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Développement du bouddhisme ésotérique

Nagarjuna, s’inspira de son ancienne religion, le brahmanisme pour incorporer au bouddhisme un fond magico-religieux.

Par Thierry Mollandin

Vers le 2ème ou 3ème siècle , les grands intellectuels et méditants du bouddhisme se regroupèrent principalement autour du monastère de Nalanda.

Parmi ces religieux, un ancien brahmane, converti au bouddhisme joua le rôle fondateur. Nagarjuna, s’inspira de son ancienne religion, le brahmanisme pour incorporer au bouddhisme un fond magico-religieux. Dans l’Inde védique, la répétition de certains sons sacrés était une pratique courante pour obtenir des Dieux, prospérité, santé, puissance ou descendance nombreuse. Le bouddha Shakyamouni s’était opposé à ces pratiques qui relevaient plus de la magie et de la superstition que de la spiritualité.

Cependant quand le grand véhicule se développa, aspirant à sauver par compassion tous les êtres, le fond magique indien resurgit dans le développement du bouddhisme tantrique. Les moines assimilèrent un certain nombre des divinités de l’Inde, en les bouddhisant constituant un panthéon qui s’enrichit progressivement. L’usage de la puissance du verbe, devint le moyen privilégié pour connaître l’Absolu. Quand les grands méditants du bouddhisme atteignirent des degrés très profonds de Samadhi, d’absorption mentale, ils entendirent des sons intérieurs, qui correspondaient à

l’énergie de ces plans de conscience. Ces syllabes germe n’avaient pas forcément un sens sur le plan matériel, mais elles exprimaient une vérité spirituelle profonde. Ce qui leur fit dire que c’était la voix du bouddha qui exprimait des vérités suprarationnelles.

Ils forgèrent alors des formules fondées sur la puissance du verbe pour retrouver par résonance ces mêmes états spirituels et les transmettre a d’autres. Ils appelèrent cette voix le véhicule de diamant, Vajrayana, car il donnait directement l’illumination des bouddhas. Leur enseignement, les Tantra, révélait des vérités de plus en plus subtiles sur la nature ultime de l’esprit de l’homme et de l’univers, l’un étant le reflet de l’autre et s’influençant mutuellement.

En dernière analyse les Tantras affirmaient que tout retentit sur l’un et l’un sur le tout, interconnectés d’une manière subtile. C’est sans doute cette idée qui est à l’origine du mot Tantra qui possède plusieurs sens. Il signifie "le lien ou la trame d’un tissu", sans doute parce qu’il décrit la trame de l’univers, la nature de l’énergie qui est derrière chaque phénomène mais aussi parce que dans cette voie, le lien initiatique de maître à disciple est essentiel pour recevoir l’influence spirituelle.

Il y avait en Inde a cette époque, de nombreuses écoles bouddhistes, mais elle se réduisaient finalement a deux principales, l’école du milieu "Madhyamika" et le Yoga. Parmi cette dernière l’école de la méditation des trois mystères "Traiguya Yoga" enseignait comment s’unir à l’univers tout entier, et ainsi manifester rapidement l’éveil, autrement dit l’état de bouddha. Cette école s’appuyait principalement sur deux texte Mahavairocana soutra et le Sarvatathagatatattvasamgraha soutra, à l’origine des deux principaux mandalas celui de la matrice et celui du vajra. C’est cet enseignement transmis en Chine dès le VI siècle puis au japon qui allait donner le Shingon.

Janvier 2001

Bouddh@rama


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