BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Amour - Maïtri
Se découvrir au travers de l’enseignement du Bouddha - Lama Thubten Yeshe
Maitri, joyau de la vacuité - Sofia Stril-Rever
L’échange humain et l’acte d’amour - Philippe Labro
Aimer selon le Christ et Bouddha - Claudine Vernier-Palliez
L’instant d’aimer - Thich Nhat Hanh
La médecine au risque de la compassion - Dr Jean-Marc Mantel
L’amour bienveillant et la Compassion - Mingyur Rinpoché
Même rubrique

L’approche de la mort dans le bouddhisme - Vénérable Parawahera Chandaratana
L’attention - Ajahn Chah
La compassion une energie de guerison - Pema Wangyal Rinpoche
L’essence du coeur de la Grande Perfection : la base, la voie et le fruit - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Méditation et non méditation - Yongey Mingyour Rinpoché
Une histoire zen de voleurs père et fils - Khoa Nguyen
L ’écrit sur le moi - Maître Sosan (VII°)
Autres textes
Puisse le XXIéme siècle être non-violent - Sa Sainteté le Dalaï Lama
Le maître - Ajahn Chah
7 pistes pour demain - Adels
La cuisine crudivore - Geneviève Maillant
Les 14 entraînements de l’Ordre de L’Inter-être - Thich Nhat Hanh
Débat islamo-chrétien : Jésus, de l’Evangile au Coran - José Pereira
Le son, la voix... et la musicothérapie - Alexandre Koehler
Yongey Mingyour Rinpoché

L’esprit d’éveil et la vacuité par Yongey Mingyour Rinpoché
La pacification de l’esprit par Yongey Mingyour Rinpoché
Méditation et non méditation par Yongey Mingyour Rinpoché
Pratiquer l’amour bienveillant et la compassion par Yongey Mingyour Rinpoché

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Enseignements


L’amour bienveillant

Par Yongey Mingyour Rinpoché

1ere PARTIE
HALIFAX SHAMBALA CENTER, Nouvelle Ecosse, Canada
21/01/04
Traducteur en anglais : Tyler Dewar
Transcription en anglais : Ed Van Damme
Editeur : Judith Smith

Le Très Vénérable Mingyour Rinpoché : « Merci à tous d’être venus ce soir, TASHI DELEG
Nous parlerons ce soir de L’amour bienveillant et de la Compassion »

Comprendre L’amour bienveillant et la Compassion

L’amour bienveillant et la Compassion ont une qualité exceptionnelle, celle de protéger chacun d’entre nous. Le Bouddha a également enseigné que l’amour bienveillant et la compassion accomplissent spontanément un bienfait pour nous même et autrui. Ces qualités sont comparables à un joyau qui comble tout les désirs.

On raconte que dans le passé, il existait des histoires de souhaits exaucés qui se sont réalisées. De nos jours, ces faits n’existent plus. Ce sont des exemples qui illustrent ce que sont l’amour bienveillant et la compassion. Cela n’est pas important de savoir si ces histoires ont vraiment existé ou non. L’essentiel est de nous en inspirer.

LES ENNEMIS ET LA HAINE

Si notre esprit déborde d’agression et de haine, nous serons incapables d’aider qui que ce soit ; ni nous même, ni les autres, ni de réaliser des bienfaits dans cette vie. A long terme, en ce qui concerne nos vies futures, il nous sera impossible d’accomplir des actes positifs lors de celles-ci.

Prenons un exemple : Si vous pensez à chaque instant à vos ennemis et à la manière dont vous allez les éreinter avec l’esprit empli de colère, vous ne vivrez jamais un moment de bonheur et de paix.

Durant la journée vous n’aurez plus d’appétit. Lorsque vous vous assiérez vous penserez à vous lever et lorsque vous serez debout vous penserez à vous assoire, et le soir venu vous ne trouverez pas le sommeil.

De plus, vos ennemis se multiplieront. Ils ne diminueront jamais.

Sous l’emprise de la colère ou de l’agressivité, nous pensons sans arrêt à notre ennemi et à la manière de le vaincre. Nous considérons qu’il nous a blessé ou qu’il aura l’intention de le faire. De ce fait, nous nous demandons comment nous allons nous débarrasser de lui et réussir à le vaincre.

