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Annie Jeanneret

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Entretien avec soeur Emmanuelle

Soeur Emmanuelle s’exprime sur le sens de la vie, la souffrance et la mort. "Si tu veux vivre, tu dois aimer", dit-elle.

Par Annie Jeanneret

Annie Jeanneret.- Vous avez dit, un jour, aimer beaucoup cette phrase d’un poète persan du Ville siècle, Shiab Istari : "Fends le coeur de l’homme, tu y trouveras un soleil !"

Soeur Emmanuelle.- J’aime en effet beaucoup cette phrase, car elle s’applique très exactement à ce que je vois autour de moi. Il est étonnant, voyez-vous, d’être en relation avec des femmes, des hommes, des jeunes, des enfants, et de voir à quel point le soleil fuse dès qu’on arrive à entrer plus profondément, préci-sément, dans le coeur de ces gens-Ià. Il suffit de faire un petit trou, une petite fente et, tout de suite, le rayon de soleil apparaît !

Le sourire n’est-il pas lui aussi l’une de ces « petites fentes » ?

Exactement ! Chaque année, lorsque j’envoie des calendriers, j’écris au-dessus une petite phrase, comme : "Donne chaque jour ton sourire !"

Et Dieu sait que vous donnez généreusement le vôtre, avec tout l’amour et l’écoute qu’il exprime... Mais derrière ce sourire, cette joie de vivre, quel est le fond de votre caractère ? Et est-ce le fait d’être religieuse, d’avoir la foi et d’avoir mené cette vie consacrée totalement aux autres, qui vous permet d’être apparemment dénuée de défauts ?

Dénuée de défauts ? Oh non, pas du tout ! J’en ai des tas, naturellement, et je ne suis pas du tout une sainte âme, moi ! Comment vous expliquer ? Je connais des personnes vertueuses, que j’admire beaucoup : où qu’elles soient et quoi qu’elles fassent, elles y mettent toujours, précisément, un cachet de vertu admirable. N’oublions pas que virtus, en latin, veut dire « force » !

Moi, je ne suis pas du tout comme ça ! Quant à ma joie de vivre, je crois que c’est l’amour -l’amour du Christ -, cette relation que Dieu m’a permis d’avoir avec Lui, avec ce Fils bien-aimé, depuis l’âge de douze ans, qui me porte. C’est une relation quotidienne, une méditation sur l’Evangile, sur des passages de la Bible, des grands prophètes (Hoshé, par exemple, prophète de l’amour), qui m’ont fait comprendre le sens de la vie : si tu veux vivre, tu dois aimer !

Il n’y a pas de problème  ! Le seul problème, c’est. . . aimer ! Nous connaissons tous, par exemple, des femmes qui passent des heures et des heures, des nuits entières, auprès d’un être cher, mangeant et dormant à peine : et elles tiennent le coup ! Pourquoi ? Parce qu’elles aiment ! Comme il est dit dans L’Imitation de Jésus-Christ : « L’amour court, vole, ne s’arrête à rien, n’est jamais fatigué. » Pourquoi ? Parce qu’il possède en lui une force, un souffle qui l’emporte : c’est son moteur !

Pendant de longues années, vous avez mené, au Caire, avec vos chers chiffonniers, une vie plus que spartiate, au milieu des ordures, des insectes, des rats : est-ce l’amour qui est en vous et que vous leur apportiez, qui vous y a aidée ?

Remettons ce passé au présent, si vous le voulez bien, car cette longue partie de ma vie passée avec mes chiffonniers est en moi, toujours si présente. Vous dites que je leur ai apporté, que je leur apporte l’amour ? Mais eux aussi, ils m’apportent l’amour ! C’est un va-et-vient : il n’y a pas que moi qui aime, je suis aimée !

C’est précisément cette relation d’amitié toute simple mais quotidienne qui fait que la partie matérielle m’intéresse beaucoup moins. Des rats ? C’est évident : avec les rats, nous dormons presque ensemble ! Une fois, je me suis réveillée et je me suis aperçue qu’un rat... avait dormi avec moi ! Il avait même laissé sa carte de visite, sous forme de petites crottes, et il avait eu faim, le pauvre (ce qui est étonnant, car ils sont bien nourris, chez nous, avec toutes ces ordures !). Alors, il avait mangé un petit bout du drap de mon lit. Eh bien, ce n’est pas un drame !

Après quoi, je me lève, je vais voir mes sœurs chiffonnières, nous nous asseyons par terre, au milieu des ordures : pas de problème ! Et fraternellement, nous buvons ensemble un verre de thé. J’écoute leurs difficultés, elles me racontent comment elles ont été battues, la veille, par un mari qui avait bu cet alcool frelaté, épouvantable, et combien il ne savait plus ce qu’il faisait. . .

