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Houang-po

Le "non-esprit" par Houang-po
Ni corps ni esprit : voilà la Voie suprême par Houang-po

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> Bouddhisme > Enseignements


L’essentiel de la méthode de transmission de l’esprit

Par Houang-po

Notre école Ch’an, depuis les origines de sa transmission, n’a jamais prôné les recherches purement théoriques, et quand je parle de "cultiver la Voie", c’est plutôt en manière d’accueil, car en fait, la Voie n’est pas non plus quelque chose que l’on peut cultiver. L’étude théorique préserve les affects et débouche toujours sur l’égarement. La Voie n’est et ne va nulle part, on la nomme "esprit du grand véhicule". "Cet esprit ne se trouve ni dedans ni dehors, ni entre les deux", il n’est et ne va vraiment nulle part. Il faut avant tout ne pas l’aborder théoriquement, autrement dit, comme s’il s’agissait de l’objet de l’un de vos affects. Quand il n’est plus aucun affect, l’esprit n’est ni ne va nulle part.
Cette Voie est si naturelle qu’elle n’a pas de vrai nom. Or, du simple fait que les gens de ce monde ne la connaissent pas, ils s’égarent dans leurs affects, et les Bouddhas apparaissent pour mettre un terme à cet état de choses par leur prédication. Craignant que vous et vos semblables, vous ne puissiez comprendre, ils disent "Voie" à titre provisoire, sans qu’on puisse bâtir des théories sur ce nom. C’est en ce sens que j’entends l’expression : "Oublier la nasse quand on a pris le poisson."

Qui, dans l’état naturel de son corps et de son esprit, parcourt la Voie en reconnaissant son esprit, rejoint la source originelle et peut s’appeler "renonçant". Le renonçant atteint son but quand ses pensées s’apaisent et non en étudiant vainement. Vous qui cherchez l’esprit avec votre esprit en comptant sur les autres, vous ne faites que prendre et apprendre. Arriverez-vous jamais à quoi que ce soit ! Les anciens étaient vifs. Comme il leur suffisait d’entendre une seule parole pour arrêter d’étudier, on dit d’eux que c’étaient des adeptes oisifs "n’agissant en rien puisque n’étudiant plus". De nos jours, on a seulement envie de savoir et de comprendre beaucoup de choses. On entreprend de vastes recherches dans les textes en qualifiant cela de "pratique", mais on ignore que des connaissances théoriques trop abondantes se transforment toujours en étouffant couvercle. On devrait juste avoir, lorsqu’on donne beaucoup de lait à un bébé, s’il le digérera ou pas. Il s’avère pourtant qu’on ne sait rien. Et les adeptes des trois véhiculent sont tous de cette espèce. Je dis qu’ils souffrent d’indigestion. Une indigestion de connaissances théoriques n’est rien d’autre qu’un empoisonnement, une intoxication qui se déclare au sein de ce qui naît pour disparaître. Il ne se passe rien de tel que la talité. "Ce genre de lame, est-il dit, je n’en ai point dans mon royal trésor."
Il faut "nettoyer par le vide" toutes ces vieilles théories. Quand il n’y a plus de discrimination, on tombe sur le vide de l’embryon du Tathâgata. L’embryon du Tathâgata, qui n’est souillé par la plus minuscule des poussières, est la manifestation dans le monde du "roi de la spiritualité qui infirme l’être". Quand le Bouddha dit qu’en Dipamkara "il n’a trouvé aucune réalité", il n’a d’autre intention que de vous débarrasser de vos affects et de vos théories intellectuelles. L’Homme "sans affaire" est celui qui a laissé fusionner la surface et le fond jusqu’à ce que ses affects s’épuisent dans une totale absence de point d’appui.
Le filet des enseignements que dispensent les trois véhicules est tissé de traitements indiqués et d’opportunes médications. C’est sur le vif qu’il se déploie, et jamais de la même manière. En comprenant cela, vous ne pourrez jamais plus vous tromper. Vous devriez d’abord ne plus chérir les textes sur lesquels vous bâtissez vos théories, car ces textes contiennent des enseignements proprement circonstanciés, du simple fait qu’il n’y a aucune méthode précise que le tathâgata puisse prêcher. Notre école n’a pas de thèse à ce sujet. Nous nous contentons de savoir que le repos, c’est le calme de l’esprit, et qu’il n’est plus alors besoin de produire des pensées qui s’enchaînent.

Extrait de Houang Po, maître Tch’an du IXe siècle. Entretiens.
Présentation et traduction du chinois par Patrick Carré.
Editions Les deux océans, 1985.

Kalyanamitra Shi Fasheng


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