriment également les émotions, mais par le truchement de la gestuelle. Tracer une courbe ne traduit évidemment pas la même émotion que de barrer la feuille de lignes zigzaguantes ou brisées. La colère ou l’amour ne susciteront pas les mêmes lignes.

Or, en traçant ses lignes et en posant ses couleurs sur la toile, le patient non seulement exprime ses émotions mais reçoit une influence de sa production picturale. Et c’est un véritable dialogue entre le peintre et sa toile qui commence très vite à s’instaurer, autorisant éventuellement un dépassement des résistances et des blocages, et débouchant sur des prises de conscience à la faveur desquelles le processus thérapeutique proprement dit va pouvoir s’enclencher.

Peu à peu, bien sûr, le patient affirmera sa capacité à exprimer son ressenti, et, à travers le plaisir de la création, développera une confiance en lui-même et une estime de soi inconnue jusqu’alors.

Peu à peu, il prendra l’habitude, en contemplant ses œuvres, de regarder ses émotions avec une certaine distance, les distinguant de lui-même. Une colère exprimée sur la toile, en devenant extérieure, ne présentera plus le même caractère personnel et menaçant. En apparaissant sur la toile, elle prouvera qu’elle peut quitter le sujet pour entrer dans un objet.

Et cette espèce de “ magie ” est essentielle pour guérir, et poursuivre son développement personnel.

Différentes tendances

Les processus thérapeutiques présidant à cette discipline, peuvent relever de la psychanalyse comme de la psychologie transpersonnelle, ou encore des approches comportementales ou systémiques.

De nombreuses classifications ont d’ailleurs été proposées pour différencier les tendances. On peut, par exemple, parler d’une :

· art-thérapie structurée, lorsqu’il s’agit de méthodes reposant sur la psychologie cognitive, comportementale ou gestaltiste ;

· art-thérapie associative, quand les techniques font appel à l’une ou l’autre des psychanalyses, freudienne, junguienne ou lacanienne ;

· art-thérapie interactionnelle, lorsqu’il y a mélange des deux genres précédents. Il faut d’ailleurs noter que la tendance la plus marquée, actuellement, est certainement ce mélange des genres.

Mais à l’intérieur même de chacune de ces approches, la peinture-thérapie peut fonctionner sur les bases de :

· l’expression, c’est à dire l’expulsion de ses démons intérieurs ;

· la catharsis, ou la purification par les passions ;

· le transfert, ou la projection des sentiments établis durant l’enfance, sur la situation thérapeutique actuelle ;

· la sublimation, autrement dit le développement des potentialités dans la réalisation du sublime.

Comme on le voit, la peinture-thérapie autorise tout autant le réveil des potentialités personnelles, que l’expansion de la conscience jusqu’aux sphères transpersonnelles.

Au plan du travail pictural proprement dit, les techniques varieront, et le patient pourra peindre tout simplement d’après carte postale, recopier un tableau classique, de mémoire ou directement d’après modèle, associer sa gestuelle picturale à de la musique, réactualiser certains types de peinture sacrée comme les icônes ou les mandalas, ou encore essayer de reproduire ses rêves… et même, quelquefois opérer les yeux bandés dans le but de laisser apparaître les dimensions inconscientes des vécus corporels et psychiques…

Et, bien sûr, au-delà de la peinture proprement dite, des techniques comme le collage, le modelage, la sculpture, la poterie ou la céramique peuvent quelquefois trouver leur place dans l’atelier de peinture-thérapie, bien que certains protocoles, dans ces disciplines, s’en démarquent franchement.

A qui s’adresse-t-elle ?

La peinture-thérapie est, le plus souvent, pratiquée en libéral, associée ou non à certaines professions éducatives ou sociales, mais aussi en milieu hospitalier où elle aide surtout les malades présentant des troubles d’origine nerveuse ou psychologique.

En libéral, la peinture-thérapie est fréquemment conseillée comme complément à une psychanalyse ou, inversement, comme voie psychothérapeutique de secours pour tous ceux qui ont des difficultés avec la parole.

Les cures, qui peuvent durer quelques années, sont prescrites préférentiellement aux enfants ou aux adolescents en échec scolaire, et aux personnes âgées, mais aussi, bien sûr, aux adultes, ainsi qu’aux couples, aux familles et aux groupes.

De plus, les personnes psychiatrisées, déprimées, malades ou accidentées, intoxiquées, anorexiques ou boulimiques, en deuil, en instance de divorce, au chômage, en réorientation professionnelle ou personnelle, surmenées intellectuellement, sexuellement ou professionnellement, ou tout simplement désireuses de s’exprimer et de partager, trouveront dans la peinture-thérapie une voie thérapeutique leur convenant tout particulièrement.

Enfin, d’une manière plus générale, les problèmes émotionnels, les troubles du comportement, les difficultés d’adaptation, les problèmes psychologiques liés aux handicaps sensoriels et physiques, constituent les indications les plus spécifiques de la peinture-thérapie.

A l’extrême, pour le psychotique, la peinture-thérapie pourra canaliser l’activité mentale, structurer l’espace intérieur, et donner du sens aux sensations et aux émotions. Mais nous sommes là dans une application toute psychiatrique de cette art-thérapie.

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A lire…

· L’adolescent en art-thérapie ” - Jean-Luc Sudres – Dunod.

· L’art-thérapie ” – Jean-Pierre Klein – PUF.

· Manuel d’art-thérapie ” – Annie Boyer – Privat.

· L’expression : psychothérapie et création ” - Jean Boustra - E.S.F.

· La peinture et la création du pire ” – Claude Lecoq - Acephale.

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Adresses

· FFAT - Fédération française des art-thérapeutes – 26 rue Brézin – 75014 Paris.

· Association art et thérapie – 2 Levée des Grouëts – 41000 Blois.

· ADAEC art cru – Association pour le développement des ateliers d’expression créatrice – 34 rue Chantecrit – 33000 Bordeaux.

· Société française de Psychopathologie de l’expression – 27 rue du Maréchal Joffre – 64000 Pau.

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L’art thérapie dans l’histoire

Sans doute avant toute autre Tradition, c’est avec le Chamanisme que l’art-thérapie semble le plus volontiers renouer. “ Le Chamane ”, nous dit France Schott-Billman, “ était un art-thérapeute par définition, un artiste total qui dansait, chantait, contait, mimait, et savait quelle forme employer pour permettre à son patient d’endosser le pathogène ”.

D’autre civilisations antiques, bien sûr, ont également su conserver un espace commun à l’art et à la thérapie, espace où la médecine était un art, et l’art le plus sûr moyen de prendre conscience des processus pathologiques dans lesquels l’individu s’enferme si facilement.

Mais l’art, alors, avait d’autres fonctions, d’autres raisons d’être, et, en un mot, un tout autre sens. N’oublions pas qu’en quatre malheureux siècles, notre culture est passée de l’âge classique à l’âge moderne, en transitant notamment par le baroque et le romantisme ; évolution qui, à chaque étape, bouleversait complètement la définition du concept d’art et le statut de l’artiste, à tel point qu’aujourd’hui, les arts, tels que nous les connaissons et pratiquons, n’ont plus grand chose à voir avec ceux qui, dans l’antiquité et chez les primitifs, s’harmonisaient parfaitement avec la thérapie.

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Qui sont les peintres-thérapeutes ?

Il y en a de toutes sortes. Et tout d’abord, aux deux extrêmes, d’une part certains artistes “ au chômage ”, que l’aubaine de cette récupération thérapeutique aura au moins réussi à recycler, et d’autre part certains psy tout à fait compétents en tant que tels mais à peu près incapables d’accéder à l’essence de l’art.

Ainsi on se trouve en présence de deux dérives : d’un côté, les artistes pas trop psy laissent la peinture révéler chez leurs patients ce qu’elle veut bien révéler ; et de l’autre, les psy possédant tout juste une technique artistique insistent lourdement sur l’analyse.

D’autres, fort heureusement, équilibrent assez bien les deux aspects. Ce sont généralement d’authentiques artistes, que la psychothérapie a séduit, et qui, après de sérieuses études, en ont fait leur nouveau métier.

D’autres encore, refusent carrément toute possibilité d’amalgame entre la peinture et la thérapie, et préfèrent se choisir une autre bannière.

Quoi qu’il en soit, la plupart du temps, les peintres-thérapeutes ne sont pas vraiment des artistes, ni des créateurs, mais des sortes de conseillers ayant suivi une petite formation psychothérapeutique et maîtrisant suffisamment la technique de la peinture.

Juillet 2001






Buddhaline

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