Alors vous pensez bien que l’histoire de mon rat-qui-m’a-Iaissé—quelques-crottes-comme-carte-de-visite devient tout à coup risible, sans importance !

Risible, dérisoire, en effet... Mais notre vie ne nous apparaît-elle pas, bien souvent, à la fois dérisoire, à l’image de ces petites visites de rats, et primordiale, comme le laisse entendre saint Augustin, que vous aimez citer ?

C’est un petit enfant qui, sur une plage, essaie de « verser la mer », dans un trou creusé dans le sable, en utilisant un simple coquillage. Vous nous confiez alors : « Je suis comme ce petit enfant. Saint Augustin y voyait le symbole du cerveau de l’homme, incapable, quels que soient ses efforts, de contenir l’immensité de Dieu. C’est vrai, mais j’y vois aussi le symbole de l’océan de la misère humaine, que nous n’arriverons jamais à écoper complètement. Mais, comme ce petit enfant, je continuerai, jusqu’à ma mort, à offrir mon coquillage pour y transvaser quelques gouttes et sauver les pauvres de la marée ! »

Je ne me rappelais pas avoir dit cela ! Ce n’est pas mal, en effet ! Mais, et pour être plus sérieuse... c’est cela, évidemment ! C’est un problème terrible que cet océan de souffrance, de misère, de mort, que j’ai rencontré au Liban, en Egypte -un peu moins en Egypte qu’ailleurs, car on n’y meurt pas de faim, bien que la vie y soit très dure -, et il est vrai qu’on se sent impuissant.

Mais je crois en Dieu, et si je n’y croyais pas, si je ne croyais pas que Dieu est amour, et que Dieu a un faible pour les pauvres, pour ceux qui souffrent, si je ne croyais pas possible, après ce combat qui doit être le plus dur, de marcher avec eux, debout, dans la vie (même si nous n’arrivons pas à être tous debout comme je voudrais que tous le soient). . . alors je ne croirais pas non plus qu’il y ait une autre justice. Eh bien, j’y crois, à cette autre justice, et je crois qu’il y a une autre vie et que le Vendredi saint prépare Pâques !

Vous êtes religieuse, vous êtes une femme de foi, mais nous n’oublions pas que vous avez été professeur de philosophie, que vous êtes aussi une intellectuelle et que vous avez le sens, l’art, des formules claires et poétiques. Permettez-nous de citer cette définition que vous donnez du mot vivre  : « Vivre, c’est avoir une double relation : verticale, vers Dieu, horizontale, avec les hommes, nos frères.

Vivre, ce n’est pas cheminer tout seul, c’est progresser en cordée. La vie, c’est ce va-et-vient de mains qui se tendent, qui se serrent, qui s’agrippent, cet échange de regards, de paroles, de sourires, d’appels, de cris, qui créent entre les hommes des liens d’une solidité incomparable : cette sorte de respiration collective, ce souffle qui passe d’une bouche à une autre bouche, cette force qui passe d’un coeur à un autre coeur. »

Oui, en effet, je crois que c’est la relation qui fait la vie ! Nous vivons (je continue à parler au présent, vous voyez !) beaucoup plus chez les chiffonniers que dans nos grandes villes d’Europe, où les individus marchent côte à côte parfois sans même se regarder, sans s’écouter, sans se sourire, dans les métros ou dans les trains. . .

Chez nous, ce n’est pas possible ! D’abord, nos maisons ne sont pas de beaux immeubles mais de pauvres cabanes de tôle, évidemment les unes à côté des autres, et l’on entend presque tout ce qui se passe d’une cabane à l’autre, les portes étant toujours ouvertes.

Nous avons donc une relation constante, et c’est ce regard, cette écoute, ce sourire, cette main qui se tend, ces pas les uns à côté des autres (non pas en solitaires mais en cordée), c’est tout cela -parce que c’est cela, l’homme- qui fait que nos chiffonniers sont plus heureux dans leurs bidonvilles misérables, au milieu des ordures, des porcs, des rats, que les gens qui habitent les plus beaux immeubles de Paris, de Londres ou de Washington !

On peut donc être heureux dans des conditions aussi misérables ?

Oui, je le crois sincèrement ! Car enfin, qu’est-ce, pour l’homme, que le bonheur ? Ce n’est pas le plaisir, ce n’est pas de manger des choses excellentes, d’être toujours par monts et par vaux pour aller s’amuser à droite et à gauche, danser, etc. Tout cela n’est pas mal, bien sûr, mais ne remplit pas le coeur de l’homme. On assouvit pour un moment quelques instincts naturels, normaux, qui n’ont pas à être critiqués, par le fait... Mais après ? Après, il y a toujours ce même vide, ce tonneau des Danaïdes qui est percé par son fond : vous pouvez y verser tous les plaisirs du monde, votre tonneau restera toujours vide !

Chez nous, au contraire, nous avons gardé le sens de la famille. Chez nous, on se marie encore et on a des enfants (et même parfois trop, malheureusement, mais c’est une autre affaire), et cette relation d’amour et d’amitié, qui est le substrat de la vie quotidienne, donne à celle-ci une saveur que l’on a beaucoup perdue en Europe et en Amérique !

Vous avez longtemps consacré votre vie à résoudre ces problèmes quotidiens de la misère, oubliant que vous étiez aussi une intellectuelle. Vous avez même brûlé vos cahiers sur lesquels vous notiez vos réflexions philosophiques ou poétiques. Pourtant, vous avez gardé précieusement une lettre à Marguerite Yourcenar, qui éclaire bien votre pensée pour ceux qui vous considèrent essentiellement comme une femme d’action.

C’était en 1979 et voici ce que je lui disais.

Ma chère Marguerite,

Si, durant ma vie de professeur de lettres, j’ai toujours beaucoup lu, depuis ces années de partage avec les chiffonniers, je ne me sens plus le devoir de me tenir au courant de la littérature moderne : ma vie auprès de mes frères du bidonville est tellement enrichissante qu’elle est même arrivée à atténuer mon goût passionné de la lecture.

Mais votre livre -qui m’a été donné par un jeune ami, BenoÎt Lambert-, ma chère Marguerite, a été pour moi un mets de choix que j’ai savouré, le lisant et le relisant sans me lasser, ouvrant parfois une page au hasard et m’enchantant de la phrase balancée, des termes faisant saillir l’objet et jaillir la pensée jusqu’à sa profondeur la plus secrète.

J’ai lu tout genre d’ouvrages depuis une cinquantaine d’années : littérature, philosophie, arts et sciences, religion et théologie, que j’analysais dans des milliers de pages. Mais aucun ne m’a apporté un tel enrichissement par l’analyse de la matière et du déroulement - je voudrais même dire de l’enroulement de la pensée, escalier en spirale qui s’enfonce de plus en plus loin dans L’Inconnaissable du Philosophe de Rembrandt.

Vous avez conçu l’ébauche de Zénon, dites-vous, dans votre jeunesse. Mais chaque page porte maintenant la frappe d’une synthèse de connaissances et d’une philosophie de l’Homme qu’on ne peut réaliser que dans l’âge mûr. Cette magistrale recherche de Zénon rejoint le mythe de Prométhée, de Sisyphe : l’humanité qui reprend à chaque siècle le tragique destin -avec une psychologie inégalée par la Genèse. La Genèse : si vous mangez du fruit de l’arbre de la science du Bien et du Mal, vous serez comme des dieux I Ils en mangèrent et se virent nus. Et l’ange les chassa du Paradis. Sous ces symboles, toute l’histoire de Zénon et de tant d’autres. Et la mort entra dans le Monde. . . Ce qui manque, disait Bergson (je l’avais au programme de Sorbonne, avec Pascal et Descartes), c’est un « supplément d’âme »...

Marguerite Yourcenar vous a répondu et l’on sait qu’elle parlait de vous avec beaucoup d’estime, et même d’admiration. Cet échange ne s’est-il fait que par correspondance ?

Oui, car je n’ai jamais eu l’honneur de la rencontrer. Elle m’a parlé de cette « angoisse grandissante devant le désarroi à peu près irrémédiable du monde et de la capacité de l’homme à infliger la souffrance à tout ce qui vit, y compris, d’ailleurs, à soi—même » et elle a ajouté : « ... Votre réussite à rebours, triomphalement détachée des conventions, qui semble avoir été votre vie : j’admire les renonçants, qui du reste ne renoncent à rien, car ils savent le peu de prix de ce qu’ils ont quitté ! »

Marguerite, évidemment, était très profonde, et nous pouvions nous comprendre : sa recherche a toujours été du côté de ce qu’il y a de plus authentique dans le coeur de l’homme. Peut-être cette recherche ne l’a-t-elle pas amenée jusqu’au dépassement total de tout ce qui est philosophie, intellectualisme.

Comme disait Pascal, il faut s’abêtir parfois, pour trouver Dieu, car notre intelligence est trop remplie de tout ce que nous y mettons lorsque nous nous cherchons nous-mêmes ! Nous voilà de retour à saint Augustin ! C’est l’océan de Dieu, que nous ne pouvons pas faire entrer dans la coquille de notre cerveau. Et c’est là que les plus grandes intelligences de notre siècle ont peut-être une connaissance de l’homme, et une connaissance de Dieu, bien moindre que celle de certains de nos chifonniers !

