BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Même rubrique

Chemin d’individualisation - Geneviève Cailloux, Pierre Cauvin
Le bouddhisme tibétain dans sa dimension psychothérapeutique - Luc Marianni
La méditation : fondement d’une autothérapie pour l’occident ? - Luc Marianni
Dialogue intérieur - Geneviève Cailloux, Pierre Cauvin
Dépression et spiritualité - Jean-Claude Cartier
Le sens psy des maladies - Alexandre Koehler
Qu’est-ce que partager ? - Véronique Brard
Autres textes
A“ngulimaala : la réhabilitation d’un tueur - Michel Henri Dufour
Economie solidaire et tiers secteur - Jean-Louis Lavillle
Place et importance de la spiritualité dans le développement - Forum international de l’environnement
Pratique de la conscience éveillée - Jon Kabat-Zinn
Avantages et inconvénients du crudivorisme - Jeanne Dumont
Nouvelle économie : Entre start-up et économie solidaire - Philippe Merlant
Construction européenne et ouverture au Sud - Jean Chesneaux
Patrice Cayrou

Savez-vous pourquoi vos parents ont choisi vos prénoms ? par Patrice Cayrou

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Intégration > Art de vivre > Psychologie et développement personnel


Histoires de famille

Nous avons tous un héritage génétique certes, mais aussi psychologique. Chantal Rialland fait découvrir cette approche thérapeutique qui permet de dénouer les fils tissés dans un passé parfois lointain, et de nous libérer de nos blocages.

Par Patrice Cayrou

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Pour transmettre le fruit d’années de recherches et d’expériences en tant que psychothérapeute et pour être utile à mes semblables.La famille est une chose extraordinaire puisqu’elle nous a donné la vie et souvent de l’amour, mais c’est aussi une cause de souffrances, que souvent nous refoulons. Découvrir notre psychogénéalogie, c’est nous permettre de vivre au lieu de survivre, d’aimer au lieu d’avoir peur et de nous réaliser humainement, professionnellement, et spirituellement.

La psychogénéalogie nous conduit donc à mieux vivre, comment ?

La psychogénéalogie, c’est l’étude de l’influence de toute notre famille sur nous. Il ne s’agit pas de généalogie car on ne remonte pas au-delà des arrière-grands-parents ou des grands-parents. En outre, aussi bizarre que cela puisse paraître, les enfants d’une même famille, qui ont exactement la même généalogie, n’ont pas la même psychogénéalogie. Pour l’enfant qui naît, ce n’est pas la même chose de naître désiré ou non, fils ou fille, aîné ou benjamin, dans tel ou tel contexte.

Et les jumeaux ?

Eux aussi n’ont pas la même psychogénéalogie, parce qu’il y a un premier-né, puis un second. Ils sont éventuellement garçon et fille. De plus, ils ne vont pas faire l’objet des mêmes projections de la part de leur famille, donc ils ne vont pas percevoir cette famille de la même façon.

Projections ? Qu’entendez-vous par là ?

Par exemple, si ce sont des filles, on va les comparer : la plus grande, la plus petite, la plus souriante, la plus douée pour ceci, pour cela, etc. On va leur donner des étiquettes différentes.

En quoi ces étiquettes sont si importantes, si déterminantes ?

Quand nous naissons, nous arrivons dans un corps de mammifère le plus fragile de la planète. Si personne ne s’occupe de nous, nous mourons. Nous avons donc fondamentalement besoin d’un minimum de soins et d’amour.Quand nous sommes tout petit, nos parents ou les personnes qui veillent sur nous sont des dieux. Nous ne connaissons pas d’autre réalité. Nous n’avons aucun élément de comparaison. Si nous avions été élevés par une famille voisine, nous n’aurions pas le même point de vue sur nous-même ni sur les autres. Donc tout ce que vont dire nos parents est intégré comme la vérité.

La seule réalité que nous connaissons, en fait ?

Oui. Pour se connaître, nous avons besoin du miroir de l’autre. Si notre mère nous dit que nous sommes une petite fille désagréable, pas jolie ou pas intelligente, nous nous identifions complètement à ses projections. {{}}

{{}}

Chantal Rialland

Et nous risquons de le devenir...

Il y a en effet un grand risque. Il ne nous viendra pas à l’esprit de comprendre que notre mère est très déçue de ne pas avoir un fils.

Pourquoi ?

