BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter Dalaï Lama

Autres textes
Enseignements du Karmapa (22-23 nov.) - Eric
Session Vipassana de l’ Ascension conduite par Stephen Batchelor et Martine Batchelor -
Son Eminence Namkha Drimed Rabjam Rinpoche enseigne a paris ( les 14 et 15 juin ), barcelone ( du 18 au 20 juin ), marseille ( les 21 et 22 juin ) -
Retraite de l’Ascension, guidée par Stephen et Martine Batchelor (30 avil-4 mai) -
Programme du centre Kalachakra (mai) -
Sesshin de printemps en Normandie dirigée par Luc Sojo Bordes (5 - 6 avril) - Eric
Drupchen de Vajrasattva guidé par Patrul Rinpoché (7-16 juin) -
Enseignements de S.E. Yongdzin Tenzin Namdak (25-26 oct.) - Eric
Le Dharma des contes (29 juin - 1 juil.) -
Journée d’Etude Interdisciplinaire sur la Pleine Conscience appliquée à la relation d’aide avec Christophe André, Thierry Janssen, Guido Bondolfi et Matthieu Ricard (26 sept.) -
Visite en Europe de Takloung Matrul Rinpotché (24-25 sept.) - Eric

IMPRIMER

Exposition Nonnes et résistantes

Elles se nomment Tenzin, Gyaltsen, Jamyang ou Yangzom. Les plus jeunes sont nées en exil, en Inde ou au Népal ; les autres ont traversé l’Himalaya, souvent au péril de leur vie. Jamyang, 48 ans, arrivée à Dharamsala en 2004 se souvient : « Marchant de nuit pour éviter les patrouilles chinoises, je suis arrivée les pieds gelés, je n’avais pas bu depuis quatre jours, j’ai cru que j’allais mourir ». Ville du nord de l’Inde, Dharamsala était un lieu de villégiature pour les colons britanniques. C’est devenu le siège du gouvernement tibétain en exil depuis que le Dalaï-lama s’y est installé en 1959, après avoir fui Lhassa, capitale du Tibet. Depuis, les réfugiés n’ont cessé d’y affluer : ils sont aujourd’hui 94000 en Inde.

Pour Tsewang Zangmo, à Shugsep depuis quatre ans, c’est encore le temps de l’innocence. Elle a neuf ans et court dans les allées du monastère, joue au badminton, en attendant la reprise des cours dans quelques jours. Issue d’une famille pauvre de la zone frontière entre le Népal et le Tibet, ses parents ont choisi de l’envoyer ici afin qu’elle puisse avoir une vie meilleure. Espiègle et sérieuse à la fois, elle y étudie le tibétain, l’anglais, les sciences et la philosophie. Elle choisira plus tard de rester nonne ou de redevenir laïque.

Tenzin Choeden, supérieure de ce monastère défile pendant ce temps dans les rues de Dharamsala pour commémorer le soulèvement des femmes tibétaines du 12 mars 1959. « On m’a interdit de retourner dans mon monastère après avoir manifesté pacifiquement à Lhassa en 1990, j’ai passé deux mois en prison ». Pudique, comme le sont généralement les tibétaines, Tenzin avoue que cela reste trop difficile d’en parler. Tsomo, sa traductrice, nous confie qu’elle garde de lourdes séquelles des séances de torture à l’électricité.

Gyaltsen Drölkar, l’une des « 14 nonnes chantantes de Drapchi » vit à Bruxelles et raconte ce douloureux parcours dans son livre L’insoumise de Lhassa* paru en 2011, « écrit par devoir de mémoire, parce que d’autres vivent aujourd’hui ce que j’ai moi-même vécu ».

Emprisonnées dans les années 90 au Tibet après avoir manifesté pacifiquement et crié « Vive le Tibet libre, longue vie au Dalaï-lama ! », les « 14 de Drapchi » se sont illustrées en enregistrant clandestinement des cassettes de chants jugés « révolutionnaires et séparatistes » par les Chinois ce qui leur a valu de cinq à neuf années d’emprisonnement supplémentaires. Phuntsok Nyindron, compagne de cellule de Gyaltsen raconte :

« À mon arrivée en prison, les gardes m’ont menottée dans le dos et tiré sur les bras jusqu’à ce que mes épaules se disloquent. Ils m’ont ensuite brûlé les mains et le visage avec des cigarettes. Ils nous battaient au visage tous les jours. Mais ce jour-là, ils m’ont accroché des fils électriques sur les doigts et m’ont électrocutée, tout en me battant avec des barres de métal. Ils m’ont laissée dans la cellule, inconsciente, sans me donner ni à boire ni à manger. »

Depuis mars 2009, au Tibet oriental, plus d’une centaine de moines, de nonnes et de laïcs ont tenté de s’immoler par le feu. Ani Sangay Dolma jeune moniale de 17 ans, est morte le 25 novembre 2012 après s’être immolée par le feu dans le comté de Rebkhong (Amdo). Elle a laissé un poème intitulé

il - (le Dalaï-lama) - est de retour. C’était la quatrième nonne à s’immoler ainsi.

« L’espoir est là, dit Gyaltsen dans un sourire, les choses peuvent changer car notre combat est juste, même si cela prendra du temps. Mais il nous faut plus que de la sympathie, il nous faut un vrai soutien » lâche-t-elle, dans un souffle soudain très grave.

*Gyaltsen Drölkar, l’Insoumise de Lhassa – Douze ans dans les prisons chinoises au Tibet, François Bourin Éditeur, 2011.

Texte / Dominique Butet

Biographie

Olivier Adam est né en 1969. Physicien normalien de formation, il s’est peu à peu tourné vers la photographie. Il est aujourd’hui photographe indépendant et enseigne à Paris au sein de l’école de photographie Auguste Renoir. Après un travail sur la danse et la soie khmère exposé en 2001 au Palais de l’Unesco à Paris, il se consacre depuis plusieurs années à la culture et au bouddhisme tibétains, en suivant notamment l’enseignement de Kalachakra que donne Sa Sainteté le Dalaï-lama régulièrement à travers le monde. De tradition humaniste, il travaille sur des sujets personnels, mêlant l’Homme et le Sacré, les rituels, l’univers féminin occupant toujours une grande place dans ses images. Il a collaboré avec Sofia Stril-Rever, Matthieu Ricard et Manuel Bauer à la réalisation du livre « Kalachakra : un mandala pour la Paix », publié en avril 2008 aux Editions de La Martinière ainsi qu’au livre « Dalaï-lama- Appel au monde » publié en mai 2011 aux éditions du Seuil. Il suit depuis 2008 le parcours des religieuses tibétaines en exil. Ce travail commencé dans cinq monastères situés près de Dharamsala, se poursuit dans la rencontre de nonnes ex-prisonnières politiques qui ont obtenu l’asile en Occident. Dakinis, cette série sur l’univers féminin bouddhiste, s’élargit désormais aux moniales de toutes les régions de l’Himalaya.

Tibetan Nuns Project

Le Tibetan Nuns Project (TNP) a été fondé il y a plus de 20 ans afin de fournir un enseignement de qualité et une aide humanitaire à des nonnes tibétaines réfugiées en Inde, ainsi qu’à celles originaires des régions himalayennes de l’Inde. Actuellement, TNP soutient, grâce a un programme de parrainage, six monastères autour de Dharamsala, ainsi que trois au Ladakh, au Spiti et au Zanskar, soit près de 700 nonnes au total.

C’est dans les années 1980 et sous les vifs encouragements de Sa Sainteté le Dalaï-lama, que l’Association des Femmes Tibétaines (Tibetan Women’s Association) a commencé à œuvrer pour les moniales. En 1991, un groupe de 66 nonnes réfugiées est arrivé à Dharamsala, au terme d’une longue marche de deux ans à travers l’Himalaya. Malades et épuisées, elles n’avaient nulle part où aller. L’Association des Femmes Tibétaines, présidée à l’époque par Rinchen Khando Choegyal, a mis en place une aide d’urgence pour répondre à leurs besoins de base, et lancé ainsi le Tibetan Nuns Project. Les actions se sont rapidement orientées vers la construction de logements, les soins médicaux et surtout l’éducation des nonnes.
L’objectif principal du TNP est d’aider les nonnes à parvenir à l’autonomie par le biais de l’éducation, du développement de leurs compétences et par la mise en place de projets générateurs de revenus. Il s’agit également d’œuvrer pour une plus grande reconnaissance des femmes dans le bouddhisme. Après des années de délibération, les nonnes de la tradition bouddhiste tibétaine ont obtenu, en mai dernier, le droit de recevoir le degré de Geshema, un diplôme équivalent à un doctorat en théologie, un niveau de reconnaissance académique précédemment ouvert uniquement aux moines tibétains.

Pour en savoir plus : www.tnp.org et www.tibetanwomen.org

Des tirages d’exposition des différentes oeuvres exposées ici ou présentées sur le site www.olivieradam.fr sont en vente. 50% des bénéfices seront reversés au Tibetan Nuns Project.

Contact :
mél : olivier.adam@club-internet.fr
tél : 06 84 22 35 24
website : www.olivieradam.fr




Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling