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Bernie Glassman : Zen et Action sociale

Compte rendu de la journée du 21 octoble en présence de Bernie Glassman

Par Vénérable Kunzang

Bernie Glassman nous parle du mouvement des Peacemakers, une organisation dédiée à l’action sociale. Ce texte est le compte-rendu de la journée du 21 octobre 2000 au centre zen Dana de Montreuil en présence de Bernard Glassman.

Zen et action sociale

Une trentaine de participants d’horizons très divers se sont retrouvés autour de Bernie Glassman pour participer à une réunion organisée par Michel Dubois et Catherine Pagès (Genno Sensei) à Dana, dans l’intention de créer une section française à l’organisation des Peacemakers (artisans de la paix).

Cette réunion voulait également saluer la parution française du livre de Bernie « L’Art de la Paix paru récemment :

L’Art de la Paix : Un maître zen engagé dans le monde d’aujourd’hui.

Bernie Glassman, Albin Michel 2000, 237 pages.

ISDN 2-226-11666-4

Bref portrait de Bernard Glassman

Bernie Glassman a pratiqué le zen pendant 20 ans aux Etats-Unis (Californie), dans la lignée de Maezumi Roshi.

A l’âge de 55 ans, il s’est assis pendant plusieurs jours sur les marches de la Maison Blanche, dans un froid glacial (en fait pendant l’hiver le froid des 50 dernières années), se demandant ce qu’il pourrait faire de plus pour les autres.

C’est alors que lui est venue l’idée de créer une organisation d’artisans de la paix qu’il a nommé « Les Peacemakers », et dont le but serait d’intégrer l’action sociale dans la pratique du zen.

A l’origine il avait été inspiré par un prêtre baptiste qui avait ouvert un café où l’on servait une bonne soupe à tous les sans-abris. Ce café servait à la fois comme lieu de réunion pour différents groupes qui se côtoyaient dans la même salle : anarchistes, baptistes commentant la Bible … mais aussi des artistes qui l’utilisaient pour jouer des pièces de théâtre, d’autres encore pour célébrer la messe. L’idée du prêtre était que les gens devaient avoir une mission, un projet, et qu’ils devaient s’associer à d’autres pour mener à bien leur projet.

Bernie reprit l’idée pour les Peacemakers. Un peacemaker doit vouloir réaliser quelque chose qui lui tient à cœur et réussir à convaincre d’autres personnes de se joindre à lui.

Les Peacemakers

Les peacemakers regroupent et rapprochent toutes sortes de gens de toutes confessions (Catholiques, Baptistes, Musulmans, étudiants du Zen, …) et qui veulent s’engager dans une action sociale.

Le but est de développer comme une toile d’araignée qui regrouperait toutes les organisations qui font du travail social dans le monde afin que chacun puisse apporter son savoir faire, et partager sa façon de voir.

Les peacemakers s’organisent autour de quelques principes :

Les « interfaiths » : groupement inter-religieux (musulmans, bouddhistes, catholiques, israélites).

Les « villages » : regroupement de gens engagés dans l’action sociale, comme ceux qui sont engagés dans l’aide aux prisonniers, l’assistance des mourants, l’aide aux personnes atteintes du SIDA, …

L’Institut : est une école sans murs, ouverte sur le monde entier, qui établit la liste de tous les programmes d’aide en cours, donne le nom des formateurs et des gens désireux de partager leurs savoir-faire / connaissances avec les autres.

Par exemple, récemment par l’intermédiaire de ce programme, une japonaise a pu suivre une formation d’aide aux malades du SIDA

Actuellement l’institut offre des formations sur l’aide aux SDF, sur l’écologie, l’aide aux prisonniers, la résolution des conflits, l’aide aux mourants. Bernie lui-même participe à un programme qui s’intitule « clowns sans frontières », qui consiste à proposer des animations dans les écoles, les camps de réfugiés …

Les retraite de rue

Bernie a évidemment parlé des fameuses « retraites de rue » qui l’ont rendu célèbre. Le but de ces retraites est d’essayer de combler le fossé qui séparent ceux qui possèdent et ceux qui n’ont rien. Même si les participants de ces retraites savent qu’ils retrouveront le confort douillet de leur appartement ou maison au bout de quelques jours, cette expérience leur permet de regarder ensuite les SDF d’une autre manière, en tous cas de ne plus détourner leur regard de la misère. Pendant la durée de la retraite les participants s’engagent à mendier leur nourriture et tout ce dont ils pourraient avoir besoin. Ils dorment dans la rue, sous les ponts, dans les gares et confectionnent leur lit avec ce qu’ils trouvent dans la rue.

« S’ouvrir à l’inconnu » est l’expression qui revenait sans cesse dans sa description des retraites de rue, comme étant l’attitude mentale à cultiver à tout moment. C’est en fait l’état d’esprit qu’il encourage chez toute personne rejoignant le mouvement des Peacemakers.

Au début Bernie autorisait les participants à conserver deux dollars pour les cas d’urgence. Mais certains participants utilisaient cet argent pour s’acheter des cigarettes ou d’autres choses triviales. Maintenant les participants sont sans le sou pendant toute la durée de la retraite (de 5 jours à une semaine).

Les « witness » retreats, ou “retraites du souvenir” : porter témoignage

Ce sont des retraites au cours desquelles les participants sont appelés à témoigner. Leur organisation nécessite deux années de préparation par ce qui est appelé les « gardiens de l’esprit » (spirit holders). Ce sont eux qui vont déterminer le lieu, le thème et les dates de la retraite. Après Auschwitz, des groupes sont en cours de constitution en vue d’organisation de retraites autour des indiens d’Amérique, sur le massacre de Nankin en Chine, sur les bûchers en Irlande, …

Bernie propose de constituer une organisation en Europe qui regrouperait les efforts des Allemands, des Polonais, des Français, des Italiens. Le groupe pourrait se réunir pour définir les actions et les priorités.

Les projets en France

Bernie a ensuite demandé aux personnes porteuses de projets de faire un cercle au milieu du cercle déjà formé par l’ensemble des participants.

Une dizaine de personnes se sont ainsi rassemblées au centre. Avant de prendre la parole, chacune a saisi le mala (rosaire) de 108 grains de Bernie et a fait un moment de silence.

Une personne a proposé un projet d’écoute psychologique dans les prisons et une démarche pour attirer l’attention du ministre de la justice sur la carence de mesures à ce sujet.

Michel Dubois a demandé de l’aide dans l’organisation administrative des Peacemakers.

Un professeur de yoga a proposé une aide aux enfants victimes d’abus sexuels.

Une hollandaise qui a une expérience de travail avec des SDF aux Pays-Bas aimerait partager son savoir-faire en France.

Une jeune femme milite pour la communication non-violente avec Marshall Rosenberg et est disponible pour partager cette technique avec des groupes en situation conflictuelle. Elle propose un programme de formation.

L’association « La Mie de Pain » est un foyer d’accueil pour SDF qui recherche des bénévoles qui pourraient donner un peu de temps.

Un membre de « La Communauté de l’Arche », fondée par Jean Vannier, propose un travail auprès des handicapés mentaux en vivant avec eux au sein de foyers d’accueil, pour des périodes allant de une semaine à un an.

François offre un atelier d’écriture aux personnes atteintes du SIDA.

Les participants ont ensuite échangé les idées, adresses et numéro de téléphone avec les personnes du cercle extérieur intéressées par les projets et c’est ainsi que s’est terminé une journée passionnante très amicale.

Rédacteur : Le vénérable Kunzang du centre Kalachakra, assisté de Daniel Milles.

Centre Kalachakra, 5 Impasse Delessert, 75010 PARIS

Téléphone / fax : 01 40 05 02 22

Email : kalachakra@multimania.com

Site Internet : http: ://www.multimania.com/kalachakra

Michel Dubois

Communauté des Peacemakers

22 rue Pasteur, 93100 Montreuil

Tél / fax : 01 49 88 91 65

Site internet : http://www.peacemakercommunity.org

Novembre 2000

Communauté des Peacemakers
22 rue Pasteur, 93100 Montreuil
Tél / fax : 01 49 88 91 65


http://www.peacemakercommunity.org





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