Lorsque l’on a une douleur physique réelle et que l’on se plaint d’avoir mal, au lieu de réduire la douleur, on l’augmente. On ajoute une autre souffrance à une autre souffrance. Alors que si l’on coupe court à toutes pensées en posant simplement son esprit sur la douleur, la douleur diminue.

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La pacification de l’esprit

Par Yongey Mingyour Rinpoché

MINGYUR RINPOCHE À ST LEON SUR VEZERE

du 20 au 21 Octobre 2001 (1ère partie)

Tout d’abord quelle que soit la tâche que nous accomplissons, qu’elle soit ordinaire ou mondaine, ou liée au Dharma, l’intention est une chose essentielle.

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que notre esprit joue un rôle important. Il a une énorme puissance. Ce qui cause le bien dans ce monde, c’est l’esprit, et ce qui cause le mal c’est aussi l’esprit. Toutes les difficultés que nous connaissons et toutes les souffrances viennent également de cet esprit. Il en va de même pour la paix et le bonheur dans ce monde.
Ainsi, que ce soit le bonheur de ce monde ou la souffrance de ce monde, tout cela ne provient pas de l’extérieur mais de l’intérieur de notre propre esprit.

De la même façon, ce qui décide de ce que nous faisons est en harmonie ou non avec le Dharma (les enseignements du Bouddha), c’est ce qui est à l’intérieur de nous, et c’est ce qu’on peut appeler la " motivation ".

Par exemple, vous venez ici pour écouter le Dharma. Que pense-t-on d’habitude quand on vient écouter le Dharma ? On pense qu’écouter le Dharma, c’est bien, c’est positif.

La motivation, ou l’intention qui est à l’intérieur de nous, est que nous allons écouter le Dharma pour être bénéfique à tous les êtres. C’est par le biais de cette motivation que le Dharma devient un Dharma authentique.

Si l’on mélange le Dharma à des émotions négatives, par exemple avec de la jalousie, et que l’on se dit : " Celui- là a reçu tel enseignement. Je vais en recevoir d’autres et faire mieux que lui ", ou bien si notre intention est mêlée de colère, ou de haine et qu’on pense :

" Il a reçu tel enseignement ! Je vais en recevoir plus, et je vais ainsi l’écraser, être supérieur à lui… ", dans ce cas, le Dharma n’est pas vraiment authentique. Sachez cela.

On doit être capable de distinguer entre la bonne et la mauvaise intention. Si notre intention est mauvaise, on doit faire de son mieux pour l’éradiquer complètement, au moins la réduire le plus possible.

Il y a une histoire au sujet du roi Tsongtsen Gampo qui était un roi extrêmement puissant, surtout grâce à son ministre Ga Tsonsten. Il était si puissant que les pays aux alentours comme l’Inde et la Chine avaient peur de lui. Ils se disaient que s’ils arrivaient à le tuer ils pourraient faire la guerre avec le Tibet et remporter la victoire mais que s’ils n’arrivaient pas à le tuer ils ne pourraient pas parvenir à leur but. Ils se sont donc demandé, s’il n’y avait pas un moyen de le faire mourir. C’est alors, qu’au moyen d’une ruse, ils ont envoyé une lettre au Tibet en demandant : " Quelle est la chose la plus importante au monde ? ". Ils se disaient que si le ministre était là, ils recevraient une réponse, et que s’il n’était pas là, ils ne recevraient pas de réponse. En recevant cette lettre tout le monde s’est consulté au Tibet pour répondre à la question. Il y avait des personnes qui pensaient que c’était l’or, d’autres le diamant ; d’autres disaient que ce n’était pas l’or, ni le diamant, car il y en avait beaucoup au Tibet.

Ils ont donc soumis la question au ministre qui était aveugle à cette époque, en raison de son grand âge.

Le ministre leur a répondu ainsi : " Ce n’est pas ce que vous pensez ! Le plus important au monde c’est notre désir, il n’y a rien de plus important que notre désir personnel ! ".

Cette réponse a été envoyée au gouvernement chinois qui a supposé que le ministre était au Tibet, et qu’on ne pouvait pas lui faire la guerre.

De ce fait, c’est donc bien le désir qui est le plus important au monde. La raison pour laquelle on atteint l’état de Bouddha c’est notre esprit, c’est notre intention la plus profonde. De la même façon, ce qui nous fait tourner dans le samsara c’est aussi notre esprit sous la forme de notre intention, de notre désir.

