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Claire Bourgeois

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> Bouddhisme > Intégration > Société > Prisons


L’exclusion chez les exclus

Le monde carcéral est un lieu conçu pour l’isolement, la séparation, l’exclusion hors d’une société qui a été rejetée. La pauvreté peut alors conduire à la misère, à l’exclusion chez les exclus.

Par Claire Bourgeois

L’argent aussi ici pèse son poids, pèse de tout son poids. La vie au quotidien, la manière dont vous êtes considéré par ceux qui vous gardent, le regard des autres prisonnier jusqu’au déroulement de votre peine, tout à tous moments est soumis au fait d’en avoir ou d’en manquer.

Pour le quotidien, il y a la cantine, c’est à dire l’endroit où les petites choses de première nécessité sont achetées comme le savon, shampooing, le papier à lettre. Mais aussi le tabac et les extra qui viendront améliorer le petit déjeuner ou le repas du soir. Il n’est pas difficile d’imaginer comment un met même simple mais évoquant un « hors les murs » peut alléger quelques instants, une promiscuité de tous le moment. Regards des uns, regards des autres et aussi de soi-même quand les chaussures sont usées, les vêtements révèlent leur trame et qu’il devient difficile de remplacer un jean, un tricot. Le courrier quelquefois seul lien ténu avec un restant de famille ou même si la famille n’existe pas, un étranger bénévole qui vous dit par une lettre simple que vous existez encore pour quelqu’un et même pour le courrier, il faut un peu d’argent.

Plus encore ou tout encore, l’argent peut faciliter les étapes vers la sortie. Celui qui a de l’argent rencontre son avocat qu’il aura lui même choisit. L’argent sera disponible pour les papiers, les démarches. Si l’argent existe souvent il y au aussi une formation qui vous donne accès à la compréhension nécessaires pour parcourir les dédales des jugements.

Pour les remises de peine, il est important de pouvoir suivre une formation, trois formules existent. Les formations du ministère de l’éducation avec des professeurs formés. Seul problème, les cours ont lieu durant les séances de travail. Ensuite, en payant une inscription il est possible de suivre les cours par correspondance. Cette formule bien qu’onéreuse donne plus de liberté par de cours aux heures fixes, pas de confrontation directe avec un système scolaire dans lequel la situation d’échec est lourde à porter. Enfin, toujours par correspondance. Mais gratuit cette fois l’enseignement dispensé par des associations.

Pour trouver de l’argent, il faut du travail. Celui-ci est une denrée rare, seulement 40 % des détenus sont au travail. Le travail pénitentiaire est de deux types : travail en atelier fourni par les entreprises ou un travail d’intérêt général au service de la prisons. Le détenu qui travail pour une entreprise est de fait employé de l’administration. La rémunération est variable de 30 à 130 frs par jours selon le travail reste modique très modique Seul avantage notable, le détenu et ses ayants droits bénéficient d’une couverture sociale, sauf pour l’assurance chômage. L’argent ainsi gagné doit être déposé sur un compte auprès de l’administration et le détenu pourra débiter ce compte en fonction des besoins.

En conclusion, l’accroissement des inégalités contribue à isoler ici comme à l’extérieur les pauvres de ceux qui ont de l’argent. Plus les conditions de détentions s’assouplissent vers un mieux être, qui est le plus souvent onéreux, et plus se fait sentir notre société à deux vitesses. Des projets d’amélioration visant à faire de l’entreprise un partenaire plus actif dans les prisons sont en cours. Mais il faut du temps pour transformer un détenu en partenaire et vaincre les craintes et les lourdeurs de l’administration.

Claire Bourgeois

(LVN, Paris)

1999

La Vie Nouvelle
4 place de Valois
75001 Paris
Tél. : 01 55 35 36 46


http://www.globenet.org/lvn





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