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Tulku Pema Wangyal Rinpotche

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> Bouddhisme > Enseignements


J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Par Tulku Pema Wangyal Rinpotche

Enseignements de Tulku Pema Wangyal Rinpotche
(Première partie)

Le 7 mai 2013 à Tergar Paris

Tulku Péma Wangyal Rinpotché est venu rendre visite au groupe de méditation de
Mingyour Rinpotché, Tergar Paris, le mardi 7 mai 2013. Les enseignements de
Tulku Pema Wangyal Rinpotché ont été enregistrés en audio à partir d’un téléphone
portable.

Les parisiens courent, courent, ils courent partout : dans le métro, en voiture, partout ; et en
plus, ils aiment beaucoup faire du bruit avec leurs voitures. Je suis vraiment très heureux
que vous puissiez prendre quelques moments ici.

Je voudrais vraiment vous remercier d’être ici ce soir. Le temps est quelque chose de très
précieux. Et le temps dans la semaine est si précieux, si important. Et maintenant, je vais
vous dire pourquoi je suis ici aujourd’hui. Quelques-uns parmi vous ont rencontré Mingyour
Rinpotché, d’autres ne l’ont pas rencontré mais ont entendu parler de lui, l’ont entendu parler
ou ont lu ses livres. Combien parmi vous l’ont rencontré ?....Moi aussi, je l’ai rencontré. Et
combien parmi vous ont lu ses livres ? Vous devez vraiment lire ses livres, ils sont très bien !
Il y a aussi le livre de Dzongsar Khyentsé Rinpotché qui est très bien. Combien parmi vous
ont rencontré le Dalaï-lama ? Ou ont lu ses livres ? Est-ce que vous l’avez déjà vu à la
télévision ?

Mingyour Rinpotché m’a parlé, avant de partir en retraite, et m’a demandé de visiter
différents groupes au Canada, ici, ailleurs, aux Etats-Unis aussi. Je vis en France depuis très
longtemps, trop longtemps. Je sens que c’est mon devoir, ma responsabilité de répondre
aux demandes de mon maître. C’est une des raisons pour lesquelles je suis là aujourd’hui.
Non pas parce que je suis quelqu’un qui peut parler, qui sait parler. Dans la réalité, en vrai,
je suis beaucoup plus débutant que la plupart d’entre vous. J’en suis sûr, c’est vraiment vrai.
Vous pouvez penser que je suis quelqu’un de spécial parce que je porte des robes
monastiques. Je parais vraiment différent de vous. Les gens m’appellent un lama tibétain.

Oui, je suis du Tibet. Je suis né au Tibet. Je m’en rappelle très bien, même si j’ai plus vécu
en France que je n’ai vécu au Tibet. Oui, c’est sûr, c’est certain, je suis tibétain, mais lama,
je ne suis pas sûr, je ne sais pas. Mais vous savez, une fois, j’ai entendu : il y a des lamas
au zoo. Mais ces lamas, ils ne portent pas de robes. Je suis allé visiter le zoo et l’un d’entre
eux était vraiment malappris, un peu voyou. Le lama voulait quelque chose de moi mais je
n’avais rien amené et le lama n’était pas content du tout. Et du coup, il m’a donné ses
bénédictions comme ça : ssccchhhh, en crachant, comme font les lamas. Je pense que je
suis un petit peu mieux que ces lamas-là. Car je pense que ces lamas n’ont pas eu la
chance de rencontrer beaucoup de maîtres. Ils n’ont pas non plus eu l’opportunité d’entendre
les enseignements. Pour cette raison, je pense que je suis beaucoup plus chanceux que ces
lamas-là.

Je voulais vous dire que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres
tibétains. Le premier maître que j’ai rencontré fut Kangyur Rinpotché. Et le second maître fut
le 16ème Karmapa. Quand j’avais 11 ans, j’ai rencontré le 14ème Dalaï-lama. Et j’ai rencontré
un autre grand maître : Pawo Rinpotché. Après, j’ai rencontré un autre grand maître Dudjom
Rinpotché et après cela, j’ai rencontré un autre maître qui s’appelait Dilgo Khyentsé
Rinpotché. Et après cela, j’ai rencontré un autre grand maître Trulshik Rinpotché. Et après
cela, j’ai rencontré un autre maître Kalou Rinpotché. Et après cela, un autre grand
maître Penor Rinpotché. Après cela j’ai rencontré un autre maître (nom non audible). Et
après j’ai rencontré un autre maître, Sa Sainteté Sakya Trizin. Et j’ai aussi étudié avec de
nombreux maîtres de différentes écoles, de nombreux khempos. Tous ces grands maîtres
étaient des maîtres très compatissants, très gentils, très bons. Deux de mes maîtres sont
morts ici, en France : le premier était Dudjom Rinpotché, et le second un autre khempo qui
s’appelait Nyoshul Khen Rinpotché.

De cette manière, j’ai entendu beaucoup d’enseignements de ces maîtres mais j’étais un très
mauvais élève. Dans la méditation, j’aime rester paresseux. Mes maîtres attendaient
beaucoup de moi. Mes maîtres voulaient que j’utilise mes 24 heures de la journée pour
étudier mais c’était impossible. Ils voulaient que j’étudie, que je pratique jour et nuit ce qui
pour moi est impossible. J’ai connu certains de mes maîtres qui, dans la journée, faisaient
beaucoup de bien autour d’eux et qui pendant la nuit méditaient. Vraiment des grands
maîtres !

J’ai passé tant d’années avec ces maîtres, par exemple avec Dudjom Rinpotché, j’ai passé
26 ans. Et à Paris, nous avons passé 2 ans avec lui, c’était il y a longtemps, en 1976, 1977.
A cette époque, tous les matins, je faisais comme tous les parisiens, je prenais mon métro à
Victor Hugo, j’allais aux Buttes Chaumont et le soir, je revenais. J’avais l’habitude de faire
ça. Je suis arrivé ici le 16 décembre 1975. A cette époque, certains d’entre vous n’étaient
pas nés et beaucoup étaient jeunes. Quand je suis venu à Paris la première fois, j’ai été très
impressionné. Les gens paraissaient très riches et les gens avaient l’air très heureux. Mais,
mois après mois, année après année, j’ai découvert les vrais parisiens. Au début, je n’ai
découvert que les Champs-Elysées, c’était animé jour et nuit, c’était magnifique.

En 1977, pour vraiment faire connaissance avec les vrais parisiens, j’ai rejoint un groupe de
volontaires qui s’occupaient de personnes âgées : on nettoyait leur appartement, faisait leurs
courses, etc. J’ai beaucoup aimé cette période. J’ai vraiment découvert des vrais parisiens,
qui avaient beaucoup de difficultés.

J’ai découvert une grande richesse matérielle mais une grande pauvreté spirituelle,
vraiment ! Les grands-parents n’avaient pas de petits-enfants pour venir les voir et ils étaient
profondément tristes, sans futur. Vous savez, en Inde, le matériel est pauvre mais le
spirituel, lui, est vraiment riche. Parce que les grands-parents et les petits-enfants, eux, de
toute façon, vivent ensemble. Et les grands-parents partagent toutes leurs connaissances,
toute leur expérience avec leurs petits-enfants. Les petits enfants reçoivent tout l’amour, tous
les soins des grands-parents. C’est ce qui manquait ici. Toutes les personnes âgées sont
mises dans des maisons de retraite.

