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La joie

Par Bhikkhu Bodhi

"La foi est la condition qui soutient la joie". La foi fonctionne comme un élément indispensable du chaînon suivant de la série, la joie ou l’allégresse ( pãmojja ), en ce qu’elle permet une libération des tensions de l’impasse existentielle provoquées par le problème de la souffrance.

Bien avant la découverte du vrai Dhamma, deux alternatives se présentent à l’individu pensant quand il se bat pour trouver une solution possible devant le problème de la souffrance tel qu’il lui est apparu dans sa profondeur et son universalité.

L’une de ces alternatives revient à une soumission facile à la justification de la souffrance telle qu’on la trouve dans les écrits théologiques traditionnels, c’est-à-dire une théodicée qui voit le mal ou la souffrance comme un rabaissement de la bonté de l’ordre créé seulement superficiellement, tout en contribuant finalement à la perfection totale du tout. Cette solution, généralement au même niveau que celle des plus hautes valeurs éthiques, semble cependant, à un penseur sensible, être une réponse facile produisant constamment une sensation épuisante de doute et d’incrédulité.

L’autre alternative consiste en une résignation à la souffrance, vue comme un fait brut, incompréhensible au sens moral de l’homme, un caprice accidentel dans un univers totalement indifférent devant une structure de valeurs spirituelles ou éthiques.

Cette solution, tout en n’étant pas foncièrement sans consistance, s’oppose si vivement à nos intuitions morales de base que cela mène tout bon penseur raisonnable à souvent se tourner vers le nihilisme dans l’une de ses deux formes – licence sans frein ou désespoir inefficace.

Mais ni les réponses théologiques, ni celles du matérialisme ne peuvent éclairer un chemin vers une échappée réelle de la souffrance. Ces deux positions, en fin de compte, ne peuvent que proposer un choix entre la résignation et la rébellion.

L’avantage de la foi dans le vrai Dhamma amène la fin de cette difficulté en apportant une solution qui peut accepter la réalité subtile de la souffrance sans avoir besoin de la justifier , tout en donnant à cette souffrance une explication totale et en proposant une échappée.

La souffrance, dans cette perspective, peut se relier à des causes spéciales, pleines de significations éthiques ; il s’agit du résultat inévitable de nos actions immorales personnelles qui se retournent contre nous. Nos actions, du point de vue du Dhamma, ne sont ni des fils de soie de quelque ouvrage invisible de perfection divine, ni des mouvements sans signification des nerfs ou du cerveau. Ce sont des expressions de décisions signifiantes sur le plan éthique, qui ont une place entière dans un monde moralement intelligible. Elles sont considérées comme des choix pour lesquels notre responsabilité est entière devant une loi universelle impersonnelle qui préserve l’équilibre entre les actes et leurs résultats, de telle façon que des actions vont apporter le bonheur et les actions mauvaises apporteront la souffrance.

La r onde du devenir en laquelle nous baignons – où nous sommes nés, grandissons, souffrons et mourrons – cette r onde est simplement notre création, fabriquée par notre propre aveuglement et nos désirs. C’est nous qui fabriquons nous-mêmes cette r onde et nous pouvons y mettre fin nous-mêmes en extirpant le désir et cette ignorance créatrice du monde.

Le chemin de la libération est révélé dans tous ses détails pratiques avec une précision et une clarté totales. C’est un chemin de conduite et de vision que chaque individu doit suivre tout seul, le succès dépendant entièrement de sa diligence personnelle, de sa sincérité et de son énergie, ainsi que de ses capacités de renoncement et de compréhension.

L’avantage de la foi en le vrai Dhamma est la sortie de la lutte entre deux alternatives opposées qui ne peuvent ni l’une ni l’autre être pratiquées avec bonheur.

La foi libère des pressions d’une espèce de cul de sac apparent et lorsque le stress et la tension disparaissent se lève alors une bouf fée de joie causée par l’arrivée de la foi.

Ce mouvement tout nouveau de joie s’accroît peu à peu quand la contemplation du disciple se précise de plus en plus sur les objets où repose sa confiance.

