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Soko Morinaga

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> Bouddhisme > Enseignements


Il n’y a rien à jeter

Par Soko Morinaga

Voici un extrait tiré du livre "La leçon du Zen, face à mon incommensurable stupidité", de Soko Morinaga.

SUIVEZ-MOI, m’intima le maître et il m’indiqua ma première tâche : nettoyer le jardin.

Accompagné de ce maître âgé de 70 ans, je sortis dans le jardin et, muni d’un balai de bambou, me mis à balayer. Les jardins des temples zen sont conçus avec grand soin : les arbres sont choisis pour que toute l’année il y en ait qui laissent tomber leurs feuilles. Pas seulement les érables à l’automne mais aussi les chênes, et les camphriers, au printemps, perdent régulièrement leurs feuilles. En ce mois d’avril, date de mon arrivée, le jardin était jonché de feuilles mortes.

L’être humain (ou plutôt mon esprit devrais-je dire) est vraiment très mesquin. Alors qu’intérieurement je dénonçais ce "vieux fou" et résistais à lui accorder spontanément ma confiance, je souhaitais par ailleurs qu’il me remarque. C’est pourquoi je pris le balai et me mis à balayer avec rage.

J’eus bientôt amassé une montagne de feuilles mortes. Anxieux de faire montre de diligence, je posai la question ?

— Maître, où doit-on se débarrasser de ce qui est à jeter ?

À peine ces mots prononcés, j’entendis tonitruer dans mon dos :

— Il n’y a rien à jeter !
— Rien à jeter ? Mais regardez, et je tentais de lui montrer le tas de feuilles.
— Donc, vous ne ne me faites pas confiance, c’est ça ?
— Tout simplement, j’aurais voulu savoir où jeter ces feuilles ?

Je ne trouvai rien d’autre à dire.

— En tout cas, ne les jetez pas, reprit-il.
— Que dois-je faire alors, demandais-je ?
— Allez sous l’auvent chercher un sac à charbon.

Quand je fus de retour, je trouvai le maître penché, occupé à ratisser la montagne de feuilles, dégageant les plus légères sur le sommet et laissant retomber le sable et les cailloux plus lourds sur le sol. Puis il remplit de feuilles le sac que j’avais rapporté et les tassa avec ses pieds. Après avoir inséré la dernière feuille et étroitement fermé le sac, il me dit :

— Emportez ce sac sous l’auvent. Cela servira à faire le feu pour chauffer le bain.

En retournant vers l’auvent, le sac de feuilles sur l’épaule, j’admis en silence que ce n’étais peut-être pas des déchets à jeter. Mais par contre, me disais-je, ce qui restait là-bas dans le jardin était clairement du déchet et rien que du déchet.

À nouveau de retour auprès du Maître, je le trouvai installé sur les résidus du tas de feuilles, occupé cette fois à ramasser les cailloux. Quand il eut ramassé le dernier, il me donna l’odre suivant :

— Prenez ces cailloux et allez les déposer sous les gouttières.

Quand j’eus fini d’installer les cailloux entre les gravillons et colmaté les trous creusés par les gouttes de pluie, je constatai que non seulement les trous étaient bouchés mais également que ce travail ne manquait pas d’élégance. Il me fallait bien reconnaître que ces cailloux avaient failli tomber dans la catégorie des déchets "bons à jeter".

Cependant il restait encore quelques rebuts : mottes de terre et fragments de mousse. Je me demandais bien qui aurait pu en faire quoi que ce soit. Je vis le Maïtre poursuivre sont travail, rassemblant ces fragments et les plaçant morceau par morceau dans la paume de sa main. Il scruta le sol pour y déceler creux et bosses qu’il combla de mottes de terre et tassa ensuite avec ses pieds. De la montagne de feuilles, il ne restait pas trace.

— Bon, s’enquit-il, comprenez-vous un peu mieux maintenant ? Originellement, ni dans les êtres ni dans les choses, il n’y a de déchet "bon à jeter".

Ce fut le premier sermon que je reçus du Maître Zuigan. (…)


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