Par exemple, parce que sa propre mère (notre grand-mère maternelle) détestait les filles. Elle lui a transmis le sentiment qu’avoir une fille est moins bien qu’avoir un garçon. Thèse validée par le fait que le frère de notre mère (notre oncle maternel) a toujours été le chouchou de sa maman et de toute la famille.

La position de chouchou est-elle plus confortable ?

Non, parce qu’elle est parfois très difficile à porter.

De même si nous sommes un fils et que notre père nous rabaisse ou nous contre sans cesse, nous penserons que nous sommes nul, vraiment bon à rien. Nous ne comprendrons pas que cela n’a rien à voir avec nous, mais avec l’histoire de notre propre père.

Par exemple, notre père peut se venger sur nous de ne pas avoir été reconnu, aimé par son propre père.

C’est une vengeance inconsciente, bien entendu...

Oui !

C’est aussi pourquoi nous ne transmettons que ce que nous avons reçu.

Nous transmettons ce que nous sommes, tout ce que nous sommes, et souvent sans même nous en rendre compte. Parfois nous essayons le « contre scénario » : être le contraire de ce que notre père ou notre mère a été. Mais être arcque bouté à « surtout ne pas faire comme » peut devenir une véritable prison, un esclavage quotidien. Donner à ses enfants ce qu’on n’a pas reçu n’est pas toujours les aimer vraiment.

Les aimer vraiment, qu’est-ce alors ?

C’est donner la vie à l’enfant en respectant son être profond, en l’accompagnant sur le chemin qui le conduira à sa maturité, à devenir un adulte heureux et bien dans sa vie.

Bien sûr il ne s’agit pas de laisser l’enfant faire n’importe quoi, mais respecter sa personnalité, ses aspirations, son devenir.

Nos enfants ne sont pas nos choses mais des êtres spécifiques et différents de nous. Nous en avons seulement la responsabilité pour un temps.

Et l’apport de la psychogénéalogie dans tout ça ?

Quand des êtres souffrent, il faut comprendre de quoi ils souffrent, pourquoi ils souffrent et faire qu’ils puissent se libérer le plus rapidement possible de cette souffrance.

C’est important pour celui qui souffre mais aussi pour son entourage familial, professionnel et amical.

Il n’y a rien de plus toxique que la souffrance car elle est contagieuse : quand on souffre, on fait souffrir.

La plupart de nos parents n’étaient pas des êtres joyeux, réalisés, ayant confiance en eux et dans la vie.

La psychogénéalogie permet de rapidement comprendre les origines de notre souffrance : c’est comme un solfège, une mathématique, une grammaire.

Nous avons fait l’objet de projections. Nous nous sommes identifiés à notre père, notre mère, à notre famille, à notre entourage et nous répétons certains schémas inlassablement et inconsciemment.

Est-ce que la libération passe par la prise de conscience ?

Toujours. C’est la première étape indispensable : si nous ne comprenons pas, nous ne pouvons pas sortir de l’étau de la souffrance. Mais cette étape n’est que la moitié du chemin.

La guérison est toujours affective, elle passe par le cœur.

Pouvez-vous préciser ?

Nous ne guérissons pas du passé par l’intellect. Par l’intellect, nous ne faisons que comprendre. Pour changer, pour se libérer vraiment, il faut une alchimie intérieure qui transforme les mécanismes de répétition.

C’est pourquoi le travail sur soi est si important.

A quelle alchimie faites-vous allusion ?

Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons changer en nous les séquelles du passé et cesser de reproduire, avec les autres et particulièrement nos enfants, les conséquences négatives de notre propre histoire familiale.

On ne garde donc que le bon...

Le bon, c’est ce qui va nous convenir et nous en avons tous reçu. Le bon, c’est pardonner à nos parents, qui ont fait ce qu’ils ont pu en fonction de leurs propres traumatismes. C’est nous pardonner à nous-même, pardonner à la vie. Le bon, c’est donner un sens à notre histoire et faire qu’elle soit utile aux autres et à nous-même.

Est-ce cette fameuse grammaire qui nous permet de trier le bon grain de l’ivraie ?

Tout au long de nos entretiens, nous allons étudier des situations concrètes de la vie quotidienne et familiale pour aider chacun de nous à être davantage conscient de sa psychogénéalogie, pour améliorer notre vie de tous les jours.

Par quoi commencerons-nous ?

Nous verrons dans notre prochain entretien l’étude de nos prénoms qui ne nous ont pas été donnés au hasard.

Propos recueillis par Patrice Cayrou

Septembre 2000






Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling