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Deux aspects du sentiment religieux

« L’Ouest est l’Ouest, l’Est est l’Est, et ils ne se rencontreront jamais », écrivait Kipling, né à Bombay et élevé en Inde. Il faudrait se demander si les dichotomies ne sont pas trompeuses par nature.

Par Alain Bavelier

Revue de psychologie de la Motivation. 1998 N° 26

Mais n’essayez pas de mesurer l’incom-mensurable avec des paroles, pas plus que de plonger la corde de la pensée dans l’impéné-trable : celui qui interroge se trompe, celui qui répond se trompe

Bouddha

« L’Ouest est l’Ouest, l’Est est l’Est, et ils ne se rencontreront jamais », écrivait Kipling, né à Bombay et élevé en Inde.

Il faudrait se demander si les dichotomies ne sont pas trompeuses par nature. Dans la réalité, il n’y a pas de césure nette entre l’Orient et l’Occident, pas plus qu’entre la bourgeoisie et le prolétariat, l’homme et la femme, le Bien et le Mal. Où commence l’Orient : au milieu du Bosphore ? en Égypte, voire en Algérie ou dans les Balkans ? L’Orient, est-ce l’Inde des castes, le Japon des samouraïs ou la Chine des mandarins ? Et qui, des Latins ou des Anglo-saxons, représentera l’Occident ?

Pourtant de telles dichotomies sont inévitables, en tant que symboles imagés traduisant certaines attitudes psychiques complémentaires que tout homme porte en lui-même.

Il se pourrait ainsi que l’opposition Orient-Occident recouvre entre autres deux aspects essentiels du sentiment religieux inhérents à la nature humaine mais assez inégalement partagés entre l’Orient et l’Occident : le sentiment du mystère et l’exigence éthique.

Le sentiment du mystère

Le sentiment religieux procède — en le dépassant — d’une sorte de jugement global que tout être porte instinctivement sur la vie. La vie et le monde sont tantôt perçus comme favorables à la satisfaction de nos désirs, c’est-à-dire comme bienveillants à notre égard ; nous avons alors confiance dans le monde, nous nous sentons en accord avec lui. Tantôt au contraire ils sont perçus comme défavorables et hostiles, et nous commençons à nous angoisser, voyant là le signe de quelque condamnation. Confiance et effroi alternent : effroi parce que le monde n’est jamais entièrement disponible pour la satisfaction de nos désirs, même les plus nécessaires ; confiance parce que le monde se révèle néanmoins adapté à la satisfaction des désirs humains. Des accidents particuliers de la vie résulte nécessairement une vision d’ensemble sur celle-ci. L’imagination humaine crée à partir de ce sentiment l’image d’une force supérieure qui mène le monde, la "force des choses", la "force du destin", et qui dépasse toute possibilité de réplique.

Le sentiment religieux, c’est-à-dire le sentiment de dépendance à l’égard d’une force mystérieuse, n’est pas, contrairement à une idée répandue, un sentiment rare et élevé, une sorte d’illumination fugitive qui entrebâillerait la porte d’un monde surnaturel mais au contraire le sentiment le plus naturel : la perception complète de la réalité dans toute sa vérité et sa profondeur. Tout ce qui existe a un aspect mystérieux, est relié (religare : relier) à la totalité de ce qui est : au Tout. Et ce Tout est aussi mystérieux dans sa nature que dans son origine. Cette table sur laquelle je suis appuyé a un aspect modal et explicable : elle est là pour remplir une certaine fonction (me caler les coudes et supporter mes papiers) ; elle vient d’un arbre qu’on a coupé et dont on a façonné le bois. Cet arbre venait lui-même d’une graine : d’un organisme vivant doué de la propriété très naturelle, mais très étonnante si l’on y réfléchit, de désorganiser le monde ambiant pour y prélever les matériaux nécessaires à sa propre organisation, la construction de l’arbre, réalisation en quelque sorte de son projet. Et ces matériaux proviennent eux-mêmes finalement d’une sorte de stock de matière qui ne cesse de se combiner et de se recombiner sous des formes nouvelles. Et ce stock, d’où vient-il ? D’où vient la force qui provoque toutes ces combinaisons et recombinaisons ? Et nous-mêmes, que sommes-nous d’autre qu’une des combinaisons momentanées de cette matière animée ? Cette graine voulait se développer en arbre, et moi je veux me développer en homme ; notre projet, notre « désir essentiel », est analogue. La matière qui nous compose appartient au même stock primordial. Un jour l’arbre a disparu et, comme lui, je disparaîtrai. Moi, cet être unique et singulier, je disparaîtrai ; et mon souvenir durera à peine plus que celui de cet arbre. Et la matière qui me compose se libérera pour donner naissance à des formes nouvelles : peut-être un arbre dont on fera une table ?