En conséquence, nous allons diriger notre désir et se dire : " Je vais écouter les enseignements pour pouvoir être utile aux autres ; même dans une petite mesure, pouvoir les aider et les amener vers l’Eveil ".

L’intention a déjà donc été abordée. En ce qui concerne la pratique, il y en a plusieurs, comme par exemple :

- la pratique de l’esprit d’Eveil, la Bodhicitta.
- la pratique du calme mental, appelée Chiné ou Samatha
- la pratique de la vacuité.

Rinpoché précise qu’au moment de l’écoute du Dharma il n’est pas question de méditer, mais de laisser simplement l’esprit détendu.
Il y a donc plusieurs pratiques possibles, mais la pratique essentielle la plus importante est celle de Chiné, la pacification de l’esprit.

La première chose à faire avant la pratique de Chiné, est de prier les trois joyaux, en visualisant le Bouddha Shakyamouni au dessus de nous, et en faisant le souhait :

" Puissè-je accomplir de manière correcte cette méditation de Chiné ". Puis, dirigez votre esprit vers les autres en pensant que nous allons faire cette pratique, non pas que pour nous-mêmes, mais pour aider tous les êtres.

Le second point est la posture physique. Il y a un lien entre le corps et l’esprit. Si le corps n’est pas dans une disposition favorable, l’esprit lui-même ne le sera pas non plus.

On parle en général de 7 points principaux pour la posture du corps :

En premier lieu, les jambes doivent être dans la position du lotus de préférence et les mains doivent être dans le geste de la méditation. En général que l’on soit un homme ou une femme, on peut mettre la main droite sur la main gauche. Si l’on veut distinguer, la main gauche doit être posée sur la main droite pour une femme, et la main droite doit être posée sur la main gauche pour un homme. En fait, il n’y a pas vraiment de différence ! (Rires).

L’explication de cette distinction est que les femmes représentent l’aspect de la sagesse et les hommes l’aspect des moyens, de la méthode. Comme symbole de cette disposition naturelle, la sagesse est représentée par la main gauche et les moyens par la main droite.
Ainsi donc, en fonction du méditant, les femmes mettent la main gauche, qui représente la sagesse, au dessus de la main droite, et les hommes mettent la main droite, qui représente les moyens, au dessus de la main gauche.

Le troisième point est la nécessité de garder la colonne vertébrale droite. Pourquoi cela ?

Dans le corps, se trouve des canaux ou des veines subtils. Si le corps n’est pas dans une position droite, ces veines sont en quelque sorte courbées, et l’esprit n’est pas à l’aise.

Il ne faut pas exagérer comme redresser son dos à tel point qu’il penche de l’autre côté.

(Rinpoché mime cette position inconfortable. Rires).

Le quatrième point est de rentrer légèrement le menton et ne pas balancer la tête à droite ou à gauche.

Le cinquième point est que les épaules doivent être dégagées, il doit y avoir un espace entre le buste et les bras.

Le sixième point est de garder la bouche légèrement ouverte. Elle doit être ni ouverte ni fermée, juste légèrement ouverte.

Le septième point est de garder les yeux ouverts et de poser son regard naturellement dans l’espace, en face de soi. Au début il est parfois utile de fermer les yeux, mais à long terme, il est préférable de les garder ouverts et de les poser naturellement ouverts devant soi.

Si l’on trouve difficile de garder les mains dans la position de la méditation, on peut les mettre sur les genoux.

C’étaient les points concernant la posture physique. Si l’on peut pratiquer par séance de méditation, comme un quart d’heure, une demi-heure, c’est bien. Mais d’une manière générale on peut pratiquer la méditation n’importe quand.

Maintenant, en ce qui concerne l’esprit, il faut que l’on se rende compte que nous avons à l’intérieur de nous des pensées liées aux émotions négatives. Elles se comportent un peu comme les perles d’un rosaire. Une perle appelle une autre perle, puis celle-ci appelle une autre, et cela sans fin. Elles se suivent les unes les autres sans interruption. Cette chaîne de pensées existe depuis que le samsara sans commencement existe. On a beau suivre ses pensées autant que l’on veut, elles ne nous conduisent jamais à la paix et au bonheur.

On peut dire que le fait de tourner continuellement dans le samsara est dû uniquement aux pensées.

On peut les diviser en trois :

- Il y a des pensées qui sont liées au passé. On pense : " J’ai rencontré telle personne ! Je lui ai dit telle chose, j’ai fait tel business, j’ai vendu ceci, j’ai étudié cela. ".

- Les pensées futures sont par exemple : " Il va falloir que je construise une maison, que je m’achète une voiture, ensuite je vais la conduire puis me trouver du travail. ".

En fait, les pensées liées au passé n’ont pas beaucoup d’utilité, le passé est le passé. Il est absolument inutile de penser aux évènements du passé. Qu’ils aient été heureux ou malheureux, que nous ayons fait des erreurs ou non, cela ne sert à rien d’y penser. Il y a des gens qui s’apitoient sur les erreurs qu’ils ont faites et se disent, " Oh la la ! C’est malheureux, je me suis trompé(e) etc…" Cela n’apporte absolument rien de penser à cela. Il ne faut pas se soucier de ces choses, ni s’en préoccuper.

En ce qui concerne les pensées futures on n’a pas aucun moyen de savoir si elles sont justes ou non, car on ne sait pas ce qu’il va arriver. Il ne sert donc à rien d’y penser.

- Il y a aussi des pensées qui sont liées au présent : " Il faut que je mange ceci, il faut que je fasse cela ".

Il y a donc ainsi 3 types de pensées : Passé, Présent, Futur.

Ces pensées ne doivent pas être bloquées. Si on essaie de les arrêter, elles ne font que se multiplier. On ne peut pas tirer avec un fusil sur les pensées, et même une bombe atomique ne peut détruire une pensée. Il ne faut pas essayer de les arrêter, mais en même temps ne pas les suivre. Quel est le point essentiel de la méditation ? C’est la non distraction. Avez-vous compris ? C’est vraiment un point essentiel. C’est juste la non distraction, ne pas être distrait.

Si vous ne l’êtes pas, c’est bien. Si vous n’arrêtez pas les pensées, mais que vous n’êtes pas distrait, c’est bien.

Il y a deux sortes d’absences de distraction. Il y a l’absence de distraction avec une référence, avec un objet, et l’absence de distraction sans référence, sans objet.

D’abord on essaie de méditer sans référence, et si on n’y arrive pas, on peut prendre un objet de concentration. Il faut rester complètement détendu. L’esprit est complètement détendu.

N’arrêtez pas les pensées, ne les suivez pas, restez simplement détendus. C’est simple, n’est-ce pas ? Il n’y a rien à penser, ni à méditer sur des déités. Il n’y a rien à faire, pas de travail à accomplir, il faut juste être détendu.

Je vais donner un exemple. Après une dure journée de labeur, détendez-vous, relaxez-vous. Imaginez que vous travaillez dans un bureau, et que votre responsable vous demande de déménager tout ce qu’il y a dans ce bureau dans un autre, et cela en une journée. Vous êtes seul(e) à faire ce travail, vous n’avez pas de véhicule, vous devez tout faire à pieds.

Votre responsable rajoute : " Si vous arrivez à déménager tout ce bureau dans l’autre bureau, dans le temps voulu, je vous donnerai assez d’argent pour passer tout le reste de votre vie sans travailler ". Et il y en a des choses de ce bureau !!!(Rires).

Face à cette situation, il y a deux attitudes possibles. La personne peut se dire :

" Oh ! Peut-être que je n’y arriverai jamais, il y a tellement de choses, c’est presque impossible de faire cela " ou bien " Si j’y arrive, je vais avoir tout cet argent, et je n’aurai plus rien à faire ". En fait, ces deux attitudes illustrent l’espoir et la crainte.

La personne du matin au soir, transporte sans arrêt des choses, sans même prendre 5 minutes pour manger. Il se trouve que cette personne (c’est-à-dire vous-même) arrive à tout déménager dans les temps. Vous allez au bureau du directeur, et vous lui dites : " J’ai réussi, j’ai tout déménagé ". Il vous dit : " Je vais vous donner tout cet argent et vous n’aurez plus besoin de travailler ".

Inutile de dire que vous êtes complètement fatigué, mais aussi entièrement satisfait, et détendu. Vous n’avez plus ni espoir, ni doute. Vous avez réussi. Vous rentrez chez vous, vous prenez un bon bain, puis vous vous mettez sur votre lit, vous soupirez : " Ahhhh ! " et vous vous laissez aller, vous êtes complètement détendu. Cela se passe comme cela, n’est-ce pas ? C’est donc comme cela, que vous devez méditer. Nous allons essayer de méditer pendant une minute. Laissez l’esprit complètement détendu. (Courte méditation).

Très bien, avez-vous des questions ?

Est-ce que c’est facile ou est-ce que c’est difficile ?

Réponse : C’est difficile !

Rinpoché : Qu’est-ce qui est difficile ?

Réponse : La position du corps. J’ai mal aux genoux.

Rinpoché : Eh bien, vous vous allongez dans ce cas-là " (Rires). Vous vous allongez du côté droit. La main droite est sous la tête, et la main gauche est allongée le long du corps et bien droite. Si vous essayez de méditer ainsi, c’est bien aussi. Mais, si vous vous endormez, cela ne va pas. (Rires). Méditez alors en marchant lentement, posément en gardant le corps droit.

Question : Vous dites ne pas être distrait, mais ne pas être distrait de quoi ?

Rinpoché : C’est une question très importante. C’est une distraction, mais qui n’a pas d’objet. Par exemple, vous pouvez dire que vous n’êtes pas distrait quand vous étudiez et quand vous ne pensez à rien d’autre qu’à l’objet de vos études. Ou bien lorsque vous conduisez, vous ne pensez qu’à conduire. Cela est une distraction avec objet. Vous n’êtes pas distrait de cet objet. Mais, dans le cas présent, il n’y a pas d’objet. Ainsi, il n’y a pas de distraction, ni d’objet de méditation. Si vous méditez sur la compassion, il y a un objet ; si vous visualisez une déité, il y a également un objet. Là, il n’y a pas d’objet.

Il y a deux points essentiels : la non-distraction est la non-méditation.

Il n’y a rien à méditer, mais il n’y a pas à être distrait. L’esprit est simplement complètement détendu. Il n’y a rien à faire. Notre esprit est simplement là. La nature de notre esprit est parfaitement pure ; il n’y a pas de manipulation à exercer sur cet esprit. Mais ce n’est pas quelque chose que l’on peut maintenir pendant longtemps. Au bout de 4, 5 secondes on perd cet état. Mais ça va, il n’y a pas d’erreurs. Ce qu’il faut faire, c’est répéter la méditation de nombreuses fois, mais en séances très courtes. Etre sans distraction, cela veut dire être complètement détendu, sans saisir quelque chose en se disant : " C’est comme ci, c’est comme ça ! ". Quand on est distrait, on s’est en quelque sorte perdu, on est plus conscient de ce que l’on est.

Par exemple quand une personne vous dit quelque chose et que vous bayez aux corneilles, puis vous lui dites après coup : " Oh !vous étiez en train de me parler, que m’aviez-vous dit ? " Cela est de la distraction, on n’est plus présent. Ce qu’il faut c’est de rester, sans manipuler, sans rien changer quoi que ce soit, et être simplement détendu.

Au sommet des montagnes, il y a parfois des petits lacs. A supposer qu’on ne touche pas le lac et qu’il n’y ait pas de vent non plus, l’eau se décante et devient parfaitement transparente.

De la même façon, la nature de l’esprit est parfaitement pure. Si l’on se met à le manipuler, c’est comme remuer l’eau du lac. Si on le laisse complètement détendu, sans rien fabriquer, il est parfaitement pur en lui-même.

Si après avoir tourné votre intention envers tous les êtres, en se disant : " Je vais pratiquer cette méditation pour le bien de tous les êtres " et que vous arrivez à rester un instant dans cet état, il est dit que vous pouvez purifier des kalpas (durée de temps extrêmement longue)
de mauvaises actions, de voiles.

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce qu’il n’y a aucune différence entre votre propre esprit et celui des Bouddhas. Mais à cause de notre illusion, nous tournons sans arrêt dans le samsara.

Le moyen de ramener notre esprit à son état de Bouddha, à son état éveillé, c’est de le laisser, en cessant de le manipuler.

Tout ce que l’on vient d’aborder était la pratique de la non-distraction sans référence.

Maintenant, on va parler de la méditation avec référence.

Si vous trouvez que cette première méthode est trop difficile, afin de progresser vous pouvez passer à la deuxième méthode qui consiste à prendre un objet de référence.<

Les pensées naissent au travers des cinq portes, ce qu’on appelle les cinq sens, les cinq facultés sensorielles (la vue, l’ouïe, le toucher etc.).
Si on voit un objet qui nous plait, on ressent du désir, et si l’on perçoit un objet qui nous déplait, on ressent de le répulsion, ou de la haine. Si on ne ressent rien, on tombe dans l’indifférence. Il en va de même avec l’ouïe, si on nous dit : " Oh ! Vous êtes bien ", on est très heureux. Si on est en Occident, et qu’on vous dit " Vous êtes super mince, vous êtes comme un squelette ! " on est très content. (Rires).

Et si on vous dit que vous êtes gros, on n’est pas content du tout. Notre esprit se rembrunit.

Si on nous lance : " Tu as volé ! ". Dès que l’on entend cela, on ressent de la colère en nous.

Selon les cultures les réactions sont différentes. Si vous dites à un tibétain, qu’il est squelettique, il va se mettre en colère.

Et donc, c’est par ces cinq portes que pénètrent les pensées. Si l’objet nous plait, on ressent de l’attachement, du désir, si l’objet que l’on perçoit ne nous plait pas, on ressent de la haine ou de la répulsion. Si on est indifférent, on tombe dans la torpeur ou dans la stupidité.
Mais, si l’on a la méthode, on peut transformer toutes ces pensées en moyen de méditer.

Prenons, l’exemple d’une forme que l’on voit. Voyez- vous ces thankas ou ces fleurs ?

Tout d’abord, on se fixe d’abord sur une petite forme. Cela peut être ce que vous souhaitez. Par exemple, les cheveux de la personne qui sont devant vous. Si quelqu’un a une grosse tête ou est mal peigné, ce n’est pas la peine de penser que cela ne vous plait pas. N’ayez pas de jugement.

Rinpoché montre des fleurs. Il y a beaucoup de fleurs, n’est-ce pas ? Vous vous fixez sur une fleur par exemple, et vous posez votre attention sur elle. Il n’est pas question de visualiser la forme, la couleur de la fleur etc. Ce qu’il faut faire, c’est voir la fleur avec votre esprit.

Il y a des moments où l’on voit avec ses yeux, mais on ne voit pas avec son esprit ; on n’est pas conscient. En même temps que l’œil voit la fleur, votre esprit la voit aussi.

Par exemple, si vous voyez la fleur avec vos yeux et que votre esprit se ballade partout à Périgueux, à Paris ou ailleurs, vos yeux voient la fleur, mais pas votre esprit.

Ici, la fleur est simplement un support de non-distraction. En une minute, essayons de poser notre esprit sur une forme comme la fleur sans être distrait.

(Rinpoché guide les participants). Maintenant sans vous concentrer sur la fleur, détendez simplement votre esprit. Même si cela ne dure pas longtemps, peu importe. L’essentiel est de méditer en séance courte et fréquente.

Avez-vous des questions ?

Question inaudible-.

Rinpoché : Il est possible de changer d’objet. Si le premier ne nous convient pas.

Maintenant nous allons faire le deuxième exercice, avec le son. En ce moment la pluie tombe et fait du bruit. Fixez votre esprit sur le son de la pluie pendant une minute. Toujours avec l’esprit détendu sans penser au son. (Courte session de méditation).

Y a- t-il des questions ?

Question inaudible-.

Rinpoché : Au moment de méditer on ne pense plus aux êtres, on commence par développer l’esprit d’éveil, mais ensuite on n’y pense pas. Il ne s’agit pas d’une pratique principale, mais d’un préliminaire.<

Question : Comment est-ce que l’on peut savoir si l’on a l’esprit vraiment détendu ?

Rinpoché : Comme je l’ai dit précédemment, vous venez de faire un long travail.
Il n’y a plus d’espoir, ni de crainte, vous êtes complètement détendu.

Question inaudible sur la torpeur.

Rinpoché : Si vous dormez, alors dormez ! Non, je plaisante. A ce moment là, il faut vous lever, et marcher lentement.

Question inaudible-.

Rinpoché : On dirige son esprit vers le son que l’on entend. Vous entendez la pluie, n’est-ce pas ? On peut méditer en dirigeant son esprit vers le son de la pluie.

Tous les sons, même l’aboiement du chien, le pleur de l’enfant, peuvent devenir un support de notre méditation, et cela sans être distrait.

Question sur la position des yeux-.

Rinpoché : Si l’on garde les yeux ouverts, cela permet à la sagesse de mieux se développer.

Question inaudible-

Rinpoché : Il faut différencier deux choses, le moment qui précède la méditation et le moment de la méditation même. Avant la méditation, on donne à son esprit une tournure positive et pendant la méditation, on ne pense plus au futur des êtres.

Avant la méditation il y a deux possibilités : soit on donne une tournure négative à notre esprit, soit on lui donne une disposition positive. Il est très important de développer une motivation positive pour les êtres ; mais au moment de la méditation, on ne fait plus cet exercice-là.

On peut utiliser d’autres moyens de support pour notre esprit. Comme les odeurs, les saveurs, ou encore le toucher. De la même façon, on dirige son esprit vers cette sensation sans se laisser distraire.

Il y a des personnes qui ont dit qu’elles ressentaient des douleurs pendant la méditation.

Elles ont mal aux genoux par exemple. D’autres ont la respiration tendue, elles n’arrivent pas à bien respirer. Ce sont des sensations qui font partie du domaine du toucher.

Si on vous pince la peau de cette façon, vous avez mal, et cette sensation de douleur se répercute dans votre esprit. Si vous dirigez votre esprit vers cette douleur, si elle devient moindre ou bien disparaît complètement, c’est très bien.

Dans ce cas-là, vous pouvez vous pincer la peau aussi fort que vous voudrez, vous n’aurez pas vraiment une douleur importante.
Essayez maintenant de diriger votre esprit vers une odeur, un goût, ou une sensation tactile, et détendez votre esprit. (Courte méditation).

Est-ce que vous avez de nouvelles questions ?

Question inaudible-

Rinpoché : Une grande partie de la douleur vient du fait que l’on se dit : " J’ai mal ! ".

Lorsque l’on a une douleur physique réelle et que l’on se plaint d’avoir mal, au lieu de réduire la douleur, on l’augmente. On ajoute une autre souffrance à une autre souffrance. Alors que si l’on coupe court à toutes pensées en posant simplement son esprit sur la douleur, la douleur diminue.

Cela ne veut pas dire que lorsque l’on tombe malade ou que l’on est blessé qu’il ne faille pas aller voir le médecin et ne pas se faire soigner ; que l’on va tout résoudre par la méditation.

On ne résout pas la maladie par la méditation ; mais on résout le problème de la douleur. Il ne faut pas tomber dans les deux extrêmes, en niant la douleur, ou en se plaignant d’avoir mal.

L’attitude à avoir face à cela est de se dire : " Si la souffrance vient, elle vient, si elle ne vient pas, elle ne vient pas ! ".

Cela est bénéfique de méditer de cette façon sur la souffrance, car cela sert de support pour arriver à la non-distraction. Si on a une douleur quand on étudie, quand on mange, ou quand on regarde un film, on est tout le temps distrait. Notre esprit s’assimile à cette douleur d’une certaine façon.

Si au contraire lorsqu’on a une douleur ou une maladie, et que l’on fait l’exercice précédent, cela a deux avantages importants. Tout d’abord notre douleur diminue, et deuxièmement notre douleur sert de support à notre méditation et nous permet d’atteindre un état de non-distraction.

Question inaudible-.

Rinpoché : Une fois de plus, il n’est pas question de ne pas se soigner. Si vous pouvez prendre un médicament qui vous empêche d’avoir mal à la tête, prenez-le. En même temps dirigez votre esprit sur la douleur. Regardez la pensée qui vous fait dire " Je souffre ! ".
Et si au moment où vous regardez cette pensée, vous arrivez au point où vous ne pouvez pas la regarder, et qu’il n’y a rien à regarder, alors ceci est un très bon signe.

Question inaudible-.

Rinpoché : L’exercice est d’être conscient de la fleur, l’esprit sait que la fleur est là, tout simplement.

Par exemple, si vous avez une douleur insupportable et que vous êtes en train de regarder la fleur, votre esprit va être tourné vers la douleur, vos yeux vont peut-être regarder la fleur mais, votre esprit quant à lui, ne sera plus conscient de la fleur.

En un même instant on ne peut pas avoir deux pensées différentes. Notre pensée est parfois comparée à un singe qui se trouve dans une maison avec cinq fenêtres. Si vous mettez ce singe dans une maison avec cinq fenêtres, il va sauter d’une fenêtre à l’autre, va regarder par une autre fenêtre puis une autre qui se trouve de l’autre côté de la pièce etc.
Pour quelqu’un qui sera à l’extérieur, il aura l’impression qu’il y aura 5 singes dans la maison. Mais il n’y en a seulement qu’un. Il est tellement rapide qu’on aura l’impression d’en voir cinq.

De la même manière nous n’avons qu’un esprit. Si notre œil perçoit quelque chose, l’esprit va être attiré par cette perception. Parfois c’est un son qui nous attire, et parfois une odeur. Cela se passe très vite. C’est un processus instantané (Rinpoché claque des doigts).

Nous pensons que nous avons énormément de pensées en même temps. Mais en fait, notre esprit de l’intérieur se projette sur ce que l’œil perçoit. Si un son surgit, il se projette sur le son.

Question : Quand vous dites que l’esprit est conscient de la fleur, est-ce là une pensée ?

Rinpoché : On peut dire que la connaissance du fait qu’il y a la fleur est une pensée.

Question inaudible-.

Rinpoché : Il y a une grande différence entre simplement percevoir et être conscient que l’on perçoit. Par exemple si vous regardez la télévision et que quelqu’un vous enseigne le Dharma à côté, si votre esprit est tourné vers la télévision vous entendrez le Dharma, mais vous n’aurez pas la conscience de ce que l’on vous dit.

Est-ce que vous pensez que si vous n’avez pas ce discours intérieur qui vous dit que c’est une fleur, pensez-vous que vous n’êtes pas conscient de la fleur ?

Réponse inaudible-.

Rinpoché : Il y a une différence dans la mesure où le discours intérieur est comme une deuxième pensée. Le fait d’être simplement conscient de la fleur c’est une chose, mais s’il y a
un discours intérieur qui s’ajoute à cela, c’est alors une autre pensée.

Question inaudible-.

Rinpoché : Si vous utilisez n’importe quel support pour votre méditation, cela n’est pas une distraction.

Question : Je pensais que la pensée avait besoin du langage, mais d’après ce que vous dites, il y a un deuxième degré de pensée dans lequel il n’y a pas de langage ?

Rinpoché : Le fait d’utiliser le langage intérieur c’est une chose, mais on peut avoir une perception, une conscience de la fleur sans utiliser le langage.

Par exemple, si vous voyez quelque chose qui ne vous est jamais apparue, qui n’est de ce monde, quelque chose de complètement nouveau pour lequel vous n’avez aucun langage, vous le percevez bien ? Vous avez bien une sorte de pensée à ce moment-là ?

La perception de cet objet dans le vocabulaire bouddhiste est une pensée.<

Au sein de la méditation on peut utiliser ses pensées comme un support de méditation.

Question inaudible-.

Rinpoché : Si vous regardez un spectacle pendant lequel il y a des sons, des couleurs, des images, des odeurs et des goûts et que tout cela arrive en même temps, vous aurez l’impression de tout ressentir à la fois. Mais en fait, l’esprit qui s’attache à ces choses est unique. On aura l’impression que tout apparaît simultanément, mais ce sont des instants très courts dans lequel l’esprit passe de l’un à l’autre.

Question inaudible-.

Rinpoché : Il y a deux phénomènes qui peuvent arriver lorsqu’on regarde un objet :

- voir le phénomène d’une fumée qui se dissipe, et on ne voit plus rien.
- voir l’objet qui se met à bouger.

Si ces expériences surviennent, il faut juste se relaxer. Si l’on regarde une fleur et que l’on sent qu’il n’y a rien à observer, qu’il n’y a rien à reconnaître comme objet à regarder, on passe à ce moment-là dans la phase de la méditation sans référence et c’est très bien.
Ce n’est pas quelque chose qui dure longtemps, cela peut durer quelques secondes et ensuite il y a quelques pensées qui surgissent.

Il y a une méthode de méditation qui est la meilleure. Je vais en parler maintenant.<

L’essence de Chiné (la méditation pacification de l’esprit), est la non-distraction. En dirigeant votre esprit vers une forme, vous arrivez à ne plus être distrait. Cette forme, c’est le support de votre non-distraction. Le principal obstacle à la méditation ce sont les pensées et les émotions négatives (les kléshas). A cause des ces pensées et de ces émotions perturbatrices, on n’arrive ni à se détendre, ni à méditer. A ce moment que faut-il faire ?

Quelle que soit la pensée positive comme la dévotion ou l’émotion de désir, de haine qui peut surgir … regardez-la ! N’essayez pas de la stopper. Vous avez besoin d’elle, n’essayez donc pas de l’arrêter. Si vous essayez de voir à l’intérieur de vous les pensées qui surgissent, par exemple, vous vous dites : " J’ai envie d’aller à Périgueux !" Ne vous fixez pas sur l’objet auquel vous pensez mais simplement sur la pensée de cet objet.

Essayez pendant une minute ! (Rinpoché guide les étudiants) ………Très bien, maintenant détendez-vous.

Si vous comparez le moment où vous avez des pensées quand vous ne méditez pas, et les pensées que vous avez pendant la méditation, est-ce qu’elles sont plus nombreuses dans le premier cas ou plutôt dans le second ?.

Que ceux qui avaient moins de pensées pendant cette courte méditation lèvent la main !

Il y en a qui ne lèvent la main qu’à moitié ! (Rires).<

Si vous n’avez pas eu de pensées, essayez de les fabriquer et les faire venir à toute vitesse.

Essayez pendant une minute ! (courte méditation)

Si l’on utilise les pensées pour méditer, elles diminuent. D’habitude on essaie de bloquer les pensées, on se dit " Il faut vraiment que je me détende ! " On n’arrive pas à méditer.

Mais lorsque l’on utilise les pensées pour méditer et qu’on les regarde, elles se dissolvent d’elles-mêmes.

Quand vous regardez les pensées il y a deux phases :

- Dans le premier cas, quand vous regardez les pensées il n’y a rien à regarder. Les pensées se dissolvent et vous arrivez au point où vous êtes sans référence, sans objet. Cette méthode devient le support de la non distraction sans objet et c’est très bien ! Cela ne dure pas longtemps, cinq secondes par exemple, mais c’est bien.

- Dans le deuxième cas, on est conscient de toutes les pensées qui surgissent. On est sans cesse conscient des pensées qui s’élèvent. C’est aussi très bien !

Les deux sont très bien. Dans le premier cas, lorsque l’on voit une pensée surgir et qu’on la regarde, puis il n’y a plus rien à voir, c’est excellent.

Dans le deuxième cas, on est capable de regarder sans distraction la chaîne des pensées. C’est aussi excellent. La méditation est donc très facile (Rires !)

Si vous vous dites : " Je n’arrive pas à méditer, je n’arrive pas à apaiser mon esprit !"

A nouveau utilisez cette pensée et regardez-la ! Cette pensée elle-même deviendra le support de votre méditation.

Même si vous avez cent mille pensées, c’est très bien. Elles deviennent toutes le support de votre méditation. De même que cette fleur était devenue le support de votre méditation, les pensées elles-mêmes deviennent à leur tour le support de votre méditation.

Si la pensée de frapper quelqu’un surgit, regardez cette pensée de colère ou de haine.

Cela est la méthode pour libérer les pensées. Les émotions négatives se libèrent d’elles- mêmes. On n’a nul besoin de les arrêter, de les suivre. Il suffit simplement de les regarder.

Peu importe que vous ayez des pensées ou non, si vous avez des pensées, ça va, si vous n’avez pas des pensées, ça va aussi. Dans les deux cas, l’important est de ne pas être distrait.

Il y a deux états de l’esprit. Soit il y a des pensées qui surgissent dans notre esprit, soit votre esprit est sans pensées. Il n’y a pas d’autre esprit que dans ces deux états qui peuvent devenir des m

Question portant sur l’application de ces méthodes dans la vie de tous jours qui parait assez difficile.

Rinpoché : Essayez d’abord d’avoir l’intention de vous détendre. Vous verrez que si vous êtes sans arrêt détendu, vous pourrez accomplir les activités ordinaires, mondaines, beaucoup plus facilement. Si vous êtes tendu vous ne pourrez pas accomplir ce que vous aurez à faire rapidement. Vous ferez des choses qui ne seront pas nécessaires, vous mélangerez tout.

Vous direz ce qui n’est pas à dire, vous ne direz pas ce qui est à dire, vous écrirez des lettres qui ne sont pas nécessaires et vous n’en écrirez pas qui seront nécessaires.

Au moment de la méditation, il n’est pas nécessaire de produire des pensées. Si vous en avez, vous pouvez les utiliser, si vous n’en avez pas, c’est bien aussi.

Essayez d’avoir l’intention d’être détendu dans vos activités ordinaires et pendant la méditation, détendez-vous complètement. Dans les activités ordinaires, essayez d’avoir la saveur de la détente que vous aviez dans la méditation, et essayez de la cultiver.
Si vous méditez, même vos activités ordinaires deviendront meilleures.

Par exemple si vous ne savez pas bien parler en public, vous êtes embarrassé, vous avez le trac. Si vous prenez l’ha

Question inaudible-.

Rinpoché : Si vous méditez juste pour pouvoir mieux parler ou pour pouvoir vendre plus facilement aux autres, ce n’est pas vraiment une bonne motivation.

La méditation sert aussi dans la vie courante, car la plupart des problèmes viennent de notre esprit. L’enseignement est maintenant terminé.

Lorsque vous écoutez le Dharma, lorsque vous méditez ou pratiquez, dans toutes les occasions il est important de pratiquer ce que l’on appelle la dédicace du bien que l’on a produit.

Dédicace---Fin


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