BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Matthieu Ricard
L’empathie et la pratique intensive de la compassion - Matthieu Ricard
Le sublime échange du bonheur et de la souffrance - Dilgo Kyentsé Rinpoché
La “vigilance” du tireur d’élite - Matthieu Ricard
Participons avec Matthieu Ricard à la création d’une clinique mobile à Bodhgaya - Matthieu Ricard
Soi-même et les autres - Dilgo Kyentsé Rinpoché
Espace Matthieu Ricard - Espace Matthieu Ricard
Entretien avec Nicole Lattès, éditeur de Matthieu Ricard - Sofia Stril-Rever
Même rubrique

Vivre avec un cobra - Ajahn Chah
Les 14 entraînements de l’Ordre de L’Inter-être - Thich Nhat Hanh
Les Trois Piliers du Dharma - Lama Shérab Namdreul
Approfondir la pratique - Ajahn Thiradhammo
A l’hôpital des bodhisattvas - Pema Wangyal Rinpoche
La vérité ne relève pas de la mémoire ni de la connaissance mais de la compréhension - Vénérable Walpola Rahula
Le sourire du Bouddha - Martin Evans
Autres textes
Tout sur le soya - Jeanne Dumont
La Mort selon les bouddhistes - Tich Thien Châu
La Voie de Bouddha - Shunryu Suzuki
Quel bouddhisme ? - Michel Henri Dufour
Une diététique pour le cerveau - Alexandre Koehler
Le savoir et la vertu font l’être supérieur - Dr Gabriel "Jîvasattha" Bittar
Le boudhisme, les refuges et les préceptes - Ajahn Khemasiri
Matthieu Ricard

De l’abandon par Matthieu Ricard
De la transformation personnelle au changement sociétal par Matthieu Ricard
Etre disciple, rencontre avec Matthieu Ricard par Matthieu Ricard
Gérer le stress et l’anxiété par Matthieu Ricard
Introduction à la pratique et au symbolisme du mandala dans le bouddhisme tibétain par Matthieu Ricard
L’optimisme éclairé par Matthieu Ricard
L’art de la méditation par Matthieu Ricard

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Enseignements


L’illusion de l’ego

Par Matthieu Ricard

Dés ma première rencontre avec des sages de la tradition du Bouddhisme tibétain, j’ai été frappé par le fait qu’ils manifestaient d’une part une grande force intérieure, une bienveillance sans faille et une sagesse à toute épreuve, et d’autre part une complète absence du sentiment de l’importance de soi. J’ai moi-même observé à quel point l’identification à un « moi » qui siégerait au cœur de mon être est une source de vulnérabilité constante, et que la liberté intérieure qui naît d’un amenuisement de cette identification est une source de plénitude et de confiance sans égale.

Comprendre la nature de l’ego et son mode de fonctionnement est donc d’une importance vitale si l’on souhaite se libérer des causes intérieures du mal-être et de la souffrance. L’idée de se dégager de l’emprise de l’ego peut nous laisser perplexe, sans doute parce que nous touchons à ce que nous croyons être notre identité fondamentale.

Nous imaginons qu’au plus profond de nous-mêmes siège une entité durable qui confère une identité et une continuité à notre personne. Cela nous semble si évident que nous ne jugeons pas nécessaire d’examiner plus attentivement cette intuition. Pourtant, dès que l’on analyse sérieusement la nature du « moi », l’on s’aperçoit qu’il est impossible d’identifier une entité distincte qui puisse y correspondre. En fin de compte, il s’avère que l’ego n’est qu’un concept que nous associons au continuum d’expériences qu’est notre conscience.

Nous pourrions penser qu’en consacrant la majeure partie de notre temps à satisfaire et à renforcer cet ego, nous adoptons la meilleure stratégie pour atteindre le bonheur. Mais c’est faire ainsi un mauvais pari, car c’est tout le contraire qui se produit. L’ego ne peut procurer qu’une confiance factice, construite sur des attributs précaires – le pouvoir, le succès, la beauté et la force physiques, le brio intellectuel et l’opinion d’autrui – et sur tout ce qui constitue notre image.

Une confiance en soi digne de ce nom est tout autre. C’est paradoxalement une qualité naturelle de l’absence d’ego. La confiance en soi qui ne repose pas sur l’ego est une liberté fondamentale qui n’est plus soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face aux jugements d’autrui, une profonde acceptation intérieure des circonstances, quelles qu’elles soient.

Cette liberté se traduit par un sentiment d’ouverture à tout ce qui se présente. Il ne s’agit pas d’une distante froideur ni d’un détachement sec, comme on l’imagine parfois lorsque l’on parle du détachement bouddhiste, mais d’un rayonnement altruiste qui s’étend à tous les êtres.
Lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime. Entretenu par ses constantes ruminations, sa souffrance lui confirme son existence autant que son euphorie. Qu’il se sente porté au pinacle, diminué, offensé, ou ignoré, l’ego se consolide en n’accordant d’attention qu’à lui-même.

L’attachement à l’existence de l’ego considéré comme une entité unique et autonome est fondamentalement dysfonctionnel, car il est en porte-à-faux avec la réalité. Fondé sur une erreur, il est constamment menacé par la réalité, ce qui entretient en nous un profond sentiment d’insécurité. Conscient de sa vulnérabilité, l’ego tente par tous les moyens de se protéger et de se renforcer, éprouvant de l’aversion pour tout ce qui le menace et de l’attirance pour tout ce qui le sustente. De ces pulsions d’attraction et de répulsion naissent une foule d’émotions conflictuelles.

En vérité, nous ne sommes pas cet ego, nous ne sommes pas cette colère, nous ne sommes pas ce désespoir. Notre niveau d’expérience le plus fondamental est celui de la conscience pure, cette qualité première de la conscience et qui est le fondement de toute expérience, de toute émotion, de tout raisonnement, de tout concept, et de toute construction mentale, l’ego y compris.
Pour démasquer l’imposture du moi, il faut ainsi mener l’enquête jusqu’au bout. Quelqu’un qui soupçonne la présence d’un voleur dans sa maison doit inspecter chaque pièce, chaque recoin, chaque cachette possible, jusqu’à être sûr qu’il n’y a vraiment personne. Alors seulement peut-il avoir l’esprit en paix.

Si l’ego constituait vraiment notre essence profonde, on comprendrait notre inquiétude à l’idée de s’en débarrasser. Mais s’il n’est qu’une illusion, s’en affranchir ne revient pas à extirper le cœur de notre être, mais simplement à ouvrir les yeux, à dissiper une erreur. L’erreur n’offre aucune résistance à la connaissance, comme l’obscurité n’offre aucune résistance à la lumière. Des millions d’années de ténèbres peuvent être dissipées instantanément lorsqu’une lumière est allumée.

Le site de Matthieu Ricard
Ses photos, publications, blog ...
http://www.matthieuricard.org

Dilgo Khyentsé Fellowship
La fondation Dilgo Khyentsé Fellowship est dédiée à la poursuite et au développement des activités de Dilgo Khyentsé Rinpoché.
http://www.shechen.org/

KARUNA
L’Association KARUNA a été créée, en France pour accompagner les programmes humanitaires de Matthieu Ricard
http://www.karuna-shechen.org






Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling