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La Renaissance

Par Vénérable Thich Huyen-Vi

INTRODUCTION

Être et non être, vivre et mourir sont autant de questions qui ne cessent de tourmenter le commun des mortels.

En fin de compte, deux théories semblent attirer beaucoup d’attention :

1. Celle qui admet que tout être vivant, une fois mort, se désintègre ne laissant plus rien, et que poussière d’origine, on redevient poussière.

2. Celle qui admet, au contraire, que tout être vivant est mortel mais son âme subsiste après la mort soit pour monter au Paradis pour jouir de la béatitude, soit pour descendre en enfer y subissant le pire des supplices.

Ces deux théories sont aussi inexactes l’une que l’autre :

En effet, nous pensons qu’après la mort, rien n’est totalement perdu et il doit en rester quelque chose, même en quantité infinitésimale.

De même il n’est pas vrai que l’âme demeure telle quelle, indéfiniment, soit au Paradis, soit en Enfer. L’observation des choses de la nature nous permet d’affirmer que toute chose subit la loi de la transformation et du changement.

Par ailleurs, quoi de plus injuste que la cause d’une vie éphémère puisse engendrer un effet bon ou mauvais, qui dure éternellement.

Ainsi les deux théories de la discontinuité et de la permanence sont combattues par le Bouddhisme qui soutient que tout être vivant échappe à ces deux théories pour subir celui de la métempsycose.

I. DÉFINITION

Métempsycose ou transmigration est la traduction occidentale de sangsara (en sanscrit) et de samsara (en pâli), lesquels sont traduits en sino-vietnamien ’Luan Hoi’, Luan signifiant ’la roue’ et Hoi ’qui tourne sur elle même’.

L’image de la roue qui tourne traduit bien la pensée bouddhique de la transmigration d’un être à un autre, dans les six sphères, sous forme de réincarnations successives selon le cycle ternaire : vie - mort - renaissance et ainsi de suite.

La loi de la transmigration est une loi parfaitement vérifiable.

Si nous acceptons la véracité de la loi de causalité nous ne pouvons pas refuser celle de la transmigration.

En effet, la transmigration n’est qu’une succession ininterrompue de causes et d’effets.

Mais parce que tantôt elle apparaît, tantôt elle disparaît, tantôt sous une forme, tantôt sous une autre que nous croyons qu’elle est isolée, sans interdépendance.

II. LE SANGSARA DANS LES CHOSES ET LES ÊTRES

Les choses et les êtres de ce monde, du plus petit comme la poussière au plus grand comme la terre, subissent le cycle sangsarique, c’est-à-dire les transformations successives avec retour à l’état initial.
Pour nous en persuader, examinons quelques cas bien précis.

1. La terre :

Ce vase à fleur qui est devant nous est fait d’argile ou de kaolin, son état initial.
Ce kaolin a été pétri par un potier qui en a fait un vase.

Au bout d’un certain temps, le vase se brise. En s’émiettant, il retrouve son état initial de terre, laquelle va nourrir les plantes. Celles-ci serviront de nourriture ensuite aux autres plantes ou aux bestiaux qui les rejettent en partie sous forme d’excréments qui deviendront des engrais. Lorsque les bêtes dépérissent, elles retournent à l’état de terre.

Il y a donc, des transformations successives, des changements d’état et de nature, selon des causes diverses. Mais après un cycle continu et de durée plus ou moins longue, la terre retourne à son état initial.

2. L’eau :

Sous l’action de la chaleur solaire, l’eau de mer se transforme en vapeur. Celle-ci, sous l’action du froid, se transforme en nuage qui tombe sous forme de pluie. La pluie remplit les cours d’eau, qui coulent vers la mer et le cycle recommence.

Il arrive aussi que l’eau, sous l’action d’un froid intense, devient la glace, laquelle fond en eau, sous l’action de la chaleur. Depuis la nuit des temps, l’eau s’est transformée en une multitude d’états, mais l’eau est toujours l’eau.

Elle change de forme mais son essence reste inchangée.

3. Le vent :

Le vent résulte d’un déplacement d’air.

Sous l’effet des rayons solaires, l’air s’échauffe et se raréfie en montant vers la haute sphère.

Il se produit alors un vide qui provoque alors un appel d’air. Un courant d’air est ainsi créé.
Si ce courant d’air se déplace lentement, il donne un vent léger, s’il se déplace vite, il va donner un gros vent. Un vent très fort devient tempête.

Le vent peut être soit léger et c’est la brise, le zéphyr, soit très fort, ce sera un typhon... Sous quelle forme qu’il soit, la nature propre du vent c’est toujours l’air.

4. Le feu :

Il va sans dire que le feu existe à l’état latent et insaisissable dans la matière.

Il suffit de frotter deux morceaux de bois l’un contre l’autre, pour en faire jaillir du feu.

Le feu à son tour est capable de brûler les morceaux de bois, les transformer en charbon, puis en cendre, tout en laissant dégager du gaz carbonique.

Les plantes puisent avec leurs racines leur nourriture dans cette cendre, pendant que les feuilles respirent en absorbant du gaz carbonique le jour et l’oxygène la nuit venue.

Les plantes emmagasinent ainsi ce qui pourra plus tard donner du feu que nous ne voyons pas. Ainsi le feu existe tantôt à l’état caché, tantôt sous forme apparente et il nous est permis d’affirmer son existence, sans même qu’il soit visible.

5. Le Sangsara de l’Univers :

Les sutras bouddhiques affirment que la pluralité des mondes est comparable au sable du Gange. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’oeil, le soir venu, sur l’immensité du ciel où scintillent des myriades d’étoiles.

Chaque constellation est un monde parmi l’infinité des mondes visibles ou non, dans cet univers incommensurable, subissant la loi éternelle de la formation (thanh), de la croissance (tru), de la destruction (hoai) et du néant (khong).

6. Le sangsara de la nature humaine :

Le corps humain, comme celui de l’animal, est composé de quatre éléments principaux :
la terre, l’eau, le vent et le feu.

Les matières constituantes comme la chair, la peau, les tendons, les os appartiennent à l’élément ’terre’ ; les matières liquides comme le sang, la graisse, la sueur et les larmes appartiennent à l’élément ’eau’, tout ce qui concerne l’appareil respiratoire et les mouvements appartiennent à l’élément ’vent’, tandis que la chaleur humaine appartient à l’élément ’feu’.

De son vivant, le corps humain est ainsi constitué. Une fois qu’on est mort, chaque matière de ce corps retourne à l’élément initial auquel elle appartenait.

Ces éléments en s’agglomérant, en présence de conditions favorables, donneront naissance à des plantes ou à des êtres vivants, perpétuant la vie d’une génération à l’autre, selon le cycle sangsarique conditionné.

L’illustre écrivain chinois Leang Ki Tchao, en étudiant le Bouddhisme de l’Inde, a émis l’opinion suivante : "L’être humain se trouve en permanence dans le cycle sangsarique, dont la durée peut varier selon les conditions de développement des stades intermédiaires."

7. Le sangsara de l’esprit et de l’âme :

L’être humain n’est pas seulement constitué des quatre éléments principaux sus-mentionnés, mais encore de l’esprit et de l’âme, de tous les éléments psychiques, connus sous les appellations sensations (tho), perceptions (tuong), formations mentales (hanh) et conscience (thuc).

Et si le corps proprement dit ne s’annihile pas tout à fait, la partie psychique, elle aussi, ne se détruit pas pour autant. L’une et l’autre sont sensées renaître à travers d’autres existences, selon la loi de causalité et la théorie sangsarique.

Comme il a été démontré, tous nos actes et nos pensées créent notre propre karma.
Ce karma détermine la formation de l’être correspondant dans ses existences successives, jusqu’à l’extinction de l’enchaînement karmique, à partir de laquelle il n’y aura plus de renaissance ou de réincarnation.

Lorsque ce corps physique, dit le moine Rahula, n’est plus capable de fonctionner, les énergies ne meurent pas avec lui, mais elles continuent à s’exercer en prenant une autre forme, que nous appelons une autre vie.

Chez un enfant, toutes les facultés physiques, mentales et intellectuelles sont tendres et faibles, mais elles possèdent en elles-mêmes la potentialité de produire un homme adulte. Les énergies physiques et mentales qui forment ce qu’on appelle un être sont douées en elles-mêmes du pouvoir de prendre une forme nouvelle, de croître graduellement et d’attendre leur pleine puissance. Comme il n’y a pas de substance permanente, immuable, rien de ne transmet d’un instant à l’autre.

Ainsi il est évident que rien de permanent, d’immuable ne peut passer ou transmigrer, intégralement et sans modification, d’une vie à l’autre.

C’est une série qui continue sans rupture, mais qui change cependant à chaque instant.

La série à proprement parler, n’est rien que du mouvement. C’est comme une flamme qui brûle pendant la nuit : ce n’est pas la même à tout instant, ce n’en est pas non plus une autre.

