De même que la vie d’un animal se classe dans l’une des deux catégories : celle des animaux vivant dans l’eau, et celle qui comprend les autres, les sujets de la méditation se divisent en deux : la concentration et l’introspection. Les méditations de la concentration sont utilisées pour le mental et rendent attentif. L’introspection est, d’une part, la perception croissante de l’impermanence, la souffrance et l’absence de soi. Peu importe ce que nous sentirons vis-à-vis de notre existence, notre tâche ne consiste pas à tenter de la changer d’une façon quelconque. Non. Nous devrions la voir, et la laisser être. Là où il y a souffrance il y a le moyen de s’en libérer. Voyant ce qui naît et meurt, qui est sujet à la souffrance, le Bouddha a compris qu’il peut y avoir quelques choses au-delà de la naissance et de la mort, exemptes de souffrance.
Les méthodes de la méditation ont toutes les propriétés d’aider à développer l’attention. Il convient d’utiliser l’attention afin de voir la vérité cachée. Grâce à cette vigilance nous surveillerons tout désir, ce qui est bon et ce qui est mauvais, le plaisir et la peine qui apparaissent dans l’esprit. Réalisant qu’ils sont impermanents, souffrance et dépourvus de soi, nous nous en passerons. En effet, la sagesse se substitue à l’ignorance, et la connaissance au doute.
Quant à choisir un objet de méditation, vous devriez vous-mêmes découvrir ce qui convient à votre caractère. Partout où vous décidez d’être attentifs, vous acquerrez la sagesse. L’on comprend ici ce que veulent dire : attention, noter, être vigilant. La compréhension claire connaît le contexte dans lequel les événement du présent se déroulent. Quand l’attention et la compréhension claires agissent ensemble, leur compagnon la sagesse apparaît toujours afin de les soutenir à compléter toutes tâches.
Observez le mental, observez le processus de l’expérience apparaissant et cessant . Au départ, le mouvement est constant- dès qu’une choses disparaît, une autre surgit, et nous semblons voir davantage de choses qui apparaissent que celles qui disparaissent. Avec le temps, nous voyons plus clairement comment les choses apparaissent à toute vitesse, jusqu’à ce que nous atteignions le stade où elles apparaissent, disparaissent puis ne plus réapparaître.
Grâce à l’attention, vous verrez la nature véritable des choses. Pensez -vous que le monde est vôtre, que le corps est vôtre ? Mais ce n’est que le monde du monde, que le corps du corps. Si vous dites au corps : " ne vieillissez pas ", s’arrêtera-t-il pour autant de vieillir ? Et, votre estomac vous demandera-t-il la permission quand il tombe malade ? Nous ne faisons que louer cette maison, pourquoi ne pas trouver qui la possède en réalité ?
Mai 2001