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Harmoniser la pratique de sa vie avec les cinq pouvoirs

Le moment de la mort, lorsque la conscience débute son transfert vers une autre vie, est crucial, on devrait y être bien préparé. Ceci peut être effectué au moyen des cinq pouvoirs, bien qu’ici ils soient d’une nature légèrement différente de ceux appliqués durant la vie.

Par Guéshé Rabten

Les cinq pouvoirs durant la vie

Il y a cinq pouvoirs que l’on devrait pratiquer tout au long du reste de cette vie ainsi qu’au cours de toutes les existences futures.

Le premier est celui de la motivation . Cela signifie que nous devrions être vigilant à chaque instant, pour pouvoir arrêter immédiatement les perturbations émotionnelles lorsqu’elles surgissent. Ce qui signifie également que nous devrions avoir l’intention de réserver les trois portes, de notre corps, parole et esprit, à l’usage de bodhicitta. Ces deux motivations devraient être maintenues jusqu’à l’état d’Eveil complet car elles sont la base la plus saine de l’activité future.

Le second est le pouvoir de l’accoutumance . Ainsi nous nous habituons à bodhicitta, jusqu’à être toujours conscient de nos buts les plus élevés. Par la force de l’accoutumance à cet esprit, nous pouvons utiliser toute circonstance -même celle de voir la misère de l’existence d’un chien- pour développer notre aspiration la plus élevée, c’est-à-dire atteindre la perfection complète de la bouddhéité pour le bien de tous les autres êtres.

Le troisième est est le pouvoir de la graine blanche . Nous cultivons la graine de bodhicitta, en nous, si elle n’est pas encore née, nous la nourrissons et la développons si elle est déjà présente. Si toutes nos actions concourent à cela, elles contribuent à son développement.

Le quatrième est celui de la destruction . Il est dirigé contre l’attitude du chérissement de soi, qui est en complète contradiction avec bodhicitta. C’est notre ennemi véritable et il devrait être totalement détruit. En réalisant que c’est la cause de toute notre confusion et de toute notre souffrance, nous devrions être vigilant et l’éradiquer au moment-même où il surgit.

Le cinquième pouvoir est celui des prières et de l’aspiration pour le chemin . Bien que nos actes passés maladroits soient innombrables, nous pouvons voir clairement que résident au fond de nous de nombreuses graines d’actions vertueuses qui résultent d’actions passées valables. Le simple fait d’avoir obtenu cette précieuse vie humaine dotée de toutes les qualités nous permettant de suivre un chemin spirituel, en est une preuve évidente. Nous devrions donc utiliser le pouvoir de cette aspiration pour le chemin et dédier notre conduite vertueuse et nos mérites créés dans cette vie et les vies passées, afin de toujours pouvoir cultiver bodhicitta de cet instant même jusqu’à la réalisation ultime. C’est ce qui constitue la prière d’aspiration.

Nous devrions comprendre que le fait de jouir d’un bonheur relatif et de confort provient d’actions vertueuses passées, et nous devrions décider d’agir d’une manière similaire dans le futur afin de réunir les causes pour perpétuer les conditions plaisantes de cette vie. Réalisant que les faits malheureux qui surviennent sont produits par des actions non vertueuses passées, nous devrions également décider fermement de cesser de semer d’autres graines de ce type. L’instruction du grand véhicule pour la transmigration de la conscience est d’appliquer exactement ces cinq pouvoirs, couché dans la position parfaite.

Les cinq pouvoirs au moment de la mort

Le moment de la mort, lorsque la conscience débute son transfert vers une autre vie, est crucial, on devrait y être bien préparé. Ceci peut être effectué au moyen des cinq pouvoirs, bien qu’ici ils soient d’une nature légèrement différente de ceux appliqués durant la vie.

Le premier est le pouvoir de la graine blanche . Lorsqu’on réalise qu’on est sur le point de quitter cette existence, on devrait se préparer en se débarrassant de ses objets d’attachement auprès des autres. Ceci devrait être accompli en faisant don de toutes ses richesses ou de ses biens aux autres, en faisant la charité ou en les offrant à une cause spirituelle digne. C’est très profitable, car au moment de la mort, le désir puissant ou l’attachement qui nous lierait plus fermement encore à l’existence cyclique aura moins de chance de surgir.

Le second est le pouvoir des prières d’aspiration . On devrait faire des offrandes aux Trois Joyaux Suprêmes ainsi qu’à notre maître spirituel. On ne devrait pas se satisfaire de donner des objets matériels ; les offrandes les meilleures à cet instant sont toutes les graines de mérite que nous avons accumulées. C’est ce qui est le plus plaisant pour les objets de refuge. En faisant ces offrandes on devrait leur joindre une prière comme la prière suivante d’aspiration pour le chemin : « Maintenant, et à tout moment, au cours de ma mort, de l’état intermédiaire, de l’incarnation prochaine et au cours de toutes les incarnations suivantes, bénissez-moi, afin de ne jamais être séparé de cette pratique. Puissé-je être toujours guidé par des maîtres spirituels authentiques qui ne cessent de me conduire à cultiver bodhicitta. »

Le troisième est celui de la destruction . On devrait comprendre que la cause première qui fait que l’on continue à tourner à travers la roue de l’existence, est la saisie du soi, des biens, des relations, des possessions et des amis. Une fois que l’on reconnaît que cette saisie est notre plus grand ennemi, on devrait essayer d’éradiquer toute trace de cet attachement qui restreint nos chances de liberté.

Le quatrième est le pouvoir de la motivation . On devrait avoir l’intention solide de poursuivre la pratique de générer bodhicitta, même pendant l’étape intermédiaire, entre la mort et la naissance. Si l’on génère fermement cette intention alors l’esprit d’Eveil surviendra spontanément, même si dans un moment comme celui-ci, il y a normalement peu de liberté d’action.

Le cinquième est le pouvoir de l’accoutumance . On devrait tout particulièrement être accoutumé à bodhicitta. Ceci devrait être fait dans la position parfaite, allongé sur le côté droit, la main droite sous la joue et l’annulaire droit fermant la narine droite. Ensuite lorsqu’on respire encore, on devrait pratiquer prendre et donner (tib. Tong Lèn) au lieu de gâcher son souffle. On peut méditer alternativement sur la vacuité, la bodhicitta ultime, en pensant que la véritable nature de tout ce qui existe, les phénomènes internes aussi bien qu’externes, est la vacuité de leur auto-existence véritable et substantielle. Même si les choses nous apparaissent encore d’une façon erronée, nous devrions considérer qu’ultimement elles sont vides de cette manière fausse d’apparaître.

Extrait du commentaire sur La Transformation en Sept Points
de Guéshé Chékawa, Conseils d’un Ami Spirituel (Editions Vajra Yogini)

Fondation pour la Préservation de la Tradition Mahayana (FPMT)
Centre Kalachakra - Centre de bouddhisme tibétain
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