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La mondialisation vue sous l’angle social

Lorsqu’on dit mondialisation, on souligne l’interdépendance et l’interaction, autrement dit : interpénétration des uns dans les autres

Par Laurent Laot

En introduction je voudrais souligner que :

· Lorsqu’on dit mondialisation, on souligne l’interdépendance et l’interaction, autrement dit : interpénétration des uns dans les autres.

· La mondialisation est un processus. C’est en cours, ce n’est pas terminé et cela fait du temps que cela a commencé. Ce n’est pas tellement nouveau. Seul le mot est nouveau.

· On ne peut plus agir localement sans penser globalement et réciproquement. Toute décision prise à l’échelle globale a une répercussion quasi immédiate localement.

· Lorsqu’on parle Mondialisation, il y a au moins trois entrées possibles pour l’évoquer : L’économique auquel je rattache le social, le culturel, le politique. Il faudrait aborder la mondialisation sous l’angle du géopolitique.

Après ces quelques mots, je propose de développer l’aspect social afin de nous permettre d’échanger ensuite en deux temps diagnostic de la situation et diagnostique des possibilités d’action.

Diagnostic de la situation

La mondialisation est orientée, elle n’est pas neutre. L’orientation est déterminée par rapport à deux lignes de forces inséparables l’une de l’autre ; mais bien différentes, surtout si on aborde les actions a envisager.

Les deux lignes de force.

La première est celle correspondant à une dynamique de « croissance Développement », laquelle a remplacé celle dite d’économie de subsistance qui a prévalu antérieurement. Si la dynamique de subsistance était encore présente jusqu’en 1950 en certains coins reculés de Bretagne, la dynamique de « croissance développement » s’est généralisée à l’échelle mondiale. La mondialisation est la désignation de l’objectif : « croissance développement », généralisé.

La deuxième ligne de force est la logique structurante du libéralisme économique, lequel peut se définir en :

· Un calcul économique fondé sur la recherche de profitabilité.

· Une rationalité juridique (organisation juridique des sociétés) le fondement de cette organisation est fondé sur les principes de la propriété privé, (et le pouvoir qui y est lié) la libre entreprise, l’organisation des équilibres sur la base de compétition sur le marché.

Cette logique s’est trouvée en exclusivité à la naissance de la dynamique de Croissance développement, de la fin du XVIII ème siècle à 1917, époque de la révolution soviétique.

Le monde s’est ainsi structuré, à partir de cette date, autour de ces 2 pôles, le libéralisme et le socialisme, mais avec le même objectif : « croissance développement ».

Depuis 1989 (fin de l’expérience socialiste) il n’y a plus qu’un seul pôle d’organisation juridique : le libéralisme.

La mondialisation est orientée autour de ces lignes de forces : « croissance développement »et libéralisme. Il en résulte et ce sera ma deuxième série d’intervention,

Une économie monde qui prend la place de plusieurs économies nationales qui vont petit à petit s’uniformiser et apporter des éléments positifs pour l’aspect social. Précision pour ma part que la définition du social est : les conditions de vie des gens et le jeu du relation entre les groupes sociaux.

L’objectif de « croissance développement »apporte ce que j’ai vu arriver dans mon hameau une « changement des relations sociales », une élévation du niveau de vie, c’est le côté quantitatif lié à la croissance et une transformation du mode de vie, c’est le côté qualitatif lié au développement.

Socialement cela change beaucoup de chose. On voit arriver une autre manière de se situer à l’intérieur même du groupe. En effet lors de l’économie de subsistance, l’individu n’était qu’un membre du groupe ? Hiérarchiquement on avait en premier le groupe et ensuite l’individu. A présent en économie de Croissance développement, on a en premier l’individu et en second le groupe. Le schéma est donc, maintenant inversé sur le plan social par rapport au passé. Cette nouvelle structure permet à chaque individu de s’épanouir librement, ce qui d’ailleurs, est tout à fait en ligne avec la déclaration des droits de l’homme de 1948.

On assiste précisément à l’échelle mondiale, et de manière décisive, à une confrontation entre les deux schémas, dans laquelle l’occident, représentée comme porteur des droits de l’homme incarne le libéralisme.

