« Mais Bouddha ne s’intéressait pas aux éléments qui composent les êtres humains, ni aux théories métaphysiques de l’existence. Savoir comment il existait lui même en ce moment l’intéressait davantage. Voilà ce qui lui importait. La pain est fait de farine. Savoir comment la farine devient du pain quand on la met au four, c’était cela pour Bouddha le plus important. Savoir comment nous devenons illuminés était le coeur de sa recherche. »
« Afin de découvrir comment la pâte devint du pain parfait, il le fit et le refit maintes et maintes fois jusqu’à la réussite. C’était cela sa pratique. Mais peut-être ne trouvons-nous pas très intéressant de recommencer à cuire tous les jours la même chose ? Vous pouvez dire : c’est plutôt ennuyeux . »
« Former un caractère, c’est comme faire du pain il faut mélanger peu à peu, chaque chose en son temps, à température modérée. Vous vous connaissez assez bien vous – même, et savez quelle température vous est nécessaire. Vous savez exactement ce qu’il vous faut. Mais si vous vous exaltez trop, vous oublierez quelle est pour vous la bonne température, et vous perdrez votre propre voie. C’ est très dangereux.
Bouddha dit la même chose du bon bouvier. Le bouvier sait quelle charge peut porter le boeuf, et il empêche que le boeuf ne soit surchargé. Vous connaissez votre voie et votre état d’esprit. N’en portez pas trop ! Bouddha compara encore la formation d’un caractère à celle d’un barrage. Vous devez faire très attention en construisant le mur. Si vous essayez de tout faire d’un seul coup, l’eau fuira. Construisez soigneusement le mur et vous vous retrouverez à la fin avec un beau barrage pour votre eau. »
Extrait de "Livre Esprit zen , esprit neuf" (Shunryu Suzuki. Collection Point Seuil )
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