BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Illusion
De la pure tranquillité - Maître Wanshi Shokaku
Comment faire face à la peur ? - Lama Tsoknyi Rinpoche
La doctrine du non-soi :anatta - Vénérable Walpola Rahula
Vérité et illusion - Kodo Sawaki
Esprit et pensées - Dilgo Kyentsé Rinpoché
Le Désir - Maître Zen Huê-Minh
La relation à l’autre, dans le bouddhisme - Stephen Batchelor
Même rubrique

S’ouvrir à ce qui est - Ajahn Sumedho
Audace et Compassion - Dilgo Kyentsé Rinpoché
Soutra de l’Estrade - Houei Neng
Les huit facultés dont dispose un grand homme - Hachi-Dainingaku - Maître Dogen
La patience - Kangyour Rinpoché
L’essence condensée du Soutra du Bhagawan Bouddha de la guérison - Panchen Lama Losang Tcheukyi Gyaltsène
L’art de maîtriser une tempête - Thich Nhat Hanh
Autres textes
Sandokaï - Maître Sekito Kisen
Le moment le plus heureux de votre vie - Matthieu Ricard
Les avantages et les inconvénients du végétarisme - Alexandre Koehler
Le Hwadou - Maître Kusan Sunim
L’énigme birmane - Marie-Hélène Cardinaud-Steyaert
Le nirvana derrière les barreaux - Sudip Mazumdar
Les chemins du savoir andin amazonien - Grimaldo Rengifo Vásquez
Lama Thubten Yeshe

Bouddhisme et engagement politique par Lama Thubten Yeshe
Comprendre le fonctionnement de son esprit par Lama Thubten Yeshe
La méditation bouddhique par Lama Thubten Yeshe
La réincarnation par Lama Thubten Yeshe
Nous avons besoin de compassion par Lama Thubten Yeshe
Pouvoirs supra normaux et préscience par Lama Thubten Yeshe
Qu’est-ce que la réalité ? par Lama Thubten Yeshe

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Enseignements


Comprendre le fonctionnement de son esprit

Lorsque nous étudions le bouddhisme, c’est nous-mêmes que nous étudions, la nature de notre propre esprit.

Par Lama Thubten Yeshe

Lorsque nous étudions le bouddhisme, c’est nous-mêmes que nous étudions, la nature de notre propre esprit. Au lieu de se concentrer sur un être suprême, le bouddhisme met l’accent sur des choses plus pratiques, telles que la manière de mener notre vie, d’intégrer notre esprit et de maintenir paix et santé dans notre vie quotidienne. Autrement dit, le bouddhisme insiste toujours sur la sagesse-connaissance empirique plutôt que sur une connaissance dogmatique. En fait, nous ne considérons pas le bouddhisme comme une religion au sens habituel du terme. Du point de vue des Lamas tibétains, les enseignements bouddhiques se situent davantage dans le domaine de la philosophie, de la science ou de la psychologie. L’esprit humain cherche instinctivement le bonheur. En Orient tout comme en Occident, tout le monde fait la même chose. Mais si votre quête du bonheur vous pousse à appréhender le monde senso-riel de façon émotive, cela peut être très dangereux. Vous n’avez aucun contrôle.

N’allez pas vous imaginer que la maîtrise de l’esprit est un concept oriental, bouddhique. Nous avons tous besoin de maîtrise, particu-lièrement ceux d’entre nous qui sont prisonniers du matérialisme. Psychologiquement et émotionnellement, nous faisons trop grand cas des objets d’attachement. Du point de vue bouddhique, il s’agit là d’un esprit malsain ; la personne est en mauvaise santé mentale. En fait, vous savez bien que l’extérieur, le progrès technologique ou scientifique ne peut à lui seul, ni satisfaire les désirs dictés par votre attachement, ni résoudre vos autres problèmes émotionnels. Mais ce que l’enseignement du Bouddha montre c’est le caractère spécifique du potentiel humain, la capacité de l’esprit humain.

Lorsque vous étudiez le bouddhisme, vous découvrez ce que vous êtes et apprenez à vous épanouir davantage. Au lieu de mettre l’accent sur un système de croyance surnaturelle, les méthodes bouddhiques vous amènent à une compréhension plus profonde de vous-mêmes ainsi que de tous les autres phénomènes.

Cependant, que vous soyez religieux ou matérialistes, croyants ou athées, il est crucial de comprendre le fonctionnement de votre esprit. Sinon, vous continuerez à penser que vous êtes en bonne santé, alors qu’en réalité, la racine profonde des émotions conflic-tuelles, la cause véritable de toutes les maladies psychologiques, se trouve en vous et s’y développe.

Et il suffit d’un infime changement extérieur, que quelque chose d’insignifiant aille mal pour qu’en quelques secondes vous soyez complètement perturbés. Pour moi, c’est là un symptôme de mala-die mentale. Pourquoi ? Parce que vous êtes obsédés par le monde sensoriel, aveuglés par l’attachement et sous le contrôle de la cause fondamentale de tous les problèmes : la non-connaissance de votre esprit.

Peu importe si vous essayez de réfuter ce que j’ expose en me disant que vous n ’y croyez pas ! Ce n’est pas une question de croyance. Vous avez beau dire : « Je ne crois pas avoir un nez » votre nez est tout de même là, au milieu de votre figure. Votre nez est toujours là, que vous y croyiez ou non.

J’ai rencontré beaucoup de gens qui proclamaient avec fierté :

« Je ne suis pas croyant. » Ils sont si fiers de pouvoir déclarer qu’ils ne croient en rien. Réfléchissez-y ; c’est un point important. Dans le monde aujourd’hui, on trouve tellement de contradictions. Les matérialistes scientifiques s’enorgueillissent : « Je ne crois pas » ; les pratiquants disent : « Je crois. » Mais qu’importe ce que vous pensez, il est tout de même nécessaire de connaître le caractère spécifique de votre esprit. Sinon, à quoi bon parler des inconvénients de l’attachement, vous n’avez aucune idée de ce qu’est en réalité l’attachement ni de la façon de le maîtriser. Les mots sont faciles. Ce qui est réellement difficile c’est de com-prendre la véritable nature de l’attachement.

Par exemple, quand on a commencé à fabriquer des voitures et des avions, c’était dans l’intention de pouvoir faire les choses plus rapidement afin d’avoir davantage de temps pour se reposer. Mais, au lieu de cela, on s’aperçoit que les gens sont encore plus agités qu’avant. Penchez-vous sur votre propre vie quotidienne. À cause de l’attachement, vous vous impliquez avec émotion dans un monde sensoriel concret que vous avez vous-mêmes créé et qui vous prive de l’espace ou du temps nécessaire pour voir la réalité de votre esprit. Pour moi, c’est la définition même d’une vie difficile. Vous n’arrivez pas à trouver de satisfaction ou de plaisir. En vérité, plaisir et joie proviennent plutôt de l’esprit et non pas des objets externes. Néanmoins, certaines personnes sceptiques et intelligentes com-prennent, au plus haut point, que les objets matériels ne garantissent pas une vie agréable qui en vaille la peine et cherchent à savoir s’il existe véritablement quelque chose d’autre qui puisse offrir une satisfaction réelle.

Quand le Bouddha parlait de la souffrance, il ne se référait pas sim-plement aux problèmes superficiels comme la maladie et les blessures, mais au fait que la nature insatisfaite de l’esprit lui-même est souffrance. Peu importe combien vous recevez, cela ne satisfait jamais votre désir d’obtenir encore plus et toujours mieux. Ce désir incessant est souffrance ; il est frustration émotionnelle par nature.

La psychologie bouddhique décrit six émotions de base qui frus-trent l’esprit humain, en troublant sa paix et en l’agitant : l’ignorance, l’attachement, la colère, l’orgueil, les doutes contami-nés, les vues erronées. Ce sont des attitudes mentales et non pas des phénomènes provenant de l’extérieur. Le bouddhisme souligne que pour surmonter ces émotions perturbatrices, la racine de toute votre souffrance, la croyance et la foi ne sont pas d’une très grande aide : vous devez comprendre leur nature.

Si vous n’examinez pas votre esprit avec la sagesse-connaissance introspective, vous ne verrez jamais ce qui s ’y trouve. Sans examen approfondi vous pouvez toujours parler de votre esprit et de vos émotions, vous n’arriverez j allais à comprendre que votre émotion fondamentale est l’égocentrisme et que c’est de là que provient votre agitation.

Pour venir à bout de votre ego, vous n’avez pas besoin d’ abandon-ner toutes vos possessions. Gardez vos possessions ; ce ne sont pas elles qui rendent votre vie difficile. Vous êtes tourmentés parce que vous vous cramponnez à vos possessions avec attachement ; l’ego et l’attachement polluent votre esprit, l’obscurcissent, le rendent ignorant et agité, et empêchent la lumière de sagesse de se déve-lopper. La solution à ce problème est la méditation.

Ce texte est extrait du premier chapitre de “Devenir son Propre Thérapeute”, un ouvrage publié par les Editions VAJRA YOYINI, Château d’En-Clauzade81500 MARZENS

Il est reproduit ici avec l’aimable permission de l’Institut Vajra Yogini.

Lama Thubten Yeshé (1935-1984) fut un des premiers maîtres tibétains à avoir enseigné en anglais. Il dédia incontestablement sa vie à transmettre l’essence des enseignements du Bouddha aux Occidentaux. Il appartient à la lignée Gelugpa du Bouddhisme Tibétain. En France il a fondé l’Institut Vajra Yoyini et le monastère de Nalanda.

Cotobre 2000

Fondation pour la Préservation de la Tradition Mahayana (FPMT)
Centre Kalachakra - Centre de bouddhisme tibétain
5, passage Delessert - 75010 Paris
Tél/Fax : 01 40 05 02 22


http://www.centre-kalachakra.net/





Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling