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> Bouddhisme > Essais


L’oeil divin, ou ce que voit le Bouddha

La "claire vision" est fruit de l’Eveil et de la méditation. Un texte des écritures bouddhistes décrit les claires visions du Bouddha au cours de la nuit de l’Eveil.

Par Michel Henri Dufour

“Voir clair” est une notion récurrente dans l’Enseignement du Bouddha car c’est en fait le but ultime de la discipline bouddhique de vie, le fruit de l’Éveil. Cela peut également constituer une étape importante sur la Voie, en tant que résultat d’une pratique méditative intensive et bien orientée.

La tradition bouddhique reconnaît six pouvoirs supranormaux issus du développement de la méditation. Bien que ces pouvoirs ne soient pas essentiels à la libération, il représentent une aide non négligeable dans la compréhension de l’être et du monde.

L’un de ceux-ci, dont tous les autres émanent d’une certaine manière, est “l’œil divin” (pâli* : dibbacakkhu), communément appelé clairvoyance, permettant de percevoir les phénomènes des différents mondes d’existence, terrestres ou non terrestres, proches ou lointains, inaccessibles à l’œil physique de l’homme non perfectionné. Il fait également partie de la “connaissance triple” (pâli : tevijjâ), issue de l’émancipation par la connaissance transcendante, attribuée aux libérés ou “méritants” (pâli : arahâ). Il implique la connaissance relative à la mort et à la renaissance des êtres, la connaissance du futur et des renaissances des êtres en fonction de leurs actions bénéfiques ou néfastes.

Certains textes (pâli : sutta) du Canon bouddhique primitif exposent la manière dont ces différents pouvoirs surgissent chez Siddhatta lors de son Éveil progressif, chacun apparaissant en séquences dont les éléments sont mutuellement conditionnés. Pendant la nuit précédant son Éveil total, juste après sa victoire sur Mâra (le “Tentateur", les passions, les peurs, les voiles de l’esprit), Siddhatta acquit successivement : la connaissance de ses existences précédentes, au cours de la première veille, “l’œil divin”, au cours de la seconde veille, et la vision directe dans les séries des causes et des effets, au cours de la troisième veille.

Traditionnellement cette vision supérieure (pâli : abhiññâ) était attribuée au Bouddha et certains “méritants” la possédaient également. Elle est même attestée de nos jours, chez des grands maîtres Théravâda, comme le Vénérable Ajahn Mun, qui vécut en Thaïlande dans la première moitié de ce siècle. Il a cependant toujours été bien spécifié, dans la pratique bouddhique originelle, qu’ils ne sauraient constituer un but en soi. En raison de son caractère mondain (c’est-à-dire encore soumis aux “trois marques” : insatisfaction, non-permanence et non-soi) il est dangereux de s’y attacher, ils ne sont que des à-côtés susceptibles d’être expérimentés par certaines personnes. C’est ainsi que de nombreux pratiquants s’illusionnent et pensent être parvenus au but ultime sur la simple foi de ces réalisations.

Ces pouvoirs, auxquels il est possible d’accorder une réalité, peuvent faire l’objet de plusieurs lectures – culturelle, sociologique, philosophique, religieuse – lectures n’étant pas nécessairement exclusives l’une de l’autre. Quoi qu’il en soit ils sont chargés d’un enseignement fondamental (élément qui, dans le bouddhisme, est toujours présent, sous-jacent aux divers exposés poétiques et légendes) : la réalisation de l’interdépendance, de la non-séparation de tout ce qui existe (phénomènes physiques ou mentaux, intérieurs ou extérieurs, proches ou lointains, visibles ou invisibles). La sagesse issue de l’Éveil (total du Bouddha ou partiel du “méritant”) débouche immanquablement sur la compassion à l’égard de tous ces phénomènes et de tout ce qui vit. L’une ne pouvant exister sans l’autre, tout comme l’avers et le revers d’une pièce de monnaie.

Ce que voit le Bouddha, selon les textes

« Durant la première veille de la nuit, sa vision intérieure ne connut plus d’obstacle. C’est ce que l’on désigne par “l’ouverture de l’œil divin”. Alors, il orienta son attention vers le passé ; il vit son passé et celui d’innombrables êtres formant une chaîne ininterrompue à travers les éons et les ères terrestres.

Dans la seconde veille, son œil de la sagesse s’ouvrit encore davantage et il contempla le spectacle de l’univers entier comme un miroir sans tache. Il vit les êtres naître et mourir, chacun selon son karma, les lois de la cause et de l’effet. Voyant que la naissance et la mort se produisent suivant la chaîne de la causalité, il embrassa le cycle de tous les êtres. Il considéra les heureux et les malheureux, les glorieux et les humbles, suivant chacun leur chemin. Il examina comment, ignorants et douloureux, tous étaient emportés par les vagues déchaînées de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort.

Durant la troisième et dernière veille, il s’attacha à déraciner cette souffrance pour toujours. Il avait clairement compris les chaînons de l’interdépendance où chaque stade est produit par une cause précédente, la cause originelle étant l’ignorance. Et il saisit combien les êtres étaient animés par le mouvement de la puissance du karma. Et maintenant son œil divin cherchait les moyens de la libération. Il vit que, par la cessation de la naissance, ni la vieillesse ni la mort ne pourraient se produire ; par la cessation du devenir, il n’y aurait plus de naissance ; par la cessation de l’avidité, il n’y aurait plus de devenir, et ainsi de suite en remontant l’enchaînement des causes jusqu’à l’ignorance. Il eut donc l’intuition de la souffrance et de la cause de la souffrance, de la cessation de la souffrance et de la voie de la cessation de la souffrance.

À la fin de la troisième veille, aux premières lueurs de l’aube, le Bodhisattva vit à travers les ultimes traces de l’ignorance jusqu’en soi. Il avait atteint l’Éveil absolu et était devenu le Bouddha. »

(Sherab Chödzin Kohn, d’après les Écritures bouddhiques)

* langue, issue du sanscrit védique, dans laquelle furent rédigées les Écritures bouddhiques à l’origine (voir : Dictionnaire pâli-français du bouddhisme originel, Michel Henri Dufour, éditions Les 3 Monts, 1998).

bibliographie

Lire en priorité : – Sur les traces de Siddharta, Thich Nhat Hanh, J. C. Lattès, 1996

Voir également : – La vie du Bouddha, André Ferdinand Herold, Dharma, 1993 – La vie du Bouddha, A. Foucher, J. Maisonneuve, 1987 – Lalitâvistara, Sand, 1996 – La merveilleuse légende de Siddhartha Sakya Mouni Bouddha, Claude Aveline, Claire Lumière, 1987.

Octobre 2000

Association Bouddhique Theravâda
c/o Michel Henri Dufour, 22 rue de la Grange Aubel, 71000 SANCÉ -
Tél. : 03 85 20 14 42


http://perso.club-internet.fr/mhd-abt/vivekarama





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