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Suzuki Shunryu Roshi

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> Bouddhisme > Enseignements


La liberté absolue

Par Suzuki Shunryu Roshi

Première conférence donnée sur le “Genjo Koan” à l’occasion d’une retraite au temple de Sokoji, Mai 1966.

« Nous trouvons Bouddha précisément là où nous pratiquons ».

Être Bouddha, c’est atteindre la liberté absolue. Comment atteindre la liberté absolue revient à demander comment vivre l’instant présent.

Le secret de tous les enseignements du Bouddhisme, c’est de savoir comment vivre chaque instant, comment atteindre la liberté absolue, instant après instant. A chaque moment, nous existons en interdépendance avec le passé et le futur et avec tout ce qui existe. En bref, si vous pratiquez Zazen, en vous concentrant sur votre respiration, un instant après l’autre, cela revient à observer les préceptes, en prenant soin de vous-même, en aidant les autres et en parvenant à la libération.

Nous ne cherchons pas à obtenir un état d’esprit en particulier ni ne mettons l’accent sur des enseignements spécifiques. Même si ces enseignements sont parfaits et profonds, nous ne nous attachons pas seulement à ces enseignements. Nous mettons plutôt l’accent sur la manière dont nous les comprenons et comment nous mettons en pratique leur vérité.

Notre pratique ne se réduit pas à une seule pratique spécifique. Quand nous parlons du “Zen”, nous disons que le Zen englobe toutes les activités de notre vie.

Dogen Zenji disait que nous sommes comme l’eau et le lait quand nous pratiquons. Quand chacun de nous est concentré sur la pratique zen, nous ne sommes pas seulement des êtres séparés. Tous les étudiants ou moines présents constituent une entité unique. Quand vous vivez chaque instant, chacun de vous est un être indépendant, dans le même temps, chacun de vous arrive à une indépendance absolue. Vous atteignez la même bouddheité que Bouddha atteignit. Vivant chacun dans notre propre liberté absolue, nous atteignons la même réalisation. Chacun de nous est indépendant au sein d’un même royaume. Quand nous comprenons ce qu’est ce royaume, nous voyons qu’il y a des étudiants, des enseignants, quelqu’un qui sert le thé, quelqu’un qui boit le thé, et qu’il y a des êtres indépendants. Nous pratiquons la pratique initiée par Bouddha. C’est ainsi que le Bouddhisme va de l’avant. Bien que Bouddha soit né il y a 2500 ans, Bouddha est exactement là quand nous sommes dans sa pratique. Bouddha vit avec nous aujourd’hui.

Bouddha est le Bouddha et nous sommes des étudiants. Alors, même si vous pouvez dire qu’il y a l’étudiant et l’enseignant, nous sommes tous pareils – tous, nous sommes dans la même pratique tout comme nos ancêtres les Bouddhas l’ont été en leur temps. En réalité, nous sommes avec eux dans la même pratique. Quoique nous fassions, c’est la pratique de Bouddha et c’est comme cela que nous observons les préceptes.

A l’époque de Bouddha, le pratiquant vivait à la manière indienne – en Chine on vit à la manière chinoise, au Japon, à la manière japonaise. Bien que la manière de vivre soit différente, ce que nous faisons n’est en réalité pas différent de ce que faisait le Bouddha parce que nous manifestons une liberté absolue. Il n’y a pas deux libertés absolues.

En Chine, lorsqu’ils s’intéressaient trop à la philosophie bouddhiste, ils ignoraient comment vivre à la manière de Bouddha. En d’autres termes, ils ne savaient pas comment observer les préceptes. Observer les préceptes, ce n’est pas suivre le mode de vie indien.

Quand vous mangez ici, c’est bien ici que vous devez manger. Vous ne pouvez pas prendre tous vos repas en Inde (rires). Au sens strict, si vous voulez observer les préceptes à la lettre, alors vous devez aller en Inde (rires). C’est à cette condition que vous pourrez observer complètement les préceptes. On raconte une histoire intéressante sur un moine venu d’Inde. Quand il arriva en Chine, il ne pouvait pas suivre les préceptes indiens parce que les coutumes étaient différentes. Il retourna donc en Inde parce qu’il avait très peur de briser les préceptes indiens (rires). Si vous ne savez pas comment observer les préceptes, ou si vous ne vous attachez qu’aux préceptes écrits sans savoir comment les suivre alors le Bouddhisme disparaîtra immédiatement. Si vous savez comment observer les préceptes, le Bouddhisme continuera à se développer tout comme le Zen s’est développé en Chine.

Plusieurs écoles du Mahayana ont disparu en Chine parce que les gens s’intéressaient trop à la philosophie du Bouddhisme et ne savaient pas comment mettre en pratique l’enseignement. De telle sorte qu’ils finirent par ignorer les préceptes tout en prétendant le contraire. On disait que les étudiants du Zen ne connaissaient pas les préceptes parce qu’ils ne les suivaient pas à la lettre.

Certaines écoles du Mahayana les observaient de la même manière que les Bouddhistes indiens. Ils pensaient que c’était la voie du Bouddha. C’est ainsi que la voie du Bouddha finit par s’écarter de leur vie quotidienne. Pourtant, pour les étudiants du Zen, les préceptes étaient leur manière de vivre même, ils ne se préoccupaient donc pas de l’aspect formel. Ils étaient sûrs que leur façon de pratiquer permettait de faire vivre les enseignements du Bouddha – en un mot, de vivre chaque instant. C’est la conclusion de la philosophie du Mahayana – vivre chaque instant, pour atteindre l’éveil. Etre Bouddha, c’est atteindre la liberté parfaite. Comment atteindre la liberté parfaite si ce n’est en vivant chaque instant.

En Chine, le Bouddhisme Zen a instauré de nouveaux préceptes, qui sont appelés : Règles pures. Pour les autres Bouddhistes, les préceptes correspondaient à certaines règles que Bouddha observait, mais pour eux (les personnes du Zen) les préceptes correspondaient à leur propre manière de vivre : ici et maintenant. Quand nous ne sommes pas tout à fait sincères quant à notre pratique ou à notre manière de vivre, nous pouvons toujours dire : ”Je suis moine mais eux sont des laïcs” (rires). “Je suis moine et l’enseignement du Bouddha est écrit dans un livre donné”. Si vous comprenez le Bouddhisme de cette façon, alors vous ignorez les préceptes. Mais si vous vous rendez compte que la religion est pour tout le monde, alors vous comprenez qu’elle concerne notre manière de vivre. Les préceptes écrits dans un livre donné, ne peuvent pas être réalisés, ne peuvent pas être mis en pratique dans la vie de tous les jours. Lorsque nous devenons sincères quant à notre vie quotidienne, et le sens de la religion, nous ne pouvons pas vivre avec de vieux préceptes instaurés pour une autre personne. Nous devons avoir nos propres préceptes.

C’est ainsi que Hyakujo Zenji instaura les préceptes du Mahayana au 8ème siècle. Le Bouddhisme Mahayana avait été introduit en Chine vers le 4ème siècle. Pendant de nombreuses années, les préceptes indiens furent observés. Mais il est impossible pour des Chinois d’observer des préceptes indiens (rires). C’est ridicule. Ils ne les observaient que pour les prêtres sans tenir compte de la vie de tous les jours des gens ordinaires. ( Suite et fin en juin ).

Extrait de « Wind Bel », traduction : Catherine J..

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