Le sentiment qui découle face à cette attitude est de penser que l’on peut renverser nos ennemis par la colère. Mais en réalité, nous nous apercevons qu’en étant enchaîné à cet esprit coléreux et aux pensées malveillantes, nous n’y parviendrons pas.

Il est sûrement possible de leur infliger diverses douleurs. Le degré le plus ultime serait de mettre fin à leur vie. Mais si nous tuons un individu, nous nous retrouverons face à deux ennemis ; si nous les éliminons, quatre autres individus apparaîtront. Si nous abattons ces quatre personnes, huit ennemis se présenteront à nous, puis cela continuera, nous aurons cent ennemis, et au final, le monde entier sera rempli de nos ennemis.

Nous pouvons nous rendre compte que l’agressivité ne permet pas de remporter une victoire définitive sur autrui.

UNE AUTRE APPROCHE

Le traducteur : Rinpoché va nous donner un autre exemple, et ensuite il vous posera une question-
Ce ne sera pas une question difficile, ne vous en faites pas. (Rires).

Rinpoché (en anglais) : Ne soyez pas inquiet !! (Rires)

Il y avait des nomades qui vivaient il y a plus de deux ou trois milles ans. Ils étaient à pieds nus et ne pouvaient pas se déplacer n’importe où. Ils devaient marcher, descendre, monter les montagnes, et traverser les plaines. De temps en temps, ils rencontraient des routes très étroites où il y avait des pierres assez pointues, et des épines qui pouvaient s’enfoncer dans leurs pieds.

Afin de continuer leur voyage dans de meilleures conditions, ils pensaient avoir trouvé une solution en recouvrant le sol avec du cuir. De cette façon, les épines et les pierres ne s’enfonceraient pas dans leurs pieds. Ils rassemblèrent tout le cuir qu’ils purent trouver et finirent par recouvrir quinze à vingt kilomètres de route avec. Tout le cuir fut utilisé, ils n’en avaient plus.

La question qui se pose est celle ci : Comment peuvent ils poursuivre leur chemin ?

Un étudiant : Ils peuvent faire des chaussures avec le morceau de cuir.

Rinpoché : Nous avons donc une suggestion, ils peuvent se faire des chaussures en cuir.
Est-ce que tout le monde est d’accord ? Même si vous n’êtes pas d’accord, vous devez parler plus fort. Vos opinions sont les bienvenues. (Eclats de rires)

Un étudiant : Balayer les routes.

Rinpoché (en anglais) : Très bien. C’est une bonne idée.

Un étudiant : Marcher sur le côté de la route.

Un étudiant : Revenir d’où ils viennent (Rires)

Un étudiant : Construire un nouvelle route.

Un étudiant : Réutiliser le morceau de cuir.

Rinpoché : Merci de vous être penchés sur le sujet (rires) et de vos réponses.

Si vous utilisez assez de cuir pour recouvrir vos pieds, où que vous marchiez le cuir les protègeront. Cela est similaire à recouvrir la terre entière avec du cuir.
Cette idée est la meilleure ! D’autant plus qu’à cette époque, il n’y avait pas de bons instruments pour la confection de chaussures et de matériaux très adaptés pour construire des routes.

En utilisant assez de cuir afin de protéger nos pieds, il en revient à recouvrir toute la terre entière de cuir. De la même façon, si nous apprivoisons notre esprit à partir de cette idée, cela revient à apprivoiser tous les ennemis.

Si notre esprit est imprégné d’une certaine attention, d’un amour bienveillant et d’une compassion, nous connaîtrons des moments de bonheur. Notre façon d’être sera agréable à la vue des autres.
Les choses seront plaisantes pour nous même et notre entourage. En adoptant cette attitude, nous réussirons à accomplir deux bienfaits.

L ESPRIT BIENVEILLANT ET L ESPRIT MALVEILLANT

Si notre esprit est rempli d’agressivité, de haine et d’afflictions mentaux, ou par d’autres kléshas.
(Les toxines mentales) il ne sera jamais tranquille et jamais ouvert ; en revanche, il sera toujours étroit et rigide.