Les évolutions se déroulent sur fond d’un engrenage inégalitaire.

Ceci se fait aujourd’hui de manière accélérée et renforcée. Ce n’est pas étonnant car le libéralisme, caractérisé par la compétition, s’appuie sur l’inégalité. C’est en quelques sorte son ressort, le schéma ci contre montre de manière relative l’évolution du ration d’inégalité entre les États au cours des deux derniers siècles. Naïvement on pourrait penser que les pays du nord sont en haut de la courbe et du sud en abs. En réalité si c’est globalement vrai, ces inégalités se retrouvent aussi à l’intérieur même des pays. Le Nord est dans le Sud, le Sud est dans le nord.

La mondialisation est un engrenage qui engendre des écarts dans tous les pays. (Brésil, USA etc.. n’en sont pas exempts.

Ces inégalités se déploient sur d’écarts structurels, en ce qui concernent les droits sociaux.

Avant d’approfondir rappelons quelques notions qui précisent ce que nous désignons par droits sociaux.

Les droits sociaux ne sont reconnus en droit que depuis 510 ans, et leur notion apparaît dans la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 article 22 : Une personne en tant que membre de la société à droit à la sécurité sociale. Elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation des ressources de chaque pays.

On entend par sécurité sociale le droit à la sécurité dans des conditions de vie et dans les relations que l’on a sur le terrain économique avec d’autres groupes. C’est essentiellement le droit du travail.

Donc si nous revenons aux écarts institutionnels, dans le domaine des droits sociaux, on peut faire état de trois types d’écarts :

Écarts de niveaux (écart sur les salaires par exemple).

On la trouve sur les pays industrialisés et les pays émergeants. On les trouve aussi à l’intérieur de l’Europe. La principale conséquence est ce qu’on appelle le « dumping » l’un des critères qui conduisent à la délocalisation.

Soyons cependant très prudents. Ce n’est pas en effet le « dumping » qui est l’élément le plus déterminant aux décisions d’implantations hors frontières. La proximité du marché, le cadre de vie, le non risque fiscal et monétaire sont généralement plus décisifs.

Revenons plutôt que le dumping social est une chance pour ceux qui ont le moins d’avoir sociaux et un risque pour ceux qui en ont plus. Est-ce que cela va se passer de manière ordonnée ? Nos acquis sociaux risquent d’être grignotés progressivement. Ce n’est pas chose facile à traiter.

Écarts de formes (nos systèmes de protection sociale) :

En Europe nous avons deux systèmes différents :

Le système britannique dit « Bréverigien » établi en 1942, dont le principe est : à tout ceux qui habitent légalement le pays il faut assurer une garantie de protection par rapport aux besoins fondamentaux que sont les soins médicaux, l’emploi. Ce sera financé sur la base de l’impôt t géré par les pouvoir publics.

Le système allemand, dit « Bismarkien » et dont le principe est sur la base du travail garantit les protections contre les risques de la vie sur la base d’in financement assuré par des cotisations fixées par des organismes paritaires (système assuranciel)

Ces deux systèmes très différents, créent un écart de structure, de forme. En Europe ce n’est pas simple à coordonner, en France nous avons un mixte des deux systèmes. A l’échelle mondiale, la définition d’un système unique est évidemment encore plus compliquée. Qui en effet aura pouvoir de décision pour retenir ce système commun ? Je crois que nous nous trouvons là face à un problème politique.

Écarts de temporalité.

Notre système a mis 200 ans à se constituer. Les pays qui se lancent aujourd’hui dans la dynamique de croissance/ développement sont loin de ce système élaboré. Va t on exiger d’eux de se mettre à notre niveau immédiatement ? C’est la question posée à Seattle.

Prenons l’aspect du travail des enfants. La première loi qui a été voté en France remonte à 1841. Dans les pays où de telles lois n’existent pas il y a de réelles difficultés pour tout changer tout de suite.

Tous ces éléments étant présentés, nous voyons que nous sommes là en face de quatre questions.

· Il y a un problème de normalisation au niveau mondial

· Il faut coordonner les actions. Comment et qui le fait ?

· Il y a différents niveaux à accepter.

· Quels peuvent être les organismes de décisions, au quotidien dans chacun des pays ? ?

L’ONU n’a pas vocation à être le gouvernement du monde. Elle n’élabore pas de lois. Le FMI, L’OMC, l’OIT sont peut-être les instances les mieux adaptées, mais comment coordonner les actions ? Nous sommes bien là devant une nécessité de globalisation. Il faut un traitement politique à cette réflexion.

Diagnostic d’action :

A partir du constat précédent nous devons nous poser quatre questions :

· En vue de quoi va ton agir ?

· Quel type d’action peut on envisager, sur quoi agir ?

· Quels sont les acteurs possibles ?

· Quelle stratégie retenir ?

En vue de quoi agir ?

Nous maintiendrons l’objectif « croissance développement » mais nous chercherons un développement soutenable durablement afin de maintenir les trois équilibres fondamentaux : Équilibre économique, équilibre écologique, équilibres sociaux.

Le « libéral » met l’aspect social de côté. C’est un peu moins le cas pour l’écologie. La précarité de l’emploi engendrée par cette attitude peut se retourner à moyen ou long terme contre les fervent du libéralisme. La lutte contre cette précarité est une perspective à l’échelle mondiale qui peut être « éventuellement envisagée en alternative globale de type de « croissance développement » actuel. Des convergences sur ce point commencent à poindre.

Quel type d’action.

Où agir ? Ici, où nous sommes bien sûr, mais n’oublions pas là bas et surtout agissons en cohérence avec ces deux points (<ici = local, la bas : mondial).

Sur quoi Agir ?

Sur les structures, les équipements, les organisations, les entreprises, les institutions les lois. Sur les personnes, sur moi, sur les conditions d’être, de vie, de mentalités.

Ce schéma montre sommairement les différents moyens d’actions, suivant que l’on s’attaque aux structures ou aux problèmes de gens, que l’on veuille agir localement ou globalement. Il n’en reste pas moins vrai que, pour ma part, on finira par se poser la question de l’action politique car il faudra cordonner cela.

Quels acteurs ? Pour être à la hauteur du problème posé, quels acteurs aujourd’hui ? Jusqu’à présent, pour régler les problèmes de ce genre au niveau national, nous avons par habitude un « acteur type ». C’est le politique. Aujourd’hui au niveau mondial nous avons un déficit de cet « acteur type ». Il faudrait mettre en place des structures politiques mondiales, susceptibles d’imposer des règles à l’économique. Je l’ai dit ultérieurement, dans ce cas il faudrait réformer l’ONU et les instances qui lui sont rattachées, mais aussi créer une articulation entre elles.

Il faudrait revoir l’organisation des partis politiques. Il n’y a pas aujourd’hui d’instances politiques organisées qui aient une compétence à l’échelle mondiale, pas même au niveau européen. De même sur le plan dit de la société civile, les syndicats par exemple, nous nous retrouvons dans la même situation de non-existence de structure mondiale…

Auto Présentation de Laurent Laot.

« Laot » vient de « An Aot » en breton, ce qui veut dire « le bord de mer », la grève. C’est original. C’est un nom tout désigné pour parler du social. Rappelons-nous en effet que les ouvriers parisiens se réunissaient Quai de Grèves, pour parler entre eux de leur travail, pour parler social.

Laurent Laot est né en 1938 dans un hameau du Finistère Nord, en plein milieu agricole.

Après des études interrompues puis reprises, il est ordonné prêtre en 1965. Il exerce d’abord dans une paroisse de Concarneau durant près de trois ans. Il opère aussi dans le milieu de la mission ouvrière. Il reprend ensuite des études à Sciences Po Paris.

Depuis 1971, près des organisations rattachées à l’église catholique, il a un emploi, qu’il qualifie d’intellectuel. Il intervient sur l’ensemble de la France pour apporter des éclairages sur les plans économique et social. Parallèlement, il enseigne les politiques sociales aux étudiants de l’université de Brest.

février 2000

La Vie Nouvelle
4 place de Valois
75001 Paris
Tél. : 01 55 35 36 46


http://www.globenet.org/lvn





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