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Dépression et spiritualité

Véritable phénomène de mode, la dépression fait plus de cent dix millions de nouvelles victimes chaque année. Synonyme de l’enfer, elle est pourtant aussi une opportunité d’échapper au plan de conscience ordinaire.

Par Jean-Claude Cartier

Un suicide collectif ?

Au plan sociologique, on peut se demander si ce ne n’est pas l’humanité dans son ensemble qui est en train de sombrer dans la dépression ! A en juger par ses diverses tentatives de suicide, cette hypothèse peut être étudiée avec sérieux. Car, comment appeler autrement la destruction actuelle de l’écosystème, et la dégradation orchestrée de la santé publique à grand renfort d’aliments chimiquement ou génétiquement dégénérés, de pollutions atmosphérique, aquatique, électromagnétique ?... Cette fureur que mettent scientifiques, techniciens et consommateurs à détruire les équilibres vitaux n’est-elle pas le symptôme le plus flagrant de la mise en place du suicide collectif d’une humanité déprimée, lasse d’un mode de vie et d’une culture qui ne lui conviennent plus ?

La fin du monde tant attendue par les prophètes de malheur pourrait, pourtant, ne pas avoir lieu, si nous parvenions à dépasser cette crise dépressive, à nous en servir comme d’un tremplin pour accéder à une nouvelle perspective psycho-spirituelle et, partant, à de nouveaux comportements plus en harmonie avec notre nature intérieure… et la nature extérieure. Mais, pour cela, il nous faudrait, bien sûr, autre chose que l’arsenal des psychotropes chimiques.

Le désir du désir

Dépression et éveil ! Ces deux termes ont été plus d’une fois associés, dans l’histoire de la spiritualité ; les exemples les plus célèbres étant sans doute ceux de Job et de Bouddha, ou encore de Judas qui, comme on le sait, finit par se suicider.

En fait, peut-être pourrait-on considérer l’éveil comme une dépression, mais... sans la dépression. Dans l’éveil, au moment même où tombent toutes les illusions qui excitaient habituellement notre mental et le faisait courir après les objets de satisfaction, il ne reste évidemment plus trace de la moindre émotion, du moindre désir, du moindre projet. Et la paix parfaite qui accompagne cet état n’est d’ailleurs rien d’autre que l’absence des conflits ordinairement suscités par les désirs.

Or, s’il existe un autre état dans lequel on retrouve apparemment une absence de désirs et de projets, c’est bien la dépression !

Naturellement, la comparaison s’arrête là, et, au-delà des apparences, une différence essentielle semble, en revanche, devoir être relevée : dans la dépression l’absence de désir n’est pas absolue. Si, dépressifs, il ne nous reste parfois guère plus qu’un désir instinctif et inconscient de sortir du marasme (ce qui constitue quand même un désir), la plupart du temps c’est l’espoir bien conscient d’un retour de flamme de nos anciennes illusions que nous passons notre temps à cultiver, ne désirant secrètement rien d’autre que de retrouver les plaisirs d’une existence superficielle, insouciante et animale.

En deux mots, dans la dépression nous nous plaignons d’avoir perdu nos illusions, et nous désirons encore le désir.. ce qui n’est évidemment pas le cas dans l’état d’éveil.

Pour cette raison sans doute pourrait-on considérer la dépression comme un éveil raté. Raté, parce que, bien que privé de désirs concrets, le mental continue malgré tout de s’orienter vers l’extériorité et ne veut pas s’échapper du temps. Les désirs n’ont plus assez d’énergie pour déclencher le passage à l’acte, mais ils en ont encore suffisamment pour entretenir, et même stimuler, le décalage pathologique de l’ego par rapport au présent... car, plus qu’aucun autre, le dépressif est tout entier dans son passé.

Ouvrir ou fermer sa mémoire

La Vie spirituelle s’ancre dans le présent, au contraire de l’existence ordinaire et fantasmatique qui, elle, plonge ses racines dans le passé et se cristallise dans la mémoire d’expériences mortes.

Ce contraste entre la spiritualité et l’existence ordinaire est décrit avec pertinence dans l’épisode biblique de la destruction de Sodome (Genèse 19:17), où, une fois sorti de cette ville (symbole de l’inversion), il nous est indiqué que le Chemin spirituel doit passer par Tsoar, c’est à dire, étymologiquement, par la nécessité de se faire tout petit, de réduire de manière drastique l’importance jusque là accordée à la personnalité. Or, parvenu à ce stade, un tel Chemin devient incompatible avec le moindre regard en arrière. Pourquoi ? Parce qu’à l’heure de l’anéantissement de l’ego, le regard, s’il reste fixé sur le présent, ne peut voir que le Soi qui grandit, alors que, tourné vers l’arrière, il est confronté au spectacle insupportable d’un moi qui dépérit et devient misérable... ce qui ne peut que provoquer, chez la pusillanime femme de Lot qui est en nous, la réaction dépressive d’une transformation en statue de sel, véritable cristallisation de souvenirs stériles et de désirs moribonds définitivement figés dans une immobilité sépulcrale.

Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater que l’écrasante majorité des dépressions survienne dans une tranche d’âge bien particulière, entre 45 et 55 ans, c’est à dire vers le milieu de l’existence, précisément lorsque la construction du moi est – normalement - achevée, et où il reste, à chacun d’entre nous, à choisir entre le sacrifice de ce moi au profit du Soi, et l’ordinaire préservation égocentrique... suivie d’une immanquable cristallisation.

On pourrait schématiser le processus de cristallisation égocentrique en évoquant l’image classique de la spirale qui, après s’être déroulée, s’enroule à nouveau sur elle-même. Durant la première partie de la vie, l’individu accumule des expériences qui lui permettent de se développer et de s’ouvrir ; puis, durant la seconde partie, il utilise ces expériences passées comme souvenirs et les enferme en lui, et se referme sur eux, jusqu’à la mort.

Inversement, lorsqu’on choisit de sacrifier l’ego, après une première partie d’existence tout à fait conventionnelle, la spirale se retourne, et les expériences, au lieu d’être conservées au dedans sous forme de souvenirs personnels, sont offertes au dehors et se dissolvent progressivement dans l’universel, jusqu’à cette extinction définitive appelée Nirvana.

La différence entre ces deux processus est, on s’en doute, immense, puisque, dans le second cas, la mémoire, plutôt que de radoter et de se perdre dans le néant de l’oubli, est prodigieusement régénérée... puisqu’elle parvient à se souvenir du Tout.

Dans cette image, on voit, en tous cas, que le milieu de l’existence est bien le moment du grand choix et, par conséquent, de toutes les hésitations. Et l’on comprend que chaque fois que nous refermons cette belle spirale faite pour s’ouvrir, nous interrompons le mouvement naturel d’expansion de la conscience, et nous subissons une dépression.

La réintégration d’une dimension oubliée

Pour la psychiatrie conventionnelle, la dépression, comme tous les troubles psychiques, ne peut avoir que trois sortes de causes : biologiques, sociologiques, ou psychologiques, excluant toute cause spirituelle, pourtant prioritairement et systématiquement invoquée dans la plupart des sociétés traditionnelles anciennes.

Freud, pour sa part, considère la dépression comme une hémorragie du moi qui atteint la conscience vitale du sujet au moment où il perd l’objet d’amour ; autrement dit, dans les cas de décès d’un proche, de séparation ou d’échec.

Résultat de cette conception personnaliste et rationaliste de la psychopathologie : aujourd’hui, beaucoup de gens sont persuadés que la dépression n’est que la conséquence de frustrations d’ordre affectif, sexuel ou professionnel. On en vient pratiquement à penser que si le moi-roi est déprimé, c’est parce qu’il n’a pas eu sa dose de satisfactions égocentriques.

On ne peut que déplorer une telle limitation des causes de la position dépressive. Mais il est vrai que le paradigme classique, en ne permettant pas une vision globale et “ en relief ” (avec appréciation des hiérarchies de phénomènes), produit diverses confusions entre causes, déclencheurs et symptômes, et, par conséquent, dans la pratique, freine souvent l’efficacité du processus thérapeutique.

Heureusement, pour les psychiatres et psychothérapeutes réorientés dans une perspective spirituelle et se référant au paradigme holistique, l’être humain retrouve ses trois dimensions traditionnelles : le corps, l’âme et l’Esprit. Cette réintégration de la dimension spirituelle permet de rendre à chaque manifestation psychopathologique la place qui lui revient dans ce processus de maturation de l’être que l’on appelle généralement “ la vie ”.