Avec une certaine étroitesse d’esprit, aucune confiance ne pourra se développer en nous. Si notre esprit est dénué des qualités de l’amour bienveillant et de la compassion et si nous n’aspirons pas au bien être des autres, nous n’aurons pas le sentiment d’être courageux. Lorsque notre esprit fonctionne ainsi, il reflète les apparences qui nous proviennent de l’extérieur. Tout ce qui nous apparaît extérieurement nous semblera désagréable.

Admettons qu’il y ait deux personnes face à l’assemblée de ce soir, et que l’une d’entre elles ait un esprit empli de compassion, et de bienveillance. Son esprit est complètement ouvert et détendu.
En revanche l’autre personne a un esprit très perturbé, très étroit, et elle ne pense qu’à sa propre personne. En regardant l’assemblée ici présente, ces deux personnes auront une vision différente de l’une et de l’autre.

Dans cet exemple, je ne parle pas de moi et du traducteur ! (Rires)

Je reformule, si il y avait deux autres personnes ! (Rires)

La première avec un esprit confus et empli de colère observerait l’assemblée avec des pensées malveillantes. Elle se dirait en regardant chacune des personnes « ce n’est pas quelqu’un de bien, il n’est pas très aimable ... » en pensant ainsi, elle donnera l’impression d’être une personne très orgueilleuse, et égoïste.

L’autre personne avec un cœur débordant d’amour bienveillant et de compassion ne percevrait que des gens aimables et agréables. Elle se dirait en regardant quelqu’un « Oh, elle est vraiment gentille ».
Il lui sera très facile de se faire des amis et d’être en harmonie avec qui que ce soit dans toutes les situations.

Une personne à l’esprit bornée et rempli d’orgueil ne pourra pas s’entendre avec beaucoup de personnes, elle ne leur trouvera que des défauts. De plus, elle percevra leurs plus petits défauts comme des montagnes.

Nous pouvons prendre cette tasse et la mettre juste ici, sur cette table, devant moi.

Quelqu’un pourrait penser qu’il serait préférable de mettre la tasse de l’autre côté.
(Rinpoché imite deux personnes se querellant au sujet de l’emplacement de sa tasse)

« Non, il vaudrait mieux mettre la tasse ici !! »

Les deux antagonistes en viennent aux mains...

Le conflit prend de plus en plus d’ampleur et fini par devenir très sérieux.

Le problème concernant l’emplacement de la tasse n’était pas aussi grave au point qu’il faille s’emporter. Nous avons besoin de reconnaître cet aspect. Si notre esprit déborde d’agressivité, et que nous sommes uniquement concernés par sa propre personne et son propre intérêt, nous aurons beaucoup de difficultés à reconnaître notre instant de colère.

L’INTERDEPENDANCE

Lorsque nous sommes impliqués dans des conflits avec une certaine une étroitesse d’esprit, aucun bienfait n’est accompli pour nous même, ni pour autrui pourquoi est il impossible d’accomplir de bienfait dans cette situation ?

Il en est ainsi, car tous les phénomènes apparaissent en interdépendance. Toute chose vient à exister
en dépendant de quelque chose d’autre.

Si nous voulons expérimenter la bonté, le bienfait et le bonheur, nous devons dépendre des autres. Sans cela, il est très difficile que quelque chose de positif se manifeste.

Comme nous vivons tous dans une société humaine sur une seule planète, nous devons dépendre des uns et des autres. La meilleure façon de communiquer entre nous et de vivre ensemble est de développer l’amour bienveillant et la compassion.
En cultivant ces qualités, nous serons capables de nous rapprocher des uns et des autres, nous créerons des liens et nous pourrons compter sur chacun d’entre nous. Sans aucune bienveillance et sans aucune compassion, la voie entière de la communication et de l’interdépendance pourra être détruite.

Si nous générons de l’amour et de la compassion avec une attitude qui est en accord avec l’interdépendance humaine, toutes les conditions pourront devenir favorables pour nous même ainsi que pour les autres ; le monde entier jouira de ce bienfait.
Quand il en sera ainsi, nous n’aurons plus besoin d’armée, d’avocat, ou de policier.

Prenons l’exemple des abeilles qui travaillent ensemble. Il est impensable qu’une seule abeille soit en mesure de fournir beaucoup d’énergie pour produire quoi que ce soit. Mais lorsque les abeilles oeuvrent ensemble, regardez les ruches qu’elles peuvent réaliser. Même si les hommes essayent de réaliser des demeures aussi remarquables, ils n’y arriveront pas.

Il nous serait assez difficile de reproduire ces mêmes constructions. Et le miel !! Regardez le miel qu’elles produisent !!
A l’inverse de l’homme, les abeilles n’ont pas d’armée, n’ont pas de police ou de protection, ou même de loi à respecter.

Nous pouvons également nous baser sur un fait historique afin de comprendre que sans compassion et sans amour bienveillant, cela peut nous amener jusqu’à notre propre perte. Hitler était rempli de haine et d’agression. Ces émotions destructrices l’ont conduit à l’aboutissement ultime de sa propre mort. En définitive, il s’est lui-même détruit. Nous nous rendons compte qu’il n’a obtenu aucun bénéfice en agissant avec tant de haine et de colère.

Mr Gandhi, quant à lui, ne pensait qu’à ses compatriotes indiens. Il avait environ cinq rupees le prix d’un vêtement qu’il gardait comme son bien personnel. (N’oublions pas que nous parlons de cinq rupees et non de cinq dollars américain ou canadiens) Mr Gandhi travaillait sans relâche et uniquement pour le bien d’autrui. Au final, non seulement il finit par accomplir un bienfait pour son peuple, mais par son activité, il devint leur leader. Il était respecté et considéré comme le meilleur citoyen de l’Inde.
Cet exemple souligne comment une attitude altruiste permet d’accomplir un bienfait pour soi même et un bienfait pour les autres.

Telle est le chemin de la vérité relative- l’interdépendance de toutes choses.
Ce fondement a deux qualités essentielles : l’amour bienveillant et la compassion.
Nous pouvons nous demander quel est le bienfait d’un acte emprunt de bienveillance et de compassion ? Il en résulte que notre esprit est ouvert, spacieux. Nous avons beaucoup plus confiance en nous et la colère est pacifiée.

Lorsque nous cultivons la compassion, nous développons naturellement beaucoup d’effort, ou une grande diligence, nous devenons libres de la paresse. Non seulement cela, la sagesse se manifeste en nous grâce à la motivation de développer de la compassion. Nous pensons ainsi à accomplir un objectif. En ayant un but à réaliser, nous sommes imprégnés de diligence et de sagesse.

Pour certaines personnes si tout le monde était bienveillant et empli de compassion, le monde entier serait un endroit très ennuyeux ; tout le monde se comporterait comme des moutons indolents qui se laisseraient vivre.

Ce serait le cas si nous avions beaucoup de paresse et un peu colère, mais avec une bienveillance authentique et une véritable compassion, ressembler à des moutons ne sera jamais possible.

En développant l’amour bienveillant et la compassion, nous sommes attentifs à l’accomplissement d’un certain bienfait, d’un certain objectif. C’est ainsi que la diligence et la sagesse (prajna) se manifeste en nous. Afin de réaliser son objectif, quel qu’il soit, nous avons besoin d’utiliser des méthodes. Sans méthode cela revient à œuvrer sans sagesse car la méthode et la sagesse sont indissociables. En définitive, en générant de la compassion et de l’amour bienveillant, notre colère et notre paresse diminueront.

Prenons l’exemple des plantes médicinales. Si notre tension artérielle est faible, les plantes médicinales vont la faire augmenter, dans le cas contraire si notre tension est élevée, les plantes médicinales vont la diminuer.

Le traducteur : Ce sont de bonnes plantes médicinales.

Rinpoché (en anglais) : Et organiques !!! (Rires)

De la même façon, il est nécessaire de comprendre pourquoi il est très important de développer ces qualités, de comprendre leur fondement et leur bienfait. Si nous faisons la démarche de générer celles ci en ayant conscience des raisons qui nous poussent à le faire, nous serons à même de les mettre en pratique.

LA MEDITATION SUR L’AMOUR BIENVEILLANT ET LA COMPASSION

Nous allons aborder les étapes de la vue, de la méditation et de la conduite. Jusqu’à présent, nous avons examiné les aspects de la vue, et les aspects de la sagesse- Nous nous sommes demandés quels en étaient les bienfaits, et dans le cas contraire quels en étaient les défauts, de quoi nous souhaitions être libres et ce que nous souhaitons accomplir en pratiquant l’amour bienveillant.
Maintenant je vais expliquer comment commencer la méditation, et comment développer ces qualités.

COMMENCONS PAR SOI MEME

Dans la pratique de l’amour bienveillant, nous examinons en premier lieu notre personne.

Il est important de se pencher sur notre conduite, de comprendre notre véritable nature, et d’examiner ce que nous souhaitons et ce que nous ne désirons pas.

Si nous examinons de près quelle est notre nature de base, nous nous apercevrons que nous sommes purs : la nature véritable, la nature intrinsèque de notre corps et celle de notre esprit est immaculée ; notre nature est bonne. Concernant la perspective de notre corps, nous avons un précieux corps humain. La vue des enseignements du Bouddhisme, nous explique que c’est une excellente et rare condition. Quant à l’esprit, nous avons tous la nature de Bouddha en nous.
Le Bouddha a enseigné que l’essence de notre propre esprit n’était pas différente de celle de la nature des Bouddhas. De ce fait, l’essence notre corps et notre esprit sont tous deux parfaitement purs et ce depuis des temps sans commencement.

En Sanskrit le mot « humain » ou « personne » est Perusha, celui-ci a un sens étymologique de quelqu’un qui possède une force. Prendre une renaissance en tant qu’humain, signifie que l’on peut accomplir tout ce que l’on désire.

Lorsque nous réfléchissons sur ce que nous souhaitons et sur ce que nous ne souhaitons pas, nous aboutissons à la conclusion que nous voulons être heureux, et que nous ne souhaitons pas souffrir.

On peut s’apercevoir à quel point cela est une véritable aspiration pour tout le monde.

Est-ce votre cas ?

En Europe, il y a des personnes qui avouent avoir du plaisir à se torturer, et ils gagnent de l’argent ainsi. En réalité ils sont prêts à donner de l’argent pour se faire battre en organisant des combats.

Pensez vous que ces personnes souhaitent le Bonheur ?
Il n’y a aucun doute, elles recherchent le Bonheur. Il est important de comprendre que le bonheur et la souffrance sont créés par notre propre esprit. Ils n’existent pas ailleurs.

Les personnes qui aiment être battus souhaitent vraiment être heureux, mais leur manière de concevoir l’aspect du bonheur et est différente des autres. Chaque personne a sa propre conception du bonheur ; toutefois, le désir d’être heureux est identique pour tout le monde.

Dans la pratique de l’amour bienveillant, nous nous examinons en premier lieu. Nous générons la pensée que notre nature profonde est bonne et nous méditons « Quelle merveille si je pouvais obtenir le bonheur et les causes du bonheur ! »

De la même façon, nous générons de la joie et nous demeurons un instant au sein de notre véritable nature.

RECONNAITRE NOTRE NATURE PROFONDE

Ne reconnaissant pas notre véritable nature, nous subissons l’influence de l’ignorance. Nous avons tendance à nous comporter de façon inconsciente. Apres avoir distingué cela, nous contemplons que l’ignorance est la cause de notre souffrance et nous faisons naître l’aspiration : « Puisses ai je être libre de toutes souffrances ! »

Au début nous ne reconnaissons pas notre nature profonde, dans ce cas il est préférable de ne pas nous impliquer dans des activités qui n’apportent pas de bienfait pour les autres ou pour nous-mêmes.

La compassion s’élève lorsque nous la réalisons. Même si nous disposons à la base d’une bonté naturelle, et d’une nature positive nous ne la reconnaissons pas toujours, nous n’en sommes pas toujours conscients.

Par exemple : Prenons cette montre. C’est une montre qui coûte très cher, elle donne deux heures
différentes, l’heure d’Halifax et l’heure en Inde. Elle est faite en or et en argent, aussi, elle est sertie de diamants. C’est ma montre.

Supposons que je ne suis pas conscient d’avoir une montre. Ne connaissant pas sa valeur, et ne sachant même pas que c’est une montre, je pourrai la regarder et la mettre à mon poignet, mais je serai incapable de vous lire l’heure.

