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Régis Ribette

L’entreprise se construit en marchant sur les chemins de la complexité par Régis Ribette
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Complexité des mondes et reliance entre les hommes

Comment mieux prendre en compte l’homme dans les entreprises humaines tout en faisant face aux complexités et aux incertitudes grandissantes du monde ?

Par Régis Ribette

Comment mieux prendre en compte l’homme dans les entreprises humaines (2) tout en faisant face aux complexités et aux incertitudes grandissantes du monde ?

C’est en reliant les différentes intelligences des hommes - celles d’hier et celles d’aujourd’hui - que s’ouvriront les chemins des solutions.

1 Les chemins se construisent en marchant (3) dans les chantiers complexes de la connaissance

Tout s’écoule, disait Héraclite (4), tout se transforme, on ne peut se baigner deux fois dans le même fleuve …. Tout est en mouvement : nous-même dans les fluctuations de notre monde intérieur et, bien sûr, le "courant" de notre environnement, celui des mondes qui nous sont extérieurs. Les chemins de la compréhension et de la connaissance sont doublement complexes et imprévisibles.

Dans l’ancienne tradition de l’Orient, on appelait le chemin à parcourir le Tao et les sages en disaient :

Celui qui sait n’en parle pas

Celui qui en parle ne sait pas

Rappelons également un vieux proverbe de Siddartha Gautama (5) :

Ne crois rien parce que l’on t’aura montré le témoignage écrit de quelque sage ancien, ne crois rien sur l’autorité des maîtres et des prêtres. Mais ce qui s’accorde avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien, cela tu pourras l’accepter comme vrai et y conformer ta vie.

L’homme chemine, bien seul (6), dans un monde qu’il construit et qui l’a construit.

Le grand biologiste Dobszansky écrivait : En changeant ce qu’il connaît du monde, l’homme change le monde qu’il connaît ; en changeant le monde dans lequel il vit, l’homme se change lui-même.

Un verset du Coran, dit également que Dieu changera le monde quand l’homme modifiera le regard qu’il porte sur le monde.

Comment, pour gagner une meilleure maîtrise de soi et du monde, moduler son propre regard sur les multiples choses qui influencent toute vie ?

Quelle approche possible entre deux démarches opposées, constructiviste préconisée par Emmanuel Kant et positiviste recommandée par Auguste Comte, pour nous comprendre tout à la fois pensant et agissant ?

Comment apprendre à connaître (7) et à gérer ses propres ressources humaines ?

Quelle maïeutique socratique pour "accoucher" de notre propre projet personnel en relation avec les projets individuels des autres acteurs et les projets collectifs qui les rassemblent ?

2 Reliance des mondes intérieurs et des mondes extérieurs

Selon Emmanuel Kant (8), il est vain de rechercher à régler la connaissance sur les choses alors que notre esprit fonctionne en fait en "réglant les choses" sur la connaissance. Avant d’essayer de comprendre le monde, il faut d’abord s’intéresser aux outils qui permettent de le penser. S’il est vrai que nous ne pouvons voir et penser le monde qu’à travers des "lunettes", qui structurent le monde d’une façon particulière, il en résulte que nous ne connaissons pas (et nous ne pourrons jamais connaître) les choses telles quelles sont en réalité. La réflexion kantienne a largement anticipé sur les découvertes de la psychologie contemporaine : sur les acquits de la Gestalt theorie qui montre que nous pensons le monde à l’aide de "formes" préétablies ; sur la psychologie cognitive pour laquelle toute connaissance n’est pas un reflet de la nature, mais un "processus de traitement de l’information".

C’est une vision constructiviste de la connaissance qui est aujourd’hui largement partagée. Kant en est le précurseur.(9)

Quelques années après Kant, Auguste Comte (10) ne s’est intéressé qu’aux faits et à leurs relations. Les faits seraient des "choses en elles-mêmes" qu’on ne peut constater que par l’expérience. La seule expérience est celle des sens, la psychologie est impossible et la connaissance de l’homme se réduit à la physiologie.

On ne peut être à la fois acteur et observateur de soi, comme le suggère Auguste Comte :

On ne peut se mettre au balcon pour se voir passer dans la rue !

Nous connaissons, dans les épistémologies positivistes, la nécessaire séparation méthodologique de l’objet observé et de l’observateur selon la croyance dogmatique d’un "plan de câblage" de l’univers (11) indépendant qu’il suffira de bien connaître pour comprendre le monde et y agir valablement.

Ainsi, Emmanuel Kant et Auguste Comte, l’un comme l’autre, ont privilégié un seul des deux pôles de la relation :

Homme <--------------

-------------> Monde

Kant s’intéresse avant tout à l’homme et Comte considère le Monde comme un absolu.

Quant à nous, nous disputons la thèse de la "voie du milieu", à savoir que compréhension et connaissance sont les fruits d’une construction réciproque et interactive de l’homme et de son milieu environnant. L’homme construit le monde et le monde construit l’homme.

Ainsi, pour avancer sur le chemin de la connaissance l’"esprit" a besoin de "deux jambes", celle du positivisme et celle du constructivisme dont Jean Piaget fut, après Kant, l’un des pères fondateurs.

Dans cette marche, afin de mettre en perspective utile l’homme et le monde, Robert Vallée (12) propose de construire entre "pensée et action" des boucles "épistémo-praxéologiques" : perception-décision-action-perception.

Mais que percevons-nous réellement du monde qui nous entoure ?

3 Représentations de la complication et de la complexité des mondes

Le plan de l’avion Airbus n’est que compliqué car l’intelligence de l’homme peut en maîtriser tous les détails au travers de nombreux plans et notices. C’est plus une question de temps et d’espaces disponibles qu’un problème de capacités intellectuelles. Par contre, on qualifiera de complexe (et parfois d’imprévisible) le fonctionnement d’un Airbus en tant que résultat des multiples interférences entre les systèmes techniques, les systèmes humains de pilotage, les contraintes du monde extérieur (par exemple météorologiques), etc.

Dans la dynamique du siècle des lumières, les scientifiques ont cru pendant longtemps qu’il y avait un plan de l’univers, certes fort compliqué dans toutes ses lois, mais que l’on arriverait un jour à découvrir dans sa totalité. On pourrait alors tout prévoir de l’évolution des différents mondes.

Nous savons aujourd’hui - depuis les travaux du mathématicien Henri Poincaré (13) et, surtout, depuis ceux de Benoît Mandelbrot (14) et ceux des théoriciens du chaos (15) - que le monde dans lequel nous vivons est structurellement complexe et imprévisible. Le plan, la carte n’est pas le territoire de la réalité où les chemins sont pleins de bifurcations.

En effet, si l’on étudie un système complexe à multiples degrés de liberté - modèle envisageable pour tout objet de connaissance - on constate dans un espace graphique de représentation de son évolution, l’existence de cycles d’équilibre que l’on a dénommés "attracteurs étranges" (16) . On ne peut prévoir précisément où va se terminer la courbe figurant le mouvement de l’objet étudié, on sait seulement que le point final va se trouver …… "quelque part" sur cet attracteur étrange !

Dans nos modèles de représentation du monde, le déterminisme chaotique non linéaire est venu compléter le déterminisme causal linéaire de la science traditionnelle.

De plus, la réalité profonde de ce monde extérieur complexe est concrètement insaisissable ! La réalité de sa réalité (17) n’est qu’une représentation mentale subjective que l’homme construit à la frontière de son monde intérieur et de ses mondes extérieurs. Chacun construit sa propre représentation de l’univers dans un espace/temps personnel qui s’élabore à l’interface de ses propres structures internes et des structures externes qui l’environnent. (18)

Le peintre Magritte (19) a fort bien décrit cette capacité de l’homme d’être créateur de son propre monde. Pour mieux comprendre cette assertion, chacun peut s’imaginer à l’intérieur d’une pièce regardant un "arbre" au travers d’une large baie, alors qu’un chevalet de peintre cache l’arbre réel et ne montre que celui que l’artiste a peint sur la toile. Ainsi, entre nous et le paysage réel, la figuration de cet arbre sur le tableau du peintre est tout à fait semblable à ces images, à ces représentations mentales, que nous construisons entre nos structures internes et les structures externes de notre environnement, dans cet "espace de conscience" comme le définit Jean-Pierre Changeux, dans ce que nous pouvons appeler notre propre réalité, notre monde intérieur.

