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Damon Adams

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Foi et médecine

Par Damon Adams

Témoignages de quatre médecins recueillis par Damon Adams, pour American Medical Association News, 25 mars 2002

La séparation de l’église et de la médecine est une habitude pour beaucoup de praticiens, qui séparent leurs croyances religieuses et leur pratique professionnelle. D’autres - de traditions diverses - choisissent un chemin différent. Ils s’appuient sur leur spiritualité et l’intègrent à leur savoir médical pour améliorer le soin aux patients.

Dans la profession médicale, l’intérêt grandissant envers l’influence de la spiritualité sur la médecine a alimenté de nombreuses études examinant le rapport entre croyances religieuses et bonne santé. Ces dernières années, un nombre croissant d’écoles médicales a inauguré des cours sur le rapport entre religion et santé. "Le secteur médical s’intéresse de manière croissante à ce domaine. De nombreuses recherches montrent l’existence d’un lien entre les deux," dit Harold G. Koenig, médecin, auteur de 18 livres sur la religion et la santé, et directeur du Centre pour l’Etude de la Religion, la Spiritualité et la Santé à Duke University, en Caroline du Nord. "Ce n’est pas seulement une lubie."

Une bonne dose de foi, témoignage d’un médecin chrétien

Lorsque Dale A. Matthews, médecin, attrape son bloc d’ordonnances, il recommande quelquefois davantage que des médicaments pour soigner les maux d’un patient. Il se peut qu’il y griffonne des écritures religieuses, ou peut-être des paroles d’encouragement tirées du Nouveau Testament - une petite dose de foi pour aider à faire passer le médicament.

Puis, parfois, il penche la tête et prie pour la santé d’un patient dans la salle d’examen.

"Je considère que le spirituel aide le médical," dit le Dr Matthews, spécialiste en médecine interne à Washington, expliquant comment il se base sur ses convictions chrétiennes comme partie intégrante de son travail.

Ses convictions font réellement partie de son travail. Il donne des cours sur le lien entre la religion et la médecine. Il a écrit le livre Le facteur-foi : preuve du pouvoir de guérison de la prière.*

Il est co-auteur d’une étude qui a révélé une amélioration de la force de poigne et une réduction des gonflements chez des patients souffrant d’arthrite rhumatoïde ayant bénéficié de pratiques de prière. L’étude est parue dans le Southern Medical Journal en décembre 2000.

Certains patients s’adressent au Dr Matthews à cause de sa réputation et de ses croyances religieuses. Lors de ses premiers entretiens avec ses patients, le Dr Matthews est à l’écoute de ce qu’il appelle le discours de Dieu : lorsque les patients mentionnent des thèmes spirituels, Dieu, ou leur implication dans la vie religieuse. Il est également à l’écoute des demandes spirituelles : "Je suis attentif à la douleur spirituelle, et la douleur spirituelle ne peut pas être soignée avec de l’aspirine".

S’il détecte qu’un patient est relié à une tradition spirituelle, il se peut qu’il lui demande quelle église il fréquente, ou qu’il lui dise que les personnes qui pratiquent la prière sont en meilleure santé. « Tout comme le régime et l’exercice sont bons pour la santé, la prière est bonne », ajoute le Dr Matthews, dont les murs du bureau sont ornés d’une peinture de Jésus, d’un crucifix et de la prière du Notre-Père. La Bible figure parmi les livres sur son étagère.

Mais il n’insiste pas s’il sent qu’un patient n’est pas réceptif à la religion. "Il nous faut être prudents, ne pas offenser les gens ou leur rebattre les oreilles avec ça".

Envers ceux qui sont dévots, le Dr Matthews est direct. Le diacre d’une église qui vint le consulter, se plaignait de symptômes qui amenèrent son médecin à diagnostiquer une dépression. Le diacre déclara que les chrétiens ne peuvent pas être dépressifs, mais le Dr Matthews lui montra plusieurs figures de personnages bibliques tels David ou Jonas, qui souffraient de dépression. Il lui prescrivit du Prozac (hydrochloride de fluoxetine), mais le diacre se déroba jusqu’à ce que le Dr Matthews lui donne le détail de passages de la Bible mentionnant que les gens utilisaient des formes de médicaments. "Je l’ai encouragé à prier chaque fois qu’il prend une pilule, et ça a marché."

La compassion dans la pratique, témoignage d’un médecin bouddhiste

David R. Shlim, médecin, ne manifeste pas sa foi en partageant prières et écritures. La foi bouddhiste du Dr Shlim, ce médecin généraliste du Wyoming spécialisé dans la médecine du voyage, l’a rendu plus compatissant dans la manière dont il soigne ses patients.

Alors qu’il exerçait comme médecin bénévole au Népal, il entendit parler d’une clinique de Katmandou qui soignait les voyageurs et les autres. Il se rendit au Népal en 1983 et travailla dans cette clinique. Plus tard, il commença à soigner les moines d’un monastère, prolongeant souvent la visite pour boire un thé avec eux et bavarder.

C’est là que le docteur rencontra Chökyi Nyima Rinpoché, le lama tibétain qui dirige le monastère. La relation du Dr Shlim avec Rinpoché éveilla en lui un intérêt pour la philosophie bouddhiste. "J’étais plutôt un chercheur spirituel," dit-il. Le médecin découvrit rapidement que l’étude des concepts bouddhistes de compassion favorisait sa capacité de compassion envers ses patients.

"La pratique du bouddhisme a pour but d’augmenter la compassion", dit le Dr Shlim, qui a reçu une éducation juive. "Je suis devenu bouddhiste parce que ça m’aidait. En fait ça me faisait davantage ressembler au docteur que je rêvais être".

Etre compatissant signifie porter attention aux patients plutôt que de s’inquiéter du remboursement de feuilles de soin et autres problèmes. Les patients sont plus motivés pour suivre ses conseils médicaux s’ils sentent que le médecin y porte une véritable attention.

Le Dr Shlim, qui médite tous les jours, a réalisé que si ça marchait pour lui, ça pouvait marcher pour d’autres. Il a organisé la conférence "Médecine et Compassion" avec Chökyi Nyima Rinpotché en septembre 2000, à Jackson Hole, dans le Wyoming. Environ 60 médecins et infirmières y ont participé.

Cette année, du 27 au 30 juin, il a accueilli Chökyi Nyima Rinpotché lors de la conférence "Médecine et Sagesse" à Jackson Hole, et organisé des colloques entre les médecins et divers professionnels de la santé, sur les manières de développer les aspects de sagesse et de compassion dans la médecine. "Si vous êtes vraiment soucieux des patients que vous soignez, vous en prendrez plus grand soin."

La spiritualité dans la vie, témoignage d’une médecin musulmane

La plupart des patients savent que le Dr Nuzhat Abbasi est musulmane. Certains le savent parce qu’ils fréquentent la même mosquée qu’elle, en Floride du sud. D’autres le déduisent en voyant les prières écrites à la main en caractères arabes, ornant les murs du couloir qui mène à sa salle d’examen. Mais c’est l’un des rares indices extérieurs ayant trait à la foi du Dr Abbasi.

"Pour moi, il s’agit d’une chose subtile". Elle ne prêche ni ne tente de faire du prosélytisme envers ses patients, par rapport à l’Islam. Sa foi, au contraire, fait partie intégrante de ce qu’elle est, et conditionne sa pratique de la médecine.

"Cela me rend très forte", dit le Dr Abbasi, qui est née au Pakistan et pratique maintenant la médecine interne dans des cabinets de North Miami Beach et Cooper City, à l’ouest de Fort Lauderdale, en Floride. "J’ai confiance en ma religion, et je crois qu’Allah me donne de la force. Cela m’aide à aider le patient." Le Dr Abbasi commence sa journée en prière. "Chaque matin avant de partir travailler, je prie Allah de m’aider à rester vaillante et de me donner la force d’aider tout le monde de la même manière", dit-elle. C’est une partie des enseignements qu’elle reçoit de l’Islam et les prières accrochées aux murs de son cabinet lui rappellent ses engagements tout au long de la journée.

Confrontée à des situations difficiles, le Dr Abbasi prie parfois en silence pour faire le bon diagnostic et prescrire le traitement qui améliorera la condition d’un patient. Cette approche semble lui avoir réussi au cours de ses 21 années de pratique de la médecine.

"Les patients apprécient. Personne n’a jamais protesté."

Créer des liens, témoignage d’un médecin juif

Harold Solomon, médecin, dispose de nombreuses manières de se lier avec ses patients. Cela peut être en parlant de comédie avec un patient qui dirige un club de comédie, ou bien en parlant de sports. Le judaïsme joue un rôle aussi, car presque la moitié de ses patients sont juifs.

"Se rapprocher de quelqu’un en discutant de la question du judaïsme est un moyen qui me permet de me connecter avec mes patients", dit le Dr Solomon, spécialiste de médecine interne de Boston.

Son approche de la pratique médicale inclut les relations avec les patients hors de son cabinet, soit par les liens d’amitié, ou à l’occasion de dîners. Environ 30 ou 40 de ses patients fréquentent la synagogue à laquelle se rend le Dr Solomon une fois par mois.

Le judaïsme a aidé le Dr Solomon à construire ses valeurs, qui le soutiennent lorsqu’il doit faire face aux problèmes de fin de vie chez ses patients.

Une mourante, sa patiente depuis 15 ans, n’était pas allée à la synagogue depuis plusieurs années et ne voulait pas qu’un étranger s’occupe de ses funérailles. Elle a donc demandé au Dr Solomon d’être présent. "En fait j’ai officié en tant que rabbi à son enterrement. Au début, c’était difficile à prévoir parce que je ne savais pas ce que je faisais".

Les valeurs qui l’ont guidé au travers de cette expérience sont les mêmes qui le guident quotidiennement pour trouver le bon traitement pour chacun de ses patients, sans distinction de foi". "Souvenez-vous, votre joie dans la vie c’est de voir les gens se rétablir".


INFORMATION SUPPLEMENTAIRE :

La foi est-elle la meilleure médecine ?

Des études ont montré un lien important entre la médecine et la spiritualité, les personnes à l’esprit religieux ont de meilleures chances de vivre plus longtemps et d’être en meilleure santé que celles qui ne sont pas religieuses ; réciter le rosaire renforce la santé du cœur ; la prière réduit le stress.

Mais d’autres recherches contestent la relation entre la foi et ses conséquences sur la santé, amenant certains experts à s’interroger sur le rôle véritable de la spiritualité.

"Il n’existe aucune preuve d’aucune sorte que l’activité religieuse rapportée à l’aspect clinique puisse faire une différence. La plupart des études comportent de sérieuses irrégularités", dit Richard Sloan, titulaire d’un doctorat de médecine, chef du programme de médecine comportementale à l’université de Columbia, New York.

Il existe des soucis d’ordre éthique car un médecin pourrait imposer des croyances à ses patients, ou utiliser la religion pour influencer des décisions médicales sur des sujets tels que le contrôle des naissances.

"Les médecins n’ont pas d’expertise dans les sujets religieux, à moins qu’ils soient formés en tant que membres du clergé. Même s’ils l’étaient, les patients ne sont pas là pour des conseils ecclésiastiques", dit le Dr Sloan.

Environ 8% à 10% de l’ensemble des médecins ont recours à la spiritualité dans leur pratique - un chiffre qui a doublé au cours des 10 dernières années, dit Harold G. Koenig, "En général, les médecins ont tendance à être un peu moins religieux que leurs patients. Mais à cause de la recherche qui a commencé à apparaître, les docteurs y sont plus sensibles".

Les médecins se doivent d’être conscients qu’un patient peut souhaiter que la religion joue un rôle dans le soin médical.

* ou en anglais "The Faith Factor : Proof of the Healing Power of Prayer"






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