À propos de vos chiffonniers, justement, Marguerite Yourcenar ajoutait : « Je me demande s’ils ne vous ont pas prouvé l’immuabilité de la nature humaine, pareille, en somme, à celle que vous aviez laissée derrière vous en France et à l’Université, avec, peut-être, quelques clichés de moins ! »

Elle a vu tout à fait juste : j’ai été tellement enrichie par cette relation quotidienne avec mes soeurs et mes frères du bidonville ! Je crois qu’ils m’ont plus appris et plus donné que j’ai pu, moi, leur apprendre et leur donner. . .

Vous avez noté au cours de ces années quelques réflexions, peu nombreuses il est vrai, mais pour nous si frappantes. Parmi elles : « L’âme aspire de plus en plus vers l’autre rivage et la terre s’estompe », et surtout « J’ai perdu l’Avoir, j’ai gagné l’Etre. »

Il est vrai que j’ai dû être très active pour marcher avec mes frères et mes soeurs, mais j’ai toujours pris un temps de silence dans la journée ; car la règle religieuse de Notre-Dame-de-Sion me demande de rester chaque jour, pendant une heure, en silence, en méditation, en relation directe avec Dieu. Relation qui est aussi directe, bien sûr, avec ces frères et ces soeurs. Quand on aime, en effet, on a besoin de temps en temps de rester en silence seule avec celui qu’on aime. Alors, je suis avec le Christ, je suis avec le Père, sous le souffle de l’Esprit, avec la Vierge. Cette heure quotidienne m’est d’un prix incomparable parce qu’elle est ma source (avec l’eucharistie quotidienne vers laquelle je vais depuis l’âge de douze ans), et c’est cela qui me permet chaque fois de rebondir, d’être de nouveau remplie de cet amour du Seigneur pour mes frères et mes soeurs.

De plus, chaque année, je me suis toujours réservé quelques jours de totale solitude. Quant au dimanche matin, je l’ai toujours consacré à l’approfondissement de la Bible.

Tout cela, c’est la vie, c’est vivre !

Qu’est-ce alors que mourir, pour vous ?

Pour moi, vivre et mourir sont les deux aspects d’une seule réalité car, comme je vous le disais au début de notre entretien : « Le Vendredi saint prépare l’éclatement de Pâques », et c’est parce que le Christ est mort qu’il a pu ressusciter !

Mais croyez-vous qu’il y ait également autre chose après la mort, pour chacun d’entre nous ?

Je crois, je suis sûre, qu’il y a autre chose ! Je crois à la résurrection de la chair et je crois à la vie éternelle. Et je suis sûre que nous ne sommes pas des bêtes que l’on jette dans un trou avec de la terre par-dessus ni, comme dit Pascal, que « la comédie est finie » !

Pensez-vous souvent à la mort et à la vie éternelle ?

J’ai accroché au mur la reproduction d’une toile de Fra Angelico que je regarde chaque soir avant de m’endormir. C’est La Ronde des élus, une des peintures que j’aime le plus. On y voit, autour d’une prairie émaillée de fleurs multicolores, un ange et un homme qui dansent ensemble. Ils font une ronde, et cette ronde se dirige vers les hauteurs. Vers la fin de la ronde, un homme et un ange entrent dans un rai de lumière : ils montent vers la lumière de Dieu, la lumière éternelle, la seule qui n’ait jamais de couchant.

Cette ronde, qui semble représenter la mort, c’est aussi le symbole de la vie ?

Mais oui ! Cette ronde, c’est la vie ! Et je suis vraiment persuadée que la vie est une danse ! Parfois, comme au Moyen-Âge, c’est « la danse macabre », c’est vrai. . . II y a la douleur et la misère -vous en avez parlé-, il y a la souffrance.

Mais cette danse avance, elle monte, et nous dansons, nous montons en cordée, hommes avec les hommes, anges avec les hommes. Car les anges nous aident, j’y crois profondément, et je sais que j’ai moi-même un ange qui m’aide, chaque jour, à aimer.

Dans cette peinture de Fra Angelico sont ainsi mêlés la vie, la mort, l’amour et surtout la lumière-symbole ?

La Ronde des élus est toujours, pour moi, une lumière, en effet ! Et je me dis : voilà, j’arrive à la fin de ma vie, donc la ronde va se terminer. . . Dans un sens, je vais lâcher la main de mes soeurs et de mes frères qui sont sur la terre, mais pour quoi vais-je la lâcher ? Je pars dans la lumière, je pars en éclaireuse ! Je pars pour continuer à les aimer, dans la lumière du Seigneur. Je pars donc en continuant à les aimer. Car, dit la Bible : l’amour est plus fort que la mort

et les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour.

Association LES AMIS DE SOEUR EMMANUELLE, 26, boulevard de Strasbourg, 75010 PARIS

Interview extraite du livre Partager l’essentiel , publiée avec l’aimable autorisation des éditions Dangles.

Mai 1999






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