Tant qu’il y a la soif, le désir (tanha) d’être et de devenir, le cycle de continuité (sangsara) se poursuit. Il ne pourra prendre fin que lorsque la force qui le meut, cette soif même, sera arrachée, coupée, par la sagesse qui aura la vision de la Réalité, de la Vérité, du Nirvana.

III. LE SANGSARA SELON LA LOI DE CAUSALITÉ A TRAVERS LES SIX DOMAINES

On peut affirmer que l’ensemble des actions accomplies au cours de cette existence-ci constituent la cause déterminante pour la formation de l’existence prochaine.

Celle-ci n’en est que l’effet logique

Il est évident qu’un bon karma (kusala) produit de bons effets, alors qu’un mauvais karma (akusala) ne peut produire que de mauvais effets.

Cette loi de causalité influe sur le dogme de la continuité sangsarique à tel point qu’un être humain, de par son karma positif ou négatif, pourra se réincarner en être supérieur ou en animal, en raison des actes antérieurs.

Chacun se rend responsable de ses actes et il faut bannir l’idée de récompense ou de punition en provenance d’un Être suprême, de qui il ne faut rien attendre.

Autrement dit, il faut compter sur soi-même et aucune prière ne nous permet de nous élever dans l’échelle sociale, soit dans la vie présente, soit dans la vie future.

Voici les six sphères, dans lesquelles tout être humain évoluera en fonction de son karma accumulé dans la vie présente :

1. L’Enfer :

Commettre de mauvaises actions, perpétrer des crimes sur terre, tout cela ne peut que conduire à l’enfer, pour y subir les peines les plus atroces.

2. La fosse aux démons :

La cupidité, l’avarice, la non-assistance aux malheureux, des actes pervers, des ambitions démesurées au détriment d’autre... vous transforment irrémédiablement en démons.

3. La foire aux bestiaux :

S’adonner aux vices, se complaire dans la luxure, les festivités onéreuses, ne savoir distinguer le bien du mal, tout cela vous fera prendre la forme animale.

4. Les asuras :

Ce sont des gens à double personnalité, faisant à la fois le mal et le bien, selon l’humeur du moment, ou indistinctement, de caractère coléreux et de tempérament superstitieux, enclin à suivre les doctrines pernicieuses. Ces gens-là deviendront asuras, tantôt heureux, tantôt malheureux.

5. La nature humaine :

Ceux qui observent les cinq abstinences, à savoir :
- Ne pas porter atteinte à la vie,
- Ne pas voler,
- Ne pas commettre d’adultère,
- Ne pas mentir,
- Ne pas boire de l’alcool jusqu’à l’ivresse,

ceux-là renaîtront dans la nature humaine.

6. La sphère céleste :

Ceux qui parviennent à se débarrasser des dix méchancetés pour se consacrer à la morale et cultiver la vertu, renaîtront dans la sphère céleste, mais ils sont encore sujets à la transmigration.

Pour échapper au cycle sangsarique et atteindre les quatre degrés de Saint, d’Arhat, de Bodhisattva ou de Bouddha, il faudra appliquer à la lettre la Doctrine du Bouddha, définie par le Noble Sentier Octuple qui conduira à la Libération et à l’Éveil.

IV. QUELQUES PREUVES DE MÉTEMPSYCOSE

1. Une histoire véridique de métempsycose en Inde.

Il y a quelques dizaines d’années, la revue MAI a publié, avec photos à l’appui, l’anecdote suivante :

En Inde, à New Delhi, une fillette de 8 ans qui se nome PHATIDEVIN, se met à pleurer abondamment en suppliant ses parents de l’emmener à la ville de Mita pour rencontrer son mari, un enseignant, les deux villes étant distantes de 200 kilomètres.

Les parents, très intrigués, demandent à un journaliste de procéder à une enquête. Le journaliste est venu pour s’enquérir auprès de la fillette. Voici ce qu’elle déclare : elle était la femme d’un enseignant, de qui elle eut un enfant.

Quand celui-ci atteignit l’âge de 11 ans, elle tomba malade et en mourut. Le journaliste exige des preuves. La fillette révèle qu’avant de mourir, elle laissa des lingots d’or et d’argent ainsi que plusieurs objets, qu’elle enterra à un endroit précis. Elle laissa à son mari un éventail avec des inscriptions. Le journaliste se rend à Mita où il rencontre l’enseignant dont il s’agit.

Tous les deux se sont mis à vérifier les dires de la fillette, lesquels se trouvent confirmés point par point.

