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Histoire de pouvoirs

Réseau des réseaux, espace virtuel, partage du savoir… et donc du pouvoir ? Pour Michel Authier, auteur d’un ouvrage intitulé Pays de connaissance, le web est source de liberté et de connaissance. À suivre.

Par Michel Authier

Des jeunes scientifiques, aux marges de la science la plus sophistiquée, la plus cryptique, la plus codée ont fait naître le web. Le succès foudroyant, la contagion immédiate du web (rendu public à l’automne 1993) ont fait croire qu’il était dès l’origine l’espace qu’il est devenu : cette toile qui dissout le réseau en rendant possible toute connexion de n’importe quel point de l’espace. Cette interconnexion de toutes les parties de l’espace fait penser à ces billes de mercure qui s’agglutinent pour n’en former plus qu’une, dès lors qu’elles se touchent. Que la contingence unifie les parties en une seule, voilà bien une illusion de l’information qui absorbe toute information qu’elle rencontre.

Il est trop simpliste de voir, dans l’invention du web, celle d’un espace nouveau aux propriétés magiques. Qui n’a jamais cru que l’infrastructure conditionne les mutations humaines, sinon l’homme de pouvoir ?

Qui s’étonnera alors que les puissants, pour maîtriser le réseau des réseaux, parlent d’autoroutes de l’information, de règlements, de directives, de recherche, de push, de contrôle, quand l’internaute, pour profiter de sa toile pense modem, orientation, découverte, surf, pull, liberté ?

Avec internet, pour une fois, les progrès de la technique sortent de l’anecdotique. Conçu par les militaires pour sécuriser leur système d’information, utilisé par les scientifiques pour accélérer leurs échanges, produire des résultats et transformer leur pratique, internet est resté pendant plus de vingt ans confidentiel jusqu’à la création du web. On peut donc imaginer que ce n’est pas le réseau qui a suscité la révolution à laquelle on assiste aujourd’hui, mais bien plutôt la création d’un standard de production et de publication qui donne à tous la capacité de devenir le producteur de l’expression publique de sa connaissance. Le web, c’est la quasi gratuité d’un moyen de production et cette quasi gratuité n’est l’œuvre d’aucune avant-garde, d’aucun pouvoir, mais d’un détournement subversif d’une infrastructure conçue au départ pour maîtriser la planète. En donnant à chacun la possibilité de produire et de présenter sa production à la face du monde, le web tend une toile sur le réseau ; c’est dire qu’il se dissout dans l’espace de toutes les pratiques possibles, empêchant le contrôle.

Quand la loi et les prothèses auront pétrifié cet espace en le réduisant à un système de transport (autoroute de l’information !), l’homme, agent d’orientation pour les autres hommes dans ce réseau de coffres-forts, redeviendra une ressource de plus en plus instrumentée par une économie qui, au mieux, le valorisera en le faisant passer pour un expert.

Ainsi, ceux qui attendent de savoir ce que pensent les hommes de pouvoir, prennent le risque de perdre cette chance unique d’être enfin maîtres d’eux-mêmes. Eux qui, grâce à l’expression unifiée de leurs intérêts particuliers, génèrent en ce moment une richesse inépuisable, dont chacun peut tirer bénéfice sans jamais priver personne, ne doivent pas se retourner pour voir si le savoir les rattrape.

(1) Ce texte est extrait de l’ouvrage de Michel Authier, Pays de connaissance. Éditions du Rocher. 138 francs.

Découverte du web

Le Web apparaît, à qui s’y promène, beaucoup plus comme un espace que comme un réseau d’échanges. Il ne s’agit plus d’expédier (activité devenue mineure) mais d’exhiber, de rendre public (ce que prouve l’envahissement, mais aussi l’enrichissement du web par la publicité). Ce qui importe, c’est d’être repéré, de se faire voir du plus grand nombre, mais surtout de ceux qui seraient concernés par la même chose que soi. Cette production collective, fruit des intérêts de chacun, non pour la chose collective, mais pour son petit bout d’espace, croît par l’effet direct des millions d’internautes qui y travaillent ensemble. Chacun s’observe, se singularise, s’imite, s’associe selon des logiques implicites, éphémères et coopératives.

A considérer que le web est la résultante de la puissance de production de tous ceux qui ont dans les mains les mêmes outils de production et d’exploitation, on comprend mieux qu’il n’y a pas de richesses dans le web, mais que le web est la richesse. Ce qui importe n’est pas de trouver ici ou là une base de données ou un type d’information, mais de rendre visible dans ce continuum la richesse même de ce qui le constitue, à savoir les humains qui le produisent.

Territoires : La revue de la démocratie locale - N°389 juin 1998

Contact : territoires@globenet.org

Michel Authier - Publication du Céreq - juillet 98

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Juillet 1998

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