La peur, source de toutes les pathologies

Selon le Dr François Cusano (*), l’existence, en tant que processus d’involution de l’âme dans la matière, peut être subdivisée en plusieurs étapes, chacune correspondant à une position psychologique particulière pouvant susciter un type de pathologies spécifique.

Pour ce médecin adepte de l’ésotérisme chrétien, le point d’impact de l’être lorsqu’il s’incarne (donc le degré zéro de l’incarnation, le centre de la spirale) correspond à ce que Jung appelait “ l’ombre ”, c’est à dire cette part de nous-mêmes que l’on ne veut pas connaître, tous ces désirs et ces peurs qui sont en nous...

La peur, dans cette approche, revêt d’ailleurs une importance de premier plan. Pour le Dr Cusano, qui n’hésite pas à faire un rapprochement entre “ terre ” et “ terreur ”, l’incarnation sur terre, en obligeant l’être à tourner son attention vers l’extérieur et donc à ne plus distinguer la source de vie intérieure, engendre une peur fondamentale.

Bien sûr, durant l’existence, la manifestation de cette peur dépendra du niveau d’investissement de l’individu :

* s’il est matériel (corps physique), la peur s’objectivera dans des palpitations, des angoisses, des somatisations ;

* s’il est de l’ordre du sentiment (corps astral), elle se traduira par des anxiétés, des peurs sans objets, des malaises, des paniques, des phobies ;

* s’il est mental, la peur sera intellectualisée et se manifestera par des délires ou des troubles du comportement...

Accompagnant ces peurs nées de l’oubli de la source de Vie, vient naturellement le désir ou, plus exactement, le désir de combler le manque de Vie. Hélas, tant que son attention restera tournée vers l’extériorité, l’individu ne pourra que rechercher vainement sur le plan horizontal ce qu’il a perdu sur le plan vertical. De là vient que le désir ne peut jamais être définitivement satisfait... et que, tout au contraire, cultiver le désir revient à cultiver l’insatisfaction.

Toujours est-il que cette peur-désir est à l’origine de tous les troubles psychologiques, et même de toutes les maladies psychiatriques. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on a peur, ou qu’on est obsédé par un désir, on ne peut ressentir l’amour.

On ne peut avoir peur et avoir confiance. Or, sans confiance, sans lâcher-prise, sans amour, aucune spiritualité ne peut s’épanouir, aucune guérison véritable et profonde ne peut avoir lieu.

Avec la peur, on peut tout au plus construire un ego, une forteresse pour se protéger... et il est vrai que cela est indispensable, durant la première partie de la vie. Mais il faudra naturellement se défaire de cette protection avant qu’elle se transforme purement et simplement en prison.

De la conquête du monde... à la dépression

Conformément à l’image de la double spirale, le Dr Cusano subdivise l’existence en deux parties, chacune comportant quatre étapes.

La première partie, l’involution dans la matière, commence, on l’a vu, par l’impact dans l’incarnation, le point zéro. Suivent quatre étapes durant lesquelles la peur structure la personnalité à travers une succession de problèmes douloureux, pendant que, de son côté, le désir pousse l’être incarné à explorer le monde toujours plus loin à l’extérieur de son Soi.

Il va sans dire que chacune de ces étapes, ayant été traversée par tout être humain, demeure partie constituante de sa personnalité sa vie durant, mais qu’elle peut aussi, à n’importe quelle occasion, être réactivée et prendre une importance excessive et pathologique... surtout, bien sûr, si elle était restée inachevée.

* La première de ces étapes est la position schizoïde, ou autistique, avec pour problèmes la peur d’exister, le refus de l’incarnation, ou la sidération du désir. L’autiste est tout. Il s’est fait tout seul, n’a pas de géniteur, est tout puissant et n’a besoin de personne. L’autiste ne connaît pas le sexe, il n’a pas accepté ce qu’on appelle en psychanalyse “ la castration ”, c’est à dire la limitation à un sexe.

* La deuxième étape est l’abandonisme. L’abandonnique est celui qui, se sentant abandonné, se met en colère. Une colère qui, bien sûr, masque la tristesse, car, si on l’a abandonné, c’est qu’il n’était pas assez bien. L’abandonnique ne s’aime pas et ne peut aimer son prochain. Et le prochain ne peut pas l’aimer non plus.

