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> Bouddhisme > Enseignements


Comment Pratiquer : L’Esprit et sa nature profonde

Par Sa Sainteté le Dalaï Lama

LA PRATIQUE DE LA SAGESSE

Dans un texte sur la perfection de la sagesse, Bouddha énonce la déclaration suivante :

« Dans l’esprit, on ne trouvera pas l’esprit ; la nature de l’esprit est claire lumière. »
Bouddha

Afin de comprendre les différents niveaux de cet énoncé, il faut identifier l’esprit, analyser sa nature profonde et découvrir comment les bonnes et les mauvaises conséquences surgissent. Examinons les différentes parties de cet énoncé :

1. La phrase « dans l’esprit » concerne la nature de l’esprit, son essence lumineuse et sa connaissance. Dans le chapitre 7 sur la méditation concentrée, nous avons évoqué la nature lumineuse et vibrante de la connaissance de l’esprit et vu comment il est nécessaire d’écouter les pensées précédentes – ne pas laisser venir de nouvelles pensées bien qu’elles soient toujours présentes -, afin de pouvoir identifier l’esprit.

2. Quand Bouddha dit « on ne trouvera pas l’esprit », cela signifie que cette luminosité et cette connaissance ne sont pas l’essence ultime et la plus profonde de l’esprit. Mais plutôt, l’essence ultime de l’esprit est la « claire lumière », vide d’existence réelle.

Vous pourriez penser que Bouddha affirme que l’esprit n’existe pas, mais ce n’est pas le cas. Moi-même, je commente cet énoncé par le travail de mon esprit, et vous, le lecteur, lisez en faisant travailler votre esprit. L’esprit est toujours présent, nous l’utilisons, mais nous ne le connaissons pas bien. Ainsi, même s’il est difficile d’identifier l’esprit, il existe. Nous l’analysons par rapport à sa nature la plus profonde.

Il est évident que l’esprit existe. Comme sa nature ultime et sa disposition de base ne sont pas établies, quel est son mode d’existence ? Sa nature profonde reflète la vacuité de sa propre existence réelle. Cela signifie que les souillures qui polluent l’esprit – l’ignorance, la luxure et la haine, - sont temporaires, séparables de l’esprit. Lorsque ces souillures sont admises comme superficielles, n’appartenant pas à la nature fondamentale de l’esprit, on perçoit que la nature profonde de celui-ci est la claire lumière, la vacuité.

Les souillures sont superficielles, l’essence de l’esprit est la claire lumière

Les textes bouddhistes expliquent de différentes façons l’énoncé : « Les souillures sont superficielles, l’essence de l’esprit est la claire lumière. » La déclaration du Bouddha n’est pas si vague que nous puissions l’interpréter comme il nous plaît. Au contraire, elle comprend de nombreuses significations explicites et implicites. Dans le Tantra du Yoga supérieur, il existe de nombreuses manières d’extraire un sens d’une formulation. Nous pouvons expliquer le sens littéral, le sens général, le sens caché et le sens ultime.

Afin de clarifier la déclaration de Bouddha, « Les souillures sont superficielles, l’essence de l’esprit est la claire lumière », je citerai en association avec le Tantra du Yoga supérieur le Tantra de la parure magique, section de la Répétition des noms de Manjushri Tantra :

Les Bouddhas parfaits surgissent du A.
A est la lettre suprême.

Parmi les quatre sens que je viens de mentionner, je donnerai une explication générale de cette affirmation. La lettre A est une particule négative en sanskrit. Elle exprime la vacuité, l’absence, ou la négation de l’existence réelle. Lorsque le Tantra de la parure magique affirme que « les Bouddhas parfaits surgissent du A », cela signifie que les Bouddhas naissent au sein de la sphère nouménale de la vacuité. En le disant autrement, les Bouddhas naissent grâce à la méditation sur la vacuité de l’existence réelle. Par la méditation, les souillures sont éliminées dans la sphère nouménale de la réalité (la vacuité de l’existence réelle). La vacuité, symbolisée par A, est le thème suprême. C’est pourquoi le Tantra de la parure magique dit : « A est la lettre suprême. »

De même, du point de vue du Tantra du Yoga supérieur, la lettre A se réfère à la goutte indestructible dans laquelle est formé le corps d’un Bouddha. Dans le Tantra du Yoga supérieur, la bouddhéité naît en se concentrant sur la goutte indestructible au centre du cœur. Le corps ultime d’un Bouddha possède la nature de la goutte indestructible. Cela nous aide à comprendre l’assertion que les Bouddhas parfaits naissent de la lettre A.

Qu’est-ce que la goutte indestructible ? C’est l’union du vent subtil et de l’esprit subtil. L’esprit connaît les objets tandis que le vent, ou l’énergie intérieure, conduit la conscience à engager des projets. L’union du vent et de l’esprit provoque des changements dans la conscience.

L’esprit sans commencement

La conscience n’est pas physique. Elle n’a ni la couleur, ni la forme, ni la caractéristique des choses physiques. Son entité est pure luminosité et connaissance, et lorsqu’elle rencontre certaines conditions (par exemple, lorsqu’un objet est présent et qu’une faculté sensorielle fonctionne normalement) elle reflète cet objet. Le fait que l’esprit change d’un moment à l’autre, apparaissant sous différents aspects, indique qu’il est influencé aussi par d’autres causes et conditions.

Un esprit naît d’un esprit précédent du même type. Ce qui montre qu’il existe un continuum de l’esprit sans commencement. Si la création d’un esprit n’avait pas besoin de dépendre de moments spirituels passés, s’il pouvait naître sans causes, alors un tel esprit pourrait surgir n’importe où et n’importe quand, ce qui serait absurde. De même, si la conscience n’était pas produite par une entité passée de notre conscience mais née de quelque chose de physique, soit elle serait toujours produite de cette façon absurde, soit elle ne le serait jamais, ce qui serait aussi absurde. Cela indique que la conscience représente la continuité d’une entité antérieure de la conscience.

Parce que la conscience est fondée sur un moment antérieur de conscience, il ne peut y avoir de commencement à ce continuum. La conscience n’a ni commencement ni fin. Cette continuité rend possible la transformation de l’esprit en états améliorées. Quand le continuum mental est associé aux états impurs, notre expérience est limitée au domaine de l’existence cyclique. Quand le continuum mental rompt avec les états impurs, nous pouvons atteindre le nirvana. De cette manière, tous les phénomènes sont des artifices ou des jeux de l’esprit. Les phénomènes impurs de l’existence cyclique sont les jeux d’un esprit impur, les purs phénomènes du nirvana sont le jeu de l’esprit pur.


Les états d’esprit erronés sont dus à l’ignorance

Puisqu’il est dit que « dans l’esprit, on ne trouvera pas l’esprit ; la nature de l’esprit est claire lumière », les états d’âme impurs tel que le désir sexuel et la haine ne font pas partie de la nature de l’esprit. Ils sont produits par l’ignorance – une conscience qui conçoit à tort l’existence réelle – dans le moment présent ou à partir d’une source antérieure. Les états d’esprit erronés proviennent à la racine d’une conscience faussée. L’ignorance est une forme de conscience qui se trompe par rapport à l’objet de son attention : elle n’est pas fondée sur une connaissance valide.

Une conscience erronée et une conscience avec une fondation solide ont des manières contradictoires d’appréhender les phénomènes. Ainsi, elles s’affrontent mutuellement. Au cours de votre pratique, lorsque vous vous habituez aux attitudes corrects, les états d’esprit erronés diminuent jusqu’à disparaître. Le système même de l’enseignement bouddhiste est fondé sur la contradiction naturelle. Nous désirons le bonheur et ne voulons pas la souffrance. La douleur que nous cherchons à éviter surgit surtout des attitudes mentales. Comme les émotions douloureuses se trouvent à la source de la souffrance mentale directement ou indirectement, nous devons considérer s’il existe des forces qui les opposent. Par exemple, si la colère entraîne la souffrance, nous devons alors nous mettre à la recherche d’une force opposée. Pour la colère, il s’agit de l’amour et de la compassion. Bien que la colère et l’amour/compassion relèvent de la conscience ils ont des façons contradictoires d’appréhender le même objet. Leurs réalisations sont opposées. Ainsi, s’il fait trop chaud dans une pièce, le seul moyen de réduire la chaleur est de faire pénétrer le froid. De même que la chaleur et le froid s’opposent, les états mentaux purs et impurs s’affrontent. Plus on l’on développe un, plus l’autre décroît. C’est pourquoi il est possible d’éliminer des états d’esprit erronés. Les antidotes existent.

L’esprit représente une vérité conventionnelle ; la réalité de l’esprit – son vide d’existence réelle – est sa vérité ultime. Ces deux vérités sont contenues en une entité indivisible. De même qu’il existe une union des deux vérités, la conventionnelle et l’ultime, concernant l’esprit, de même une union de ces deux vérités concerne chaque objet. Son apparence est une vérité conventionnelle, son vide d’existence réelle, sa vérité ultime.

La réalité finale est connue grâce au raisonnement du dépendant/émergent. Par exemple, parce que l’esprit est une entité dépendante émergente, il est vide d’existence réelle. Lorsque l’on saisit la vacuité grâce à la logique du dépendant/émergent, on comprend que les phénomènes sont l’union du dépendant/émergent et de la vacuité. L’apparence et la vacuité sont alors perçues comme harmonieuses.

Les apparences dépendantes/émergentes de phénomènes conventionnels procurent un contexte propre à enseigner la compassion – appelé la « Voie vaste », à cause de l’immense variété de ses apparences. La vacuité de l’existence réelle des apparences crée le fondement de l’enseignement de ce qu’on nomme la « Voie profonde », parce que la vacuité est l’essence finale des phénomènes – paisible, libérée de toute conceptualisation et d’un seul goût. En cultivant ces deux voies par la méditation – le vaste aspect de la compassion et la profonde sagesse de la vacuité – d’une manière inséparable, les états mentaux erronés de votre continuum passeront par une transformation graduelle. Ils disparaîtront peu à peu tandis que les attributs excellents de l’esprit et du corps d’un Bouddha émergeront.

La bouddhéité est accomplie grâce à la culture unifiée de la motivation et de la sagesse. La motivation et la sagesse apposent leurs empreintes sur la bouddhéité. Le résultat de la culture de la motivation sont les Corps formés d’un Bouddha qui existent afin d’accomplir le bien-être des autres. L’empreinte de la culture de la sagesse est la Vérité du corps d’un Bouddha, accomplissement de votre développement personnel. Quelles sont les principales formes de la motivation et de la sagesse ? La motivation première est une intention d’atteindre l’Éveil, inspirée par l’amour et la compassion et qui entraîne la pratique d’actions bienveillantes, telles que le don, la morale et la patience. La principale forme de la sagesse est une conscience intelligente qui réalise la vacuité de l’existence réelle.

Il existe trois aspects des fondations du bouddhisme. La base réside dans les deux vérités, la voie émerge avec les deux facteurs de la motivation et de la sagesse, chacune reliée à ses vérités respectives. Le fruit, ou le résultat du voyage sur la Voie, est la réalisation des deux corps – les Corps formels et les Corps vérité d’un Bouddha – pour assembler ces éléments, sur la base des deux vérités – la conventionnelle et l’ultime – se pratiquent les deux qualités de la Voie – la motivation et la sagesse – qui amènent à accomplir le fruit, les Corps de la forme et de la Vérité d’un Bouddha.


Meditation

Sommaire pour une pratique quotidienne

1. Identifiez la nature lumineuse et vibrante de connaissance de l’esprit, non obscurci par les pensées.

2. Explorez souvent l’essence profonde de l’esprit afin de révéler son absence d’existence réelle, sa vacuité, en réfléchissant sur la dépendance des causes et conditions de l’esprit – en incluant le fait que le temps mental écoulé dépend des époques antérieures et postérieures à ce même temps.

3. Essayez de saisir la compatibilité de l’apparence de l’esprit avec son vide d’existence réelle et constatez comment les deux se complètent.

À suivre....

(Lamrim) Comment Pratiquer le bouddhisme ?
Sa Sainteté le Dalaï Lama








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