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> Bouddhisme > Découverte


Bouddhisme aux multiples facettes

Un survol des différentes traditions bouddhistes et leur implantation en Occident

Par Daniel Milles

Le bouddhisme est souvent confondu avec l’hindouisme avec lequel il partage deux éléments importants de doctrine : le karma, la loi de cause à effet, et la doctrine des renaissances, appelée réincarnation dans l’hindouisme. Si, comme l’hindouisme, le bouddhisme a vu le jour sur le sol indien, il s’est rapidement exporté dans la quasi-totalité des pays asiatiques, pour finalement presque disparaître de l’Inde. On dénombre aujourd’hui environ 1% de bouddhistes en Inde..

LE BOUDDHISME THERAVADA

Fondé par le Bouddha (l’Eveillé) cinq siècles avant notre ère, le Dharma (l’enseignement) s’est rapidement répandu d’abord au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Laos, au Cambodge, en Malaisie, à Singapour et jusqu’au Vietnam, pour former le Bouddhisme Théravada (la Doctrine des Anciens). Les Théravadin prétendent être restés plus proches de l’enseignement originel du Bouddha. Ses moines sont reconnaissables à la robe safran qu’ils portent.

LE BOUDDHISME MAHAYANA

Plus tard, le Dharma s’est étendu vers le Nord en direction de la Chine, de la Corée, du Vietnam, du Japon, puis au Tibet. Cette forme de bouddhisme s’est appelée Mahayana, qui signifie « Grand Véhicule », parce qu’elle est ouverte à tous, au contraire du bouddhisme Théravada qui est un bouddhisme essentiellement monastique.

LE BOUDDHISME TIBETAIN

Le bouddhisme, partout où il se répandait, plutôt que d’essayer d’extirper la religion ou les croyances qu’il trouvait sur place, chercha à les incorporer. C’est ainsi qu’au Tibet le Bouddhisme Mahayana donna naissance au tantrisme, qu’on appelle encore Vajrayana (la Voie du Diamant).

Le Bouddhisme Tibétain devait par la suite étendre son influence à ses pays limitrophes : Mongolie, Sikkim, Bhutan, Népal. Il se développa par étape, donnant naissance à quatre grandes écoles de pratique : Nyingmapa, Sakyapa, Kagyupa et Guélugpa. Le Dalaï Lama n’est que le leader de l’école Guélugpa, dont les moines portent, les jours de cérémonie, une coiffe jaune. Mais, étant également le chef temporel du Tibet, il est de par ce fait reconnu comme le chef spirituel de tous les Tibétains, les domaines spirituel et temporel n’étant au Tibet pas séparés.

ZEN ET AMIDISME

En Chine et au Japon, mais aussi en Corée et au Vietnam, le Bouddhisme Mahayana prit de nombreuses formes. Les écoles les plus anciennes, Shingon (ésotérisme tantrique) Kegon et Tendaï (écoles plutôt philosophiques), attirèrent les classes aisées, alors que les écoles Jodo et Nichiren s’implantèrent (plus tard) dans le peuple. Quant au Zen, il s’est toujours situé un peu à part, intégrant des éléments taoïstes, et insistant sur la primauté de l’expérience sur l’étude, la tradition et les rites.

Aujourd’hui le Jodo et le Nichiren sont largement majoritaires au Japon. Le Jodo (l’école de la Terre Pure), encore appelé Amidisme, prône la libération par la seule foi du disciple dans le Bouddha, les autres pratiques étant considérées trop difficiles en cette ère dégénérée. Quant à l’école de Nichiren, on hésite à la considérer encore comme une école bouddhique, sa doctrine s’étant considérablement éloignée du message originel du Bouddha.

TRANSMISSION A L’OCCIDENT

Dans son dernier livre The Awakening of the West : The encounter of Buddhism and Western culture/ Stephen Batchelor . - London : Harper and Collins, 1994., Stephen Batchelor distingue cinq attitudes occidentales face au bouddhisme , attitudes qui se sont succédées au cours de la rencontre progressive entre les deux traditions/civilisations :

- l’indifférence aveugle,

- le rejet arrogant,

- la connaissance rationnelle,

- le rêve romantique,

- enfin l’engagement existentiel.

C’est à ce dernier stade que nous sommes arrivés aujourd’hui. En effet le bouddhisme a quitté son berceau traditionnel pour se répandre en Amérique, en Europe, et jusqu’en Australie. Mais les écoles sont très inégalement représentées. Trois grands courants émergent : le Bouddhisme Tibétain, le Zen et le Vipassana. Ce dernier, issu du Théravada, est essentiellement représenté en France à travers S.N. Goenka. Il faudrait peut-être aussi mentionner la Soka Gakkai, dérivée directement du Nichiren japonais et très implantée en Occident, mais se tenant complètement à l’écart des autres écoles ; vu la liberté considérable que le mouvement a pris par rapport à la doctrine de l’Eveillé, beaucoup lui refusent le qualificatif de bouddhiste.

Le Bouddhisme Tibétain séduit l’Occident par son côté mystique et rituel haut en couleurs, et certainement aussi par le côté à la fois « bon enfant » et rayonnant de ses lamas. Dans le Zen, c’est au contraire le grand dépouillement qui attire, et le fait qu’on mette l’accent sur l’expérience directe de la réalité. Quant à la pratique Vipassana, elle constitue pour beaucoup une bonne introduction au bouddhisme, satisfaisant à la fois le besoin rationnel du pratiquant et, comme dans le Zen, sa soif d’expérience directe.

LE DALAÏ LAMA

Le très charismatique et actif Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï Lama, Prix Nobel de la Paix 1989, a beaucoup contribué à faire connaître le bouddhisme en Occident, ce qui fait qu’aux yeux du public occidental, il est devenu une sorte de « Pape » des bouddhistes. Or il n’existe aucune Eglise bouddhique, ni aucune organisation qui regrouperait les nombreuses traditions bouddhiques. Il en est ainsi depuis 2500 ans et il semble qu’il en sera encore longtemps ainsi.

Cet article est paru dans la revue "Alternatives non violentes" N° 58 (printemps 1995) : Les religions sont-elles violentes ?






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