Si chaque homme est auteur de la réalité du monde et architecte-réalisateur de son projet personnel, comment alors communiquer avec les autres hommes et comment coordonner projets individuels et projets collectifs ?

Comment gérer les complexités managériales ?

4 Reliances des intelligences individuelles et développement d’une intelligence collective

Après avoir fort judicieusement rappelé la proximité sémantique du mot complexité avec le latin complexus (20) qui signifie "tisser ensemble", Edgar Morin affirme que la reliance (21) est la réponse à la question posée par la complexité du monde.

"Tisser ensemble" les intelligences a toujours été, tout au long de l’histoire de l’humanité, la quête permanente des hommes.

· Tout d’abord, c’est à partir d’une volonté partagée d’échanges que la parole est née dans les différents moments des rencontres entre les hommes. Ainsi, la parole s’est développée, à la chasse, dans les cavernes autour des premiers feux, dans l’agora et dans les différentes réunions culturelles et sociales tout au long de nombreux siècles de communications (conférences, colloques, congrès, symposium, etc.).

· Puis, parallèlement à l’émergence du discours et après la création des premiers signes et dessins par nos lointains ancêtres, l’écriture est venue compléter la parole, devenant à partir de Gutenberg d’un usage d’importance tout à fait comparable avec, en plus, des propriétés de diffusion et de mémorisation plus efficaces et bien plus fidèles que celles de la tradition orale.

L’écriture a permis aux hommes de se relier dans l’espace à d’autres hommes et dans le passé à des hommes disparus.

· Enfin, ces dernières années, l’apparition des multimédia dans la communication (éditions diverses, presse, cinéma, télévision) et le développement fulgurant des réseaux électroniques - tel Internet - offrent de nouvelles voies, à la fois dans les différents moments du temps et dans la pluralité des lieux, pour construire d’autres reliances entre les hommes.

Le développement d’intelligences individuelles et collectives "tissées en réseau" nécessite non seulement la mise en relation des différents "acteurs-chercheurs" (les fils) mais aussi l’apprentissage collectif de nouvelles méthodes de communication (la trame) mariant intelligemment "pensée et action", dans les différents cours du temps et dans les nombreuses dimensions, locales et globales, de l’espace.

L’intelligence collective de demain générera l’innovation (22) , nécessaire au pilotage des systèmes complexes du monde, à partir d’un meilleur "tissé ensemble" de la Parole, de l’Ecriture et d’Internet. Nous sommes convaincus qu’en émergera un développement simultané et plus harmonieux de l’homme et des organisations.

Ces nouvelles intelligences sont à construire par tous ceux qui estiment que les idéologies monolithiques de gestion d’hier ont montré leurs limites et qu’il faut, chemin faisant, inventer une nouveau management autour de valeurs plaçant l’homme au centre de toute chose. (23)

Tout est fait avec et par les hommes

et doit être fait pour les hommes.

L’homme est la finalité du monde où nous vivons.

Rien de ce qui nous entoure n’a de raison d’être sans l’homme. (24)

Cette nouvelle alliance, pour un monde plus humain, plus solidaire et plus responsable (25), est inéluctable à plus ou moins long terme et, si l’on ne sait quelle forme définitive elle pourra prendre, l’essentiel n’est-il pas de se mettre dès maintenant en chemin pour la construire ensemble pas à pas sur tous les chemins de la complexité du monde ?

Quels chantiers pour le DRH de demain ?

Complexité, reliance, innovation, humanisme sont probablement les maîtres mots du management de l’entreprise du prochain siècle.

C’est à chaque DRH de construire son propre chemin de pensée et d’action ….. en cheminant avec tous les acteurs de son entreprise, en se reliant aux autres DRH et surtout à nos grands anciens, les philosophes, les artistes, les poètes, les hommes de pensée et d’action, qui au fil des siècles ont fait émerger les valeurs humaines, racines aujourd’hui de notre communauté culturelle euro-méditerranéenne.

Le poète carthaginois Térence nous a semblé être la figure emblématique la meilleure pour ce projet d’alliance humaniste, grâce à sa formulation il y a plus de deux millénaires de cette pensée qui nous relie encore aujourd’hui :

Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger

Pour la construction d’une représentation plus personnelle de la symbolique d’une nouvelle union entre les hommes, nous proposons à chacun de visualiser le logo (26) de l’Alliance Térence en s’inspirant de quelques "itinéraires" possibles entre Alliance, Reliance et Térence :

Le chemin se construit en marchant, souhaitons-nous bon courage sur une route commune,

en espérant ..... qu’un très bon "vent cosmique" puisse y souffler ! (27)

1. Par Régis Ribette, Professeur honoraire du Conservatoire National des Arts et Métiers

2. En paraphrasant Auguste Detoeuf dans les propos de 0. L. Barenton confiseur, Valmonde Edition, 1998.

3. En clin d’œil à Antonio Machado ….. Se hace camino al andar. Dans l’année du centenaire de sa naissance, Antoine Saint Exupéry, est l’écrivain français le plus lu, en France et à l’étranger. "Saint Ex" se définissait comme un marcheur infatigable sur tous les chemins de la vie : Seule compte la démarche, car c’est elle qui dure et non le but qui n’est que l’illusion du voyageur.

4. Héraclite, philosophe grec (576-480 av.J.C.) était moins frappé de la substance des choses que de leur devenir. Rien n’est, tout devient. Tout s’écoule, tout devient tout. Si tout devient tout, chaque chose contient en elle ce qui la nie ; la loi du devenir n’est plus que celle de l’identité des contraires. Héraclite a fortement influencé Platon et Aristote. Voir également la théorie ago-antagoniste d’Elie Bernard-Weil in Précis de Systémique Ago-Antagoniste, Introduction aux stratégies bilatérales, L’Interdisciplinaire, 1988.

5. Siddartha Gautama dit le Bouddha historique.

6. Nonobstant les différentes solidarités, fruits des reliances heureuses entre les hommes.

7. Connais-toi, toi-même ….. et tu connaîtras l’univers et les dieux.

8. Emmanuel Kant (1724-1804) a publié la Critique de la Raison pure en 1781 et l’a remaniée pour une seconde édition en 1787.

9. Jean-François Dortier : Critique de la Raison pure, in "Sciences Humaines", mars 1996, n°59.

10. Auguste Comte (1798-1857) est également l’inventeur de la sociologie qu’il appelait la "physique sociale".

11. Selon la métaphore du professeur Jean-Louis Le Moigne.

12. Robert Vallée in Cognition et Système, essai d’Epistémo-Praxéologie, Lyon-Limonest 1995, L’Interdisciplinaire.

13. Henri Poincaré (1854-1912) a découvert les mouvements chaotiques à partir de l’étude du mouvement de trois corps dans l’espace. En 1889, il remporta le prix mis au concours par le roi de Suède, entre tous les géomètres du monde, sur le Problème des trois corps et les équations de la dynamique.

14. Benoît Mandelbrot est l’inventeur des fractals. Les objets fractals, Flammarion, 1989.

15. Cf. James Gleick, La théorie du chaos, Albin Michel, 1989.

16. Ou attracteurs de Lorenz qui, le premier, mit les phénomènes chaotiques en évidence en étudiant concrètement les problèmes liés aux prévisions météorologiques dans l’atmosphère. Nous sommes là dans le domaine des systèmes dynamiques, non linéaires complexes, tellement sensibles aux prévisions initiales, qu’un battement d’ailes de papillon à Hong-Kong peut créer une tempête au-dessus de New York. Philosophiquement, la théorie du chaos signifie que l’action d’un individu donné peut avoir des conséquences au niveau d’un univers social complexe qui n’est pas linéaire. C’est tout à fait réconfortant pour les gestionnaires des ressources humaines qui investissent justement sur chaque personne humaine, en espérant qu’un individu soit capable, à lui seul, faire "bouger" son propre milieu. Voir le tome 2 de l’Encyclopédie des Ressources Humaines, Térence, L’Homme, ressource stratégique, Les Editions d’Organisation, 1993.

17. En clin d’œil à l’ouvrage de Paul Watzlawick La réalité de la réalité, Seuil, Points, 1978.

18. Cf. l’exposé fait par Régis Ribette au Salon International de la Formation à Tunis en novembre 1996.

19. Cf. les deux tableaux de René Magritte, La condition humaine (1934) et Les promenades d’Euclide (1955). René Magritte a écrit : J’ai placé devant une fenêtre, vue de l’intérieur de la pièce, un tableau représentant exactement la partie du paysage qui était cachée à la vue par le tableau. L’arbre représenté dans le tableau cachait donc l’arbre qui se trouvait derrière lui, hors de la pièce. De cette façon, dans l’esprit du spectateur, il existait simultanément à l’intérieur de la pièce, dans le tableau et à l’extérieur, dans le véritable paysage. C’est ainsi que nous voyons le monde : vous le voyons comme extérieur à nous, même si ce que nous éprouvons intérieurement n’en est qu’une représentation mentale.

20. Le latin complexus signifie entrelacement, action d’enlacer, affection, amour, enchainement, liaison pour "embrasser le tout et entrelacer les parties" ……

21. Edgar Morin, La stratégie de reliance pour l’intelligence de la complexité, in Revue Internationale de Systémique, vol 9, N° 2, 1995. Quand je parle de complexité, je me réfère au sens latin élémentaire du mot "complexus", "ce qui est tissé ensemble". Les constituants sont différents, mais il faut voir comme dans une tapisserie la figure d’ensemble. Le vrai problème (de réforme de pensée) c’est que nous avons trop bien appris à séparer. Il faut mieux apprendre à relier. Relier, c’est-à-dire pas seulement établir bout à bout une connexion, mais établir une connexion qui se fasse en boucle. Du reste, dans le mot relier, il y a le "re", c’est le retour de la boucle sur elle-même. Or la boucle est autoproductive. A l’origine de la vie, il s’est créé une sorte de boucle, une sorte de machinerie naturelle qui revient sur elle-même et qui produit des éléments toujours plus divers qui vont créer un être complexe qui sera vivant. Le monde lui-même s’est autoproduit de façon très mystérieuse. La connaissance doit avoir aujourd’hui des instruments, des concepts fondamentaux qui permettront de relier.

22. Le système de pilotage doit avoir plus de variété (loi d’Ashby) que le système à piloter. Il doit donc être "plus complexe" que "la complexité" à gérer …… d’où l’importance pour les systèmes humains d’être innovants.

23. Selon la définition de l’humanisme donnée par Cicéron.

24. C’est ainsi que Jean-Léon Donnadieu conclut le récit de son parcours personnel et professionnel au cours duquel il a pleinement "pensé sa vie et vécu sa pensée". Il a été auprès d’Antoine Riboud l’artisan du double projet économique et social du Groupe Danone, générateur de situations où chaque personne peut construire son propre projet, réaliser sa "légende personnelle" selon la très belle expression de Paulo Coelho dans l’Alchimiste. Voir le livre de Jean-Léon Donnadieu : D’hommes à hommes. Itinéraire d’un DRH, L’Harmattan, 1999.

25. Voir sur Internet dans le site re-liance.net, l’étoile Térence mais aussi l’Alliance pour un monde solidaire et responsable …… étoile, elle aussi, de première grandeur dans la galaxie Re-liance. Rajoutons que dans re-liance.net, il y a un "trait d’union" après le "re", ce qui est un symbolisme intéressant pour un réseau qui veut lier les acteurs-chercheurs de la complexité (voir infra la note 30 pour le "re"). Enfin, reliance en anglais signifie confiance et net : filet, réseau ! Il y a sûrement d’autres déclinaisons analogiques et symboliques possibles, en particulier entre re-lia-nce, al-lia-nce et Té-re-nce (voir infra le logo de l’Alliance Térence).

26. Logo .... logos ou la force de la parole ....

27. On peut rappeler, comme archétypes symboliques des démarches positivistes et constructivistes, les deux adages suivants : - Il n’y a pas de bon vent pour celui qui ne sait où est le port (Sénèque) - Le chemin importe plus que le but (Goethe).

Régis Ribette, Professeur honoraire du Conservatoire National des Arts et Métiers

Alliance Terence © Mai 2000

Email : Regis.Ribette@re-liance.net

http://www.re-liance.net/

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