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Kangyour Rinpoché

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La patience

Par Kangyour Rinpoché

La patience est, en essence, la capacité de supporter la souffrance sous toutes ses formes. Cette vertu est comparable à un terrain fertile où les fleurs de trois disciplines peuvent s’épanouir en répandant le parfum suave de leurs qualités. Pareille aussi à la clôture qui protège ces fleurs, la patience présente trois aspects : i y a d’abord la patience qui permet d’assumer le fardeau des souffrances et des difficultés rencontrées lorsqu’on œuvre à son propre bien et à celui des autres ; puis la patience d’accepter, imperturbablement, tous les maux que les autres peuvent nous infliger ; et enfin, la patience qui consiste à na pas craindre les enseignements profonds, comme ceux qui portent sur la vacuité.

In n’y a pas de limite au nombre de choses susceptibles de nous nuire, de même qu’il est impossible d’éliminer toutes les épines d’une forêt. Pour ne pas que ces dernières nous blessent, il faut soit éviter de se rendre dans cette forêt, soit couvrir de cuir la plante de nos pieds. La pensée que nous ne voulons pas de quelque chose engendre en nous un ressentiment, qui à son tour, provoque une colère nous rend malveillants, nous-mêmes, et les autres par contrecoup. Au départ, il ne s’agit que d’une pensée, en l’occurrence la pensée qu’une chose particulière nous est indésirable laquelle engendre à son tour un sentiment de répulsion. Si nous parvenons, par ce qu’on appelle l’ascèse da la patience, à contrôler cette seule impulsion avant qu’elle devienne trop forte, le fardeau qu’elle représente et qui nous semble insupportable devient alors une aide, et le besoin de se mettre en colère disparaît. Comme dit le proverbe : « Frappe le cochon sur le nez ! Nettoie la lampe à beurre tant qu’elle est chaude ! »

Au moment où quelqu’un nous critique, les mots, l’ouïe et la conscience auditive entrent en contact en causant une forte sensation de déplaisir. C’est un peu comme si une flèche nous transperçait le cœur et le mettait en pièces. Pourtant, à bien y regarder, ces paroles sont pareille à des échos. Même s’ils semblent atteindre leur but, les mots en eux-mêmes n’ont aucun pouvoir d’infliger une douleur réelle. Or que se passe-t-il ordinairement dans ce genre de situation ? Notre habitude de pensée, qui ne fait pas de distinction entre le mot et ce qu’il désigne, se fixe sur l’idée que les paroles malveillantes que nous entendons nous nuisent réellement par leur nature même. C’est ainsi que s’instaure l’interaction de l’agresseur et de l’agressé, laquelle nous perturbe et nous fait souffrir.

Tout ce qui nous cause du tort dans le monde où nous vivons- les coups, le vol, la défaite, les médisances, etc.-, ainsi que leurs interminables effets que sont les souffrances du corps et de l’esprit, tout cela nous semble dû aux autres. Mais, tout comme l’écho du cri que nous venons de pousser, ces maux proviennent en fait de nous-mêmes. Si nous n’avions pas le moindre sentiment de « moi », les autres n’auraient personne à qui nuire.

A bien y réfléchir, notre agresseur, plutôt que de nous faire du mal, nous fait un grand bien, puisque la patience s’acquiert dans l’adversité. C’est grâce à l’ennemi qui nous cause du tort que nous pouvons embarquer sur la nef de la patience pour traverser l’océan du Grand Véhicule : et c’est ce navire qui nous permettra de gagner le précieux joyau de l’esprit d’Eveil. La cause suprême du bonheur et du bien ultime, pour les autres comme pour nous-même, dans l’immédiat comme à long terme. Dès lors, tout ennemi malfaisant doit être considéré comme la source de notre patience et mérite que nous l’honorions à l’égal du Dharma lui-même.

Considérons enfin la patience du point de vue de la réalité ultime. Si l’on se demande où est la réalité de ce qui nous agresse, en la cherchant aussi bien dans l’agresseur que dans l’agressé ou l’acte d’agression, on constate qu’on ne peut la découvrir nulle part. Or, comme nous l’avons expliqué auparavant, quand certaines circonstances se trouvent réunies, c’est l’esprit qui, en s’appropriant des circonstances, donne soudain naissance au problème dont nous souffrons. Et, en examinant à son tour l’esprit, on constate qu’il ne possède pas de caractéristiques immuables.

De même que s’effacent, à peine tracées, les lettres que l’on écrit avec le doigt sur l’eau, la violence des pensées hostiles disparaît, incapable de se maintenir puisque, par nature, elle ne doit son existence qu’à un concours de causes et de conditions. A cet instant même se manifeste un état parfaitement pur et spacieux, la grande vacuité primordiale, libre de tout concept. Préserver cette dimension spacieuse qui est simplement présente et dans laquelle il n’est rien à perdre ni rien à gagner, rien à prendre ni rien à rejeter, la préserver, donc, sans être distrait par quoi que ce soit d’autre, c’est ce que l’on appelle, sur la profonde Voie Médiane, « la purification des émotions négatives dans la réalité ultime ».

La patience présente donc trois aspects : le fait d’assumer de bon cœur les épreuves et les difficultés, celui de rester imperturbable quand les autres nous nuisent, et celui de ne pas avoir peur de la réalité ultime. Si ce dernier aspect de la patience vient à manquer, les deux autres ne permettent pas de dépasser les voies mondaines ; et si les deux autres manquent ou sont trop faibles, on aura beaucoup de mal à acquérir les qualités propres à la voie et au fruit de la voie en pratiquant la générosité et les autres vertus transcendantes, quel que soit son désir d’y parvenir. Il en sera comme d’un voyageur qui, sans compagnon ni escorte, aurait pris une route infestée d’ennemis, de bandits et de bêtes féroces. Il lui sera extrêmement difficile de parvenir à destination. Exhortons-nous donc nous-même et entraînons-nous à la patience en cultivant le courage.

Source : Espace facebook Bouddha Bouddhisme Enseignements
http://www.facebook.com/Bouddha.Bouddhisme.Enseignements

Songtsen Chanteloube


www.chanteloube.asso.fr





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