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> Bouddhisme > Intégration > Spiritualité > Réflexion et essais


L’intériorité ou la quête personnelle

La demande spirituelle se fait chaque jour plus pressante et les religions ne sont plus les seules à proposer des réponses. De fait, l’homme est de moins en moins confessionnalisé et sa quête d’absolu prend aujourd’hui une forme plus humaniste.

Par Anne Tardy

L’individu contemporain recherche un nouvel état d’être, un nouvel art de vivre. Il entend être rejoint dans ses interrogations personnelles et jeter un pont entre son intériorité et son quotidien. La recherche spirituelle n’est plus exclusivement “ religieuse ” mais également laïque. “ On note de même dans l’évolution actuelle du sentiment religieux, un déplacement de la religion vers la sagesse. Or il est une sagesse laïque comme il est des “ spiritualités sans Dieu ”. Des hommes et des femmes mènent aujourd’hui leur quête de sens dans une recherche mystique qui est plus philosophique que spirituelle ” Jean Vernette “ Nouvelles sagesses, nouvelles spiritualités ”.

Le “ soi ” a aujourd’hui pris le pas sur la communauté. L’expérience personnelle occupe désormais le centre. Las des idéologies et des religions dogmatiques, l’individu devient, selon l’expression de J-Michel Besnier Revuie “ Sciences humaines ”, juin 2000 “ Sagesses actuelles ” “ bricoleur d’existence ”. Dès lors, la spiritualité s’incarne, s’humanise. Avec plus ou moins de bonheur. Et de profondeur. C’est l’avènement de “ transcendances sans Dieu ”. “ Une nouvelle religion mondiale naît, dans laquelle chacun cherche son propre maître intérieur ” confirme le sociologue Jean Vernette Le Monde . 26/11/99 Henri Tincq . On est au petit soin pour l’ego ! L’année 2000 confirme d’ores et déjà le succès de cette quête individualiste laïque. Car il ne s’agit, ni plus ni moins que de réconcilier l’individu avec lui-même.

L’appel de l’Orient intérieur

L’Orient attire les occidentaux en ce qu’il permet de trouver en soi ce que l’extérieur ne propose plus de façon adéquate. Lorsque le Dalaï Lama affirme “ nous sommes plus de cinq milliards d’êtres humains et, en un sens, je pense que ce dont nous avons besoin c’est de cinq milliards de religions différentes ”, il se fait entendre parce qu’il rejoint l’aspiration à liberté intérieure et extérieure. Un appel que l’on entend dans “ Le courage de se libérer ” Le courage de se libérer. Peter et Penny Fenner. Editions du Relié 2000 du bouddhiste Peter Fenner publié en avril dernier aux Editions du Relié. Qui regrette que la course à la plénitude ait fait perdre la vigilance de l‘instant…

Pour Michel Lacroix, “ le développement personnel ”. Coll. Dominos. Flammarion. 2000., le développement personnel, comme la quête d’intériorité, emprunte plus un point de vue oriental qu’occidental. “ Pour l’oriental, la réalité transcendante est une chose possible à vivre en soi-même ”. Il propose une voie du cœur où chacun peut expérimenter la vérité qui est en lui, contacter “ l’Etre au coeur de soi ” dont parlait Durkheim. Le chercheur spirituel contemporain n’a plus besoin d’Eglises, c’est en lui-même qu’il réalise l’absolu. En quête de sens, il butine auprès de philosophies de l’existence orientales et de leur florilège de techniques. Michel Lacroix parle de “ pseudo-orientalisation de la culture occidentale ”. Il n’empêche. Lorsque cet engouement nourrit un dialogue enrichissant sur les questions du sens, il donne du fruit.

Le succès confirmé par tous les libraires du moine vietnamien Thich Nhat Hanh confirme cette attirance. Il enseigne que le bien-être du monde dépend de nous, de notre façon de vivre notre vie de tous les jours, de notre façon de prendre soin du monde et de notre façon d’aimer. Chaque venue en France de Mathieu Ricard se révèle également un événement médiatique. Le discours bouddhiste, non culpabilisant mais responsabilisant, répond peut-être mieux aux attentes et angoisses de la solitude moderne.

Quels débats se jouent ?

Le développement personnel, lorsqu’il se mêle de spiritualité, fait de l’indépendance une clé de voûte. Lorsqu’il insiste sur le fait que toutes les traditions de l’humanité sont à notre disposition, il nourrit le rêve d’un homme transculturel. Le syncrétisme ne fait plus peur, il devient même une forme d’affirmation de soi, une expression de liberté : “ Je choisis ce qui est bon pour moi ”. On peut craindre, avec Jean Vernette que “ l’individualisme narcissique ” ne soit pas loin… “ L’expérience personnelle et intérieure est à la fois une menace et une chance pour les religions. Une menace puisque ce type d’expérience religieuse personnelle, subjective, se passe de la médiation exclusive des institutions au divin. Une chance, dans la mesure où son développement remet en question les analyses classiques de la sécularisation ”. Et le danger est alors aussi de ne pas être capable de faire la différence entre “ce qui est de l’ordre de la transformation de soi par soi et ce qui est de l’ordre de la transfiguration de soi par un Autre ”.

Le danger peut aussi être de vouloir toujours chercher quelque chose “ d’autre ”. D’attendre de la vie sans voir ce qu’elle nous donne. D’être incapable de lire et de vivre le présent. Pour Peter Fenner Op.Cit,

Novembre 2000






Buddhaline

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