Un jour il se pourrait que quelqu’un s’approche de moi et m’explique que c’est une montre, en la regardant je m’en rendrai compte. « Oh, c’est une belle montre ! Il y a l’heure d’Halifax et celle de
L’Inde » j’apprendrai à lire l’heure et plus tard, elle me sera utile car elle m’aidera à accomplir tous mes objectifs.

Posséder cette montre n’a jamais changé la qualité d’en être le possesseur. J’étais le possesseur de la montre avant de la reconnaître, aujourd’hui le suis encore, et je la possède.

Cela est le même raisonnement qu’avec notre véritable nature ; celle ci a toujours existé en nous. Nous la possédons depuis toujours mais nous ne la reconnaissons pas. Ne la reconnaissant pas, nous ignorons comment l’introduire au sein dans notre pratique.

L’AMOUR BIENVEILLANT ET LA COMPASSION POUR LES AUTRES.

Si nous contemplons ces qualités de manière positive sur notre propre personne, il nous sera aisé d’adopter la même pensée pour les autres ; ils souhaitent être heureux et ne veulent pas souffrir. Eux mêmes ont la même aspiration que la notre.
Lorsque que nous examinons cette situation, et faisons le souhait que ces personnes puissent être libres de la souffrance et aspirer au bonheur, naturellement la compassion et l’amour bienveillant s’élèvent en nous.
Nous pourrons comprendre leur façon de penser et nous ne nous impliquerons pas dans de petites mésententes, comme celle de l’emplacement de la tasse. Nous percevrons leur désir profond, comme celui d’aspirer au bonheur et non à la souffrance. De la même façon, nous n’aurons pas le sentiment d’avoir peur des autres. La seule raison qui nous met face à une telle situation est due à l’incompréhension, à la méconnaissance que ces personnes souhaitent être heureux et être libres de la souffrance, tout comme nous.

Lorsque nous commençons à méditer sur l’amour bienveillant et la compassion au début il est plus facile de générer ces qualités en pensant à nos proches comme à nos amis et à nos parents.

Après s’être habitué à pratiquer ainsi, nous pouvons ensuite étendre l’amour et la compassion envers des personnes ordinaires et finalement à tous les êtres. Cela est vrai.

Une personne ordinaire peut être quelqu’un qui n’est ni notre ennemi ni notre un ami.

Toutes ces personnes ont la même aspiration : Elles souhaitent le bonheur et ne souhaitent pas souffrir. Tout comme nous.

Une fois que nous avons bien compris cela, nous serons à même de méditer sur nos ennemis.
Nos ennemis souhaitent également être heureux et ne souhaitent pas souffrir.

Nous pouvons examiner la façon dont notre ennemi se comporte sous l’influence de sa propre colère et de ses toxines mentales. En définitive, il n’est pas heureux !

Lorsque nous regardons cet aspect de plus près, nous pouvons nous rendre compte à quel point nos ennemis sont réellement bons. Il est très bénéfique d’avoir des ennemis car nous pouvons cultiver l’amour bienveillant et la compassion avec beaucoup plus d’efficacité. Avoir des ennemis nous oblige à mettre en pratique ses vertus et à cultiver la patience. La patience est une qualité qui est impossible à mettre en pratique si nous n’avons pas d’ennemi.

Nous ne suggérons pas qu’il soit nécessaire d’aller se faire des ennemis (rires).

PRATIQUER L’AMOUR BIENVEILLANT ET LA COMPASSION

Un jour Patrul Rinpoché donna un enseignement au Tibet dans la région du Kham au Monastère de Kahthok, il enseignait sur l’importance de méditer sur l’amour bienveillant et la compassion.

Il y avait un moine, un disciple de Patrul Rinpoché qui suivait ces enseignements. Il était très arrogant et pensait qu’il n’avait pas besoin de méditer sur ce sujet car il le maîtrisait déjà.

Le disciple dit à Patrul Rinpoché, « Ce thème est vraiment simple. Je connais déjà tout et je n’aurai pas de difficulté à méditer dessus ».

