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Gueshe Thupten Tenpa

Le Bouddhisme au quotidien par Gueshe Thupten Tenpa

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> Bouddhisme > Enseignements


Gérer ses émotions

Par Gueshe Thupten Tenpa

Gueshe Thupten Tenpa
CONFERENCE
Vendredi 1er Mai 2009
Auditorium du collège de Margencel
© P’endé Tcheuling (Douvaine).

GERER SES EMOTIONS

Geshe-la vous remercie d’être venus ce soir et vous dit Tashi Delek, bonjour.
Il va essayer d’évoquer certains principes bouddhistes qui pourront nous être utiles dans la vie de tous les jours.
Avant de commencer on peut simplement se détendre, se relaxer, évacuer les tensions.

Il va être question de l’esprit et des facteurs mentaux. En français on parle d’ « émotions », mais dans le bouddhisme indo-tibétain on parlera plutôt de « facteurs mentaux » (skt. chaïtasika ; tib. sem djoung).

Geshe-la dit que l’esprit lui-même et les facteurs mentaux sont différents. Les facteurs mentaux ne sont pas l’esprit. Généralement, dans la tradition tibétaine on compte 51 facteurs mentaux différents. Pendant environ une heure et demi, Geshe-la va les évoquer.

Il est facile d’aborder les phénomènes extérieurs, mais l’esprit c’est plus difficile, plus subtil. L’esprit n’est pas aussi connu qu’il le devrait.
On trouve dans certains enseignements bouddhistes, comme la Perfection de sagesse en huit mille versets, une description de l’esprit, et le Bouddha dit que « l’esprit est claire lumière » (...l’esprit, il n’y a pas d’esprit, la nature de l’esprit est claire lumière ; tib. : sem, sem ma tchi té, sem gui rangshin oeusèlwa). Dans un commentaire d’épistémologie écrit par Dharmakirti (le Pramanavarttika), il est dit que « la nature de l’esprit est claire lumière et les souillures lui sont adventices » (sem gui rangshin oeusèl té, drima nam ni lobourwa).
Suivant les traditions existant dans le bouddhisme indo-tibétain, on peut trouver une liste de facteurs mentaux qui peuvent légèrement varier ; 52, 56, etc. Le bouddhisme tibétain s’appuie essentiellement sur deux textes qui commentent l’Abhidharma, le corpus de phénoménologie enseigné par le Bouddha. Vers le IVème siècle, nous avons deux frères, Vasubandhu, qui a commenté l’Abhidharma en écrivant l’Abhidharmakosha, et Ashanga, qui a composé l’Abhidharmasamucchaya. Ce sont deux commentaires des exposés fondamentaux enseignés par le Bouddha, dans lesquels on trouve 51 facteurs mentaux.

Parmi ces facteurs mentaux décrits dans les textes traditionnels, il y a des descriptions différentes avec essentiellement des facteurs mentaux vertueux et d’autres non vertueux.
Il est bon de connaître les fonctions, les rôles différents de ces facteurs mentaux, de ces émotions.
Pour en revenir aux maximes qui rappellent que la nature de l’esprit est claire lumière, et ses souillures sont adventices, ou ne lui appartiennent pas, non seulement les souillures ne lui appartiennent pas, mais il en est de même pour la plupart des facteurs mentaux.

Suivant la description des 51 facteurs nous avons donc :

- 5 facteurs mentaux omniprésents
- 5 facteurs mentaux déterminatifs
- 11 facteurs mentaux vertueux
- 6 facteurs mentaux négatifs principaux
- 20 facteurs mentaux négatifs secondaires
- 4 facteurs mentaux dépendants ou variables

Lorsqu’il est dit que la nature de l’esprit est claire lumière, on peut l’expliquer, en prenant par exemple le désir ou l’attachement : il est possible de voir un moment d’esprit, de conscience, envahi par le désir ; on pense que l’essence de l’esprit et du désir est la même mais en fait l’esprit n’est pas le désir lui-même. Il est possible d’évacuer le désir ou l’attachement, alors qu’il est impossible d’évacuer l’esprit lui-même ; il a une continuité sans début ni fin.

On peut prendre un autre exemple : lorsqu’on est en bonne santé, quand notre esprit est tranquille et notre corps aussi, nous sommes dans un certain bien-être. Nous voyons par exemple un objet qui nous plait, spontanément nous sommes attirés par cet objet, nous souhaitons et voulons que cet objet nous appartienne. A l’opposé nous voyons un objet repoussant, et notre esprit, au lieu de vouloir posséder l’objet, souhaite s’en éloigner. Ce sont des formes d’attachement, d’attirance, ou alors d’aversion et de haine, etc, mais ces facteurs mentaux ne sont pas l’esprit lui-même.

Au moment où le facteur mental apparaît, il fait partie de l’esprit. L’esprit et lui ont une nature, une essence qui sont communes, mais l’un n’appartient pas à l’autre. Si on évacue le facteur mental, l’esprit reste lui-même.

Il est important de distinguer la nature du facteur mental qui est différente, qui n’est pas la nature de l’esprit lui-même.
Lorsqu’un facteur mental apparaît, une saisie advient, un attachement envers l’objet. Ces attachements et ces saisies sont les facteurs mentaux eux-mêmes.

En examinant notre propre expérience, ce que nous éprouvons nous-mêmes, nous voyons que si nous avons par exemple un moment d’aversion ou de colère, nous considérons telle ou telle personne comme une ennemie. Cette façon de penser, d’appréhender les personnes ou les objets, est ce facteur mental qui implique une saisie et possède un pouvoir sur notre esprit, mais qui n’est pas l’esprit lui-même. L’esprit se laisse souvent emporter par ces émotions, par ces facteurs mentaux.

Souvent, pour illustrer la difficulté de distinguer le facteur mental de l’esprit lui-même, on prend l’exemple d’un verre d’eau clair dans lequel on verse du lait ; on voit alors qu’il est très difficile de distinguer le lait de l’eau. On peut faire cette comparaison avec le facteur mental et l’esprit en question, puis on voit qu’il est très difficile de faire la distinction entre les deux. Pourtant, on peut utiliser certains raisonnements pour voir que, si par exemple on perçoit un objet de désir, et qu’on évacue le désir, l’esprit continue d’exister. Si l’esprit était détruit, à ce moment là il n’y aurait personne pour faire l’expérience de cet esprit détruit, de manière subjective. On voit ainsi que l’esprit lui-même possède sa propre continuité.

On peut observer qu’habituellement les émotions négatives, les facteurs mentaux obscurcissants, ont beaucoup de force. Nous sommes habitués depuis longtemps à avoir l’esprit plongé dans ces facteurs mentaux négatifs. Il est donc important de vouloir développer la vertu grâce à certaines pratiques, comme par exemple la culture de la sagesse qui appréhende la vacuité d’existence propre des choses, ou encore le développement de la grande compassion. Ces moyens, ces pratiques, sont eux-mêmes à l’intérieur de l’esprit. Ce sont des facteurs mentaux qui contrecarrent les facteurs mentaux négatifs.
Si on cultive la compassion de manière répétée ou continue, on voit que cette compassion devient de plus en plus grande, de plus en plus vaste, et de plus en plus stable dans notre esprit. C’est quelque chose qui évolue et peut se transformer, tandis que la continuité de l’esprit possède toujours sa propre identité. Il n’y a pas de grande ou de petite continuité, c’est toujours la même.

Si ces facteurs mentaux négatifs étaient l’esprit lui-même, on ne pourrait pas s’en débarrasser grâce aux facteurs mentaux qui contrecarrent ces émotions négatives.

Il est essentiel de cultiver des antidotes aux émotions négatives.
Par exemple, si on a de la colère ou de l’aversion, le meilleur antidote qui soit est la culture de la patience. Si nous avons dans notre esprit des facteurs mentaux négatifs comme la colère, la haine, nos actions seront négatives, et nous pourrions blesser les autres, leur causer du tort. Mais si nous développons la patience, nous aurons plus de tolérance envers les activités négatives des autres (insultes, etc) à notre encontre, et nous ne répondrons pas de manière négative aux négativités elles-mêmes.

Plus nous développerons la patience et plus nous développerons dans notre esprit ce qu’on appelle la paix, le bonheur et la félicité. C’est quelque chose de très important.

Nous pouvons imaginer que depuis de très nombreuses vies, nous avons accumulé beaucoup d’actions négatives, nous avons été plongés depuis longtemps dans les afflictions, dans les facteurs mentaux négatifs. Il est donc très difficile de développer la vertu, car nos empreintes mentales, nos empreintes karmiques, sont depuis longtemps entraînées dans un cycle vicieux. Plus nous développons des émotions négatives, plus nous effectuons des actions karmiques négatives, et plus ces actions posent des empreintes mentales dans notre conscience.
On constate qu’il est naturellement plus facile d’accomplir des actions négatives plutôt que des actions positives.

Si un individu, avec une motivation bien orientée ou bien définie, souhaite commettre une action, celle-ci portera des fruits très importants. Si la motivation est positive, l’action sera positive. Mais généralement, nos motivations tournées vers nous-mêmes sont négatives et les actions qui s’en suivent sont aussi négatives.
Une fois qu’un karma est accumulé, si rien n’est fait pour contrecarrer ce processus le fruit correspondant à la cause adviendra forcément. Un fruit négatif viendra d’une cause négative.
Il est important de connaître le processus de la causalité karmique afin de pouvoir accomplir des actions positives et altruistes plutôt que des actions égotiques ou négatives.
Dans un texte de Gyelsé Thokmé Sangpo, les 37 pratiques des bodhisattvas, il est dit : « L’altruisme résulte en bonheur, blesser les autres résulte en malheur. Ne blessez pas les autres et prenez soin de vous. »

Les 51 facteurs mentaux décrits dans les textes de phénoménologie et de psychologie bouddhistes, nous les possédons dans notre propre continuum de conscience. Le matin, le soir... pendant toute la journée nos facteurs mentaux fonctionnent régulièrement.
Dans la tradition du Bouddha : le bouddhisme, nous disons qu’un individu possède un corps, une parole et un esprit, ce sont les trois portes. Parmi elles, c’est l’esprit qui est prépondérant, c’est lui qui fait qu’une action gestuelle, verbale, ou une pensée sera tournée de manière correcte ou pas.

Pour déterminer ce qu’est l’essence d’un facteur mental, il est important de voir qu’il se manifeste en fonction d’un objet qui apparaît à la conscience. Chaque facteur mental est décrit suivant la fonction qu’il donne dans l’esprit.

Il y a 6 classes de facteurs mentaux qui sont décrites comme on le disait précédemment :

- 5 facteurs mentaux omniprésents (tib. : kundro sem djoung)
- 5 facteurs mentaux déterminatifs (yul nié)
- 11 facteurs mentaux vertueux (géwa)
- 6 facteurs mentaux négatifs racines (tsa nyeun)
- 20 facteurs mentaux négatifs secondaires (nié nyeun)
- 4 facteurs mentaux variables (shèn gyour)

Pour expliquer les fonctions de ces émotions que nous subissons continuellement, on peut par exemple décrire les 5 facteurs omniprésents qui sont :

- La sensation (tsorwa)
- La distinction ou discrimination (doushé)
- L’orientation ou l’intention (sempa)
- L’application mentale (yi la djépa)
- Le contact (rèkpa)

Le premier facteur mental omniprésent est la sensation.
Il est défini d’une manière assez simple et condensée dans les textes de psychologie (tib. : Lorig).

Il est dit qu’en possédant son propre objet, sa caractéristique est de transmettre une expérience qui est, soit positive, soit négative, soit neutre.
En prenant l’exemple de notre corps, si nous sommes au soleil et qu’il fait chaud, nous avons une sensation issue de la conscience corporelle, de la conscience tactile, qui va être appréhendée par notre esprit. Cela peut donner une sensation de bien-être, ou au contraire de mal-être si nous avons trop chaud. Cette sensation issue de la conscience tactile va être appréhendée par l’esprit principal. Cet esprit principal est en contact avec ce facteur mental de la sensation qui peut être positif ou négatif. Nous avons donc ici deux facteurs mentaux : le facteur mental de la sensation corporelle et le facteur mental du bien-être ou de la souffrance qui en résultent.
Ces facteurs mentaux omniprésents sont toujours présents lorsqu’il y a une action mentale, une action consciente. Ils sont toujours présents, qu’on ait une émotion positive ou négative.

Le second facteur mental est la distinction ou la discrimination. Suivant la définition qui en est donnée, sa fonction est le fait de choisir, de faire le tri entre plusieurs objets.

Le troisième facteur mental omniprésent est l’intention. C’est ce qui fait se mouvoir l’esprit vers tel ou tel objet. Sa caractéristique est donc un rapprochement par rapport aux objets. C’est une orientation de l’esprit vers tel ou tel objet.

Vient ensuite l’application mentale. Sa caractéristique est le fait de porter l’esprit de manière continue sur ces objets. C’est assez similaire de l’intention qui fait se mouvoir l’esprit sur ses objets. Là, l’esprit se meut vers ces objets mais s’y applique et y demeure de manière plus continue.

Le dernier de ces 5 facteurs mentaux omniprésents est ce qu’on appelle le contact. C’est le facteur mental qui entraine la sensation, qui fait le lien entre l’objet et la conscience qui l’appréhende.

Pour évoquer de manière brève les 5 facteurs déterminatifs, ce sont ceux qui permettent à l’esprit, comme leur nom l’indique, de déterminer ses objets.
Nous avons donc l’aspiration (dünpa), l’appréciation (meupa), le souvenir (ou la mémoire : drènpa), la concentration (tinnié dzin) et la sagesse (shérab).

Parmi ces 5 facteurs mentaux déterminatifs, l’aspiration est le fait de vouloir accomplir un objet, un but. C’est assez similaire à l’intention qui fait vouloir amener l’esprit vers tel ou tel objet. Ca peut entraîner la persévérance ou l’enthousiasme.
Le facteur mental d’appréciation est un facteur mental qui saisit l’objet, qui permet un rapprochement de l’objet par rapport à la conscience. Il y a une connotation un peu plus forte par rapport à la première qui est l’aspiration. C’est une conviction par rapport aux caractéristiques de l’objet, et c’est donc plus marqué.
La mémoire, le troisième de ces facteurs mentaux, évite à la conscience qui appréhende son objet d’oublier l’objet, de passer à un autre objet.
La concentration a une connotation plus poussée que la simple mémoire, que le simple souvenir, c’est la faculté qu’à l’esprit de pouvoir rester en un seul point par rapport à son objet. La fonction de ce facteur mental de concentration est de pouvoir faire naître la sagesse qui est le cinquième facteur mental déterminatif.
Ce facteur mental de sagesse, c’est une conscience qui appréhende son objet d’une manière correcte. C’est ce qui permet d’évacuer le doute afflictif.

Nous pouvons maintenant évoquer le sujet qui peut nous préoccuper de manière prépondérante dans la vie de tous les jours, les 11 facteurs mentaux vertueux :

- La confiance (dépa)
- Le sentiment de honte (ngotsa shépa)
- Le sentiment de respect par rapport aux autres (trel yeupa)
- L’absence d’attachement (ma tchakpa)
- L’absence d’aversion (shédang mépa)
- L’absence d’ignorance (timouk mépa)
- La persévérance (tseundrü)
- L’équilibre ou la souplesse (shintou djangwa)
- Le soin ou l’attention (pag yeupa)
- L’équanimité (tangnyom)
- La non-violence (nampar mitséwa)

Concernant le premier facteur mental vertueux, la confiance, on parle aussi parfois de foi, mais, contrairement à cette dernière, la confiance est d’une manière générale plus fondée sur la raison.

On parle de plusieurs types de confiance. (En mettant de côté la confiance inspirée) la première est la confiance d’aspiration. Nous aspirons à posséder les mêmes qualités que ceux envers qui nous avons confiance. La deuxième, fondée sur la raison est aussi importante. Ce sont ces deux types de confiance qui vont nous permettre de développer la vertu.

Vient le second facteur mental qui est le sentiment de honte. C’est un facteur mental positif car il nous permet d’éviter de commettre des actions négatives. Lorsqu’on sait qu’on commet une action négative on développe un sentiment de honte pour stopper cette activité négative.

Le troisième facteur mental vertueux, la considération, le respect envers les autres, est assez similaire au deuxième, le précédent. On évite de commettre des actions négatives par respect envers les autres et non plus seulement envers soi-même.

Vient ensuite l’absence d’attachement. D’une manière générale lorsqu’on a de l’attachement, on souhaite posséder l’objet de nos désirs. Là, au contraire, c’est un esprit qui se détourne d’un objet, c’est un esprit qui n’a pas d’attachement, qui est équanime par rapport à l’objet.

L’absence de haine, c’est l’absence d’aversion, un esprit qui ne souhaite pas blesser une personne ou détruire un objet.
Pour l’absence d’ignorance, sa fonction est de faire en sorte que l’esprit ne soit pas obscurci. On peut dire aussi absence d’obscurcissement mental.

La persévérance, ou nommée parfois « diligence », est le fait de souhaiter développer les qualités. On dit aussi que c’est l’enthousiasme à accomplir la vertu.

L’équilibre, qu’on peut aussi nommer agilité ou souplesse, possède deux aspects : l’équilibre corporel et l’équilibre de l’esprit. La définition de la souplesse est « ce qui est apte à accomplir » ce qu’il doit accomplir. Pour le corps il s’agit des activités habituelles telles que marcher, manger, avoir un corps en bonne santé, qui fonctionne bien. Pour ce qui est de l’esprit, cet équilibre peut naître de la méditation où il est plus facile d’abandonner les pensées inutiles, celles qui ne nous aident pas sur le chemin. Cet équilibre mental peut aussi nous permettre de savoir ce qu’il faut et ne faut pas accomplir, c’est-à-dire développer la vertu et abandonner les actions négatives.

Pour revenir à l’équilibre corporel, on voit souvent certaines pratiques spirituelles comme par exemple le Hatha yoga, où sont effectués les mouvements yoguiques ; or ce genre de pratique peut favoriser cette souplesse corporelle, ce qui est très bon pour le corps.
Le soin ou l’attention, évite de commettre des actions qui ne porteraient pas de fruits positifs.
L’équanimité est un facteur mental qui nous évite de nous sentir proche de certaines personnes qui nous sont agréables, et de nous sentir au contraire éloignés de certaines personnes qui pourraient nous être hostiles.
Le onzième facteur mental vertueux est la non-violence ou l’absence d’esprit hostile. C’est différent de l’absence de haine. Le premier est un facteur mental qui nous évite d’accomplir une action, tandis que la non-violence, en tibétain nampar mitséwa, plutôt que d’éviter de faire du mal, est plus une attitude portée vers le bien d’autrui.

Nous pouvons maintenant évoquer les facteurs mentaux négatifs principaux, ceux qui nous occupent d’une manière générale. Il s’agit de :

- L’attachement ou la saisie (deutchak)
- La haine ou l’aversion (khontro)
- L’orgueil (ngagyel)
- L’ignorance (marigpa)
- Le doute affligé, ou doute afflictif (téts’om)
- Les vues fausses, sources de souffrance (tawa nyeunmong tchèn)

Le premier de ces facteurs mentaux négatifs est l’attachement. Lorsque nous voyons un objet qui nous semble plaisant, d’une manière spontanée nous voulons nous en rapprocher, nous souhaitons posséder cet objet. Il y a différents types d’attachement, très nombreux : envers la nourriture, envers les vêtements, et des tas d’autres objets divers. Une fois que nous voyons ces objets, nous souhaitons les posséder, les saisir.

Concernant la haine, sa définition, exposée dans les traités de psychologie, évoque un esprit dénué de patience, un esprit qui souhaite blesser, une conscience qui souhaite détruire. La sensation que nous avons lorsque nous possédons ce facteur mental, est de voir les êtres comme des ennemis, et nous ne souhaitons donc pas qu’ils éprouvent le bonheur, qu’ils soient heureux.

L’orgueil est un facteur mental engendrant le fait que lorsqu’on a des possessions et une bonne situation, on se sent important ; ce facteur mental a pour fonction de nous empêcher d’avoir du respect ou de l’attention envers les autres.

L’ignorance (qu’on peut aussi appeler « ignorance fondamentale ») est un facteur mental qui nous fait voir les choses d’une manière erronée. La fonction de cette ignorance fondamentale est de faire naître les afflictions que sont les autres facteurs mentaux perturbateurs.

Passons au doute affligé. Il existe certaines formes de doute positif, mais celui-là est négatif. C’est le fait d’être incapable de choisir entre deux solutions opposées, et ceci est la définition même indiquée dans les traités. Il s’agit, par exemple, d’un facteur mental qui nous empêche d’accéder à une connaissance véritable de telle action qui serait vertueuse ou de telle autre qui serait négative. On n’arrive pas à choisir ce qui est bon pour nous-mêmes et pour les autres.
Les vues fausses sont des compréhensions erronées de la réalité ultime par exemple. Ces vues fausses sont distinctes en 5 classes et leurs fonctions et de faire naître la souffrance.

Nous allons évoquer de manière assez brève les 20 facteurs mentaux négatifs secondaires.
Donc, concernant ceux-ci nous avons :

- La colère, le fait d’être irritable, quand on a un peu le « sang chaud » (throwa)
- La rancune (keundzin)
- L’esprit de vengeance, ou l’hypocrisie (tchabpa)
- L’irritation (tsikpa)
- La jalousie (thrado’)
- L’avidité ou l’avarice (serna)
- La duplicité ou la prétention (gyou)
- Le fait de cacher les choses, la dissimulation (yo)
- La suffisance ou l’arrogance (gyagpa)
- Le fait de vouloir heurter les gens, la cruauté (nampar tséwa)
- L’absence de honte (ngotsa mépa)
- L’absence de soin (trel mépa)
- L’obscurcissement mental (mougpa)
- L’agitation (goeupa)
- L’absence de confiance (ma dépa)
- La paresse (lélô)
- L’absence d’attention ou négligence (pag mépa)
- L’oubli (djé niépa)
- l’indolence, ne pas être enthousiaste dans les actions (shéshin mayinpa)
- Le fait d’être volubile, de partir dans tous les sens, d’avoir l’esprit complètement dans la distraction (nampar yéngwa)

Pour ce qui est du premier facteur mental négatif secondaire, le fait d’être irritable ou susceptible, c’est vouloir commettre des actions négatives par le corps, sous le coup de la colère.

La rancœur est le fait de ne pas avoir de patience envers les autres, le fait d’avoir été heurté par exemple.

Le sentiment de revanche est le fait de souhaiter rendre la pareille à quelqu’un tout en cachant les choses, et en ne voulant pas montrer une action non-vertueuse, avec hypocrisie.

Vient ensuite l’irritation. Le premier facteur était le fait de vouloir heurter par le corps, là c’est d’abord et surtout avec la parole, de manière verbale.

Le sentiment de jalousie est le fait de ne pas supporter le bien ou la vertu des autres.

L’avarice ou l’avidité est le fait de ne pas souhaiter donner aux autres, de ne pas développer la générosité. C’est un sentiment de saisie ou d’attachement envers nos propres biens.

La duplicité ou la prétention est le fait de ne pas posséder certaines qualités et de vouloir en remontrer aux autres, par rapport à ces qualités supposées. C’est le fait d’être double, de mentir.

Le fait de vouloir cacher les choses est similaire à l’hypocrisie. La dissimulation revient donc garder secret en soi notre sentiment, nos fautes, etc.

Le facteur mental de suffisance est assez similaire à l’orgueil, car, bien qu’un peu moindre, elle nous empêche de considérer les autres, de faire attention aux autres.

L’absence de compassion ou la cruauté, est l’opposé même du dernier facteur mental vertueux qui est la non-violence. Notre esprit est ici porté à ne pas prendre soin des autres, ne pas leur éviter du mal, au contraire.

Concernant l’absence de honte, qu’on peut aussi qualifier d’ « indignité », elle élimine ce qui pourrait nous éviter de commettre des actions négatives, et c’est donc l’absence du sentiment de honte où nous nous sentons alors libres d’accomplir des actions négatives ou non-vertueuses pour nous-mêmes.

L’absence de considération est aussi similaire à l’absence de honte. C’est se sentir libre de commettre des actions négatives aux yeux des autres.

L’obscurcissement ou la torpeur est en fait une absence d’équilibre par rapport au corps. Nous avions parlé des facteurs mentaux vertueux donc la souplesse du corps et de l’esprit. Là, c’est son opposé qui empêche au corps et à l’esprit d’être aptes à accomplir des actions vertueuses.

L’agitation est le fait, pour l’esprit, d’être complètement perdu dans ses objets extérieurs.

L’absence de confiance est l’opposée direct de la confiance que nous avions parmi les facteurs mentaux vertueux. C’est une absence de confiance inspirée, de confiance raisonnée, etc.

La paresse est un facteur mental qui nous empêche d’avoir de la joie à accomplir la vertu.

L’absence d’attention, ou la négligence, est un facteur mental qui peut générer l’oubli, le fait de ne pas se souvenir de ce qui est bon pour nous-mêmes et pour les autres.

L’oubli est le fait d’oublier d’employer des antidotes lorsque l’esprit s’éloigne des vertus. Ce facteur mental ne concerne pas seulement l’un des 4 antidotes à la paresse en méditation par exemple, mais s’applique d’une manière générale à la vie de tous les jours.

L’absence de volonté pour accomplir quelque chose est un facteur mental qui nous empêche d’accomplir le bien des autres, il s’agit de l’indolence.

La distraction est le fait d’avoir l’esprit volubile qui n’est pas concentré sur ses objets.

Pour terminer cette classification selon la psychologie indo-tibétaine, nous avons les quatre facteurs mentaux variables :

- Le sommeil (nyi)
- Le regret (gyeupa)
- L’examen des choses, la compréhension générale (tokpa)
- L’analyse précise (tcheupa)

Ce sont des facteurs mentaux qui dépendent totalement de la motivation qui les précèdent. Par exemple si nous nous endormons avec une motivation vertueuse, notre sommeil lui-même sera vertueux, et l’inverse est vrai aussi avec une motivation négative.
Si nous regrettons une action positive notre regret est négatif, et si nous regrettons une action négative notre regret sera positif.
C’est la même chose pour le fait d’appréhender des concepts, si nous examinons quelque chose avec des concepts négatifs notre examen général sera négatif.

Et il en va de même pour l’analyse précise. Si nous analysons avec soin, avec précision, comment commettre un vol, cette analyse sera négative.
Une forme de définition du sommeil serait l’absence d’activité.
Ensuite, le regret est le fait de ne pas être content par rapport à ce qu’il s’est passé, à ce que l’on à fait.
En ce qui concerne l’appréhension, la compréhension des choses, c’est le fait que l’esprit examine un objet.
Finalement, l’analyse fait que l’esprit s’absorbe dans son objet de manière détaillée, il examine les détails de ses objets.
Une fois que cette explication détaillée de ces facteurs mentaux a été faite, il est bon de rappeler qu’au moment où les facteurs mentaux apparaissent dans l’esprit ils existent de manière difficilement dissociable. Ce n’est pas comme si on mettait de l’eau claire dans de l’eau claire. Là c’est impossible de différencier les deux. Mais c’est plutôt le fait de verser du lait dans de l’eau claire, et là il est possible de différencier les molécules d’eau et celles du lait. En philosophie on dit que les deux sont d’une même essence tout en ayant des opposés différents (tib. ngowo tchik la dogpa thadé). L’essence est la même, ils existent d’une manière concomitante, mais leurs identités sont différentes.

Il est donc important de connaître ces facteurs mentaux, savoir comment fonctionne notre propre esprit afin de pouvoir méditer sur ce qui peut l’aider à s’améliorer et évacuer ce qui le souille.

Questions/Réponses

Une fois que l’eau et le lait sont mélangés, comment faire pour retrouver l’eau pure ?

Oui, c’est en fait important de réfléchir à ce point. C’est un point essentiel.
Dans les enseignements bouddhistes on prend pour exemple l’image du Bodhisattva (c’est-à-dire l’être qui se destine à atteindre l’Eveil pour le bien de tous les êtres) qui prendrait la forme d’un cygne. On dit que ce cygne merveilleux est capable de boire le lait et de laisser l’eau dans le récipient.
La pratique même de la voie et justement d’évacuer les facteurs mentaux en employant des antidotes directs qui annihilent ces facteurs mentaux. A ce moment là l’esprit retrouve sa pureté naturelle.
Comment imiter le cygne qui boit le lait sans toucher à l’eau pure ? Il est pour cela important d’utiliser les techniques de méditation en employant les antidotes. Par exemple si notre esprit est de manière générale sous l’emprise du désir ou de l’attachement, on a coutume chez les bouddhistes et beaucoup chez les moines de voir par exemple le corps d’une femme tel qu’il est vraiment, c’est-à-dire du sang, des tripes, etc. Ca permet donc d’évacuer de manière assez puissante l’attachement envers le corps d’une femme. (Rires dans l’auditoire)
Et si on a de la colère, il est important d’employer l’antidote direct qui est la patience.

Pour un corps sain c’est entre guillemets « assez facile » d’appliquer tout cela, mais quand on souffre tous les jours chroniquement comment pourrait-on utiliser un antidote pour que la douleur devienne acceptable et supportable ?

C’est une très bonne question. Il est important d’analyser les choses. Lorsque nous avons des problèmes, des difficultés, on essaye de se poser la question : « d’où est-ce que ça vient ? », « est-ce que ça apparaît sans qu’il y ait des causes ? », etc. En analysant, les choses on se dit qu’en fait, la loi de causalité karmique est vraiment efficiente, effective. Dès qu’on a un problème on se dit que la cause accumulée dans le passé était une graine, et là le fruit advient. Une fois que le fruit advient la « graine est grillée ». Cela nous permet d’avoir déjà évacué un passé négatif.
On peut aussi utiliser la pratique de tong-lèn (en tibétain) qui signifie « donner et prendre ». Elle permet de se dire : « la souffrance que j’ai en ce moment, elle peut être le fruit de tous mes vœux altruistes du passé consistant à vouloir prendre la souffrance des êtres sur moi, et qu’ils soient eux-mêmes libérés des souffrances. Donc je leur offre tout mon bonheur ». Cela permet de donner un sens à notre souffrance. Une souffrance inutile est quelque chose de doublement douloureux, alors que si on donne un sens à notre souffrance, si on l’utilise sur le chemin pour pouvoir aider les autres, pour pouvoir soi-même trouver de l’espace, trouver de la paix, à ce moment-là on a déjà fait un grand pas.
Cette pratique de tonglèn, prendre sur soi les problèmes des autres et leur donner notre bonheur, permet aussi de réduire considérablement l’attachement, la saisie qu’on envers soi-même, envers notre propre identité, qui est la cause de tous nos problèmes.
On utilise donc cette souffrance actuelle pour atténuer la cause de toutes nos souffrances. C’est quelque chose de très puissant.

En parlant de souffrance, quand on a de la compassion pour les autres, qu’on voit la souffrance des autres et qu’on prend en soi ces souffrances. Emotionnellement, comment peut-on faire pour avoir cette compassion et ne pas souffrir soi-même ? Comment peut-on prendre par compassion sur soi sans souffrir ?

Oui, c’est assez délicat. Sa Sainteté le Dalaï Lama évoque beaucoup ce point. Il dit que lorsque notre motivation est profondément altruiste notre esprit trouve en lui-même un moteur très puissant. Ce n’est pas une compassion qui paralyse. C’est au contraire une énergie très puissante qui nous fait nous tourner vers le bien des êtres.
D’une manière générale on pratique tonglèn lorsqu’on est malade soi-même. Il y a déjà une souffrance, une maladie. On utilise cette souffrance pour lui donner un sens et on évolue dans un même temps sur le chemin, sur la voie. Lorsque nous allons bien, nous pouvons aussi pratiquer tonglèn en offrant notre bonheur et en prenant la souffrance des autres, mais nous ne la prenons pas réellement. Nous souhaitons prendre la souffrance des êtres, mais les êtres ont leur karma à subir d’une manière ou d’une autre, et nous ne pouvons pas prendre leur karma à leur place.
C’est une attitude intérieure qui fait évoluer sur la voie, et qui fera en sorte que notre esprit se détendra beaucoup parce qu’il sera moins concentré sur lui-même et sera plutôt tourné vers les autres.
Cette pratique de tonglèn, qui consiste à offrir notre bonheur et prendre la souffrance des êtres, est d’une manière générale plus facilement effectuée sur la base du souffle.
Lorsqu’on inspire, on pense qu’on inspire par notre narine droite toute la souffrance des êtres sous forme de nuages noirs, d’animaux venimeux, etc. Toutes ces maladies, ces souffrances, ces douleurs morales et physiques, nous les prenons sur nous et elles nettoient notre propre corps. Elles nous permettent de nous débarrasser de notre propre attachement, de notre propre saisie envers nous-mêmes. Nous évacuons ainsi toutes ces négativités. Et d’un autre côté, comme notre corps est pur, nous visualisons une lumière qui sort de notre narine gauche et s’unie dans le cœur de tous les êtres pour leur donner un bonheur infini.
C’est une façon de développer la vertu.
Dans un texte du XVIIème siècle, la Prière au Maître (Lama Tcheupa), il est dit : « Puissé-je pratiquer tonglèn sur la base du souffle (...) et considérer l’amour et la compassion de la manière la plus haute qui soit... » (tib. : tonglèn lung la kyeon pé thrul dék tchèn, djam dang nyingdjé lhakpé sam pa yi...). Cette attitude altruiste nous permet d’enrayer le cercle vicieux du samsara (cycle des existences conditionnées), et d’évacuer la cause de toutes ces existences conditionnées qui est l’attachement au soi, une conception erroné du soi.

On s’est éloigné un petit peu... puisqu’on parle de la compassion, ça sera le sujet de ce week-end. Geshe-la nous parlera samedi et dimanche de la compassion et de la sagesse.
Si vous avez d’autres vos questions sur le thème de ce soir c’est-à-dire les émotions...
Je ne voudrais pas que vous restiez perturbés à cause de ce que Geshe-la a dit à propos des femmes tout à l’heure. Sachez que Sa Sainteté le Dalaï Lama était à Nantes l’été dernier, et il a dit que s’il devait se réincarner, ce pourrait très bien être dans le corps d’une femme, et pourquoi pas celui d’une jolie femme !... Donc vous voyez que le bouddhisme n’est pas contre les femmes !
C’est pour cela que j’ai bien insisté pour dire que c’est surtout pratiqué chez les moines.
Effectivement, à Nantes, quelqu’un lui avait demandé s’il se réincarnerait en femme, et il a répondu : « More attractive !! » (« Elles sont plus séduisantes !! »).
De manière opposée, il en est de même pour les nonnes qui méditent sur le corps impur des hommes. C’est valable aussi dans cet autre sens.
Fondamentalement, les hommes et les femmes sont totalement identiques.
Geshe-la dit pour les femmes : Ne vous inquiétez pas, tout va bien ! C’est juste une pratique de méditation pour évacuer le désir. Et si on va trop loin dans cette pratique de méditation, on pourrait développer de l’aversion. C’est pour cela qu’il faut avoir un équilibre, un juste milieu entre les choses.
Il existe certaines pratiques où on se concentre sur le poil blanc enroulé sur la droite qu’avait le Bouddha entre les sourcils. On visualise une lumière qui s’étend jusqu’à l’univers infini. Et on finit par voir les choses d’une manière pure. Ces pratiques de méditation qui sont utilisées chez les moines le sont aussi chez les nonnes.
Fondamentalement, tous les êtres possèdent la nature de Bouddha. Il n’y a aucune différence.

Généralement, le plus important dans tout ce qui a pu être dit ici, c’est d’examiner nos actions et d’être quelqu’un de bien tout simplement, d’avoir un esprit bon, un bon continuum de conscience.
Il existe une maxime tibétaine qui dit que lorsque l’esprit est bon, tout autour est bon et on est heureux partout où l’on va. On peut aller plus loin en disant que si notre esprit est bon maintenant, dans la vie d’après nous aurons la chance inespérée d’avoir à nouveau un précieux corps humain grâce auquel nous pourrons pratiquer une voie spirituelle. Au contraire, si nous accumulons des actions négatives, les fruits seront vénéneux et apporteront la souffrance.
Il est donc très très important d’examiner l’esprit qui est le nôtre. Les choses extérieures en elles-mêmes ne sont ni positives ni négatives, c’est notre esprit qui rend les choses que nous vivons positives ou négatives.
Pour être heureux, pour demeurer soi-même dans le bien-être, il est important d’être une bonne personne.

Merci

Pèndé Tcheuling


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