Évidemment ce genre de réflexion n’est pas fréquent et je ne le fais certainement pas toutes les fois que je m’assieds à une table. Mais il n’est pas inutile car il est juste et salutaire.

Il est juste parce que toute perception de la réalité qui n’inclut pas l’aspect mystérieux de celle-ci est incomplète, tronquée ; c’est un regard de myope. Le myope perçoit très bien les objets proches, qui sont généralement ceux auxquels il a à faire, et il sait les utiliser. Il voit très bien tomber une pomme et il sait la ramasser ; mais il ne voit pas la gravitation universelle. Si les conditions changent, s’il faut voir plus loin, il commence à se sentir infirme et désorienté. Or rien n’est stable, statique ; tout s’écoule et se transforme. On le sait bien, c’est-à-dire qu’on le sait mal : on le sait intellectuellement mais on n’y croit pas, on ne le sent pas. Ou plutôt on croit le contraire : à preuve la facilité avec laquelle on tient pour définitives des situations nécessairement provisoires et la surprise angoissante que causent les changements dérangeants, comme le vieillissement ou la mort, dès lors qu’ils ne sont plus des imaginations lointaines mais commencent à devenir des réalités tangibles.

Le rappel de l’aspect mystérieux de l’existence est salutaire : il est apaisant parce qu’il réveille la force d’acceptation en calmant dans l’être humain l’ambition vaniteuse de devenir extraordinaire et le désespoir qui en résulte inévitablement. Il est stimulant parce qu’il réoriente l’énergie vers la tâche fondamentale de la vie : la tâche éthique de développer son esprit et d’harmoniser son caractère, source de la satisfaction intense à laquelle aspire plus ou moins consciemment l’être humain.

L’esprit humain — la fonction plus que consciente, prévoyante, qui flaire de loin les satisfactions et les insatisfactions — a toujours senti ces évidences et se les est formulées sous la forme des mythes. Ceux-ci rappellent l’homme au sentiment du mystère et à l’accomplissement éthique, conditions fondamentales de la satisfaction, en lui redisant tous à leur manière imagée :"N’oublie pas Dieu et fais sa volonté".

Et c’est au même rappel qu’aboutit la Psychologie de la motivation à travers les notions, pour elle capitales, de mystère et de tâche d’harmonisation.

Une vision familière à l’Orient

Pour essayer d’y voir plus clair, il faut revenir à cette perception instinctive du monde dans laquelle le sentiment religieux occupe une place centrale. On pourrait dire que tout individu se perçoit dans ses rapports avec le monde sous deux aspects différents et complémentaires : d’une part, comme une partie infime d’un Tout, d’autre part comme une unité individuelle, comme un tout en soi-même.

Le sentiment d’appartenir à un Tout qui dépasse toute capacité individuelle de compréhension et d’intervention, est le sentiment du mystère, aspect fondamental (mais non le seul) du sentiment religieux. Pour reprendre une image qu’employait souvent Diel — et qui s’inspirait des sages de l’Inde — l’univers mystérieux est comparable à un océan sans limites ; sur cet océan se forme une vague, parmi les milliards qui se font et se défont incessamment ; cette vague déferle et une goutte parmi d’autres se détache de sa crête, joue quelques instants dans la lumière, puis retombe et disparaît à nouveau dans l’immensité des flots. Cette goutte d’eau, c’est nous, c’est notre existence individuelle. Romain dans sa lettre à Freud parlait de « sentiment océanique », sur lequel Koestler à son tour insistera.

C’est là un constat de fait, une évidence primordiale qui s’impose constamment au primitif mais que le civilisé a tendance à oublier. Une évidence non seulement banale, mais émotive car elle fait naître un sentiment d’effroi sacré devant cette Force majestueuse et suprêmement indifférente qui suscite et anéantit tous les êtres ; en même temps, elle est aussi la source d’un apaisement intense : la dé-dramatisation radicale de toutes les contrariétés accidentelles de l’existence, y compris la mort : "Ne te débats pas, accepte l’inchangeable. Fais ce que tu peux. Le résultat n’a pas une telle importance..." C’est l’abandon positif, l’acceptation, l’abandon des désirs exaltés, impatients, dramatisés par l’amour propre. Dans la vie quotidienne, il introduit l’humour qui relativise les accidents de la vie. Plus profondément, il procure l’apaisement central, la soumission confiante à la loi de la vie. Jésus parle de cette dernière comme de l’amour d’un père pour ses enfants ; dans la parabole du lys des champs, il dit :" De quoi vous souciez-vous ? Votre Père sait ce dont vous avez besoin."

Ce sentiment est souvent oublié en Occident ; il est peut-être plus répandu dans les cultures orientales, notamment hindouisme et bouddhisme où la force d’acceptation est stimulée par le sentiment du mystère. En ce sens l’Orient est profondément religieux. Il en résulte certains traits extrêmement positifs : l’acceptation inclut l’amour de la vie, la bienveillance envers un monde auquel l’individu se sent intégré. C’est l’amour pour l’aspect mystérieux de la vie ; mais c’est aussi l’amour pour son aspect apparent et multiple, le goût pour les satisfactions naturelles qui s’épanouit, par exemple dans certaines manifestations de la culture chinoise ou hindoue, sous la forme d’une sensualité raffinée, maîtrisée, d’un art de vivre diamétralement opposé aussi bien au puritanisme qu’aux débordements aveugles des "barbares" d’Occident.

Accepter les vicissitudes de la vie, c’est accueillir avec la même pondération la bonne et la mauvaise fortune, ne pas s’angoisser de l’une et ne pas bouder l’autre. L’amour de la vie inclut également l’absence de frayeur devant la mort ; c’est que la mort n’est pas, dans cette vision, ressentie comme la disparition catastrophique et révoltante d’un personnage unique mais comme la résorption apaisante, réjouissante dans le grand Tout. L’Inde est un pays sans cimetières. Dans la religion hindouiste, à Bali par exemple, la crémation est une fête : exécutée dans des formes et dans des lieux consacrés, elle donne l’assurance au défunt d’un retour définitif de son âme individuelle dans l’âme du monde, la délivrance du tourment des réincarnations. Le contraste est frappant avec la vision hideuse que l’Occident se forme en général de la mort ; l’idée d’une survie individuelle et d’une rétribution dans l’au-delà risquent en effet de susciter la crainte de l’Enfer ou — à partir d’un doute difficile à réprimer — l’épouvante devant un anéantissement total.

L’acceptation de la vie et de la mort favorise une sorte d’ouverture d’esprit, une perception fine et intuitive de la réalité, qui résulte d’un contact familier avec les êtres et qui est très différente de la vision théorique et simplifiante qui prévaut souvent en Occident. Ce sentiment de la diversité de la vie perçoit naturellement le monde comme un entrelacs de forces en interaction et en transformation incessantes ; une vision dynamique qui s’oppose au relatif statisme de la pensée occidentale, éprise de catégories claires et de vérités définitives. (Il convient toutefois de noter que la culture allemande a, mieux que celle d’autres pays européens plus latinisés, conservé ce sentiment du devenir, peut-être grâce à une langue dans laquelle la racine des mots — donc leur signification concrète et émotive — reste immédiatement compréhensible).

Cependant cet abandon comporte, lui aussi ses dangers. L’abandon négatif est la résignation. L’acceptation doit être active : elle est l’acceptation des conditions dans lesquelles la satisfaction doit être cherchée. Elle ne se traduit pas uniquement par le renoncement, mais aussi par le redéploiement des énergies. Sinon elle s’enlise dans le fatalisme et la prostration, éventuellement entrecoupés d’explosions passionnelles : fanatisme nerveux ou activisme banal. Le danger de l’Orient est, sinon la stagnation, du moins la difficulté excessive à secouer le poids des traditions.

Le même affaiblissement du désir entraîne une diminution de la capacité de choisir, mode de satisfaction spécifique de l’être humain. Cette réticence à trancher, jointe à une perception fine des possibilités et des nuances multiples du désir, conduit à une complication exagérée du calcul, à un amour excessif de la complexité pris pour une preuve de raffinement et de subtilité. Là encore, il serait facile d’opposer l’amour de la simplicité des Occidentaux, parfois poussé jusqu’au simplisme brutal, et l’amour de la complexité des Orientaux, parfois poussé jusqu’aux "chinoiseries".

Enfin la même insuffisance de rigueur, la même fluidité de la délibération, laissera éventuellement libre cours à l’avidité des désirs, à leur réalisation sans scrupules parce que jugés naturels, et sans pitié pour ces apparitions éphémères que sont les êtres humains.

Le courage éthique

L’homme ne se perçoit pas seulement comme une partie d’un Tout mais aussi comme une unité individuelle, un tout en soi-même. Et cette unité individuelle, il a la responsabilité de la conduire vers un épanouissement satisfaisant. Il en est responsable devant le sens de la vie, c’est-à-dire devant sa propre exigence de satisfaction. C’est comme si Dieu, symbole du mystère de l’existence, lui imposait la loi qu’il doit suivre pour trouver la récompense de la satisfaction. C’est l’autre aspect du sentiment religieux : la tâche éthique, liée à la vision métaphysique. Cette loi, bien que formulable, a elle aussi un aspect mystérieux non seulement dans son origine ("Pourquoi est-ce ainsi ?") mais aussi dans son aboutissement : l’intensité de satisfaction qui accompagne l’observation de la loi et qui la rend évidente, est variable selon les individus. "Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père," disait Jésus : la loi d’harmonisation s’impose à tous mais le niveau d’harmonie auquel chacun trouve ici et maintenant sa satisfaction n’est jamais entièrement prévisible. Cette tâche morale s’impose avec d’autant plus de force qu’elle est perçue non pas comme une imposition extérieure mais comme une exigence intime inhérente au sens de la vie. En termes symboliques : une tâche imposée par la divinité.

Le sentiment de responsabilité individuelle s’enracine dans la combativité ; qui consiste à lutter en vue de sa propre satisfaction. A cette combativité naturelle que Diel appelait le "courage des tripes", la motivation essentielle ajoute une dimension qui permet son déploiement en courage éthique.

Des deux réactions sensées — changement et acceptation — qui permettent la satisfaction des désirs, la première est celle que les pays occidentaux ont privilégiée et qui s’est particulièrement développée dans leur culture. Sous une forme fruste, elle se trouve déjà au centre des mythes nordiques. Wotan n’est pas un dieu d’amour, mais un dieu sombre et farouche. Il a conquis son pouvoir par la lutte, comme Zeus, et mérité sa sagesse par les épreuves douloureuses qu’il s’est imposées : il est resté pendu par les pieds au frêne Ygdrasil pendant neuf jours et neuf nuits, il a consenti le sacrifice d’un œil, symbole du renoncement héroïque, pour acquérir la sagesse des runes. Il sait que son règne est précaire. Ce qu’il montre aux humains, c’est l’exemple du courage ; ce qu’il leur demande, c’est d’être des guerriers intrépides ; la récompense qu’il leur promet, c’est d’être distingués pour leur vaillance par ses servantes, les walkyries, qui les porteront du champ de bataille au Walhalla, lieu de retrouvailles et de festivités pour les héros morts au combat. On trouverait sans doute des traits analogues dans les mythes des Indiens d’Amérique du nord, dans la culture desquels l’éducation du courage tient une place primordiale.

Sous une forme plus évoluée, le courage éthique va manifester plus clairement sa composante spirituelle et sublime. Dans la culture grecque, cette étape est figurée par la victoire d’Apollon sur le serpent Python : Apollon, symbole de la lucidité combative, du courage éthique, tue Python, symbole de l’effroi métaphysique devant la nature primitive. C’est la traduction de l’expérience introspective : si l’homme mobilise son courage pour assumer la tâche éthique, il triomphe de l’effroi profond devant la vie. Pour échapper à l’angoisse, l’homme doit avoir le courage d’assumer lucidement la responsabilité de sa propre existence. S’il ne le fait pas, il est puni ; c’est le thème des tragédies grecques qui montrent comment l’inobservation des lois prescrites par les dieux déclenche, souvent à l’insu des fautifs eux-mêmes, un enchaînement de catastrophes inéluctables. S’il le fait, il obtient sa récompense ; c’est le thème de l’Odyssée : pour retrouver Pénélope et son foyer, c’est-à-dire se retrouver lui-même, Ulysse doit affronter les périls et les tentations avec toutes les ressources de sa force physique, de son ingéniosité et de sa sagesse. L’homme se sent responsable devant une loi non-écrite qu’il sent intuitivement en lui-même et qui peut le conduire à s’opposer aux lois écrites, conventionnelles ; c’est le thème d’Antigone.

L’esprit scientifique

Ce qui est typique de la culture occidentale, c’est que le sentiment de la légalité va prendre le pas sur la soumission au législateur. Démarche qui commence avec les philosophes pré-socratiques et qui deviendra finalement celle de l’esprit scientifique. Celui-ci séparera les modalités apparentes et le mystère fondamental afin de rendre, en principe, les modalités entièrement explicables et de restituer au mystère, d’autre part, toute sa profondeur en refusant de l’affadir par des pseudo-explications. Si le respect de la loi implique le courage moral, la compréhension de la loi — le déploiement de l’esprit scientifique — implique peut-être un courage encore plus central : l’acceptation d’une solitude essentielle dont un autre nom est la liberté. Le primitif, qui est à peine individualisé, n’est pas seul ; il vit dans un monde d’esprits, tantôt bienveillants, tantôt malveillants, qu’il peut essayer de se concilier ; il est un enfant que l’intervention de grandes personnes protège finalement contre l’angoisse de vivre. Au contraire, en comprenant qu’il est seul face à une loi immuable, l’homme effectue un saut redoutable : il passe de l’enfance à l’âge adulte.

Préparée par les grandes cultures mésopotamiennes et méditerranéennes, voire indiennes, qui l’ont précédée, c’est cet éveil de l’esprit qui a conféré à la culture grecque son caractère exemplaire. Il en est résulté une autre vision du monde. En se distinguant du Tout, l’homme commence à considérer les objets et les êtres extérieurs non plus comme des apparences illusoires, comme le simple support de puissances métaphysiques, mais comme des entités en soi. Avec les philosophes éléates commence l’observation véritable, scientifique, des objets extérieurs et la tentative pour découvrir à partir de cette observation, sans introduire d’explications métaphysiques ni faire intervenir de forces occultes, les lois qui président à leurs transformations. Et cette démarche se révèle féconde non seulement sur le plan pratique mais aussi dans le domaine théorique : l’esprit s’invente un langage approprié — le raisonnement méthodique — pour guider sa démarche cognitive, ordonner les observations recueillies, éliminer les analogies fausses, formuler clairement les rapports justes et les extrapoler à la compréhension de nouveaux domaines.

Cette connaissance scientifique contribue en retour à préciser la loi morale. L’obéissance aux dieux se transforme en obéissance à une loi objective. Cette loi implique largement la satisfaction des désirs naturels, matériels et sexuels, puisque le monde n’est pas une illusion mais une source de satisfactions authentiques : l’idéal moral devient plus clairement l’idéal d’harmonie. Cet acquis n’est pas la découverte des seuls Grecs, mais aucun peuple n’a peut-être exprimé cet idéal aussi clairement. La responsabilité individuelle d’un accomplissement harmonieux, incluant la piété envers le mystère et le déploiement des satisfactions personnelles, est l’humanisme, culte du développement de la personne humaine.

Cependant, à trop considérer l’individu et les objets particuliers, la vision s’atomise. (Atome équivaut étymologiquement à individu). Le monde perd sa profondeur mystérieuse et se change en un éparpillement de corpuscules livrés au hasard, à l’exclusion de toute finalité d’ensemble. Dès l’Antiquité, la pensée a achoppé sur le matérialisme, qui tend à retirer tout support naturel au désir essentiel de l’homme et à en faire une illusion ; la conduite de la vie échoue alors dans la banalisation, qui se traduit concrètement et douloureusement par la décomposition des individus et des sociétés.

Le monothéisme en Occident

C’est pourquoi la culture antique, menacée par la décadence, a été contrainte de chercher un contrepoids qui la ramène au sentiment religieux. Elle l’a trouvé dans l’apport judéo-chrétien.

Le judaïsme a apporté une forme achevée du monothéisme. Sans doute, toutes les religions polythéistes postulent-elles l’existence d’une Divinité supérieure. Mais le Dieu des Juifs concentre sur lui toute la profondeur du mystère et, de ce fait, élimine tous les autres : il se proclame le Dieu unique, le seul vrai Dieu, le Dieu tout-puissant. De cette croyance en un dieu unique ont résulté trois conséquences principales.

La première a été de raviver le sentiment du sacré, de rappeler que la vie humaine est gouvernée par une puissance qui la dépasse absolument et avec laquelle aucune discussion n’est possible.

La seconde, qui en découle, est que la vie humaine ne peut avoir qu’un seul sens : accomplir la volonté de Dieu, suivre les commandements qu’il a révélés. Ceux-ci tracent clairement la limite entre le permis et le défendu, entre le Bien et le Mal. De même qu’il n’existe qu’un seul Bien, il n’existe qu’une seule Vérité, expression de l’ordre universel voulu par le Créateur. Cette confiance dans l’existence d’une Vérité constitue le plus puissant motif pour tenter de la chercher, tant sur le plan scientifique que moral. Ce besoin d’unité et de cohérence, ce désir de rigueur et de rectitude, a marqué le monde occidental et contribué avec le culte grec de la Raison au développement de l’esprit scientifique. Le christianisme s’inscrira plus tard dans la même direction : non seulement il se montrera soucieux — comme plus tard l’Islam, autre grande religion monothéiste — de recueillir l’héritage de la pensée antique — mais il contribuera aussi, paradoxalement, à diffuser la pensée rationnelle en essayant d’étayer la croyance à l’aide du raisonnement méthodique des philosophes.

En troisième lieu, le sentiment de la responsabilité de l’homme s’est trouvé renforcé par l’idée que ce dernier est investi d’une mission. Le peuple juif a été élu par Dieu pour être le dépositaire de sa révélation. Dieu a conclu avec lui l’Alliance : le peuple a reçu pour mission de proclamer le vrai Dieu et de préparer la venue du Messie qui viendra à la fin des temps dans le temple de Jérusalem pour proclamer le règne de Yaweh sur toute la terre ; en échange, le peuple sera récompensé de sa fidélité : le Très-Haut le délivrera de ses ennemis et le fera participer à sa gloire. Le déroulement du Temps a donc un sens : il va de la chute du premier homme tenté par le diable au rétablissement du règne de Dieu sur l’humanité. Cette conception finaliste est très éloignée de la pensée hindouiste, par exemple, pour laquelle le Temps, soumis à un déroulement cyclique, est en perpétuel recommencement, sans autre progrès que celui des rares individus qui réussissent à échapper au Samsara, cycle des morts et des renaissances, pour atteindre le Nirvana.

La responsabilité imposée au peuple juif le rappelle constamment au devoir de ne pas oublier Celui dont le nom ne peut être prononcé. Ce devoir n’inclut pas seulement l’obéissance intérieure à la Loi mais aussi la poursuite de la réussite extérieure, autre moyen de témoigner de la grandeur du vrai Dieu et de garantir la survie du peuple élu. Cette motivation n’a pas peu contribué à renforcer la combativité des Israélites, comme plus tard celle des Occidentaux, notamment des puritains nourris de l’Ancien Testament.

En déplaçant l’accent de la responsabilité collective du peuple sur celle, personnelle et intime, de l’individu, le christianisme a élargi le message juif et l’a rendu universel. Mais l’originalité principale du Nouveau Testament a été d’apporter aux hommes d’Occident une vision de bienveillance et d’amour assez étrangère à leur nature combative. A côté du Père, image lointaine et redoutable, apparaît le Fils, figure proche et touchante du dieu fait homme, d’un dieu humain, accessible, fraternel. Ayant partagé la souffrance des hommes, il leur apporte sa compassion ; l’ayant surmontée, il devient pour eux le modèle qui indique la voie du salut, l’intercesseur dont l’exemple conduit au Père c’est-à-dire au sentiment du mystère. L’homme, déjà créé selon la Genèse à l’image de Dieu, devient véritablement fils de Dieu. Cette filiation divine attribuée à tout homme a puissamment contribué à élargir le courant humaniste venu de l’Antiquité et à fonder en principe le respect de la Personne humaine.

La figure du Fils s’est révélée si émouvante qu’elle a fini par éclipser plus ou moins complètement celle du Père. La croyance en un Dieu personnel est devenue prédominante en Occident, alors qu’elle apparaît à beaucoup d’Orientaux comme une sorte de blasphème ou d’infantilisme. Le symbole de la Trinité, qui provient du vieux fonds indo-européen, explique comment le Dieu suprême, le mystère transcendant, est perçu sous trois aspects distincts : le Père, le sentiment du mystère ; l’Esprit, la force mystérieuse dont les incessantes transformations constituent le monde apparent ; le Fils, l’esprit humain, lui-même avatar de cette force mystérieuse qui se révélerait dans toute sa puissance chez l’homme entièrement sanctifié. La prédominance accordée au Fils a estompé chez la plupart des Occidentaux le sentiment du mystère.

Pour le mythe, la notion d’un Dieu fait homme n’est pas contradictoire en soi : elle est une manière imagée, comme le sont nos rêves, de parler de la réalité intérieure de nos sentiments et non le constat d’une réalité extérieure. Rama ou Krishna sont les formes humaines que revêt le Dieu Vishnou pour venir aider les hommes, de même que d’autres avatars l’ont amené à prendre l’apparence de la tortue Kurma pour soutenir l’univers ou de l’homme-lion Narasimha pour détrôner l’Esprit du mal. Du reste, pour l’hindouisme, chaque homme est-il autre chose que le revêtement éphémère de forces divines ?

Au contraire, dans la vision occidentale pour laquelle le monde extérieur est une réalité en soi, la notion d’un Homme-Dieu qui serait vrai homme et vrai dieu, est difficilement admissible. On sait quelle importance a prise dès les premiers siècles de l’ère chrétienne la querelle sur la nature — humaine ou divine — du Fils, avec le développement puis le reflux de l’arianisme et le schisme final entre Rome et Byzance.

Cette querelle se poursuit plus ou moins dans le for intérieur de chacun d’entre nous, chrétien ou non, à travers les sentiments contradictoires que suscite l’image de l’Homme-Dieu, l’un des fondements de notre culture.

D’un homme qui a vécu historiquement, on a fait un Dieu, et de Dieu on a fait un homme. Faire de l’homme Jésus un dieu, c’est mécomprendre la valeur de son exemple qui montre que la possibilité de perfectionnement est, à des degrés divers, inhérente à la nature humaine. C’est également méconnaître la voie introspective qui y conduit : c’est vouloir imiter Jésus et s’imposer par là un idéal inassumable de perfection. Sans doute bien peu le veulent réellement ; mais combien y songent plus ou moins et regrettent en secret de n’avoir osé le faire ? L’évidence que l’idéal est seulement directif, qu’il indique la direction à suivre mais ne peut être davantage atteint que l’étoile qui en est le symbole, est oubliée. A défaut, l’Occident tâchera de se rattraper en transposant avec plus ou moins de bonheur son idéal de perfection dans la réalisation méthodique de grands desseins extérieurs.

Faire de Dieu un homme, c’est à l’inverse aplatir le sentiment du mystère, réduire la force cosmique dont l’immensité dépasse toute imagination au rôle d’un serviteur de nos commodités et d’un consolateur de nos déboires. C’est rabaisser l’être humain en méconnaissant ce qu’il a sans doute de plus spécifique. Cette dénivellation affaiblit le véritable sentiment religieux et le courage moral et ouvre la voie à la désorientation.

Spiritualisme et matérialisme

La culture occidentale, oublieuse du mystère et sa capacité d’harmoniser suffisamment ses fondements, se trouve ainsi exposée à une sorte de tiraillement constant entre un idéalisme désincarné et un réalisme trop pesant : entre spiritualisme et matérialisme. Sa vision du monde a toujours plus ou moins hésité entre une réalité tangible, solide mais aride, sur laquelle la science et les techniques ont affermi l’emprise de l’homme, et une réalité surnaturelle où les aspirations supérieures pourraient seulement trouver leur satisfaction. Tantôt le monde réel, considéré du point de vue de l’idéal, apparaît comme une simple étape vers la vraie vie : la vie éternelle ; tantôt les satisfactions terrestres semblent les seules véritables, et leur limitation une sottise, voire un leurre imaginé par les nantis pour se garder les bons morceaux. L’idée d’une contradiction fondamentale et insoluble revient constamment dans les œuvres de la culture occidentale, qui inclinent souvent à dramatiser l’opposition entre idéal et réalité, raison et plaisir, amour et devoir. Le problème de l’homme occidental qui a perdu le sentiment de l’unité mystérieuse est de se trouver écartelé entre une réalité dépourvue de sens et un sens dépourvu de réalité.

Cette scission est douloureuse. Elle risque de devenir insupportable dans la mesure où le progrès technique tend à ébranler toutes les cultures traditionnelles et à répandre dans le monde entier le mode de vie et le matérialisme de l’Occident, provoquant en retour les réactions exacerbées des intégrismes et des fanatismes. Elle pourrait même devenir mortelle si l’exaspération des contradictions débouchait un jour sur un conflit de grande envergure que l’emploi des armes créées par la science transformerait en apocalypse. Le remède à cette dissociation intérieure est-il dans un retour aux croyances traditionnelles ou dans leur rejet radical au profit exclusif de la science ?

Tout en montrant par ailleurs grâce au déchiffrement du symbolisme, la signification psychologique — subconsciente et surconsciente — des croyances et des mythes, Diel a clairement répondu à cette question. Pour lui l’issue n’est pas dans un cantonnement mais dans un développement de la connaissance scientifique. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est la science. Il ne faudrait pas la confondre avec le scientisme qui se flattait de parvenir à une connaissance exhaustive et à une vérité absolue : la physique et les autres sciences exactes ont depuis plusieurs décennies abandonné cette prétention — en admettant qu’elles l’aient jamais eue — et les sciences humaines ont de moins en moins tendance à s’y référer. Tout en avançant de manière spectaculaire dans l’étude de la Matière, la physique est devenue toujours plus consciente des limites du savoir et se défend de vouloir éliminer l’aspect mystérieux des phénomènes qu’elle observe ; bien au contraire, elle l’admet explicitement. Le public, du reste, ne s’y trompe pas : il s’intéresse de plus en plus aux explications scientifiques, que ce soit celles des physiciens et astrophysiciens, des biologistes, des historiens et préhistoriens, parce qu’elles lui apportent, parfois mieux que les philosophies ou les religions, le sentiment du mystère.

L’originalité de Diel n’est pas d’avoir rappelé l’évidence du mystère mais d’avoir montré qu’une fois admis l’aspect mystérieux du désir ("D’où vient-il et où va-t-il ?"), il devenait possible de mieux comprendre comment il pouvait trouver ou manquer sa satisfaction, en faisant appel pour cela à une introspection méthodique fondée sur la capacité naturelle de sentir et de réfléchir que possède l’être humain. La psychologie serait alors à même de devenir une science : une connaissance efficace permettant à l’homme de maîtriser progressivement et relativement son monde intérieur, comme les sciences exactes lui ont permis de le faire pour le monde extérieur. Elle prolongerait ainsi l’effort séculaire des religions et des philosophies vers une meilleure compréhension du sens de la vie et une plus grande joie de vivre.

Bouddhisme et Psychologie de la motivation

Il se trouve que cette démarche de Diel recoupe sur de nombreux points celle des sagesses orientales, notamment du bouddhisme qui suscite aujourd’hui un intérêt croissant dans les pays occidentaux. Il est même étonnant que le rapprochement des deux points de vue — portés sur le même objet : le problème de la satisfaction humaine — n’ait pas été fait plus souvent.

Tout en laissant à chacun sa spécificité, on mentionnera, entre autres, trois convergences : le rappel fondamental du mystère, la priorité donnée à la recherche de la satisfaction intime, la nécessité primordiale du travail introspectif. Ce sont précisément les trois points que Bouddha reprend dans les dernières paroles que la tradition lui prête et par lesquelles il résume l’enseignement de sa vie :

"Il n’existe dans tous les univers, visibles et invisibles, qu’une seule et même puissance, sans commencement, sans fin, sans autre loi que la sienne, sans prédilection, sans haine. Elle tue et elle sauve sans autre but que de réaliser le Destin. La mort et la douleur sont les navettes de son métier, l’amour et la vie en sont les fils."

"Mais n’essayez pas de mesurer l’incommensurable avec des paroles, pas plus que de plonger la corde de la pensée dans l’impénétrable : celui qui interroge se trompe, celui qui répond se trompe."

"N’attendez rien des dieux impitoyables, eux-mêmes soumis à la loi du Karma, qui naissent, vieillissent et meurent pour renaître, et ne sont pas arrivés à rejeter leur propre douleur. Attendez tout de vous-même. En n’oubliant pas que chaque homme crée sa prison, que chacun peut acquérir un pouvoir supérieur à celui d’Indra lui-même."

"Aucune faute ne peut être rachetée. L’homme naît seul, vit seul, meurt seul. Et c’est lui seul qui pioche le chemin qui peut le conduire au nirvâna, le merveilleux royaume du Non-Être, du Ne-plus-être." [[1] Maurice Percheron  : le Bouddha et le bouddhisme, collection Maîtres spirituels, éditions du Seuil, 1956.1]

C’est d’abord en chacun de nous que l’Orient et l’Occident sont appelés à se rencontrer. On parle beaucoup aujourd’hui de "globalisation". Comme les produits et les services, les personnes et les idées circulent de plus en plus vite. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en inquiète, un brassage s’opère entre les cultures : la diversité des sentiments profonds qui coexistent dans la nature humaine magnifiés par les unes, occultés par les autres, commence à se répandre au grand jour. Il est intéressant, et parfois émouvant, de retrouver ainsi dans des cultures différentes les mêmes intuitions essentielles exprimées avec d’autres images ou d’autres mots.

Après l’ère des grandes découvertes géographiques, puis scientifiques, le nouveau millénaire sera peut-être celui de la découverte par l’homme de sa propre intériorité.

CERCLE D’ÉTUDES PAUL DIEL

N° 26 - deuxième SEMESTRE 1998

OCCIDENT-ORIENT :

les chemins du désir

Paul DIEL, Le désir entre angoisse et joie

Roger-Pol Droit, Le Même et l’Autre (Entretien)

Armen TARPINIAN, L’Orient et l’Occident intérieurs

Alain BAVELIER, Deux aspects du sentiment religieux

Hamid AMIR, Rationalité, malaise moderne et spiritualité orientale

Christine MAILLARD, Ce que les psychologues ont retenu de l’Orient

Robert Misrahi, Bouddha et Spinoza confrontés au Désir

Bruno VIARD, L’Orient et l’Humanité — La vision de Pierre Leroux

Eva RUCHPAUL, Sagesses croisées

Fawzia Assaad, L’ignorance de l’autre — Réflexions d’une égyptienne

Gildas Coudrin, Les Goleks javanais et la fausse motivation

Geneviève LAROQUE, Moi, l’Humanité

Gérard BOREL, Réflexions sur le deux

Patrick FERRENQ, Du toujours plus au mieux-vivre

Pour le plaisir (Citations) :

Edgar MORIN, Le besoin d’Orient

Romain ROLLAND, Le sentiment océanique

Krishnamurti, Qu’est-ce que Dieu ?

ABONNEMENT

n° 9 Du réflexe à la réflexion (entretien avec Edgar Morin)

n° 10 Psychologie et politique (entretien avec Jacques Robin)

n° 11 Regards sur la dépression (entretien avec Yves Pélicier)

n° 12 Croyance, science et foi (entretien avec Bernard d’Espagnat)

n° 13 Le regard intérieur (entretien avec Jacques Baron)

n° 14 Repenser l’éducation ?

n° 15 Éléments pour un nouvel humanisme (entretien avec Armand Petitjean)

n° 16 L’adolescence : les deux faces d’une crise

n° 17 Le lien social : du biologique au politique (entretien avec Gérard Mendel)

n° 18 L’école aujourd’hui et demain (entretien avec Philippe Meirieu)

n° 19 Regards sur le couple et sur la famille

n° 20 Repenser la Justice ? (entretiens avec J.-P. Rosenczweig et J. Van Thuyne)

n° 21 Le dialogue

n° 22 La chance de vieillir...

n° 23 Progrès et évolution (entretien avec Basarab Nicolescu)

n° 24 Le quotidien autrement (entretien avec Édouard Zarifian)

n° 25 Féminin-masculin : l’universel et le spécifique (entretien avec Évelyne Sullerot)

n° 26 Occident-Orient : les chemins du désir (entretien avec Roger-Pol Droit)

n° 27 Dépendances et liberté (entretien avec Éric Loonis)

n° 28 Guerre ou Paix (entretien avec Edgar Morin)

n° 29 L’art de vivre au troisième millénaire : mondialisation et hominisation

(entretien avec Robert Misrahi)

n° 30 Au cœur de nos motivations (quinzième anniversaire de la Revue)

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1998

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