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L’Initiation de Kalachakra

Il est d’usage qu’avant une initiation de Kalachakra, des disciples pratiquants présentent l’ensemble du processus de l’initiation avec les différentes étapes du rituel.

Par Sofia Stril-Rever


En septembre 2014 nous mettons en avant quatre articles sur l’initiation de Kalachakra, afin d’apporter des informations aux participants de l’initiation de Kalachakra par Khentrul Rinpoche les 4 et 5 octobre 2014 au centre Menla Ling :
- Les 4 et 5 octobre 2014 : initiation complète de Kalachakra
- Du 6 au 12 octobre 2014 : retraite des Préliminaires/Ngondro de Kalachakra
[Plus d’information]


rencontre du jeudi 8 novembre 2001 – Cercle d’étude et de pratique de Kalachakra

Il est d’usage qu’avant une initiation de Kalachakra, des disciples pratiquants présentent l’ensemble du processus de l’initiation avec les différentes étapes du rituel. C’est dans l’esprit de donner des repères et des balises utiles pour la compréhension globale de l’initiation que nous avons envisagé les deux rencontres de ce soir et du mois prochain, sur le thème de l’initiation. J’ai apporté une représentation du mandala de Kalachakra, parce que l’initiation est donnée sur la base du mandala et nous retrouverons des éléments dont nous avons parlé lors de la dernière séance.

Je voudrais d’ailleurs commencer en reprenant un point que j’avais évoqué le mois dernier, à savoir que le mandala ou l’initiation de Kalachakra seraient compliqués comme on l’entend souvent dire. Nous avions vu que ce n’est peut-être pas le mandala lui-même qui est compliqué mais notre esprit qui est un facteur de complication avec son mode de fonctionnement dualiste. Quand nous pensons que Kalachakra est compliqué, nous ne faisons qu’étaler l’ignorance au sens bouddhiste, une ignorance qui, faute d’avoir saisi la dimension de vacuité, ne comprend pas que nous sommes tous un ou que les 722 déités résidant dans le mandala sont une seule et même saveur.

Mais nous avions vu aussi que simplicité ne signifie pas facilité et les textes qui décrivent la rencontre de la grande simplicité naturelle sur la voie, souvent avec un grand souffle poétique, insistent sur la difficulté à découvrir la simplicité, précisément parce qu’elle est simple et en cela éloignée de la saisie de notre esprit ordinaire. Un esprit qui a l’habitude de distinguer entre soi et les autres, entre la chose regardée et la personne qui regarde, entre la pensée et celui qui pense.

Mais il me paraît important d’avancer d’emblée la simplicité comme une clef de l’initiation de Kalachakra, parce qu’on entre dans le mandala de Kalachakra comme un enfant, pour y recevoir les 7 initiations analogues aux événements de l’enfance.

Tout comme à la naissance, nous avons été nettoyés des résidus de notre enveloppe fœtale pour commencer une nouvelle vie hors de la matrice, lors de l’initiation nous sommes lavés des impuretés de notre enveloppe samsarique pour commencer une nouvelle vie sur la voie du Bouddha. L’initiation de Kalachakra peut devenir pour chacun de nous une expérience qui nous fait renaître enfant des Bouddhas.

Enfant, dans ce contexte, n’est pas synonyme d’immature. Bien au contraire puisque l’état d’enfance évoqué correspond au stade du fruit, autrement dit le moment de la fructification karmique de nos tendances positives qui s’épanouissent et nous relient à notre nature de Bouddha. Et pour signifier le plein accomplissement de l’initiation, l’état d’enfance réalisée, à la fin du rituel le maître cite cette strophe adaptée de Shantideva :

« Maintenant ma naissance porte son fruit,
La vie en moi aussi porte son fruit.
Aujourd’hui je suis né dans la lignée des Bouddhas,
Aujourd’hui je suis devenu un enfant des Bouddhas. »

Si l’initié peut alors laisser éclater sa joie d’être l’enfant des Bouddhas, c’est qu’aux portes et au cœur du mandala, devant les quatre visages de Kalachakra, il lui a été donné l’opportunité de vivre la grande simplicité naturelle de l’état d’enfance dans la non-dualité de notre mode d’être originel. Avec l’initiation de Kalachakra, on renaît enfant des Bouddhas et « enfant des Bouddhas » signifie bodhisattva. C’est ce processus de renaissance que représente l’initiation et que je vous propose d’étudier, étape après étape.

« Initiation » est un mot d’origine latine qui signifie « entrer, pénétrer à l’intérieur » et, dans le contexte tantrique, cela correspond à l’entrée dans le mandala. Pourtant le fait d’entrer dans l’espace du mandala implique en outre qu’on a été investi d’un pouvoir sacré et le mot sanskrit pour initiation ne désigne pas seulement l’action physique d’entrer. Abhisheka en sanskrit est un mot qui remonte aux temps védiques où il désignait la cérémonie d’intronisation du roi, il signifie « ablution qui rend manifeste » le pouvoir de la fonction royale. En tibétain, initiation se dit wang ou « transmission de pouvoir », c’est cette transmission de pouvoir par le maître vajra, le vajracharya, qui autorise la visualisation et la pratique des déités tantriques du vajrayana.

L’initiation de Kalachakra est une transmission de pouvoir des Tantras de l’Union insurpassable. Elle dure trois jours et une journée et demie est consacrée à des rituels préparatoires de purification, avant l’entrée dans le mandala à partir de la 2° journée. Ce soir, nous étudierons le processus de l’initiation dans sa phase préparatoire c’est à dire avant l’entrée les yeux ouverts dans le mandala. Le mois prochain, nous étudierons les initiations données dans le mandala, une fois qu’on y est entré les yeux ouverts, puisque dans la phase préparatoire, on y entre les yeux bandés.

Jour 1 – Cérémonie de purification des disciples

Les cérémonies au début du rituel sont dites « préparatoires » parce que leur fonction est de nous préparer à entrer dans le mandala pour y recevoir l’initiation. Lorsque nous arrivons pour la transmission de l’initiation, nous arrivons tels que nous sommes, c’est à dire en tant qu’êtres ordinaires, l’esprit obscurci par les poisons mentaux. Nous avions décrit le mandala comme la résidence des déités où rien n’est opaque, rien ne fait obstacle à la lumière parce que les éléments qui le composent ont pour essence la vacuité. Comme pour recevoir l’initiation il va nous falloir entrer dans le mandala, nous devons au préalable transformer notre corps samsarique de non-Bouddha et nous relier à notre nature de Bouddha. Il faut comprendre toutes les étapes de la cérémonie de purification comme des étapes visant à purifier notre continuum mental afin de nous rendre aptes, ou prêts, à recevoir l’initiation.

La « cérémonie préparatoire » du premier jour comprend six parties dont l’enchaînement correspond à un processus d’élucidation de notre nature de Bouddha et d’identification progressive avec elle. Il s’agit d’un dévoilement de l’être que nous sommes vraiment, le lama nous fait renaître à notre réalité profonde sous les couches solidifiées de notre apparence samsarique.

Les six étapes de la cérémonie de purification sont :

1. l’établissement de la motivation juste et l’initiation interne
2. la supplique au guru et l’incitation à pratiquer la voie
3. la prise de vœux et la bénédiction en splendeur
4. le lancer du bâton à dents puis la distribution de l’eau consacrée, de l’herbe kusha et du cordon de protection
5. l’établissement du disciple dans les six lignées, suivie de l’invocation de Vajrasattva
6. l’enthousiasme de la foi et les conseils pour l’interprétation des rêves

1. L’Etablissement de la motivation juste et l’initiation interne

La première étape de la cérémonie de purification est l’établissement de la motivation juste, suivie de l’initiation interne. Le maître nous demande pourquoi nous sommes là et quelles sont nos intentions. Il nous engage à réfléchir sur ce qui motive notre requête de l’initiation. Il nous dit, je cite le rituel : « Certains, pour le bien de cette vie, veulent entrer dans le mandala » ou encore « Il y en a d’autres qui souhaitent accumuler des mérites ». Ces deux motivations sont considérées comme mauvaises car le but est réduit à une satisfaction limitée à soi-même et à cette vie ou aux vies prochaines qu’on espère meilleures. La motivation juste vise à recevoir l’initiation pour être capable d’accomplir le corps de Forme d’un Bouddha, au service de tous les êtres. Et le rituel nous dit : « On ne doit pas souhaiter de résultat dans cette vie. Ceux qui en souhaitent pour cette vie, ne réalisent pas le but qui transcende le monde. Ceux qui sont en quête d’un but supramondain, récoltent une abondance de fruits en ce monde même. »

Le but qui transcende le monde, autrement dit l’existence samsarique, est l’Eveil. Or celui qui s’éveille, s’éveille pour le bien de tous les êtres dans un acte de compassion et de solidarité foncièrement altruistes qui le relie à toutes les formes de vie. Une telle compassion, reliée à tous les êtres, n’est possible que si elle est fondée sur la compréhension de la vacuité. Sans la compréhension de la vacuité, la compassion est forcément limitée, elle discrimine encore entre soi et autrui. Or le but qui transcende le monde, transcende toutes les limites posées par la croyance en un soi séparé. La transcendance évoquée dans le rituel est la réalisation de la vacuité et « la grande compassion aimante » qui en résulte. Tel est le premier point de l’établissement de la motivation juste, suivi de l’initiation interne.

L’initiation interne, avec l’établissement de la motivation juste, fait partie de la première étape dans la cérémonie de purification. Elle marque le début du processus de visualisation qui va se poursuivre tout au long de l’initiation. Elle nous rend aptes à nous visualiser sous forme de la déité.

Cette initiation est dite « interne » parce qu’elle a lieu à l’intérieur du corps de Kalachakra père-mère. C’est le maître qui rend possible l’initiation interne en nous engageant à considérer qu’il est la déité Kalachakra père-mère, c’est à dire en union avec sa parèdre, Vishvamata. Si le maître est ainsi inséparable de la déité, c’est que dans l’initiation, son esprit est un avec la déité, il est dans le samadhi de Kalachakra. Et là un effort est requis de notre part pour visualiser les rayons de lumière émanés du lama qui est Kalachakra père-mère. Dans le meilleur des cas, ces rayons de lumière émanés du lama nous apparaîtront spontanément, de manière quasi immédiate. Si tel n’est pas le cas, nous pouvons réfléchir à l’immense accumulation de mérites que cela représente de renaître en tant que Dalaï-Lama ou maître spirituel. Et nous nous efforçons progressivement de transcender l’apparence humaine ordinaire du maître. Plus on identifie en lui la nature de Bouddha, plus on a une chance de percevoir ce rayonnement exprimant la compassion du maître qui a fait le vœu de nous guider vers l’Eveil.

Et nous nous laissons fondre dans ces rayons de lumière, nous entrons par la bouche dans le lama qui est Kalachakra père et suivons ce que le rituel appelle « la voie vajra », c’est à dire la descente de l’esprit d’Eveil père de couleur blanche dans la matrice ou le lotus de Kalachakra mère, puisque la déité est en union. Nous visualisons aussi que les rayons de lumière émanés du cœur du lama attirent les Tathagatas, c’est à dire les Bouddhas chefs de lignée du mandala de Kalachakra, qui viennent se fondre dans l’esprit d’Eveil père du lama. De sorte que, dans la matrice de Kalachakra mère, nous baignons dans l’esprit d’Eveil des Tathagatas. C’est alors que nous recevons ainsi directement d’eux l’initiation « interne » qui nous permet de nous visualiser comme Kalachakra à un visage et deux bras, de couleur bleu foncé.

Une fois que nous avons établi la motivation juste et que nous avons reçu l’initiation interne, nous avons cessé d’être une personne ordinaire. Nous maintenons la visualisation de nous-mêmes comme Kalachakra à un visage et deux bras, en nous tenant devant la porte Est, à l’extérieur du mandala. Nous passons à la 2° étape de la cérémonie de purification.

2. La supplique au guru et l’incitation à pratiquer la voie

Nous allons maintenant présenter la supplique au guru, c’est à dire que nous le prions de bien vouloir nous conférer la transmission de pouvoir. Maintenant que nous ne sommes plus tout à fait une personne ordinaire puisque nous nous visualisons désormais comme Kalachakra à un visage et deux bras, nous regardons l’existence samsarique avec d’autres yeux. Elle nous apparaît comme « le terrifiant océan peuplé des monstres marins que sont la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort ». Et nous supplions le maître en ces termes :

« Tu es le seul libérateur de l’océan terrifiant de l’existence cyclique,
Peuplé de monstres marins terrifiants,
Tels que les crocodiles de la naissance, la vieillesse et la mort,
Ô mon Maître excellent et joyeux !
Ô puissant protecteur, je recherche
La stabilité du grand Eveil.
Donne-moi la transmission des liens sacrés.
Donne-moi aussi la transmission de l’esprit d’Eveil.
Et donne-moi enfin la transmission des trois Refuges
Dans le Buddha, le Dharma et le Sangha.
Ô protecteur, je te prie de me laisser entrer
Dans la cité suprême de la grande libération. »

« La cité suprême de la grande libération » est ici le mandala, symbole de l’Eveil, qui met fin à l’existence samsarique dans laquelle nous sommes plongés. C’est tout le passage que représente l’initiation, un passage de la mort à la vie pourrait-on dire, la mort ou non-vie étant notre existence fausse et illusoire de non-Bouddha, la vie correspondant à l’état de Bouddha, l’être que nous sommes réellement. D’une manière en apparence paradoxale, on dira qu’il nous faut mourir à ce que nous ne sommes pas pour renaître à ce que nous sommes. A nos yeux en effet, ce que nous ne sommes pas est, et ce que nous sommes n’est pas. C’est toute la difficulté d’abandonner ce que nous ne sommes pas pour redevenir ce que nous sommes. Être ce que nous sommes, telle est la grande simplicité naturelle dont nous parlions au début.

