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Laurence Flichy

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Galaxie formation : quelques repères

Cet article évoque les différents lieux de formation et analyse leur pédagogie propre

Par Laurence Flichy

Le terme « Formation » est aujourd’hui employé à toutes les sauces, et recouvre des réalités très diverses. Il est important de donner quelques points de repères dans le temps et dans l’espace : cet article évoque les différents lieux de formation et analyse leur pédagogie propre. Laurence Flichy a été 10 ans enseignante, 6 ans présidente d’une MJC et est maintenant chargée de formation dans une grande entreprise mondiale.

De quoi parle-t-on ?

Il est important avant tout de s’entendre sur une définition. Ici, nous appelons “ formation ” une situation (ou encore un système ou dispositif) qui permet d’apprendre, dans les deux sens du terme, c’est à dire d’acquérir et transmettre un/des savoirs, savoir-faire, savoir-être. Situation dont on peut décrire et analyser les éléments constitutifs ; (voir encart n°1 “ les éléments d’une situation de formation ».

Ainsi, la formation se joue dans 3 grands domaines :

1/ l’Education Nationale, avec l’école, qui dispense la formation initiale

2/ L’Education Populaire, avec le mouvement associatif, dans le domaine de la formation permanent

3/ La Formation Professionnelle Continue, avec ses organismes de formation.

Ils ont leur spécificité, leur logique, leur finalité, leurs enjeux et leur historique propres, ce qui détermine en bonne partie l’axe pédagogique principal qu’ils mettent en œuvre.

Les éléments d’une situation de formation la médiation en pédagogie : approche tripolaire

Une situation de formation se joue entre 3 éléments clés, 3 pôles d’un triangle :

La manière dont les relations se vivent et se jouent à l’intérieur de ce triangle est différente selon la représentation qu’ont les individus et les finalités des institutions. On privilégie souvent un axe par rapport à un autre, cela détermine des pédagogies différentes :

Privilégier l’axe Formateur-apprenant, c’est privilégier la relation avec l’apprenant, au risque de minimiser voire oublier le contenu à transmettre : pédagogie non directive.

Privilégier l’axe Formateur-Contenu revient à centrer son attention sur les connaissances à transmettre, au risque de négliger la relation avec l’apprenant : pédagogie de la transmission des savoirs, (plutôt directive)

Privilégier l’axe Contenu-Apprenant pose comme principe que l’apprenant construit lui-même son propre savoir. On minimise le rôle du formateur, voire l’estime inutile..

Or, pour qu’un trépied tienne debout, il faut qu’il soit solide sur ses 3 pieds.

Le formateur aura donc un rôle de médiation, de prise en compte et de mise en relation des différents éléments.

Sans oublier que tout acte de formation se situe dans un contexte, une organisation qui facilitent ou freinent l’action du formateur - médiateur.

EDUCATION NATIONALE :formation initiale,

Repères historiques :

1792 : Condorcet lance un plan d’organisation de l’instruction publique. C’est un rationaliste, républicain, confiant dans le progrès.

1793 : Danton, dans un discours prononcé à la convention nationale affirme “ Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple ”

1880/81 : Jules Ferry, ministre de l’instruction publique rend l’école primaire obligatoire, laïque et gratuite. Il étend l’enseignement secondaire d’état aux jeunes filles. C’est le début de ce qui est aujourd’hui l’institution de l’Education Nationale.

Enjeux et finalités :

Le principe de base sur lequel s’appuie Jules Ferry est : la démocratisation passe par l’éducation et l’instruction.

L’école obligatoire pour tous, c’est donc la possibilité donnée à chacun de s’instruire, d’apprendre les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter..).. C’est aussi donner les moyens de réfléchir et donc d’agir en citoyen responsable :

L’école laïque, c’est aussi, au départ et sur fond de séparation de l’Eglise et de l’Etat, sortir le peuple de l’empire de la religion, de la croyance. L’école est du côté de la Raison ; elle éduque aux valeurs républicaines Liberté, Egalité, Fraternité ; elle est le creuset où se mêlent les différences et où elles apprennent à vivre ensemble.

Pédagogie (lignes de fond) :

Au service de ces finalités, la pédagogie mise en place est directive, centrée sur le contenu à transmettre.

L’enseignement est de type magistral : le cours au travers duquel le professeur donne son savoir.

C’est la relation, maître-élève, professeur-élève de celui qui sait à celui qui ne sait pas.

L’élève reçoit le savoir, doit donc se taire et écouter ; il doit ensuite apprendre.

Le “ comment apprendre ” est de sa responsabilité d’élève. L’erreur est sanctionnée.

Qu’en est -il aujourd’hui ? Regard critique :

De tous temps des critiques se sont développées sur le système scolaire, les savoirs et les connaissances qui y sont enseignées, et sur la manière de les enseigner.

Aujourd’hui, ces critiques (ex Bourdieu) analysent notamment l’école comme un lieu où se reproduit et se maintient la hiérarchie sociale, où la hiérarchisation des savoirs ne fait que refléter la hiérarchisation des professions (ex : bacs généraux, bacs pro, BEP, aucun diplôme/ ingénieurs, employés, ouvriers...chômage). Alors, quel projet pour l’école ?

La pédagogie est mise en question et des courants de méthodes actives se développent (Freinet, Montessori) dès la première moitié du XIX° s. Elles restent aujourd’hui largement minoritaires. Pourquoi ?

Par ailleurs, la recherche pédagogique, aujourd’hui, tire profit du développement des sciences humaines et des sciences cognitives qui se penchent notamment sur les questions de la motivation, du “ comment apprend-on ? ” et donc de “ comment aider à apprendre ? ”. Cette recherche profite-t-elle à l’école ? Les difficultés personnelles des élèves (motivation, compréhension ou apprentissage) sont si peu prises en compte !

La faute aux enseignants ? trop facile : leur formation initiale et continue ne les y prépare pas beaucoup, le contexte de l’enseignement (classes nombreuses, violences dans les collèges...) rend la tâche difficile, et face aux difficultés qu’ils rencontrent, sur quel soutien peuvent-ils compter ? auprès de qui ?

EDUCATION POPULAIRE : Education, formation permanente

Repères historiques

1901

Loi qui donne la liberté d’association. Le fait associatif est un facteur important voire déterminant dans le développement de l’Education Populaire.

1929

Création des auberges de jeunesse par Marc Sangnier

1936

La semaine de 40 heures crée du temps pour les loisirs.

Léo Lagrange est nommé au sous secrétariat des loisirs et des sports. Il crée un conseil supérieur des sports où toutes les associations sont représentées et développe les auberges de jeunesse

1937

Création des CEMEA (Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Actives)

1944-1945

A la Libération, se développent des structures nouvelles pour continuer l’action culturelle entreprise dans les maquis de la résistance.

Jean Guéhénno est nommé, auprès du ministère de l’Education Nationale, “ directeur de la culture populaire et des mouvements de jeunesse ”, titre qui changera de nom plusieurs fois.

Création de la République des Jeunes, future Fédération Française des MJC (Maison des Jeunes et de la Culture)

Création des grandes associations comme Peuple et Culture, Tourisme et Travail, Francs et Franches Camarades.

De nombreuses initiatives culturelles avec des gens comme Jean VILAR

1948

La direction devient “ Direction générale de la jeunesse et des sports ” : le terme “ Education Populaire ” passe à la trappe ; trop subversif ?

Création de La Vie Nouvelle

1998

Débat lancé par Marie-George BUFFET sur l’Education Populaire dans toutes les régions : réhabilitation de l’éducation populaire ?

Enjeux et finalités

Principe de base : La culture appartient à tous, elle n’est pas la propriété des classes dominantes.

Démocratiser le pouvoir, c’est démocratiser le savoir

C’est la Culture au sens large, qui comprend aussi les sciences, les techniques, les sports, l’expression artistique...

C’est l’éducation qui ne vient pas d’en haut, qui se fait au sein des loisirs pour tous et par tous, de chacun par chacun,

C’est aussi l’apprentissage de la citoyenneté : art de réfléchir sur la politique, les institutions, par une pratique active. “ On est dans le noyau dur de l’Education Populaire quand on développe des valeurs en lien avec des pratiques ” (Olivier DOUARD, chercheur à l’INJEP)

Pédagogie (lignes de fond) :

La pédagogie, est donc basée sur la pratique, l’expérience, l’engagement. C’est, à l’école de la vie, apprendre en faisant.

Contrairement à l’Ecole, il n’y a pas de maître qui enseigne, on apprend par le partage et la confrontation des idées, s’il y a module de formation, c’est un animateur qui encadre, accompagne, explique. Mais il n’enseigne pas. L’erreur est source d’apprentissage.

C’est un champ d’investigation et d’expérimentation pédagogiques ou peut s’exercer la créativité.

Qu’en est -il aujourd’hui ? Regard critique :

Ce terme “ Education Populaire ”, à rapprocher du “ socioculturel ”, n’est-il pas devenu complètement ringard ? A-t-il encore une signification aujourd’hui ? L’éducation populaire est-elle encore une nécessité, alors que se développent des formes nouvelles de formation continue, ou initiale, par apprentissage par exemple ?

Le développement de la professionnalisation de l’animation, laisse-t-il place pour l’action des bénévoles ?

En réponse, quelques chiffres : plus de 700000 associations ; le bénévolat est chiffré en “ équivalent temps plein ” à 1 million d’emplois en 92 (études du CREDOC et de l’INSEE).

Beaucoup de ces associations participent de cette nébuleuse que représente l’Education Populaire, tissant ainsi du lien social, de la citoyenneté ; c’est un lieu essentiel où s’inventent et s’expérimentent de nouvelles pratiques (exemple : les Réseaux d’échanges réciproques de savoirs ).

Et les savoirs acquis là sont transposables : lors d’un bilan de compétences n’oubliez pas de décrire vos activités associatives

FORMATION PROFESSIONNELLE CONTINUE : éducation et formation permanente

Repères historiques

1959 Première loi sur la formation professionnelle : loi Debré

1971 Sous l’impulsion de Jacques DELORS, loi sur la formation professionnelle continue :

· Versement à un fonds de financement des actions de formations

· Création du Congé Individuel de Formation : le salarié peut demander à partir en formation à son initiative, l’employeur ne peut le lui refuser

1971-76 Création des GRETA (370) dans lesquels de nombreux formateurs viendront de l’éducation populaire.

Enjeux et finalités

D’après la loi, “ La formation professionnelle continue a pour objet de :

· permettre l’adaptation des travailleurs aux changements des techniques et des conditions de travail

· favoriser leur promotion sociale par l’accès aux différents niveaux de culture et de qualification professionnelle et leur contribution au développement culturel, économique et social ”

Dans la pratique, l’entreprise, avant tout pragmatique, vise la performance. Il lui faut des personnes compétentes dans tous les domaines (technique, résolution de problèmes, management, communication , animation de groupe…) capables de s’adapter, d’être autonomes.

Elle fait appel à la formation pour acquérir les savoirs, savoir-faire, savoir-être manquants, afin de créer les compétences dont elle a besoin.

Les budgets de formation sont très variables : dans certains grands groupes 8 à 10% de la masse salariale ne sont pas rares, d’autres utilisent tout juste les 1,1% obligatoires.

L’enjeu de la formation est donc de tenir compte des contraintes de l’entreprise (temps, rentabilité financière..) en même temps que des besoins de l’apprenant.

Pédagogie (lignes de fond) :

Toutes les formes de pédagogie peuvent se retrouver du directif au moins directif.

En fait, par souci d’efficacité, les entreprises utilisent, de plus en plus, des méthodes très interactives : situations-école proches des situations de travail pour faciliter l’application ensuite, séquences ludiques pour introduire de nouvelles notions, modules type “ apprendre à apprendre ” pour accompagner des programmes de requalification technique. L’expérience des personnes y est prise en compte

Pour former en interne des formations de formateurs se développent, qui apprennent à se centrer sur l’apprenant afin de lui faciliter l’apprentissage et la mise en pratique des acquis (le formateur = médiateur de savoirs).

Les sciences humaines sont présentes dans les formations de managers ou les formations à la communication.

Qu’en est -il aujourd’hui ? Regard critique :

Par ses contraintes et ses exigences, l’entreprise oblige à beaucoup de rigueur et de professionnalisme dans la mise en place des formations, et permet aussi des démarches pédagogiques novatrices

L’entreprise n’est pas philanthrope, cependant on y parle aussi d’intelligence collective, de créativité, d’entreprise apprenante, de développement des hommes et des femmes car, dans le contexte économique actuel, ce sont eux qui font la différence. La réussite de l’entreprise passe par le développement de leurs capacités. C’est une chance à saisir et exploiter, sans arrière pensée.

Mais, qui profite le plus des formations ? Tous au même niveau ? Quid des personnes qui ne peuvent pas s’adapter aux évolutions ? Et à tant parler de compétences, n’oublie-t-on pas la personne ?

Conclusion : Il serait vain de vouloir nier les différences entre ces 3 domaines, mais tout aussi sot de les opposer les uns aux autres. Les expériences des uns peuvent enrichir la pratique des autres à condition toute fois que le dialogue existe. Car enfin, la personne qui apprend, elle, ne se découpe pas, et ce qu’elle apprend d’un côté, elle peut le réinvestir d’un autre. Le personnalisme a sa place dans les 3.

Décembre 2000

La Vie Nouvelle
4 place de Valois
75001 Paris
Tél. : 01 55 35 36 46


http://www.globenet.org/lvn





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