De retour à New Delhi, le journaliste ne peut que confirmer aux parents l’exactitude des propos de PHATIDEVIN. Pour les étudier complètement, il les conduit en voiture jusqu’à Mita.

Quoique très jeune et n’ayant jamais quitté la capitale, PHATIDEVIN s’ingénie à indiquer tout le chemin à suivre jusqu’à Mita, en donnant même les noms des connaissances et parents qui habitent en bordure de la route. La voiture arrive là où elle ordonne de stopper, juste devant la demeure du père de l’enseignant, un octogénaire.

Elle se précipite sur lui en criant : - Voici le père de mon mari.

Puis elle se précipite vers un jeune homme qu’elle embrasse chaudement en disant :
- Et voici mon mari.

Enfin, elle accourt vers un enfant pour l’embrasser, en versant d’abondantes larmes :
- Enfin, voici mon fils.

Cette histoire ahurissante a défrayé les chroniques de l’époque, dans le monde entier qui n’y a rien compris, sauf nous, les bouddhistes, qui y voient l’illustration la plus éloquente du dogme sangsarique.

2. Une histoire de métempsycose en Amérique Vers 1956, une femme américaine de 33 ans, du nom de Ruth SIMOND, convaincue de la métempsycose, a prié un hypnotiseur renommé, Morey BERSTEIN, de l’aider à revoir son existence antérieure.

L’hypnotiseur la met en état d’hypnose et lui demande :

- Qu’avez-vous fait à l’âge de dix ans ?
Mlle Simond raconte alors les menus détails de sa vie de fillette, en famille et à l’école. L’hypnotiseur lui demande alors :

- Et qu’avez-vous fait à l’âge d’un an ?
Mlle Simond se met alors à balbutier comme un bébé.

L’hypnotiseur lui pose alors la dernière question :
- Enfin, rappelez-vous les étapes de votre existence antérieure ?

Alors Mlle Simond se met à raconter comme suit :

" Je naquis en 1798 dans la famille des Murphy à Cork en Irlande. Je revois parfaitement mon village natal. Mon mari s’appelait Brian Mac Carthy, professeur de droit, ayant collaboré au journal "Belfast News". Après ma mort, je devins fantôme pendant plus d’un siècle, avant de renaître dans la famille Simond en 1923, etc..."

Mlle Simond a raconté sa vie antérieure avec force détails, que l’hypnotiseur a noté scrupuleusement dans un ouvrage intitulé "A la recherche des origines de Mlle Murphy".

Cet ouvrage a été tiré à 170.000 exemplaires entièrement vendus en trois mois.

Après l’hypnotiseur s’est pis à enregistrer la confession de Mlle Simond (ex-Murphy) sur 30.000 disques, lesquels ont été vendus en deux jours.

Cette histoire a été relatée en son temps dans la presse internationale, notamment dans Paris Match de France, et dans certains quotidiens de Saigon, tel le Tin Dien, et même dans la revue de propagation de la foi bouddhique "Lien Hoa" ou Fleur de Lotus.

3. Une histoire de mutation karmique avec changement corporel

Il y a 30 ans de cela, à Ca Mau (Tuk Kmau : Eau Noire) au Viêt-nam du sud, il s’est passé un fait extraordinaire qui a remué l’opinion publique :

Le premier notable du village de Tan-Viet, notoirement connu dans la région de Dam-Gioi (Étang aux chauves souris) sous le nom de Ong Ca Hieu, a une fille âgée de 19 ans.

Par malheur, elle tombe malade et passe de vie à trépas.

A une centaine de kilomètres de là, le notable Thua du village de Vinh My, district de Bac Lieu (Po Loenh : le Banian Sacra), a aussi une fille à peu près du même âge, qui meurt de maladie, mais qui revient subitement à la vie. Elle se met à parler de choses et d’autres devant la famille ahurie qui croit rêver.

Elle pleure abondamment tout en suppliant de la faire réintégrer sa véritable famille qu’elle désigne du nom de Ong Ca Hieu. Elle précise même le nom du village, avec toutes les coordonnées qui permettent précisément de retrouver sa famille.

Le notable Thua est allé chercher le premier Hieu pour lui raconter l’histoire surprenante à faire sursauter les gens de toute la région. Ils se rendirent tous les deux à Vinh My. A la vue du notable Hieu, la jeune fille ressuscitée accourt embrasser, à chaudes larmes, celui qu’elle considère comme son père.

Puis elle se met à raconter les menus détails de son existence chez le premier notable, avec une précision étonnante.

Naturellement, son principe conscient a quitté son ancien corps, alors en désintégration, pour venir habiter le corps de la fille du notable Thua.

Cette fille ressuscitée appartient désormais à deux familles, l’une pour le corps, et l’autre pour l’esprit, toutes les deux la tiennent en affection et elle bénéficiera d’un double héritage.

V. QUESTIONS A EXPLICITER

1. Question :

Admettons qu’il y a migration des âmes et réincarnation, comment se fait-il qu’au début il n’y avait que très peu d’êtres humains et qu’aujourd’hui on compte plusieurs milliards ?

Se peut-il qu’il y ait multiplication ou émiettement de l’âme ?

Réponse :

Comme il a été dit plus haute, l’espèce humaine et l’espèce animale subissent le cycle sangsarique, conformément à leur karma et seront appelés à peupler l’une des dix sphères qui leur seront assignées, à savoir la sphère céleste, la communauté humaine, le domaine des asuras, la fosse aux démons, la foire des bestiaux ou l’enfer.

Chaque être animé pourra ainsi revêtir tantôt la forme humaine, tantôt la forme animale, d’une existence à l’autre, selon la qualité karmique. Il n’est pas dit que l’homme se réincarnera obligatoirement en homme.

Par contre, un animal ayant purgé son mauvais karma contracté antérieurement, pourra reprendre la forme humaine et inversement.

Par ailleurs, les sutras bouddhiques admettent la pluralité des mondes : les astres et les galaxies sont aussi nombreux que les grains de sable du Gange.

Certains, à en croire les savants, sont habitables et tout aussi peuplés que notre terre.

Dans ces conditions, on peut supposer qu’il y a aussi migration inter-astrale des âmes, comme il est dit dans le sutra Kinh Dia Tang d’un monde qui se détruit est sensé renaître un autre, par le fait de la migration des âmes.

Pour prendre un exemple concret, disons que pendant la guerre, Saigon comptait quatre millions d’hommes du fait de l’affluence des campagnards fuyant la guerre, alors que maintenant cette ville ne compte plus qu’un peu plus d’un million, en raison du départ des gens vers les campagnes. Il en est de même des migrations inter-astrales.

2. Question :

L’espèce humaine et l’espèce animale sont tout à fait différentes l’une de l’autre.

Comment une permutation de corps et d’âme est-elle possible ?

Réponse :

Ceux qui pensent que l’âme humaine et l’âme animale sont distinctes ignorent systématiquement le Karma, ou l’acte volitionnel, intentionnel qui crée un influx capable d’influencer sur la vie future, une sorte d’énergie psychique, invisible mais réelle, qui accompagne chaque existence comme l’ombre suit le corps.

Cet influx déterminera dans quel sens on renaîtra, selon la loi des affinités, des similitudes qui s’attirent ou se recherchent.

C’est pourquoi, au lieu de dire qu’un homme renaît sous forme animale, ou inversement, il faudrait plutôt dire que l’influx karmique d’un être disparu, réapparaît sous forme humaine ou sous forme animale.

C. CONCLUSION

Le dogme du sangsara ou de la Métempsycose nous est profitable, en ses divers aspects :

1. Il fait ressortir l’erreur de la théorie nihiliste qui décourage les êtres humains, car ils pensent que c’est inutile de s’évertuer à faire quelque chose en ce monde, du fait qu’on finira dans le néant.

2. Il combat aussi la ’théorie éternaliste’ qui prétend que l’être humain, une fois mort, conservera son âme humaine, qu’il ait accompli sur terre de bonnes ou de mauvaises actions.
Dans ce cas, il est tout aussi inutile de s’évertuer à faire quelque chose de son vivant.

3. Par contre, en admettant le dogme sangsarique et de l’influx karmique, on est assuré que rien n’est perdu après sa mort, la vie se continuera sous une forme ou une autre, selon le poids karmique créé par soi-même.

Selon cette conception, "nous ne sommes pas toujours dominé par une nécessité rigide, car le karma n’est ni le destin, ni la prédestination, imposés par un pouvoir inconnu mystérieux auquel nous devons nous soumettre aveuglément. C’est notre façon d’agir qui réagit sur nous-mêmes et nous avons ainsi la possibilité de modifier largement le cours de notre karma."

Cette doctrine du karma donne l’espoir, le sens de la responsabilité et le courage morale à un bouddhiste, qui, arrachant les mauvaises herbes sur son chemin, sème en même temps la bonne semence qui lui permettra de progresser jusqu’aux hautes sphères des Arhats, des Bodhisattvas, ou de Bouddha.

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