A notre supplication, le maître répond en nous prodiguant l’incitation à pratiquer la voie de Kalachakra. Il explique que pour sauver les êtres, le recours suprême est de produire le corps de Forme d’un Bouddha qui deviendra capable de prodiguer l’enseignement. L’enseignement est le don suprême car il nous délivre de l’ignorance, le premier des liens qui nous enchaîne au cycle de l’existence samsarique. Or notre conscience actuelle, contaminée par le karma des vies antérieures et par les deux obscurcissements à l’omniscience et à la délivrance, n’est pas en mesure de produire le corps de Forme d’un Bouddha. Pour produire ce corps de Forme, nous devons apprendre à nous relier aux plans les plus subtils de la conscience, à cet esprit inné, fondamental de claire lumière qui est, nous dit le Dalaï-Lama, la substance même du corps des déités, l’énergie de leur manifestation.

Cet esprit est inné, il n’est pas contaminé par l’existence samsarique car il la transcende alors que notre conscience grossière attachée au corps samsarique ne peut le réaliser. Dans le même sens il est fondamental et il est la claire lumière dont nous avons la perception fugitive au moment de la mort mais que les yogas de Kalachakra nous apprennent à cultiver de manière consciente. C’est pourquoi on dit parfois de la pratique que c’est « prendre la mort pour la voie », parce que la mort est ici entendue comme la fusion avec la claire lumière.

Le but de l’initiation est de déposer en nous les graines causales qui nous permettront d’accéder au plan de l’esprit inné de claire lumière. Ces graines causales sont appelées à mûrir de vie en vie, au fur et à mesure de notre pratique et de notre dévotion. Au stade du fruit, elles donneront naissance au corps de Forme d’un Bouddha. On comprend que Kalachakra n’est pas l’affaire de cette vie seulement. Nous avons entrepris un travail de transformation qui est un chantier de plusieurs vies et c’est en ce sens aussi que notre but « transcende le monde ». Le succès de notre pratique de Kalachakra ne se vérifie pas forcément dans cette vie-ci, il faut accepter la perspective de la durée de plusieurs vies d’efforts devant nous. Les clefs d’une telle entreprise sont la confiance et la foi et, à la fin de l’initiation, le maître s’engagera solennellement devant nous, nous promettant que nous atteindrons les différentes terres de bouddhéité si nous cultivons ce qu’il nous a donné au cours de l’initiation. A la fin de cette 2° étape de la cérémonie de purification, il nous encourage en nous disant : « Ô mon enfant, aies confiance et pratique avec toute ton intelligence ! »

3. La prise de vœux et la bénédiction en splendeur

La 3° étape de la cérémonie de purification, une fois que le guru nous a expliqué la nature du but à accomplir, consiste en la prise de vœux de Bodhisattva et des liens sacrés, les samaya, qui nous relient à toutes les lignées de Bouddha. La prise de ces vœux sera réitérée le 2° jour, c’est donc un 1° engagement au cours duquel nous déclarons : « Mon esprit s’absorbe dans l’Eveil d’un Bouddha », en générant dans notre continuum mental la pureté et la force de la promesse qu’ont prise avant nous les Boddhisattvas du passé.

Le maître nous donne alors la bénédiction en splendeur qui se dit jin lap en tibétain et que le Dalaï-Lama commente en disant que lap signifie « transformation » et jin « splendeur ». Cette splendeur est notre nature innée de Bouddha et la bénédiction est, comme le dit très justement Jhado Rinpoche, un pouvoir de transformation. Elle nous est donnée pour nous transformer dans le Bouddha que nous sommes, pour actualiser ce potentiel immense qui est notre trésor caché.

En fait la bénédiction n’est pas reçue par nous passivement. Nous ravivons notre visualisation de nous-mêmes comme Kalachakra à un visage et deux bras et, sur les six chakras principaux du corps, imaginons les six éléments internes transformés dans les syllabes germes des six Bouddhas féminins, les six Mères de sagesse. L’élément de la conscience, de l’essence de Prajnaparamita, représenté par la lettre ah, apparaît sur la roue de sagesse exaltée, au lotus de l’organe secret. L’élément espace, de l’essence de Vajradhatvishvari, représenté par la lettre a, apparaît sur une goutte au lotus du diadème. L’élément air, de l’essence de Tara, représenté par la lettre i, apparaît sur le disque de Rahu, au lotus du cœur. L’élément feu, de l’essence de Pandara, représenté par le r vocalique, apparaît sur le disque solaire, au lotus de la gorge. L’élément eau, de l’essence de Mamaki blanche, représenté par la lettre u, apparaît sur le disque de lune au lotus du front. L’élément terre, de l’essence de Lochana, représenté par le l vocalique, apparaît sur le disque de Kalagni, au lotus du nombril.

Selon le rituel, une fois que ces différentes lettres voyelles ont été posées sur les lotus subtils du corps, le disciple est protégé, entendons qu’il est protégé des apparences ordinaires et que le processus de transformation est amorcé par la bénédiction en splendeur. Les six Mères correspondent aussi aux 6 cercles de fondation du mandala puisque chaque lettre est associée à un élément interne sublimé comme nous l’avons vu avec la bénédiction dans la splendeur des 6 Mères de sagesse qui sont les parèdres des 6 Bouddhas chefs de lignée.

4. Le lancer du bâton à dents puis la distribution de l’eau consacrée, de l’herbe kusha et du cordon de protection

Nous passons maintenant au 4° stade de la cérémonie de purification qui est le lancer du bâton à dents et la distribution des différentes substances de l’initiation. Nous sommes toujours Kalachakra à un visage et deux bras et nous nous tenons à l’extérieur de la porte Est du mandala. Il s’agit désormais de déterminer à quelle lignée de Bouddhas nous appartenons pour savoir quel type de réalisation nous serons capables d’accomplir. C’est le moment du lancer du bâton à dents. Il s’agit d’un rameau de bois tendre, dans le rituel on utilise un rameau d’udumbara, ou Ficus Glomerata. Cet arbre qui, selon la tradition, fleurit très rarement, tous les 3000 ans seulement, symbolise la manifestation d’un Bouddha dans le monde. Il est dédié au Bouddha Kanakamuni, le 2° des 5 Bouddhas de notre éon fortuné, notre bhadrakalpa. Traditionnellement les yogis utilisaient autrefois le bâton à dents pour se nettoyer les dents. Le bâton à dents symbolise une activité liée à la purification de la porte de la parole et à la prononciation des mantras.

Le bâton à dents est lancé devant la porte Est du mandala, sur une planche de bois où ont été représentés les 4 quadrants du mandala, avec un carré au centre. L’endroit désigné par l’extrémité du bâton à dents indique la lignée du disciple. Dans les initiations où sont rassemblées des milliers de personnes, un disciple représentant tous les autres est chargé de lancer le bâton à dents.

De l’eau consacrée est ensuite distribuée. Elle est censée purifier les trois portes du corps, de la parole et de l’esprit. On pense en l’avalant en 3 fois : « Que toutes les mauvaises actions de cet ensemble d’agrégats soient purifiées par la pureté des phénomènes et que toute conceptualité soit éliminée. »

L’herbe kusha est ensuite distribuée. Il s’agit d’une graminée commune en Inde puisque, dans son usage ordinaire, elle sert à fabriquer des balais. Pourtant, depuis l’époque védique, elle est utilisée dans les rituels. Dans les sacrifices védiques, cette herbe était consacrée à Ketu et elle symbolisait l’eau. Dans la tradition bouddhiste, le Bouddha s’assit sur un coussin d’herbe kusha sur le lieu de l’Eveil à Bodhgaya. On distribue 2 brins d’herbe kusha à disposer sous le matelas et sous l’oreiller, la veille des initiations tantriques, parce qu’on considère que cette herbe a la vertu de purifier l’esprit et de donner aux rêves une grande clarté.

Enfin un cordon de protection rouge à 3 nœuds nous est distribué. Il est de la couleur rouge qui symbolise Maitreya, le Bouddha de l’amour, et le Dalaï-Lama nous dit au moment de sa distribution que maitri, l’amour de Bouddha, est la protection suprême. Ainsi se termine la 4° partie de la cérémonie de purification.

5. L’établissement du disciple dans les six lignées, suivie de l’invocation de Vajrasattva

La 5° partie de la cérémonie de purification consiste à établir le disciple dans les six lignées de Bouddha. Dans le mandala de Kalachakra résident en effet 6 lignées, on dit aussi 6 familles de Bouddha. Le lancer du bâton à dents nous a reliés à notre lignée de pratique, mais afin d’entrer dans le mandala, nous nous relions à l’ensemble des six lignées. Dans le mandala de Kalachakra, 4 lignées sont disposées dans les 4 quadrants et 2 autres lignées se trouvent au centre, 2 Bouddhas étant en effet fondus dans Kalachakra. A l’est, le quadrant noir correspond à la lignée d’Amoghasiddhi ; au sud, le quadrant rouge à la lignée de Ratnasambhava ; à l’ouest, le quadrant jaune, à la lignée de Vairochana et au nord, le quadrant blanc à la lignée d’Amitabha. Au centre, les lignées d’Akshobhya et de Vajrasattva sont fondues dans Kalachakra.

Comme pour la bénédiction en splendeur, les disciples visualisent des syllabes-germes représentant chaque lignée sur les lotus subtils du corps : om blanc au front pour Amitabha ; ah rouge à la gorge pour Ratnasambhava ; hum noir au cœur pour Amoghasiddhi ; hoh jaune au nombril pour Vairochana ; ham vert au diadème pour Akshobhya ; kshah bleu à l’organe secret pour Vajrasattva. Ces six syllabes, prononcées dans cet ordre om ah hum hoh ham kshah, sont les six premières syllabes du mantra de Kalachakra. Chaque syllabe-germe correspond également à la purification d’un état de la conscience qui, au moment du fruit, se transformera en corps de Bouddha.

Pour finir cette cinquième partie de la cérémonie de purification, nous invoquons Vajrasattva qui, dans le mandala de Kalachakra, est considéré comme l’essence de la déité principale, afin qu’il nous confère la bénédiction dans la splendeur du corps, la parole et l’esprit Eveillés.

6. L’enthousiasme de la foi et les conseils pour l’interprétation des rêves

Nous arrivons à la conclusion de la cérémonie de purification. Dans cette partie, le maître célèbre l’enthousiasme de la foi. C’est une étape de réjouissance où nous disons notre joie d’être entré sur la voie de Kalachakra qui nous protège des apparences ordinaires, donc de l’ignorance qui leur est liée et de la souffrance, corollaire inévitable de l’ignorance. Le maître cite des strophes du Tantra de Kalachakra évoquant « La souffrance qui saisit par la souffrance tous les êtres qui transmigrent, leurrés par l’illusion. » Dans cet océan de souffrance, la pratique du véhicule du Mantra, le Mantrayana auquel appartient Kalachakra, est la seule méthode efficace de délivrance. Et le maître nous exhorte à nous engager sur cette voie pour le bien de tous les êtres. Il nous dit : « En avançant sur cette voie, suprême et resplendissante, En cultivant la noblesse du Grand véhicule, Vous deviendrez des Tathagatas Qui connaissent tout du monde, Des êtres fortunés spontanément accomplis. »

Nous sommes des « êtres fortunés » parce que nous avons la chance immense de recevoir l’initiation et de nous engager dans la pratique. Et nous deviendrons « spontanément accomplis » quand nous serons capables d’engendrer un corps de Forme qui ne dépend pas de causes et de conditions comme notre corps samsarique, mais qui est le fruit de nos mérites et accomplissements.

Enfin, pour terminer la cérémonie de purification, le maître nous donne quelques conseils pour l’interprétation de nos rêves. D’abord, il nous engage à rester reliés au mandala de Kalachakra et cela, de manière très concrète, en dormant la tête en direction du mandala. Si ce n’est pas possible effectivement, on visualisera qu’on s’endort la tête tournée vers le mandala. Et on dormira dans la posture dite « du lion », sur le côté droit, afin de favoriser la circulation des souffles de la narine gauche qui sont les souffles de la bodhicitta lunaire, l’esprit d’Eveil père de couleur blanche. Enfin, le maître nous donne la transmission orale du mantra des 6 syllabes germes des 6 lignées que nous réciterons avant de tomber dans le sommeil om ah hum hoh ham kshah. Ainsi se termine la cérémonie de purification.

7. Récapitulatif de la cérémonie de purification

A la fin de la cérémonie de purification, nous ne sommes plus les mêmes personnes ordinaires que nous étions au début. Nous allons récapituler tout le chemin que nous avait fait sur la voie du processus de transformation de Kalachakra. C’est la transformation préparatoire, le préalable avant d’entrer dans le mandala et je voudrais faire ressortir la logique interne de ce qui s’est opéré en nous.

Nous avons commencé par réfléchir sur notre motivation, puisque le premier stade est celui de l’établissement de la motivation juste. Nous sommes venus à l’initiation parfois peut-être sans savoir exactement ce que nous voulions, avec une attente confuse et contradictoire parce qu’il nous est bien difficile d’y voir clair dans l’état mental où nous nous trouvons, sous l’effet des trois poisons. C’est pourquoi il est bon d’examiner avec le maître notre motivation, de faire le point. Le Dalaï-Lama nous donne d’ailleurs le choix de recevoir l’initiation comme une simple bénédiction, sans forcément nous engager dans une transformation de nous-mêmes. Ce soir, nous avons supposé que nous tous voulons recevoir plus qu’une simple bénédiction et nous préparer à prendre l’engagement de la pratique.

Avec l’établissement de la motivation juste, nous envisageons d’accomplir un but qui transcende l’existence samsarique et la première initiation, l’initiation interne, nous fait entrer dans le corps du lama qui est Kalachakra père-mère. Nous passons par sa bouche, traversons le corps de Kalachakra-père et nous établissons dans le lotus matrice de Kalachakra-mère. Nous y recevons l’initiation des Bouddhas qui font couler sur nous l’esprit d’Eveil père de couleur blanche. Nous ressortons de la matrice de Kalachakra mère et renaissons sous forme de Kalachakra bleu à un visage et deux bras. Nous maintenons cette visualisation à la porte est, à l’extérieur du mandala.

C’est alors que nous adressons notre supplique au guru. Nous avons pris conscience que l’existence cyclique est pareille à un océan de souffrances, peuplé des monstres marins terrifiants que sont la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort. Nous invoquons le guru, seul libérateur du samsara et, en réponse, il nous incite à pratiquer la voie, seul moyen de réaliser la délivrance pour nous-mêmes et tous les êtres.

Nous confirmons notre engagement de pratique avec la prise des vœux de bodhisattva et des vœux du mantra. Le maître nous confère alors la bénédiction dans la splendeur des six Mères de sagesse que nous visualisons sur les six lotus du corps subtil. Nos six éléments internes sont ainsi purifiés.

En quatrième lieu, on procède au lancer du bâton à dents pour déterminer notre lignée de réalisation et de l’eau consacrée nous est ensuite distribuée. Nous l’avalons en 3 gorgées pour purifier les portes du corps, de la parole et de l’esprit. L’herbe kusha nous est ensuite distribuée pour purifier nos rêves de la nuit, ainsi qu’un cordon de protection symbolisant l’amour de Bouddha qui embrasse tous les êtres.

Cinquièmement, a lieu l’établissement du disciple dans les six lignées de Bouddhas, avec la visualisation des lettres-germes des Bouddhas sur les six lotus subtils, ce qui purifie nos états de conscience ordinaires et nous engage sur la voie qui nous permettra d’accomplir les différents corps de Bouddha. Nous invoquons alors Vajrasattva afin qu’il nous confère la bénédiction dans la splendeur du corps, la parole et l’esprit Eveillés.

Enfin nous exprimons notre enthousiasme de pratiquer la voie du mantra, le maître fait ressortir notre chance immense de recevoir de telles instructions et il nous donne des conseils pour l’interprétation des rêves qui précèderont l’initiation.

Pour faire ressortir les différents enchaînements en liaison avec le mandala, on dira que la cérémonie de purification comporte 1° l’examen de la motivation et l’initiation interne. Nous renaissons alors sous forme de Kalachakra à un visage et deux bras, devant la porte Est du mandala ; 2° la supplique au guru nous incite à pratiquer et à faire la requête d’entrer dans « la cité suprême de la grande libération », le mandala ; 3° nous confirmons notre engagement avec la prise des vœux et la bénédiction en splendeur qui purifie nos éléments internes, c’est à dire que nous devenons les cercles de fondation du mandala ; 4° nous déterminons notre lignée de réalisation par le lancer du bâton à dents, puis recevons l’eau qui purifie nos 3 portes, l’herbe kusha qui clarifie nos rêves et le cordon de protection qui nous relie à l’amour de Bouddha ; 5° nous établissons les 6 lignées de Bouddhas à nos lotus subtils, ce qui purifie nos états de conscience et nous devenons les différents quadrants du mandala ainsi que le point central, puisque les 4 quadrants correspondent à 4 lignées et le point central aux deux lignées fondues dans Kalachakra père-mère ; puis lorsque ceci a été réalisé, nous invoquons Vajrasattva pour qu’il nous confère sa bénédiction dans la splendeur du corps, la parole et l’esprit Eveillés, qui correspondent aux trois niveaux des carrés principaux du mandala de Kalachakra. Enfin, sixièmement, pour terminer, nous exprimons l’enthousiasme de notre foi avec la certitude de devenir « des Tathagatas qui connaissent tout du monde, des êtres fortunés spontanément accomplis ». Le maître nous donne alors des indications sur nos rêves et la transmission du mantra des 6 lignées de Bouddhas.

En fait, lors de cette cérémonie de purification nous avons commencé de construire le mandala que nous sommes. Cette journée correspond en quelque sorte à un tracé préliminaire des lignes. Nous ne percevons par les déités résidentes du mandala, ce qui est symbolisé par le fait que nous restons à l’extérieur, nous nous tenons devant la porte Est, devant le visage bleu de Kalachakra. Mais avec l’initiation interne, déjà nous nous visualisons comme Kalachakra à un visage et deux bras. Et la bénédiction en splendeur nous permet de visualiser nos éléments internes comme les six Mères de sagesse. Nous nous transformons donc en les six cercles des éléments, qui sont la fondation du mandala. Puis avec l’établissement des 6 lignées de Bouddhas à nos lotus subtils, nous devenons les quatre quadrants et le point central et nous invoquons Vajrasattva afin qu’il nous confère la bénédiction du corps, la parole et l’esprit Eveillés, soit les trois enceintes principales des trois premiers niveaux, le mandala de l’esprit contenant les mandala de la sagesse suprême et de la félicité-vacuité. La transmission du mantra des 6 lignées de Bouddha nous confirme dans la réalisation de cette ébauche de la résidence de la déité. Au cours du rituel, lorsque nous déclarons notre foi, nous disons : « Les actions contaminées des vies précédentes Sont totalement éliminées, Dès l’instant où l’on aperçoit le mandala. » Ce que l’on a donc préparé pendant la cérémonie de purification est l’entrée dans le mandala qui se produit lors du 2° jour de l’initiation.

8. Jour 2 : l’entrée dans le mandala

La 2° journée de l’initiation reprend, pour commencer, différents éléments de la cérémonie de purification. Le maître donne notamment des détails concernant l’interprétation des rêves de la nuit écoulée, nous présentons de nouveau la supplique au guru, presque dans les mêmes termes que la veille. Puis nous prenons de nouveau les vœux de Bodhisattva, les vœux du mantra et les liens sacrés de manière plus approfondie.

Nous procédons ensuite à l’entrée dans le mandala qui s’effectue d’abord les yeux bandés et commence par une circumambulation, au premier niveau, au plan du mandala du corps. Et aux portes de chaque direction, nous nous visualisons comme le Bouddha de cette direction, en récitant le mantra spécifique de la déité. C’est ainsi qu’à la porte Est, nous sommes entrés en tant que Kalachakra à un visage et deux bras. Puis, nous nous transformons d’abord en Akshobhya qui, nous l’avons dit, est fondu en Kalachakra. Nous nous prosternons devant lui, récitons son mantra et un double d’Akshobhya vient s’absorber en nous. Puis nous transformons en Amoghasiddhi, nous prosternons devant lui, récitons son mantra et un double d’Amoghasiddhi vient s’absorber en nous en récitant son mantra. Ensuite nous devenons au sud Ratnasambhava, à l’ouest Vairochana et au nord, Amitabha. On revient ensuite à la porte Est et le maître nous établit alors dans le samaya du secret. Il explique la nécessité de ne pas dévoiler le secret aux êtres dont le karma n’est pas mûr et pose un vajra sur notre tête en déclarant solennellement : « Si vous confiez le secret à qui n’est pas mûr, votre crâne se brisera. »

Une fois conféré le lien du secret, le maître nous demande de nous transformer en la déité Vajravega, littéralement « Force vajra », qui est la manifestation courroucée de Kalachakra et le protecteur dont sont émanés l’ensemble des protecteurs du mandala. La visualisation de nous-mêmes en Vajravega est suivie de la création du cercle de protection. Le cercle de protection est créé en activant les énergies du corps subtil par la visualisation des éléments internes. Ces éléments internes sont rapportés aux quatre Bouddha chefs de lignée des quatre quadrants du mandala.

Au lotus du nombril, de la syllable-germe lam, émerge le mandala de la terre de forme carrée, sur laquelle est posée le disque jaune de Kalagni, marqué de la syllabe-germe hoh de Vairochana. Au cœur, de la syllabe-germe yam émerge le mandala de l’air, de la forme d’un arc de couleur noire, sur lequel est posé le disque vert de Rahu, marqué de la syllabe-germe hum d’Amoghasiddhi. A la gorge, de la syllabe-germe ram émerge le mandala du feu, de la forme d’un triangle rouge, sur lequel est posé le disque du soleil, marqué de la syllabe-germe ah de Ratnasambhava. Au front, de la syllabe-germe vam émerge le mandala de l’eau, de la forme d’un cercle blanc, sur lequel est posé le disque de lune, marqué de la syllbe-germe om d’Amitabha.

La phase active de la création de la roue de protection intervient avec la visualisation sous la plante de nos pieds d’un mandala de l’air, puis d’un mandala du feu. Des rayons de lumière émanés du cœur du lama viennent toucher le mandala de l’air qui active le feu et traversent notre corps, illuminant les disques de la lune et du soleil dont la lumière nous irradie de manière incandescente, comme le brasier entourant les protecteurs.

Les rayons de lumière émanés du cœur du lama, attirent aussi les Bouddhas des 10 directions qui se manifestent sous forme d’une infinité de Kalachakras et Vajravegas et viennent s’absorber en nous.

En conclusion de la cérémonie de purification, nous visualisons le sceau des six lignées de Bouddha du mandala de Kalachakra qui se sont absorbées en nous, sous forme d’un om au front, ah à la gorge, hum au cœur, hoh au nombril, ham au diadème et kshah à l’organe secret.

Nous sommes désormais prêts pour retirer le bandeau comme le maître nous y enjoint en disant : « Maintenant, par la grâce de la foi, Contemplez le mandala et ce qu’il symbolise. Vous êtes nés dans la lignée des Bouddhas, Et vous avez été bénis en splendeur par le sceau et le vajra. »

Et le disciple répond : « Om, je suis entré dans le mandala vajra, le grand mandala. Je vois le mandala yogique, le grand mandala. » L’initiation va désormais se poursuivre dans la 2° partie de la 2° journée et lors de la 3° journée. Je vous propose d’étudier le mois prochain l’ensemble des initiations transmises à l’intérieur du mandala.

Nous avons examiné ce soir le processus de visualisation qui nous permet d’entrer dans le mandala. Comme vous avez pu le constater, il est essentiel de bien intérioriser la structure du mandala car c’est la base de toutes les visualisations. Et le mandala est le support de la méditation qui nous permet de transcender les apparences ordinaires du monde samsarique pour accéder aux plans subtils de la conscience.


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