Les couples eux-mêmes n’ont pas le temps de s’occuper de leurs propres enfants. Et donc,
ils achètent de belles télévisions, et beaucoup de jouets, des gadgets… Et ils veulent que les
enfants jouent avec les gadgets mais n’ont pas le temps de leur donner de l’amour. C’était
un peu triste mais c’était vraiment une grande découverte pour moi. Parce que j’ai été élevé
par mon père, qui était un grand maître. Selon sa théorie, les parents doivent donner de
l’amour, plein d’amour à leurs enfants, du mieux qu’ils peuvent. Tout ce qu’ils peuvent faire
de mieux, c’est de leur donner toutes leurs connaissances, tout leur amour, toute l’attention,
tous les soins qu’ils peuvent leur porter. Surtout, l’amour, la tendresse, la chaleur des
parents sont si importants pour les enfants. Et vous ne me croirez pas : j’ai dormi avec mon
père et ma mère jusqu’à l’âge de 13 ans. Parce qu’ils m’ont dit : c’est très important, comme
ça, tu ne manqueras jamais, jamais de rien. Et c’est vraiment vrai. Et je me sens très
rassuré, je n’ai aucune peur, grâce à cet amour que j’ai reçu enfant. Ils sont toujours là, de
cette manière, je ne manque de rien dans ma vie. Et comme j’ai reçu beaucoup d’amour, je
veux partager beaucoup d’amour avec tout le monde.

Donc les parents doivent vraiment donner de l’amour aux enfants, particulièrement aux petits
enfants. L’amour est un tel trésor, incomparable, incroyable. Quand vous pouvez donner de
l’amour, vous recevez de l’amour. Et l’amour nous permet d’aller au-delà de l’égoïsme. Vous
savez, quand notre mère nous donne vraiment de l’amour, elle n’est plus centrée sur elle,
elle n’est plus égoïste.

Un grand maître, appelé le Bouddha Shakyamuni a connu cet amour. C’était un prince au
départ, il était connu sous le nom de prince Siddhârta. Il avait un père incroyable,
appelé Suddhodana. Sa mère est morte quand il était très petit. Le nom de sa mère était
Mayadevi et la soeur de sa mère s’appelait Prajapati. Prajapati, à la mort de sa soeur, a
beaucoup aimé cet enfant, elle lui a donné tout ce qu’elle a pu. Donc Siddhârta a reçu
beaucoup d’amour. Il a réalisé que c’est important de répondre à toutes les questions que
l’on se pose. Et comme sa mère était morte si jeune, il voulait savoir : pourquoi doit-on
mourir ? Et il a alors découvert qu’on ne vit pas pour toujours, qu’il y a du changement.
Il a découvert qu’on devient tous vieux. Mais la vieillesse ne vient pas en une nuit. La
vieillesse vient de manière très subtile, très maline, elle vient petit à petit. Et le temps qu’on
réalise ça, tout le temps s’est écoulé. Et après ça, arrive quelque chose de très important
qu’on appelle la mort. Certaines personnes ne sont pas très contentes vis-à-vis de la mort.
Mais nous devons savoir qu’il n’y a pas d’autre choix : puisqu’il y a la naissance, il y a la
mort ; puisqu’on rentre par la porte de la naissance, nécessairement, on doit sortir par la
porte de la mort. Cela arrive à tout le monde mais personne ne veut le savoir. C’est ce qu’on
appelle quelque chose de tabou. En Inde, c’est beaucoup plus ouvert : vous voyez des
personnes âgées et vous voyez des jeunes. Mais ici, on met les personnes âgées à part,
loin, loin des petits-enfants et des jeunes.

Siddhârta avait ces questions : pourquoi doit-on naître ? Pourquoi doit-on mourir ? Pourquoi
doit-on vieillir ? C’était une question qu’il posait à son père : peux-tu m’aider pour faire en
sorte que nous n’ayons pas à mourir, que nous n’ayons pas à vieillir ? Et tout
particulièrement, Siddhârta a découvert que les gens peuvent tomber malades, et toute la
force, toute l’énergie peut être enlevée par cette maladie. Il voulait vraiment trouver une
réponse à ça. C’est pourquoi il a demandé à son père la permission de pratiquer une
recherche intensive. Il a étudié toutes les sciences, tout ce qu’on pouvait apprendre en Inde
à cette époque, la médecine, toutes les connaissances possibles, il a essayé de les
assimiler, de les apprendre. C’était aussi un très grand psychologue. C’était aussi un bon
élève, une bonne personne. Mais il ne voulait pas se contenter d’une réponse qui soit
valable uniquement pour lui, il voulait une réponse qui soit valable pour tout le monde. Et par
conséquent, en Inde, dans ce processus de recherche intense, on devait passer par des
épreuves, des austérités physiques très dures. Vous savez, en Inde, à l’époque,
les professeurs voulaient enseigner aux élèves la pratique d’austérités (pratiques
ascétiques) très dures mais les professeurs eux-mêmes pratiquaient ces austérités ; pas
comme nos maîtres ici, pas comme nos ministres ici qui nous demandent de pratiquer
l’austérité mais qui eux se paient de bons salaires et qui vivent très bien.

En Inde, c’est différent, le maître pratique l’austérité et demande à son disciple de pratiquer
comme lui. Par exemple, le mahatma Gandhi vivait de manière toute simple, il voulait
vraiment servir toute l’humanité. De la même manière, Siddhârta s’est engagé dans une
recherche vraiment intense et pendant 6 ans, il a à peine mangé quelque chose, à peine bu
et il est devenu pratiquement un squelette. Et puis il a réalisé que le problème n’est pas le
corps mais que le problème, c’est l’esprit. C’est l’esprit qui doit être entraîné, pas le corps. Le
corps est un véhicule très important. Quand on veut voyager, on a besoin d’un véhicule,
quand on veut traverser l’océan, on a besoin d’un bateau ; de même, le corps est très
important. Ce qu’on doit entraîner, c’est le cerveau, c’est l’esprit. Si on trouve la paix dans
notre esprit, on trouve la paix dans le corps et dans la vie.

Un jour, Siddhârta décida de s’asseoir sous un arbre et il se dit : « Quoi qu’il arrive, je veux
obtenir une réponse à mes questions. » Et il s’assit et demeura sous cet arbre. Et il réussit, il
trouva des réponses. Il déclara en sanskrit (même si le Bouddha parlait de nombreuses
langues, il s’exprimait principalement en pali et en sanskrit) : « J’ai trouvé une réponse
quelque chose de vraiment profond, au-delà de toutes les limites, quelque chose qui amène
la paix. » Et il voulut alors partager avec d’autres ce qu’il avait découvert. Une fois qu’il a fait
cette découverte, il a pu aller au-delà de nombreuses barrières. Maintenant, par exemple, on
ne sait pas ce qu’il y a derrière ce mur. Vous le savez, vous ? Peut-être que vous le savez,
peut-être qu’en dehors de moi, tout le monde le sait. Nous avons aussi des barrières à cause
du temps. On peut faire des plans, des projections sur ce qu’on va faire demain mais aucun
d’entre nous ne peut savoir ce qui va se passer dans la prochaine seconde. Vous pouvez
faire croire que vous savez ce qui va se passer mais, en fait, vous ne pouvez pas le savoir.
C’est valable aussi pour la prochaine heure. Vous ne savez pas quel type de pensée va vous
traverser l’esprit. Je suis sûr que vous avez déjà un certain nombre de plans, de prévisions
pour demain mais vous ne pouvez pas être sûr à 100 % de ce qui va réellement se passer.

Un grand maître appelé Nagarjuna a dit dans ses écrits, reprenant ce que le Bouddha lui-même
avait dit auparavant : « C’est un miracle de pouvoir simplement inspirer après avoir
expiré, c’est un vrai miracle. » Depuis notre naissance, combien d’inspirations et
d’expirations avons-nous vécu ? A chaque fois que nous respirons, nous nous rapprochons
de notre dernière respiration, de notre dernier souffle. Bien sûr, on peut penser : « Je vais
vivre jusqu’à 70, 80, 90 ans » mais quelle certitude peut-on avoir de cela ? Pendant les
années 60, quand j’étais en Inde, à Darjeeling, j’ai vu une immense affiche publicitaire pour
une assurance-vie. Je me suis dit : « ca, c’est incroyable, ils peuvent donner une assurance
sur la vie. » J’étais vraiment curieux, je voulais comprendre comment c’était possible : je suis
allé dans leurs bureaux et je leur ai demandé de m’expliquer ce qu’était une assurance-vie.
Et ils m’ont expliqué : « vous nous donnez de l’argent et quand vous mourrez, cet argent, on
va le distribuer à vos enfants, à votre famille, à vos amis. Et donc, vous n’avez plus à vous
inquiéter. » J’ai pensé que c’était très gentil de leur part mais j’étais très égoïste, je voulais
savoir ce qu’ils pouvaient faire pour prolonger ma vie et j’ai été très déçu.

De nombreuses fois, on a demandé à Siddhârta d’enseigner et au bout de 6 ans, il a été
connu comme le Bouddha, l’Eveillé. C’est pour ça qu’aujourd’hui, il y a un endroit, en Inde,
qui s’appelle Bodh-Gayâ, l’endroit où le Bouddha s’est éveillé. Pendant 49 jours après son
Eveil, il n’a pas enseigné. Pendant la première semaine, il a fait le point sur ce qu’il avait
découvert et il a vérifié tout ce qu’il avait appris. La deuxième semaine, il a passé du temps
avec des êtres qui vivent sous la terre. Puis, il a réalisé que le meilleur endroit pour
enseigner était Sarnath, près de Bénarès. Il a donc enseigné là-bas à des disciples humains
mais aussi à des êtres célestes. Et la première chose qu’il a enseignée, ce sont les 4 nobles
vérités.

La première de ces vérités est la vérité de la souffrance. Nous ne devons pas ignorer la
nature de la souffrance mais nous devons au contraire la connaître, en prendre
connaissance. Et, connaissant la nature de la souffrance, nous devons comprendre, pénétrer
les causes de la souffrance. Connaître la souffrance ne suffit pas, il faut vraiment s’intéresser
aux causes de la souffrance. Et, quand on connaît les causes de la souffrance, on peut
vraiment trouver une sortie de cette souffrance et c’est ce qu’on appelle la vérité de la
cessation de la souffrance. Pour atteindre cette cessation de la souffrance, on doit emprunter
la voie de la fin de la souffrance. Donc il y a 4 nobles vérités : la vérité de la souffrance, la
vérité de la cause de la souffrance, la vérité de la cessation de la souffrance et la vérité de la
voie qui mène à la fin de la souffrance. Ce sont les 4 premières vérités qu’il a enseignées.
La souffrance, c’est quelque chose que l’on peut analyser, il y a beaucoup de types de
souffrances. En gros, on peut distinguer 3 types de souffrances : la première est la
souffrance de la souffrance, c’est le cas par exemple quand vous êtes malade et que
quelque chose de terrible arrive à votre famille, à ce moment-là, c’est la souffrance qui
s’ajoute à la souffrance. Le second type est lié au changement continuel : aujourd’hui, vous
avez un problème physique mais demain ce sera peut-être un souci spirituel ou sentimental.
Dans ce cas, c’est le changement qui cause la souffrance. Tant que nous ne sommes pas
libres de l’ignorance, nous ne sommes pas libres de la souffrance. C’est pourquoi le
Bouddha a enseigné les causes de la souffrance.

En effet, les causes de la souffrance ne sont pas extérieures à nous, elles ne sont pas non
plus créées par quelqu’un d’autre. Nous sommes responsables de notre souffrance et des
causes de notre souffrance.

Et ces causes de la souffrance sont les actes négatifs et les émotions négatives. Par
conséquent, si nous ne voulons pas souffrir, il faut diminuer le nombre d’actions et
d’émotions négatives. Il existe de nombreux types d’actes négatifs : les actes effectués par
notre corps, notre parole et notre esprit. Toutes les actions qui provoquent de la souffrance
chez autrui sont négatives. Toute action qui produit de la souffrance, de la douleur est une
action négative. Par exemple, tuer est une action négative, abréger la vie d’autres êtres est
aussi une action négative. Prendre quelque chose qui ne nous est pas donné est également
une action négative.

La mauvaise conduite sexuelle est aussi appelée une action négative. Quand il n’y a pas de
respect mutuel, à ce moment-là cela devient une mauvaise conduite sexuelle. Par exemple,
dans un couple, un homme et une femme, à partir du moment où il y a du respect entre les
deux partenaires, il n’y a pas de problème, le comportement sexuel est ok. La mauvaise
conduite sexuelle est plus, semble-t-il, une affaire d’hommes que de femmes. Pourquoi ?
Parce que les hommes sont plus forts physiquement. Et quand ils veulent quelque chose, ils
emploient la force mais les femmes, elles, ne peuvent contraindre physiquement les
hommes. Si l’homme ne veut pas (avoir des relations sexuelles), la femme ne peut pas faire
grand-chose. Pauvres femmes ! Elles sont, elles, forcées d’avoir des rapports sexuels, que
cela leur plaise ou non. Et aussi, pendant que les femmes ont leurs règles, les hommes les
contraignent à avoir des relations sexuelles : ceci est également une mauvaise conduite
sexuelle. Pourquoi ? Parce que cela change le physique de la femme, cela peut même aller
jusqu’à lui causer des maladies. Et quand la femme ne va pas bien, qu’elle est malade et
que l’homme veut absolument assouvir son plaisir sexuel, ceci est aussi un exemple de
mauvaise conduite sexuelle. Et particulièrement les jeunes filles qui ne sont pas encore
pubères, qui sont encore très petites et que les hommes veulent avoir des relations
sexuelles avec elles, c’est aussi un acte de mauvaise conduite sexuelle.

Donc, si nous faisons cela, les actions entraînent des réactions. Quand nous générons du
mal, un désordre dans le corps d’autrui, cela c’est un mauvais comportement sexuel, rien de
plus, rien de moins.

De même, dire quelque chose qui n’est pas vrai, mentir, est aussi un acte négatif. Dire
quelque chose que l’on croît sincèrement vrai alors que c’est faux n’est pas vraiment une
mauvaise action mais tromper de manière délibérée, ça, c’est une mauvaise action. Et dire
quelque chose afin de provoquer de la discorde entre deux bons amis, afin de les séparer,
c’est aussi une action négative de la parole. Et aussi dire à quelqu’un des paroles
blessantes, des paroles dures, des paroles violentes, cela blesse les personnes et c’est
aussi un exemple d’acte négatif de la parole. Et aussi colporter des racontars, dire qu’un tel
est nul, qu’une telle est nulle ou ceci ou cela, se livrer à des interprétations douteuses sur les
autres, c’est du commérage, et c’est négatif.

Et quand on veut posséder ce que les autres ont, c’est un autre exemple d’acte négatif ainsi
que de vouloir blesser les autres, leur faire du mal. Et douter des autres constamment, sans
justifications, est aussi une action négative. Et au dessus de tout ça, il y a l’égoïsme qui est
négatif.

La jalousie est aussi quelque chose de négatif. Et aussi la haine, l’aversion, l’arrogance,
l’orgueil et la stupidité, l’imbécilité sont également des émotions négatives. Si l’on s’engage
dans quelque chose enraciné dans la colère, cela va produire des actions négatives.

Si l’on agit avec des motivations égoïstes, centrées sur nous-mêmes, cela va aussi
provoquer des résultats négatifs. Et quand on est constamment jaloux des autres, jaloux de
leur bonheur, de ce qu’ils ont mieux que nous, cela engendre aussi des résultats négatifs. Et
quand on est orgueilleux, qu’on est sûr de détenir la vérité, qu’on a raison et que les autres
ont tort, cela entraîne de la souffrance.

Et maintenant concernant les voies, il y a de nombreuses voies (de sortie de la souffrance).
Pour réaliser la cessation de la souffrance, j’aimerais partager avec vous quelque chose que
j’ai reçu des maîtres dont je vous ai parlé tout à l’heure : nous devons développer un coeur
bon, avoir bon coeur. Le coeur qui est bon inclut tout, contient tout. Selon sa sainteté le 14ème
Dalaï-lama et d’autres maîtres, le bon coeur devrait être à la base de la religion ou de la
philosophie ou de la manière de vivre de ce 21ème siècle. Pourquoi ? Parce que le 20ème
siècle a été le siècle des cruautés, des guerres, de souffrances. Donc, nous devons trouver
des moyens de faire du 21ème siècle un siècle de paix.

Et selon sa sainteté le 14ème Dalaï-lama et bien d’autres maîtres, le bouddhisme doit se
fonder sur la science parce que le Bouddha lui-même a dit : » Moi, je peux vous montrer la
voie, le chemin mais c’est à vous de mener l’enquête, d’examiner, d’étudier. » Vous devez
rechercher, analyser, ne jamais tenir les choses pour acquises. C’est pour cela que le
Bouddha a dit en sanskrit : « Je vous montre la voie mais la liberté ne dépend que de
vous. » Pour illustrer cela, il a pris l’exemple de l’or : quand vous allez acheter de l’or, vous
n’allez pas acheter tout ce qui est jaune et brillant, vous devez examiner l’objet que vous
pensez être en or, l’observer attentivement, le tester. Par exemple, vous devez commencer
par le faire fondre puis vous devez le couper et ensuite vous le frottez contre une pierre
spéciale pour déterminer la qualité de son or. Et là, il y a de nouveau trois étapes pour
l’analyser.

Par conséquent, pour gagner du temps, vous devez intégrer comme éléments de base dans
votre enquête tout ce qui a déjà été fait auparavant comme recherches. Et à partir de cette
base-là, vous devez utiliser votre intelligence pour mener l’enquête, pour examiner, pour
comprendre. Pour cela, vous devez réunir de l’information, puis vous devez y réfléchir,
expérimenter et l’intégrer dans votre propre vie. Cette voie, c’est ce qu’on peut vraiment
appeler la voie bouddhiste. Dans cette voie, vous devez étudier, vous devez réfléchir, vous
devez enquêter, vous devez intégrer tout cela dans votre vie et vous devez vous entraîner
régulièrement. Une fois que vous avez enquêté et analysé, à ce moment-là on peut vraiment
parler de philosophie bouddhiste. Et une fois que vous êtes arrivé à des conclusions et bien
là vous pouvez les intégrer dans votre pratique, dans votre vie et ça, c’est la pratique
bouddhiste ou la manière de vivre bouddhiste ou la religion bouddhiste. Plus tard, cela se
mélange avec différentes cultures et cela va donner différentes formes de religions
bouddhistes.

A propos de l’enquête que nous devons mener, le Bouddha lui-même a dit de ne pas
prendre ses paroles pour des vérités définitives mais au contraire de tester, de vérifier par
soi-même, d’analyser tout ce qu’il dit. On ne doit jamais tenir les choses pour acquises et
vous devez donc mener de nombreuses investigations, de nombreuses enquêtes, de
nombreuses recherches et à ce moment-là, vous pouvez trouver quelque chose de vrai.

Chanteloube
tél : 00 33 (0)5 53 50 75 24
fax : 00 33 (0)5 53 51 02 44


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