* La troisième étape est l’égocentrisme, cette nécessité de ramener vers soi des énergies qui sont dispersées, de concentrer. Malheureusement l’égocentrique prend, mais jamais rien n’en sort. Tout est ramené au moi. Pour survivre, ce trou noir est donc obligé, comme un vampire, d’aller chercher l’énergie chez les autres.

* La quatrième étape est la dépression, autrement dit l’aboutissement du voyage dans l’extériorité ; lorsque - généralement vers la quarantaine - l’individu en crise se demande sincèrement si tous les objets, concrets ou abstraits, qu’il a acquis sont vraiment capables de le satisfaire.

Dans l’optique spiritualiste du Dr Cusano, la dépression est donc nécessaire, puisqu’elle marque la fin de l’exploration du monde extérieur, et le début du voyage de retour.

Evidemment, la plupart d’entre nous fuit cette dépression, dans le travail, le sexe ou n’importe quelle activité futile qui, d’une manière ou d’une autre, semble pouvoir faire revivre un peu de la jeunesse perdue ; refermant ainsi la spirale de l’existence sur elle-même.

Mais quelquefois, l’étape dépressive porte ses fruits et permet d’entamer le voyage de retour, non sans souffrances et difficultés, d’ailleurs !

La dépression, en effet, réactive toutes les peurs, comme pour les vérifier... et, avant tout, la peur de ne pas être le centre du monde.

Le voyage de retour

En fait, le voyage de retour passera par toutes les étapes précédentes, mais en sens inverse et dans une confrontation à l’autre plutôt qu’à soi-même. Il va bien s’agir de retourner la spirale, et de libérer au dehors ces imprégnations mentales inconscientes que les Yogi appellent vasanas ou samskaras et qui, dans la majorité des cas, s’enterrent malheureusement au dedans et produisent du Karma.

Ainsi, dans ce retournement, le moi va-t-il pouvoir se déconstruire, mais non sans résister, ce qui suscitera, bien sûr, des manifestations pathologiques spécifiques à chaque étape :

* Lorsque la position égocentrique sera remise en question dans cette constatation déprimante que “ je ne suis plus le centre du monde ”, c’est la paranoïa qui, bien souvent, prendra le relais... et l’autre deviendra un ennemi à combattre.

* Lorsque l’abandonnisme sera revisité, nous aurons alors affaire à un comportement de pervers, de manipulateur, voire de psychopathe… tous personnages qui réduisent l’autre à un objet dont on se sert. Le pervers peut toutefois être sadique avec lui-même, et devenir un obsessionnel qui s’enferme dans un monde qu’il contrôle mentalement.

* Lorsque la position schizoïde du départ est réactivée, le sujet en arrive au comportement de l’hystérique qui cherche à être aimé, qui cherche à paraître le meilleur possible, comme s’il fallait racheter une faute... mais en s’emparant, en fait, du désir de l’autre pour le faire sien.

* Enfin, au bout du voyage vers soi-même, c’est l’ombre qui constituera la dernière étape vers cette véritable individualité oubliée que nous recherchons tous, plus ou moins sans le savoir... et, au-delà de laquelle, toute personnalité et toutes peurs effacées, l’état spirituel pourra être pleinement réintégré.

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(*) Dr. François Cusano : Psychiatre, psychothérapeute transpersonnel (formé à l’Institut d’Esalen en Californie), hypnothérapeute ericksonnien. Responsable, avec son épouse Nicole Roux, de “ l’Ecole de Transpersonnelle Energy ” (E.T.E.), 6 chemin de l’ermitage, 38240 Meylan, Tél. : 04 76 90 09 90.

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A lire

* “ Le Maître et le thérapeute ” - Jacques Vigne - Albin Michel.

* “ Eléments de psychologie spirituelle ” - Jacques Vigne - Albin Michel.

* “ Evolution intérieure et problèmes psychologiques ” - Dennis Boyes - Dervy.

* “ Les psychothérapie transpersonnelles ” - Collectif - Trismégiste.

* “ Psychothérapie occidentale et orientale ” - Alan Watts - Fayard.

* “ Psychologie et religion ” - C.G. Jung - Buchet-Chastel.

Janvier 2001






Buddhaline

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