La concentration soutenue sur le Bouddha, le Dhamma et le Sangha, dissipe l’obscurité du doute et de l’indécision. Cela fait apparaître un éclatement de lumière, de paix, et de clarté intérieure et, résultant de cette concentration, les souillures s’atténuent et l’attirance du mental vers les hautes qualités des refuges, représente une avancée sérieuse dans le processus de la marche en avant. C’est pour cela que la foi est comparée à un joyau miraculeux qui va rendre l’eau limpide. Selon la légende indienne, il existe un joyau spécial appartenant au monarque universel et mythique qui, si on le jette dans un courant d’eau sale, éclaircit immédiatement le courant d’eau. Les brins de végétation s’éloignent, la boue se dépose et l’eau devient tout à fait pure, tranquille, douce et tout a fait bonne à boire pour le monarque. C’est ainsi, dit-on, que lorsque le joyau de la foi est placé dans le coeur, il fait disparaître les obstacles, il immobilise les souillures et le mental devient clair, lucide et serein.

Le renforcement de la confiance en les objets du refuge amène à se consacrer plus fortement à la pratique de la doctrine. C’est ainsi que les textes attribuent à la foi la caractéristique d’un "saut en avant". La foi émerge quand le yogi s’aperçoit que les coeurs des autres ont été libérés et qu’il saute à son tour en avant comme par une aspiration pour atteindre les fruits de la vie sainte, et redouble d’efforts pour atteindre ce qu’il n’avait encore pu atteindre pour trouver ce qu’il n’avait encore pu trouver et pour réaliser ce qu’il n’avait encore pu réaliser".

Cet aspect de la foi est illustré par un héros courageux qui se bat contre une rivière en furie pour échapper au danger, se sauvant ainsi lui-même et inspirant les autres par son exemple.

A ce niveau, en particulier, la foi du disciple permet d’entreprendre les règles de base de l’entraînement moral. Grâce à sa solide foi en le Bouddha, le Dhamma et le Sangha, il se trouve prêt à entrer sur le chemin de la pratique, ce qui exige au départ qu’il s’exerce à pratiquer les fondements du chemin, c’est-à-dire la discipline morale ( Sîla ). C’est pourquoi le respect de la contrainte morale est considéré comme le produit de la foi.

La contrainte morale est adoptée quand on accepte les règles de discipline faites pour inculquer une disposition intérieure de vertu par le contrôle du corps et des actions verbales. Les codes de la règle diffèrent en partant des préceptes de base du laïque bouddhiste pour dépasser les 227 règles de l’entraînement du bhikkhu ou du moine complètement ordonné.

Mais toutes ces règles ont en commun les caractéristiques d’un comportement discipliné. Chacun des préceptes de base implique un principe explicite d’abstinence à respecter et une attitude mentale à cultiver par cette même abstinence.

La première abstinence consiste à s’abstenir d’actions malsaines comme celles de tuer, de voler, d’abus sexuels, de mensonges et d’alcoolisme. La deuxième abstinence demande un effort régulier en vue de développer un mental de compassion, d’honnêteté, de pureté, de franchise et de sobriété.

Le résultat immédiat de ces pratiques d’action juste est l’apparition d’un sens de liberté par rapport au remord ( A vippatisara ). Le remords, qui est une sensation de regret d’avoir transgressé et négligé une conduite morale, tend à provoquer la culpabilité, l’agitation et la récrimination envers soi-même. Ainsi, lorsque par une adhésion sérieuse aux préceptes, le mental est libre du remords, un confort de la conscience et "la félicité de l’innocence", s’installent, nés de la conscience que nos actes sont au dessus de tout reproche.

C’est ainsi que le Bouddha énonce des règles de conduite salutaires permettant de se libérer du remord, résultat bénéfique et récompense naturelle.

La joie qui accompagne la réalisation de notre pureté vient confirmer la confiance que nous avons mise dès le commencement dans la doctrine. De sorte que cette joie provoque une foi encore plus solide et le désir de pratiquer encore davantage.

Bhikkhu Bodhi

Né à New York en 1944, il obtient plusieurs diplômes de philosophie de 1966 à 1972.
Fin 1972, il part au Sri Lanka où il est ordonné moine bouddhiste par feu le Vénérable Balangoda
Ananda Maitreya Mahanayaka Thera.
A partir de 1984 il est l’éditeur de la "Buddhist Publications Society" à Kandy et en devient le
président en 1988.
Il est auteur, traducteur et éditeur de nombreux livres sur le bouddhisme Theravada dont les plus
importants sont :
- En 1978 : Le Discours totalisant l’ensemble des vues
- En 1993 : Manuel de compréhension de l’Abhidhamma
- En 1995 : Moyens Discours du Bouddha
- En 2000 : Le Recueil des Discours du Bouddha

Il est également membre de la World Academy of Arts and Sciences .

Traduction de l’anglais par Pierre Dupin

Le Refuge
370, Chemin Fontaine de Fabrègues
13510 Eguilles
Tél/Fax : 04 42 92 45 28


http://www.refugebouddhique.com/





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