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> Bouddhisme > Intégration > Société > Tibet


Je suis fière que vous ayez sacrifié votre vie pour notre patrie, le Tibet…

Takho Tashi est étudiante au Village d’enfants de Dharamsala. Elle raconte la vie de son grand-père et des membres de sa famille qui ont lutté désespérément pour que le Tibet soit de nouveau libre.

Par Takho

« Aimer les autres plus que soi »

Je m’appelle Takho Tashi, j’ai 17 ans. Je voudrais vous parler du Village d’enfants tibétains de Dharamsala, où j’ai grandi et vous raconter l’histoire de mon grand-père.

Le Village d’enfants tibétains, le Tibetan Children Village, le TCV, est une communauté qui prend soin d’enfants tibétains sans parents ou sans ressource, en exil en Inde. Le siège de cette organisation est à Dharamsala, il y a en Inde quarante mille enfants qui étudient dans les Villages répartis dans toutes les colonies tibétaines de l’Inde.

Notre devise est « Aimer les autres plus que soi ». Conformément à cette devise, on nous inculque l’amour et la compassion d’après les enseignements du Bouddha. Dans les Villages, on nous donne une éducation moderne ainsi qu’une connaissance approfondie de l’héritage culturel particulièrement riche du Tibet traditionnel. Nous partageons et cultivons un sens fort de notre identité nationale car les Tibétains ont l’espoir de rentrer un jour dans leur pays, de retrouver un Tibet libre et indépendant. Nous, les jeunes gens des Villages, avons l’ambition de devenir des adultes autonomes qui contribueront au développement de la société et de la communauté mondiale.

Le combat de mon grand-père pour la liberté du Tibet

Mon grand-père est mort en 1997, mon cher grand-père que j’aimais. Il a passé la plus grande partie de sa vie dans les prisons des Chinois rouges. Ses parents, mes arrière-grands-parents, ont été tués par les Chinois rouges alors qu’il était petit, de sorte que mon grand-père est entré tout jeune dans un monastère. Puis, quand il a eu dix-sept ans, il a décidé de reprendre les activités de ses parents et il s’est mis à distribuer des livres du Dalaï-Lama. Il allait de village en village et répandait un message de liberté auprès de tous les paysans qu’il rencontrait. Il était très heureux car tout le monde aimait l’écouter. On l’appréciait beaucoup. Ensuite, il est allé dans des villes et à continuer de faire comme dans les villages mais, bien sûr, malheureusement il a été arrêté et condamné à deux ans de prison.

Après sa libération, il a éprouvé une grande tristesse. Il n’avait pas de famille, pas de maison. Alors il a décidé de se marier. Il avait vingt ans lorsqu’il a épousé ma grand-mère avec qui il a eu d’abord deux filles. Il se sentait heureux d’avoir une famille. Mais après quatre années de bonheur, de nouveau le malheur a frappé. Il avait rencontré quelques amis avec qui il décida de lutter contre l’occupation des Chinois rouges, de se battre pour la liberté. Mon grand-père et ses amis eurent plusieurs réunions et un jour ils sortirent, le drapeau tibétain à la main, en criant « Vive le Tibet libre ». Tous ceux qui participaient à cette manifestation furent arrêtés, emprisonnés et condamnés à dix ans de prison.

Au moment où il fut jeté en prison, mon grand-père avait eu deux autres enfants, des fils. Il leur demanda de devenir moines car la maison familiale avait été complètement détruite par les cruels Chinois. Ses deux filles étaient contraintes de travailler dans les champs pour le compte des Chinois et ma grand-mère était tombée malade à la suite de mauvais traitements et de trop de chagrin.

Les dix années de prisonpassèrent tristement et lentement. Quand mon grand-père fut libéré, les Chinois lui collaient aux talons dans toutes ses activité. Sa famille connut les souffrances de la faim et du froid parce que les Rouges leur avaient tout pris. Mon grand-père recommença donc sa vie sous la surveillance des Chinois. Il tentait d’aider les siens de son mieux. Mais un jour ses amis furent tués par les Rouges. Alors il décida de sacrifier la vie qui lui restait. Il prit un grand portrait du Dalaï-Lama et cria « Longue vie au Dalaï-Lama », « Liberté pour le Tibet ». De nouveau il fut emprisonné et condamné à la peine de mort par les Chinois. Mais, un jour, à l’occasion d’un festival, les Chinois autorisèrent les prisonniers à rencontrer leur famille avant d’être exécutés. Grâce à l’aide précieuse de Tibétains originaires de l’Amdo, tout fut préparé pour permettre à mon grand-père de s’évader. Il entreprit et réussit le voyage périlleux de l’exil. Mais à peine était-il arrivé sain et sauf au Népal qu’il apprit la mort des amis qui lui avaient permis de s’évader. Il en fut désespéré. Il passa courageusement dix ans en exil et l’année avant sa mort, ses enfants vinrent du Tibet pour le voir. Au moment pour ses enfants de le quitter, il demanda à son fils aîné de rejoindre le monastère de Kirti en exil à Dharamsala et à son fils cadet, le monastère de Kirti au Tibet. Il pria ses deux filles d’amener leurs enfants dans un Village d’enfants tibétains en Inde et c’est ainsi que je suis venue au Village de Dharamsala.

Mon grand-père voulait que ses enfants accomplissent ses volontés avant sa mort et il fut fait comme il avait demandé. Mais ce sont encore de tristes nouvelles qui lui parvinrent l’année de sa mort. Mon oncle le plus jeune fut condamné à trois ans de prison parce qu’il était allé voir son père et avait ramené une carte du Tibet et des photos du Dalaï-Lama et du XI° Panchen Lama. Quand nous avons ces photos avec nous, les Chinois se mettent dans des rages folles.

Aujourd’hui mon oncle est toujours en prison et ma grand-mère est complètement aveugle depuis la mort de son mari. Mon oncle plus âgé est moine en Inde au monastère de Kirti. Des deux filles de mon grand-père, l’une est ma mère. Elle ne va pas bien parce qu’elle a trop souffert. La souffrance par moments la rend folle. Ma tante est la plus robuste. Voilà l’histoire de mon grand-père, l’histoire de ma famille.

Mon grand-père me manque, maintenant qu’il a quitté cette terre, mon grand-père !

Mon oncle me manque, maintenant qu’il est en prison !

Ma grand-mère me manque, ma grand-mère aveugle !

Vous tous me manquez !

Mais je suis fière que, l’un après l’autre, vous ayez sacrifié votre vie

Pour notre patrie, pour notre pays, le TIBET !

JE FAIS LE SOUHAIT QUE TOUS LES PEUPLES DU MONDE

S’INTERESSENT AU SORT DU TIBET ET NOUS SOUTIENNENT

AFIN QUE LA PAIX TRIOMPHE

ET QUE NOUS PUISSIONS VIVRE EN PAIX.

LONGUE VIE AU DALAÏ-LAMA !

VIVE LE TIBET LIBRE !






Buddhaline

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