Patrul Rinpoché répondit, « Bien, faites attention et ne soyez pas si arrogant ! Lorsque vous rencontrerez un ennemi, vous vous rendrez compte jusqu’à quel point vous avez pu développer de l’amour bienveillant et la compassion. Cela vous permettra de connaître le degré de votre amour bienveillant »

Un jour ce moine méditait à côté d’un stupa en pierre vers l’est du Monastère de Kahthok.
Rinpoché imite le moine qui portait un châle au dessus sa tête (rires...). Il méditait sur l’amour bienveillant et la compassion.

(Rinpoché récite des prières en Tibétain, fait des gestes avec ses mains et cille des yeux, éclats de rires de l’assemblée !)

Le moine clignait des yeux, et ne regardait rien de particulier.

Patrul Rinpoché était toujours habillé simplement et faisait en sorte de ressembler à quelqu’un
d’ordinaire. Lorsqu’il arriva sur place, il était difficile de dire que c’était un lama.

Il alla au stupa et commença à tourner autour.

Le moine continua sa méditation. Patrul Rinpoché s’approcha de lui d’une manière très respectueuse avec ses mains jointes et lui dit « Oh, vénérable, sur quoi méditez vous ? »

« Je médite sur l’amour bienveillant et la compassion ! »

« Oh, quelle belle pratique ! » et Patrul Rinpoché continua son chemin.

Il effectua sa troisième circumambulation, s’arrêta et s’adressa encore une fois au moine « Oh vénérable, que faites-vous ? »

(Rinpoché parle en Tibétain avec un air grincheux suivi par de grands gestes, éclats de rires de l’assemblée !)

Le moine répondit « Pourquoi vous me dérangez ? Cela fait la troisième fois que vous me posez la question. Je médite sur l’amour bienveillant et la compassion ! » Lorsque le moine se mit en colère, ses yeux s’ouvrait grandement, et il pu voir clairement. Il reconnut alors le visage de Patrul Rinpoché.

Patrul Rinpoché : « Votre amour bienveillant et votre compassion envers les êtres sont ainsi ? »

Le moine était très embarrassé et fit ses excuses à Patrul Rinpoché. Plus tard, son amour bienveillant et sa compassion devinrent vraiment authentiques.

S’il nous manque ces qualités, cela créera des conflits dans le monde, et dans chacune de nos vies. Nous aurons des désaccords pour des choses insensées et cela nuira à nos relations amicales, à nos études, et à ce que l’on souhaite accomplir.

Avec un esprit rempli d’agression, nous devenons extrêmement sensible à tout ce qui nous arrive, nous sommes très irrités envers la moindre provocation, et nous aurons des difficultés à connaître des moments de bonheur.

Il est nécessaire de se familiariser avec l’amour bienveillant et la compassion qui sont des qualités latentes en nous. Nous devons faire l’effort d’améliorer et de développer celles ci. En adoptant cette attitude, nous mènerons une vie plus heureuse.

Si nous prenons la décision de changer un moment de notre vie, nous aurons la possibilité de réaliser de grands changements. Notre esprit fonctionne de la même manière. Si nous changeons un peu notre façon de concevoir les choses, nous serons à même de transformer notre esprit d’une manière remarquable.

Merci de garder cela à l’esprit.

QUESTIONS

Si cet enseignement n’a aucun sens pour vous, si vous ne l’avez pas compris, alors il n’y a pas de problème vous pouvez l’oublier. (Rires !)

Ce soir, nous avons parlé des simples aspects de l’amour bienveillant et de la compassion, et demain soir nous aborderons les qualités illimitées de la Bodhicitta, le cœur éveillé.
Y a-t-il des questions ?

Un étudiant : lorsque quelqu’un rencontre son ennemi, comment l’ennemi est dompté par la bienveillance et d’amour ?

Rinpoché : Dans ce cas de figure, nous pensons à quel point il souhaite être heureux et être libre de la souffrance, tout comme nous. Ensuite, nous contemplons cette pensée, nous essayons de nous mettre à sa place. Nous essayons de comprendre son point de vue, et d’examiner son raisonnement.

Si nous regardons le problème à partir de leur perspective, nous serons capables de discerner clairement qui a tort, qui a une vu erronée, qui est fautif et de se rendre compte de nos erreurs tout comme les leurs.

En examinant cette personne depuis sa propre perspective, si nous pensons toujours qu’elle est vraiment dans l’erreur et qu’elle agit avec confusion, nous aurons toujours la possibilité de regarder cette situation avec de la compassion. Nous nous apercevrons à quel point elle souhaite le bonheur mais ayant l’esprit confus elle ne peut réaliser cet état. Les ennemis peuvent nous blesser et également faire du mal à autrui, nous constatons qu’en réalité le but de leur comportement est de nuire au bonheur des gens qui essaient eux même de l’atteindre. A ce moment précis, s’il nous est possible de se fixer un objectif en arrêtant les actions négatives de cette personne, avec de la bienveillance, nous pouvons agir car notre motivation est bonne.

Nous devons faire en sorte de ne pas les bouleverser encore plus qu’elles ne le soient déjà. Nous ne devrions pas leur parler de manière irrespectueuse, mais plutôt de leur expliquer clairement les raisons pour lesquelles leurs actes sont nuisibles, pourquoi cela leur crée de la souffrance tout comme aux autres. Nous devons faire de notre mieux.

Par cette contemplation si nous nous rendons compte que nous sommes nous même fautifs, nous pouvons commencer par prendre de la distance face à cette situation.

Au-delà d’un petit problème, comme l’emplacement d’une tasse sur une table, nous pouvons simplement prendre du recul face au conflit, et laisser son adversaire donner son propre point de vue. Il est très important de cultiver la patience à cet instant.

Si nous traitons nos ennemis avec dureté en leur parlant agressivement, ils n’auront pas l’opportunité de percevoir leurs propres erreurs. Cela accentuera leur colère et provoquera plus d’agressivité de leur part. Mais avec de la patience, même s’ils nous traitent avec de la hargne, donnons leur du temps pour qu’ils s’aperçoivent de leurs propres défauts et de leur propre colère. Après s’être emportés sur nous, il arrivera un moment où ils se diront « Oh, peut être que j’avais tort de dire cela, ou d’avoir agi ainsi » Si cela arrive, ils auront plus de respect et plus d’amour bienveillant envers vous.

Un étudiant : J’ai plusieurs questions, mais je pense que je vais juste en choisir une.
Tout d’abord, je voulais vous dire merci, vous êtes un grand narrateur.
La question que je souhaite poser est : l’Utopie sur l’amour bienveillant où il n’y aura plus d’ennemi, où tout le monde développera cette qualité envers les uns et les autres est elle réalisable ?

Rinpoché ; Si nous pratiquons de cette manière, alors oui, c’est possible ?

L’étudiant : Vraiment, c’est possible ?

Rinpoché : Oui.

L’étudiant : Très bien. (Rires)

Rinpoché : Si nous pratiquons, nous pouvons tout réaliser.

Un étudiant : Etes vous en train de dire que la compassion est le résultat d’une compréhension basée sur l’acte méditatif.

Rinpoché : En effet, vous pouvez en définitive le voir ainsi. La compréhension est la compréhension de votre vraie nature, et celle de la nature profonde des autres ; c’est aussi comprendre votre aspiration véritable et celle des autres ; après avoir examiné cela, vos actions doivent être en accord avec celle ci. A partir de cela, notre conduite pourra être en harmonie avec nos souhaits véritables, et non à nos désirs immédiats. Nos désirs immédiats peuvent nous créer toutes sortes de confusion. Si nous agissons en accord avec nos désirs profonds, nous connaîtrons la paix et le bonheur. Souhaiter obtenir le bonheur est l’amour bienveillant, et souhaiter être libre de la souffrance est la compassion.

Un étudiant : Voulez vous dire qu’il faut développer ces qualités pour les autres ? (Vague question)

Rinpoché : Il est dit qu’il est plus facile de mettre en pratque ces qualités en commençant d’abord par soi même. Il est également possible de générer de l’amour bienveillant et de la compassion en pensant aux autres en premier lieu.

Aussi, Il est dit que si nos pensées sont bienveillantes envers autrui, il nous sera plus facile d’avoir de la compassion pour soi. Elle s’élèvera spontanément.

S’il n’ y a plus d’autre question nous pouvons nous arrêter ici.

Bien, Bonsoir !!

L’audience : Bonsoir.


http://www.yongey-france.com/





Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling