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> Bouddhisme > Découverte


L’avenir du bouddhisme

Dans l’Avenir du bouddhisme, Sogyal Rinpoché se penche sur des questions essentielles qui se posent au bouddhisme dans le monde moderne, telles que l’adaptation, l’entraînement, l’intégration et le soutien du sangha.

Par Sogyal Rinpoché

La deuxième des conférences intitulées Buddhism in America eut lieu à San Diego, en Californie, aux Etats-Unis, en mai 1998. Elle attira un public de pratiquants, enseignants et érudits bouddhistes. Sogyal Rinpoché fut invité à être un des principaux orateurs.

Introduction

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En ce qui concerne l’avenir du bouddhisme, tout ce que je peux faire aujourd’hui est de partager quelques pensées et souhaits fondés sur mon expérience personnelle et sur les observations de mes vingt-cinq ans d’enseignement en Occident. Inévitablement, mon discours concernera en majeure partie la tradition bouddhiste du Tibet, mais j’espère, cependant, qu’il aura de l’intérêt ou du sens pour les pratiquants de toutes les traditions.

Je m’empresse de souligner, pour commencer, que je ne suis qu’un pratiquant qui fait de son mieux pour pratiquer, un simple étudiant du dharma qui essaye, en travaillant sur lui-même, grâce aux enseignements et à ses maîtres, de devenir un meilleur être humain. Laissez-moi vous dire, aussi, que je suis très honoré d’avoir été invité à intervenir dans cette conférence Buddhism in America.

Première partie

Jamyang Khyentsé et Rimé

Lorsque je pense au bouddhadharma et à son avenir, mes pensées se tournent vers mon maître Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö, qui était un maître de toutes les lignées du bouddhisme tibétain, et qui décéda en exil au Sikkim, en 1959. C’était véritablement un chef, et nombreux sont ceux qui le considéraient comme l’un des plus grands maîtres tibétains de ce siècle, la personnification du bouddhisme tibétain, et comme une preuve vivante de la façon d’être de quelqu’un qui a réalisé les enseignements. Il était un maître de maîtres, le maître d’un grand nombre de lamas éminents qui allaient enseigner en Occident, tels que Dilgo Khyentsé Rinpoché, Kalou Rinpoché et Dezhung Rinpoché ; pourtant, il traitait tout le monde, riche ou pauvre, grand ou humble, de la même manière.

Je me demande souvent si l’avenir du bouddhisme tibétain n’aurait pas été entièrement différent s’il avait vécu plus longtemps, et avait pu inspirer le développement du bouddhisme, en exil et en Occident, avec la même autorité et le même respect infini pour toutes les traditions qui l’avaient tant fait aimer au Tibet.

Jamyang Khyentsé avait une vision. Il était en fait l’héritier du mouvement non sectaire Rimé, dont la vague s’était déployée dans tout le Tibet oriental au siècle dernier. C’était une sorte de renaissance spirituelle, qui rejetait toute forme de préjugé sectaire ou partisan, et encourageait chaque tradition à maîtriser les enseignements et les pratiques authentiques de sa propre lignée, tout en maintenant un esprit d’ouverture, d’harmonie et de coopération avec les autres écoles bouddhistes. Il n’y avait pas de flou ou de synthèse entre une tradition et une autre — la pureté de chaque tradition était assurée — mais elles coexistaient et puisaient souvent leur inspiration l’une chez l’autre.

Il y a, à mon avis, un parallèle fascinant entre la richesse extraordinaire de la culture spirituelle tibétaine au temps des grands pionniers de ce mouvement Rimé, tels que Jamyang Khyentsé Wangpo et Jamgön Kongtrul, et la grande diversité des lignées que l’on trouve aujourd’hui en Occident. De bien des façons, la vision Rimé suggère un modèle de la manière dont le dharma doit continuer en Occident, en conservant un respect total pour nos traditions distinctes et authentiques, tout en considérant la créativité et l’ingéniosité que les différentes écoles du bouddhadharma ont montrées lors de leur établissement en Occident. Nous pouvons tous nous inspirer, nous aider et nous relier les uns aux autres, sans pourtant confondre ou mélanger nos traditions de façon inappropriée. Jamyang Khyentsé vit aussi que le dharma parviendrait en Occident. Au Tibet, depuis l’époque de Padmasambhava, de nombreuses prophéties indiquèrent que cela se produirait ; Jamyang Khyentsé en parla à plusieurs reprises et, peu de temps avant son décès, dit au maître tibétain Tulkou Urgyen, au Sikkim : « A partir de maintenant, le bouddhadharma s’étendra plus loin, en Occident. »

Si nous considérons maintenant ne serait-ce que l’impact du dharma sur la vie en Occident aujourd’hui, nous ne pouvons que nous étonner de la diversité des domaines de la culture occidentale influencés par le bouddhisme, et qui nous sont désormais très familiers :

· l’accompagnement des mourants et les soins palliatifs, un domaine qui me tient beaucoup à cœur ;

· la médecine et la guérison holistiques ;

· le domaine de la psychologie et de la thérapie ;

· les arts et l’éducation — il suffit de penser à l’Institut Naropa ;

· le dialogue entre les différentes confessions et les échanges oecuméniques ;

· les sciences de la vie ;

· les mouvements pour la paix et la non-violence ;

· des moyens d’existence justes et l’éthique dans le monde des affaires ;

· l’écologie, et ainsi de suite ...

· sans oublier, dans le cas du bouddhisme tibétain, Hollywood et l’industrie cinématographique !

Les différentes lignées bouddhistes se sont établies d’une manière ou d’une autre en Amérique et en Europe et, sous la bannière du bouddhisme engagé, de nombreuses et merveilleuses expressions de l’action inspirée par le bouddhisme ont vu le jour. Je pense au Greyston Mandala de Glassman Roshi, au projet du Zen Hospice, aux diverses initiatives dans les prisons, à l’œuvre de Thich Nhat Hanh et au Buddhist Peace Fellowship. J’aimerais ici en faire l’éloge et je sais combien Jamyang Khyentsé —et tous les maîtres de la tradition Rimé— les auraient appréciés et approuvés.

Deux façons de présenter le dharma

Ces dernières années, Sa Sainteté le Dalaï-Lama a souligné qu’il y a deux façons de présenter le dharma aujourd’hui. L’une est de proposer les enseignements, dans l’esprit du bouddhisme, sans aucune notion d’exclusivité ou de conversion, mais de façon aussi ouverte et large que possible, pour être utile à tous, partout, quel que soit le contexte ou la confession. Le cœur du bouddhadharma, la Vue essentielle, est tellement pratique, simple et pourtant profond, qu’il peut enrichir et approfondir la compréhension de chacun, indépendamment de la voie spirituelle qu’il ou elle suit.

La deuxième manière est de présenter les enseignements à ceux qui ont sérieusement l’intention de suivre le dharma, afin qu’ils puissent suivre une voie complètement et à fond, quelle qu’en soit la tradition.

Quel est le lien entre ces deux approches ? La première ne peut pas se produire sans la seconde. Nous ne devons jamais oublier que le caractère unique et la grande force du dharma viennent de ce qu’il est une voie spirituelle complète, dont la lignée pure et vivante, est ininterrompue jusqu’à notre époque, et que si nous perdons cela, nous perdons tout.

Je vois, dans la déclaration du Dalaï-Lama, un schéma directeur pour nous tous, au XXIe siècle, et crucial pour la survie du bouddhisme authentique.

Des sujets d’inquiétude

Quels moyens le bouddhisme trouvera-t-il à l’avenir pour apporter sa contribution la plus complète à la transformation de la société ? Et en même temps, dans sa rencontre avec le monde contemporain, comment pourrons-nous éviter qu’il soit absorbé et neutralisé, au risque d’être réduit à un instrument de plus pour nous abrutir, d’être enrôlé et « intégré » dans la société occidentale pour finalement ne devenir rien de plus qu’une ramification intéressante de la psychologie, une branche du New Age, ou une section du mouvement en faveur de la santé ? Je connais aujourd’hui de nombreux maîtres tibétains qui ont ces mêmes préoccupations et se posent les mêmes questions que les bouddhistes occidentaux, dans cette période de transition que nous traversons ensemble. Ils ont aussi des préoccupations qui leur sont propres. Ils voient plusieurs signaux d’alarme en ce qui concerne l’avenir.

Lorsque nous voyons des images bouddhistes sur les panneaux publicitaires, dans les films hollywoodiens ou représentant ce qui est chic, c’est un témoignage de la popularité du bouddhisme ; c’est peut être gratifiant, même enthousiasmant— mais en même temps, cela fait froid dans le dos. Car où mènera la popularité du bouddhisme ? Sommes-nous les témoins de la conversion du bouddhisme en produit, en quelque chose qui soit rapide et simple à maîtriser, et qui ignore la discipline et l’application patientes réellement nécessaires sur la voie bouddhiste, comme sur toute autre voie spirituelle ? Quels sont alors les dangers dans la tentative de rendre le bouddhisme aussi conforme que possible aux goûts et aux modes de la société actuelle, tant et si bien que nous éditons ou ré-écrivons subtilement les enseignements du Bouddha ? Y a-t-il un risque de « vendre » le bouddhisme de façon trop agressive, trop forcée, évangélique même ? Tout intérêt de style commercial semble étranger au bouddhisme, qui a toujours mis l’accent sur l’importance de s’examiner soi-même. Mus par notre désir invétéré pour quelque chose de « nouveau », quel sera l’effet à long terme de chercher à mettre trop tôt en action un peu de connaissance : en nous précipitant trop tôt, dans le seul but d’être productifs ? Mon sentiment, et celui des maîtres que je connais, est que les considérations pratiques ne doivent jamais avoir la priorité sur l’authenticité des enseignements.

Compréhension et changement

Quel que soit notre souci sur la manière de présenter le dharma, notre besoin primordial, en ce qui concerne l’avenir, est d’approfondir notre compréhension et notre expérience du dharma. Considérons la question des modifications et des adaptations, par exemple. D’après moi, il est temps maintenant, de présenter l’essence des enseignements sans attirail culturel, sans pourtant compromettre la force ou le tranchant du dharma, tout en offrant quelque chose qui soit approprié aux conditions et à la mentalité des Occidentaux d’aujourd’hui. C’est cela le défi : ne pas rester traditionnel de façon trop rigide, mais nous adapter d’une manière authentique ; ne pas non plus nous précipiter trop vite ni attendre trop longtemps ; mais trouver une voie médiane.

Bien sûr, c’est assez facile d’adapter et de modifier, mais ce qui m’a toujours retenu est ce besoin, que j’ai ressenti, d’être absolument certain que le résultat soit véritablement le dharma en tous points. Car une fois que l’on crée une forme, elle a tendance à persister, et se révèle ensuite difficile à changer.

Au Tibet, il y a 1200 ans, à l’époque de la traduction des enseignements du bouddhisme indien, des maîtres indiens et des traducteurs tibétains exceptionnels étaient là pour instiguer l’intégration complète des enseignements dans un contexte tibétain, et pour trouver le juste équilibre en maintenant l’intégrité des enseignements tout en les canalisant vers les fondements de la culture tibétaine et la psyché tibétaine. Je me demande parfois si nous avons, aujourd’hui, ces mêmes qualités qu’eux, hier !

Le titre même « traducteur » (lotsawa) avait alors une signification bien plus profonde que de nos jours. C’était un terme de grand respect qui impliquait une compréhension profonde ; Marpa, par exemple, le maître de Milarépa, était appelé « Marpa le traducteur ». Voilà ce dont nous avons aussi besoin aujourd’hui — des érudits authentiques, comme ces pandits indiens et ces grands traducteurs tibétains, qui aient le discernement, en faisant la traduction, de créer la forme appropriée sans jamais perdre l’essence.

En deux mots, pour effectuer des changements, nous avons besoin d’une compréhension extrêmement claire des enseignements ; il s’agit d’une traduction très subtile et profonde.

Supposons, par exemple, que nous mettions le doigt sur des aspects des enseignements qui nous dérangent et dont nous présumions qu’ils font partie de l’attirail culturel. Comment être sûrs que nous ne faisons pas une énorme erreur, alors qu’en fait, ils font peut-être partie intégrante de l’enseignement ? Nous parlons de l’attirail culturel qui vient de l’Orient, mais lorsque nous abordons le bouddhadharma, nous apportons bien entendu avec nous les idées préconçues de l’Occident, qui sont peut-être encore plus difficiles à identifier ou à dissoudre.

Sa Sainteté le Dalaï-Lama a fait observer qu’il y a des aspects de la tradition qui sont liés à la géographie, à l’époque et à la culture, et qu’ils changent quand les conditions sont différentes ; mais il y a de nombreux autres aspects qui sont une manifestation compatissante et habile de la sagesse, et qui s’appuient sur une vérité inhérente. Ainsi, quand les choses deviennent difficiles et complexes, nous devons faire encore plus attention pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Non pas que je veuille simplement préserver une « bonne vieille » tradition. Au fond de moi-même, j’ai toujours eu le souhait le plus profond de trouver des moyens de transmettre le dharma au monde d’aujourd’hui ; cela a été, et demeure, un apprentissage continuel, avec mes maîtres, avec les enseignements et avec mes propres étudiants.

J’ai cependant observé une chose : quand, par l’étude, la pratique et l’intégration, les étudiants du dharma arrivent à une compréhension réelle et complète, ils deviennent alors un réceptacle pour le dharma, et ils commencent à avoir la « sagesse du discernement ». Je prie pour que cette sagesse du discernement s’accroisse chez les pratiquants du dharma, et que leur compréhension devienne si parfaite que lorsque des adaptations sont faites, elles soient tout naturellement appropriées. Ainsi, une présentation essentielle ou une explication simple des enseignements telle que nous la donnons aujourd’hui, ne doit pas s’avérer, dans l’avenir, avoir limité la compréhension ou entravé la plénitude du dharma. La sagesse, la vue pénétrante, l’expérience, la réalisation— tout cela est nécessaire— et particulièrement les moyens habiles.

En tout cas, le défi de notre époque est de naviguer entre les critères de la tradition et ce qui est perçu comme les exigences d’une nouvelle situation. Ce n’est pas une tâche facile, et elle est dangereuse et incertaine. Les décisions prises maintenant pourraient avoir, dans l’avenir, des conséquences à long terme. Et pourtant, nous devons faire face à ce défi et trouver un équilibre subtil entre une audace novatrice et une prudence mesurée, mais à un rythme juste, comme l’a conseillé Sa Sainteté, et avec la compréhension juste. A chaque fois que j’envisage d’introduire une modification importante, je consulte toujours mes maîtres, pour être sûr de ne pas tomber dans le piège qui consisterait à simplement apposer « mon » sceau sur l’enseignement.

Deuxième partie

A mon avis, dans les années à venir, les questions primordiales seront : le caractère complet de l’entraînement, l’authenticité du dharma à la fois dans l’enseignement et la

pratique, et le soutien du sangha. D’une certaine façon, ils évoquent, respectivement, les principes du Bouddha, du Dharma et du Sangha.

I. L’entraînement

Le bouddhadharma s’est établi en Occident, et il n’est pas la prérogative ou le monopole d’un groupe asiatique en particulier. Les Tibétains disent : « Le dharma n’appartient à personne ; il appartient à quiconque a la connaissance véritable » Les Occidentaux, sont, seront et doivent être, les détenteurs de ces traditions, cependant il ne s’agit pas ici simplement d’autorisation, mais d’entraînement ou d’éducation. Je sais que la qualité de l’entraînement de nos jours préoccupe de nombreux maîtres de la tradition tibétaine. Ils disent qu’un moine vénéré aujourd’hui comme docteur de philosophie dans la communauté en exil en Inde, peut, en fait, avoir reçu une formation bien inférieure à celle qu’aurait reçue quelqu’un ayant fait les mêmes études au Tibet dans le passé. Si c’est le cas en Inde, se demandent-ils, alors que dire des critères de l’entraînement en Occident ?

La grande question, de nos jours, est comment, dans un monde turbulent, agité, et qui va vite, les étudiants peuvent trouver des manières de s’entraîner aux enseignements et de les pratiquer avec la constance calme et régulière qui leur sera nécessaire pour réaliser la vérité. Dans le passé, les gens demeuraient à un endroit et suivaient un maître presque toute leur vie — voyez Milarépa, qui servit Marpa pendant des années, avant que celui-ci le laisse partir pratiquer tout seul, ou plus près de nous, Dilgo Khyentsé Rinpoché qui servit mon maître Jamyang Khyentsé et demeura avec lui pendant des années. Cela demande une transmission continue, et il n’y a pas de substitut ou d’alternative à la constance et à la stabilité.

Même dans mon travail personnel, j’ai vu comment, quand ils consacrent du temps à l’entraînement de l’esprit et au travail sur eux-mêmes, dans un environnement spécial, les étudiants peuvent parvenir à des résultats remarquables.

Du point de vue traditionnel, l’entraînement est adapté selon que la personne désire devenir un pratiquant, un érudit ou un enseignant, mais dans tous les cas, une base solide dans l’enseignement fondamental du dharma est nécessaire. Les points principaux, le cœur de l’enseignement doivent être inculqués à l’esprit de l’étudiant pour qu’il ou elle ne les oublie jamais. Par exemple : éviter de faire le mal, le point crucial du Véhicule Fondamental ; le développement du bon cœur, l’essence du Mahayana ; et la perception pure, le cœur du Vajrayana.

Il doit également y avoir des bases solides dans :

· la pratique de la méditation,

· l’entraînement à la compassion,

· la compréhension de la nature de l’esprit.

Dans mon travail, au fil des années, j’ai découvert combien il est important que les étudiants établissent cette base dans le dharma et parviennent réellement à une compréhension intérieure, dans le type d’environnement qui convient. C’est une chose à laquelle il leur est nécessaire de revenir, encore et encore, tout en persévérant, en s’appuyant sur différentes formes de soutien, et en suivant une voie progressive d’étude et de pratique, où ils peuvent accomplir ce qu’ils peuvent, au niveau où ils se trouvent.

A mon avis, l’approche la plus appropriée est le Mengak Nyongtri Chenpo, la méthode de Patrül Rinpoché, selon la lignée du Dzogchen, où le maître applique l’entraînement à l’expérience de l’étudiant. Les exigences traditionnelles de la pratique peuvent être adaptées, d’une certaine façon, à l’expérience de l’étudiant.

Transmettre les enseignements du Bouddha est une immense responsabilité et exige toujours de nous un examen de notre motivation personnelle. Un de mes maîtres, Nyoshül Khen Rinpoché me raconta qu’une fois, quelqu’un lui avait demandé : « Quelles sont les qualités nécessaires pour enseigner le dharma ? » et qu’il lui répondit : « Avoir une motivation pure. » Le souci principal des maîtres tibétains sera toujours que 1) la source de la transmission soit pure, et 2) que la motivation pour enseigner soit pure — l’idéal du bodhisattva. Les qualités essentielles d’un pratiquant du dharma, qu’à ma connaissance un maître recherchera toujours en prévision de la continuité de la lignée, sont qu’il ou elle, soit un bon être humain : fiable, authentique, son caractère et son être au niveau le plus fondamental domptés par l’enseignement du dharma lui-même, et sa motivation, celle de la bodhicitta. Le Dalaï-Lama nous a mis en garde : « Trop de gens n’ont le dharma que sur les lèvres. Au lieu d’utiliser le dharma pour détruire leurs propres émotions négatives, ils voient le dharma comme une possession et eux-mêmes comme le propriétaire. » Celui qui enseigne doit, à tout prix, éviter de faillir au bouddhadharma, avec ses limitations personnelles, son ego et ses propres idées.

II. Les enseignements

Une autre tâche, dont l’importance est également cruciale, sera de maintenir l’intégrité de ce que l’on appelle en tibétain le Shédroup kyi Tenpa, l’enseignement de l’étude et de la pratique. Ils doivent toujours aller de pair. De nombreux maîtres tibétains sont préoccupés de voir que les gens étudient sans plan d’ensemble, au lieu de suivre une voie complète, en étudiant les principaux textes bouddhistes. L’étude du dharma est essentielle, et pourtant le but n’est pas simplement d’apprendre pour apprendre : l’étude doit toujours être alliée à la pratique. Le Dalaï-Lama a écrit : « Le bouddhisme accorde une grande importance à l’investigation intérieure, à l’entraînement du développement de l’esprit. D’un point de vue bouddhiste, enseigner et étudier le dharma ne constituent pas seulement une recherche académique. Nous étudions et enseignons le dharma pour discipliner nos esprits turbulents. »

Cette tradition a produit les érudits pratiquants les plus étonnants, qui sont entrés profondément dans l’expérience de la pratique des enseignements. Je pense à nouveau à Sa Sainteté, comme exemple de premier ordre. Quand il s’agit de l’étude et de la pratique du dharma, il ne faut pas compromettre sa profondeur, sa sagesse, et ses moyens habiles, sinon nous pourrions nous retrouver, dans l’avenir, avec un bouddhisme qui ne s’appuie pas sur les enseignements du Bouddha. Dans une société sans culture spirituelle et sans le discernement qu’elle procure, les gens sont crédules et seront donc incapables de distinguer entre un bouddhisme authentique et ce qui ne l’est pas.

Il y a deux questions particulières qui, d’après moi, ont une signification fondamentale pour l’avenir : la nécessité de cultiver une appréciation beaucoup plus profonde des enseignements et de ce qu’ils offrent et représentent vraiment ; et l’attention qui doit être accordée à la façon dont une véritable intégration des enseignements peut se produire dans l’esprit et le cœur de l’étudiant.

I. L’appréciation

Je suis constamment étonné par le pouvoir de transformation des enseignements et combien ils peuvent être thérapeutiques. De plus en plus, je réalise à quel point nous sommes aveugles aux réponses que contiennent les enseignements ; toutefois, si on les explore, les expérimente pleinement, et les dirige vers le cœur d’un problème ou d’une illusion, ils peuvent avoir des effets extraordinaires. Je crois que souvent, nous n’explorons pas vraiment les enseignements eux-mêmes pour ce qu’ils recèlent, ou que nous ne les laissons pas parler au cœur des difficultés réelles que les gens et les pratiquants du dharma traversent aujourd’hui. Cela fait maintenant de nombreuses années que les questions suivantes attirent mon attention : comment les gens peuvent-ils s’inspirer et se soutenir sur le chemin spirituel ? De quelle manière peuvent-ils tirer le plus grand bénéfice de leur compréhension et de leur réalisation ? Comment pouvons-nous véritablement appliquer les enseignements à nous-mêmes et aux difficultés que nous rencontrons ?

En avril 1998, j’ai passé un mois en retraite avec un groupe d’étudiants, dans notre centre de retraite et communauté du sud de la France. Là, nous avons pénétré et approfondi les enseignements ; nous avons examiné les enseignements fondamentaux, mais du point de vue le plus élevé, et ensemble, nous avons exploré leur signification, au cours d’une contemplation et d’une réflexion tranquilles ; j’ai été émerveillé par la sorte de réalisation et les progrès que les étudiants ont accomplis dans leur compréhension, en un aussi court laps de temps. Cela m’a montré que, dans un environnement spécial, les étudiants peuvent faire des découvertes sur eux-mêmes qu’ils conserveront longtemps, éclairant des zones obscures, transformant vraiment leur façon de se voir et leur offrant une capacité nouvelle pour surmonter les défis que la vie leur lance et les obstacles qui s’élèvent dans leur esprit. Cela m’a énormément touché et je salue leur compréhension, leur courage et leur dévouement sans réserve.

Par exemple, quelqu’un a dit avoir soudain commencé à voir clair dans les stratagèmes de l’ego, et à démasquer l’illusion pour ce qu’elle était — une mascarade derrière les humeurs de tous les jours et la frustration monotone qui faisaient écran au dharma et le privaient de la possibilité de changer. Quelqu’un d’autre mit le doigt sur une méthode qui lui permettait, avec habileté, de se montrer plus malin que l’un des pièges que l’ego lui tendait à l’ordinaire. Plusieurs personnes parvinrent à un degré d’engagement jamais atteint auparavant, leur permettant de prendre, personnellement, la responsabilité d’entraîner leur esprit. Une pratiquante du dharma de longue date comprit une notion habituelle qui la poursuivait subtilement depuis de nombreuses années — selon laquelle le bonheur existait en dehors d’elle-même et « ailleurs ». Elle découvrit en outre que le dharma est une source immense d’accomplissement, de satisfaction intérieure et de contentement ; elle réalisa que, jusqu’à ce que nous puissions trouver le bonheur et la joie dans le dharma, il est difficile de renoncer complètement au samsara, et qu’un véritable renoncement est loin d’être sombre, triste et impitoyable.

Différents aspects de l’enseignement — la méditation, la réflexion, l’amour, la compassion et la visualisation, lorsqu’ils sont explorés avec profondeur et inspiration, s’adressent, chacun à leur façon, aux aspects « difficiles » de nous-mêmes, en nous aidant à dissoudre les masques et les persona derrière lesquels nous nous cachons. Un changement apparemment extrêmement simple peut avoir un effet énorme dans la vie d’une personne : la décision d’être heureux, ou d’abandonner ou de consumer une histoire du passé.

A de tels moments, les étudiants peuvent se permettre de trancher leurs attachements au samsara et à ses cachettes secrètes. Ils peuvent reconnaître que l’illusion et la souffrance emprisonnées depuis des années dans leur cœur et dans leur esprit, n’existent que dans leur esprit et nulle part ailleurs. Et une fois qu’elle a été révélée pour ce qu’elle est, l’illusion n’a plus le pouvoir de tromper.

Le fait est, à mon avis, que les enseignements eux-mêmes, tels que nous les avons maintenant, si nous les appliquons avec savoir-faire et persévérance, peuvent nous aider dans les problèmes que nous confrontons aujourd’hui.

Prenons un dernier exemple : quelle source d’inspiration et quelle guérison, pour ceux qui souffrent de manque d’amour, qui se voient coincés dans une histoire douloureuse, ou qui croient n’avoir jamais été aimés, que de découvrir comment recevoir l’amour et les bénédictions des bouddhas, grâce aux enseignements eux-mêmes. Cela peut leur donner une nouvelle façon de se voir, et leur enseigner qu’il y a, emprisonné en eux, un trésor inépuisable d’amour et de compassion, qui n’attend que l’ouverture de leur cœur pour se libérer. Pénétrer dans l’amour et la compassion des enseignements révèle en nous un puits d’amour, d’où nous pouvons ensuite puiser pour donner à autrui.

II. L’intégration

D’autre part, pour que l’enseignement et la pratique aient tout leur impact, ce qui est très important bien que souvent négligé, c’est l’intégration. Afin que le dharma se fortifie pour l’avenir, et que les gens survivent et arrivent à un accomplissement sur le chemin spirituel, il est nécessaire d’examiner en détail comment un étudiant peut être aidé à traverser les différentes étapes du chemin, que Gampopa, le disciple de Milarépa, a décrites dans sa célèbre prière :

Accordez vos bénédictions afin que mon esprit se tourne vers le dharma.

Accordez vos bénédictions afin que le dharma progresse le long du chemin.

Accordez vos bénédictions afin que le chemin clarifie la confusion.

Accordez vos bénédictions afin que la confusion se transforme en sagesse.

Trop souvent, ceux qui entrent dans le dharma ne font qu’attendre passivement que les enseignements viennent à eux. Notre engagement dans les enseignements doit être plus actif. Nous devons les appliquer à nous-mêmes et faire un effort conscient pour les garder en vie. Nous entendons peut-être les enseignements, mais nous les mettons si peu en action ! C’est pourquoi il est nécessaire de les entendre encore et encore, si bien que ce que nous devrions faire paraisse si évident que c’en devienne presque notre seconde nature. Ensuite, par la pratique, cela devient une bonne habitude naturelle. Sinon il y a un fossé énorme entre ce à quoi nous aspirons et ce que nous sommes, et nos aspirations spirituelles nous distancent.

Fréquemment, nous résistons au changement et nous nous enracinons dans le samsara, laissant la vérité des enseignements souffler au-dessus de nous comme une brise, ne nous touchant que superficiellement. D’une certaine façon, nous repoussons la vérité des enseignements en les rationalisant, en les réduisant à l’ordinaire, ou en les « spiritualisant », au lieu de les prendre personnellement.

Notre problème majeur est, sans aucun doute, l’oubli. Oublier, c’est ignorer, et ignorer, c’est l’ignorance. Nous pouvons, à un moment donné, réaliser quelque chose de stupéfiant et être incroyablement inspirés, et le moment suivant, avec la distraction, l’ego et le samsara, c’est parti. Bien des maîtres doivent souvent se sentir un peu comme Avalokiteshvara qui, après avoir sauvé d’innombrables êtres des enfers, fut accablé de douleur lorsqu’il regarda en arrière et vit qu’un nombre incalculable d’êtres y affluaient à nouveau.

Ainsi, quelle que soit notre réalisation ou notre compréhension, nous devons la laisser prendre tout son impact ; cela seul lui permettra d’amener une transformation. La réalisation est une chose, la suivre et se montrer à la hauteur est vraiment une autre affaire. En se souvenant constamment de nos moments de réalisation, en les additionnant, en les couchant même par écrit dans un carnet d’intuitions, nous découvrirons qu’ils confirment la justesse des enseignements et les rendent de plus en plus puissants. Il est nécessaire que les étudiants rendent leurs réalisations vivantes, qu’ils en prennent soin et appliquent les enseignements, afin de ne pas retomber dans leurs anciennes habitudes.

D’une certaine façon, toute réalisation est un engagement vis-à-vis des enseignements, du maître et de nous-mêmes. En fait, les étudiants ont une responsabilité envers les enseignements : celle de s’en souvenir, de les appliquer à eux-mêmes encore et encore et de maintenir leur clarté. Une discipline comme celle-ci devient un entraînement de l’esprit : petit à petit, les obscurcissements sont brisés et, de plus en plus, nous voyons que les émotions négatives n’ont que la réalité que nous leur accordons. Occuper l’esprit avec la pratique et l’enseignement laisse progressivement moins de place aux émotions pour nous prendre par surprise et nous entraîner.

Je ressens très fortement qu’il y a là quelque chose d’important si nous considérons l’avenir du bouddhadharma en Occident.

Alors qu’il y a tellement de façons de rester coincé sur le chemin, d’être distrait ou de l’abandonner entièrement, quel genre de soutien les gens peuvent-ils trouver ? Comme le dit Sa Sainteté le Dalaï-Lama : « En Orient, même si vous ne voulez pas pratiquer, la culture vous y attire ; en Occident, si vous voulez vraiment pratiquer, la culture vous en retient. » Il n’y a pas de culture spirituelle dans la plupart des régions du monde moderne, et tout est conçu pour décourager la pratique spirituelle au lieu de l’encourager. Un effort vigoureux dans ce sens est nécessaire pour aider les gens non seulement à survivre, mais à accomplir leur pratique et à l’améliorer.

Dans un sens profond, donc, l’intégration elle-même est l’avenir, car lorsque nous nous immergeons dans l’enseignement et la pratique, nous sauvegardons le dharma, en nous-mêmes. Et de là viendront toutes sortes d’actions appropriées. Comme Thich Nhat Hanh l’a dit : « Le bouddhisme engagé ne signifie pas seulement employer le bouddhisme pour résoudre les problèmes sociaux et politiques. Nous devons tout d’abord amener le bouddhisme dans notre vie quotidienne. »

III. Le soutien du sangha

Un facteur d’une signification vitale et croissante pour l’avenir est le sangha et le soutien qu’il peut apporter, grâce à une communication véritable avec des amis spirituels authentiques. La recherche (comme celle du Dr. Dean Ornish dans son Love and Survival) a montré l’effet direct que l’amour et le soutien émotionnel ont sur la santé physique et la longévité. Il en sera de même pour un sangha où les pratiquants se soutiennent mutuellement : l’effet sur les individus et sur l’aptitude de la communauté à se maintenir sera profondément positif, et facteur de guérison et de protection. La force du sangha est particulièrement importante en Occident, où il n’y a pas de culture pour entretenir les valeurs du dharma.

J’ai vu combien de fois, grâce à un amour pur et une amitié sincère, il est possible d’aider les gens à traverser toutes sortes de bouleversements et de défis.

Quand nous sommes la proie des malentendus et de la confusion, quand les émotions s’enflamment et que les circonstances les grossissent hors de toute proportion, nous avons besoin d’être aidés et orientés vers les bons enseignements. Sans aucun jugement, mais avec compréhension et une acceptation totale, un ami spirituel peut indiquer et rappeler le dharma, ramenant toujours la personne sur le chemin, avec doigté et sensibilité. De la même manière, lorsque les étudiants partagent leurs expériences les uns avec les autres, cela peut être un encouragement énorme et un soutien immense.

L’essence du bouddhadharma concerne la transformation individuelle, et l’avenir réside en ceux qui personnifient et portent le dharma, plus que dans de grandes institutions. La question principale qui se pose pour l’avenir de l’enseignement dans le monde moderne est comment ceux qui suivent les enseignements peuvent être aidés et inspirés à trouver le juste environnement intérieur et extérieur où les pratiquer pleinement, les suivre jusqu’au bout et parvenir à réaliser et à personnifier l’essence du cœur des enseignements.

Créer des environnements où les gens peuvent venir s’entraîner profondément dans le bouddhadharma souligne le rôle des communautés et leur importance pour l’avenir du bouddhisme en Occident : des communautés d’individus, où qu’ils soient, en ville ou à la campagne, qui pratiquent et étudient ensemble pendant de longues périodes.

L’importance de véritables centres monastiques ne fait aucun doute. Mais quel type d’environnement créons-nous pour les hommes et les femmes qui ont reçu l’ordination ? Si l’environnement créé est nourrissant, avec un soutien réel, il sera alors plus facile pour les moines et les nonnes de vivre en tant que tels. Un soutien émotionnel leur est aussi nécessaire. Parfois, une institution seule ne suffit pas.

Etant donné que la majorité des étudiants occidentaux est laïque, il est également nécessaire d’explorer une voie médiane entre la voie monastique et l’ordination, et les pratiquants laïques habituels. C’est pourquoi, dans notre communauté, nous avons développé ce que nous appelons le « sangha pratiquant » : il s’agit d’étudiants qui se consacrent à la pratique et qui vivent habituellement dans un centre, où ils partagent leur temps entre un programme de pratique régulier, le travail, et les enseignements.

Une autre question importante est comment aider ceux qui n’ont pas de sangha à proximité de leur domicile. Ici, une vision à long terme est nécessaire, et si possible, il faudrait pouvoir offrir un choix de cours à différents niveaux et de durées différentes. Il nous faut trouver les moyens permettant aux gens, en l’absence d’un sangha proche, de devenir ami avec eux-mêmes et de créer un environnement du dharma chez eux, avec les enseignements, des cassettes audio et vidéo, des livres et des manuels. Régulièrement, il serait bon qu’ils rencontrent la communauté la plus proche, clarifient leur pratique, choisissent un frère ou une sœur du dharma avec qui ils ont une affinité particulière et qu’ils peuvent appeler, et que de temps en temps, ils participent à un grand enseignement ou à une retraite majeure. En utilisant de tels éléments de façon créative, on peut vraiment trouver de l’aide pour suivre la voie, et triompher des défis et des difficultés. C’est cela que nous avons cherché à développer dans nos communautés.

Conclusion

Ainsi, l’ouverture entre les différentes traditions ; la préservation de la pureté de la lignée ; la patience, la compréhension et les moyens habiles face au changement ; la formation des étudiants et des maîtres ; le caractère complet de l’étude et de la pratique ; une appréciation, une application et une intégration plus profondes des enseignements ; le soutien du sangha et le développement des communautés et des environnements du dharma — tout cela a un rôle à jouer pour assurer l’avenir du bouddhadharma.

Le bouddhisme est arrivé à un point où — en ce qui concerne la tradition tibétaine, certainement — chaque lignée doit examiner son propre avenir et tenir des conférences ou des assemblées avec des maîtres éminents, comme cela se produisit à Samyé, au Tibet, au VIIIe siècle.

De même, je ne peux que convenir que l’éducation doit être notre priorité, et que nous devons offrir différentes sortes d’entraînements — d’un côté, l’entraînement traditionnel bouddhiste dans l’étude des Ecritures et la pratique, mais s’adressant à des gens d’aujourd’hui, et d’un autre, des formations destinées à ceux qui ne s’investissent pas avec la même intensité, ou à des secteurs de la communauté ou intérêts spécifiques. Je suis pleinement d’accord avec mon ami Bob Thurman sur le besoin d’offrir le cœur du bouddhisme au système éducatif, à tous les niveaux, et de créer des universités contemplatives.

L’avenir de l’humanité est lié à l’accessibilité des enseignements spirituels tels que le bouddhadharma. A mon avis, c’est clair, quelque soit l’analyse. Ce sont le sens pratique et l’ingéniosité de l’Occident qui peuvent rendre le dharma plus accessible. Il y a, de nos jours, une soif et un besoin de vision spirituelle presque désespérés. Je crois que le bouddhadharma peut jouer un grand rôle pour répondre à ce besoin chez toutes sortes de gens et pour construire une culture spirituelle ici, en Occident.

Le Dalaï-Lama a dit : « Une nouvelle façon de penser est devenue la condition nécessaire à une vie et une action responsables. Si nous maintenons des valeurs et des croyances caduques, une conscience fragmentée et un esprit égocentrique, nous continuerons à nous en tenir à des objectifs et des comportements dépassés. » Avec sa perspective radicale sur le monde, ses trésors tels que l’entraînement à la compassion et la connaissance de l’interdépendance, le bouddhadharma nous offre une nouvelle façon de penser, et davantage. Et — comme toujours — il aborde directement les problèmes de notre temps.

Dédicace

Pour terminer, j’aimerais prier pour : la longue vie de ceux qui enseignent, en Orient comme en Occident ; que les enseignements du Bouddha continuent à être florissants ici, en Occident ; que vous progressiez tous rapidement le long du chemin vers l’éveil ; et que tous les êtres soient libres de la souffrance et atteignent le bonheur ultime de l’éveil. J’aimerais également ajouter combien j’apprécie et remercie Al Rapaport, pour sa vision et tout le travail qu’il a consacré à imaginer et à mettre sur pied les conférences Buddhism in America.

Publié par The Tertön Sogyal Trust

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- L’avenir du bouddhisme (4 essais de Sogyal Rinpoché)

- Dzogchen, l’essence du coeur de la grande perfection (Sa Sainteté le Dalaï-Lama)

- Rigpa, revue internationale

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Disponible au prix de 45FF + frais de portage (France : 7FF, Europe : 8FF, Canada : 15FF)

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- Rigpa, revue internationale

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