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Avantages et inconvénients du crudivorisme

L’aliment cru est tel que nous l’a donné la nature. Pourquoi faudrait-il donc le transformer par la cuisson ? D’autant que cru, il contient beaucoup plus de vitamines. Mais, par ailleurs, il ne réchauffe pas.

Par Jeanne Dumont

Le régime des ancêtres de l’homme

Le premier et tout puissant argument des adeptes des régimes à base d’aliments crus consiste dans une vérité incontournable : les animaux, les grands singes et les ancêtres de l’homme, tous, mangeaient exclusivement cru !

Le crudivorisme, plutôt qu’un régime, serait donc le mode d’alimentation naturel, celui pour lequel notre métabolisme a été prévu.

Ceci pose évidemment la question de savoir si la fameuse conquête du feu et du sel, qui spécifia l’alimentation humaine, était une bonne idée... ou une dangereuse perversion, ainsi que l’affirme Burger, fondateur de " l’instinctothérapie ", une forme de crudivorisme.

Inversement, dans l’optique de certains autres systèmes diététiques, comme la macrobiotique du Japonais Oshawa, la cuisson de la nourriture est non seulement souhaitable, mais pratiquement indispensable, afin de conférer aux aliments une qualité énergétique qu’ils ne possèdent pas crus, qualité qui serait vitale pour l’homme, et expliquerait même son intelligence et sa supériorité sur les animaux.

Il faut dire que, selon les critères de la médecine énergétique chinoise, l’aliment cru est généralement considéré comme " froid ", et le cuit comme " chaud ". Même l’eau de boisson est servie chaude, en Chine. Or, cette chaleur est naturellement un élément primordial pour entretenir ou retrouver la santé, surtout en hiver et dans les régions dites " tempérées " ou " froides ".

Cru ou cuit ? La controverse n’est, certes, pas récente ni prête d’être éteinte. A l’appui des hypothèses contradictoires en présence, il y a, on s’en doute, de nombreuses références et diverses " preuves " scientifiques. Les tenants du crudivorisme nous assènent fréquemment Gandhi, qui disait que " pour se débarrasser d’une maladie, il est nécessaire de supprimer l’usage du feu dans la préparation des repas ". Ce à quoi les détracteurs répondent, par la bouche de Paracelse, qu’" une médecine qui ne passe pas par l’épreuve du feu est aussi peu utile et aussi mauvaise que de l’or que l’on n’a pas soumis au feu ".

Nos grands hommes ne détenant pas plus la vérité que le commun des mortels, oublions toute idéologie, et passons simplement en revue les avantages et les inconvénients du crudivorisme...

Les grands courants crudivoristes

Théoriquement, le crudivorisme consiste, ni plus ni moins, à manger n’importe quel aliment, sans jamais le cuire. Mais, dans la pratique, la plupart des crudivoristes (exceptés les " instincto ") bannissent la viande et devraient donc plutôt répondre au nom composé de " végétariens-crudivoristes ". Certains sont même végétaliens.

Cela étant, tous n’adoptent pas un crudivorisme intégral. Le régime Nolfi, par exemple, admet le riz cuit, les pommes de terre et les produits laitiers ; et le Dr. Bircher-Benner, pionnier indiscuté de ce genre de régimes, considérait qu’un crudivorisme à 50% pouvait parfaitement convenir, à condition de faire quelques cures de détoxication (100% cru) au cours de l’année.

Ce médecin suisse du début du siècle découvrit les bienfaits thérapeutiques de l’aliment cru, et en fit profiter sa famille avant d’appliquer les premiers préceptes du crudivorisme naissant à ses malades. Il ouvrit même une clinique spécialisée, en 1903 ; clinique qui fonctionne encore aujourd’hui.

A sa suite, le Dr. Schnitzer, dentiste allemand versé dans l’étude de la carie, fonde un second courant crudivoriste, plus radical que celui du Dr. Bircher-Benner puisque prônant une alimentation crue à 100%. Peu connu en France, ce régime est cependant suivi, de nos jours, par de nombreux Allemands.

C’est le Dr. Schnitzer qui, le premier, mit l’accent sur les origines frugivores de l’homme. D’après ses études comparatives des systèmes digestifs et de la dentition des différentes espèces, il semblerait, en effet, que l’homme n’appartienne absolument pas à la classe des carnivores ni à celle des omnivores, mais bien à celle des mangeurs de graines et de fruits, tout comme son " cousin ", le singe. Or, qui dit frugivorisme, dit évidemment crudivorisme !

Le physicien suisse G-C. Burger, dernier en date des créateurs de systèmes crudivoristes, n’adhère pas, pour sa part, au frugivorisme, ni au végétarisme. Il est toutefois exact que sa méthode, l’instinctothérapie, insiste beaucoup sur les fruits, mais, au delà, elle admet toutes les formes de nourritures, y compris la viande (encore que les produits laitiers soient exclus), à condition, bien sûr, qu’elles soient 100% crues.

Le principe de base de l’instinctothérapie repose, comme son nom l’indique, sur l’instinct. Il s’agit de choisir, en utilisant l’odorat et le goût, le ou les aliments crus qui vont le mieux répondre aux besoins organiques du moment.

Burger va sans doute plus loin que Schnitzer, en affirmant que " les aliments non originels apportent à l’organisme des molécules auxquelles celui-ci n’est pas adapté ". Or, ajoute-t-il, les molécules de ces aliments cuisinés vont s’accumuler dans l’organisme, et finir par l’intoxiquer et le rendre malade.
C’est la raison pour laquelle, selon les " instincto ", tout artifice culinaire n’a qu’un seul but : rendre acceptable au palais ce qui est inacceptable pour le corps.

Comme on le voit, cette dernière approche dépasse le crudivorisme classique, en rejetant toute manipulation culinaire quelle qu’elle soit.

En revanche, la plupart des autres systèmes encourage l’agrémentation des plats de crudités à l’aide de sauces, de macérations, de mélanges, de trempages et d’assaisonnements (huile, sel, plantes aromatiques, etc..).

Est-ce moins naturel ? Peut-être pas puisqu’après tout beaucoup d’animaux ne consomment pas tous leurs aliments tels quels, mais leur font quelquefois subir diverses préparations comme la germination, le stockage, le séchage, l’écrasement, etc.

La mort du cuit

Malgré tout, les différents programmes diététiques des crudivoristes pourront probablement décourager bien des gens.
Pourtant, leurs arguments sont des plus logiques.

Tout d’abord, il est un fait que l’aliment cru est vivant, alors que l’aliment cuit est mort. Ce n’est pas là une simple façon de s’exprimer, mais une réalité. L’état colloïdal de la cellule de l’aliment cru et frais spécifie le vivant ; alors que l’état floculé de la cellule cuite symptomatise parfaitement la mort de cette cellule.

Accompagnant cette altération de base, une quantité importante de vitamines, sels minéraux et enzymes sont détruits durant la cuisson. La chaleur exigée par une cuisson normale détruit inexorablement les vitamines A, B5, B6, B9, B12, B15, C, E et F. Un passage à la Cocotte-Minute est encore plus meurtrier et ne laisse à peu près rien en vie. De plus, l’eau de cuisson prélève, dans tous les cas, jusqu’à 70% des minéraux, plus une bonne partie des quelques vitamines épargnées par la chaleur.

Sachant que les légumes du commerce, traités chimiquement, ont déjà un très lourd déficit en vitamines, enzymes et sels minéraux, il ne faut guère espérer trouver beaucoup plus de nutriments vivants au fond de la casserole de la ménagère moderne, que dans une boite de conserve.

D’autre part, toute cuisson modifie, physiquement, la composition chimique de l’aliment. Certaines substances, en passant de l’état cru à l’état cuit, vont donc devenir toxiques, ou même simplement inassimilables.

Enfin, l’aliment cuit, puisque mort, autorise une prolifération extrêmement rapide des bactéries et microbes ; ce à quoi l’intestin réagit en mobilisant une grande quantité de leucocytes... qui ne seront plus disponibles ailleurs. Ce qui revient à dire que le régime cuit finit par affaiblir le système immunitaire ; et d’autant plus, d’ailleurs, que l’aliment cuit est carencé en enzymes.

Le cru déminéralise-t-il ?

Ainsi que l’écrivait W. Ziegelmeyer, " l’état de crudité assure la conservation de certaines substances nutritives, empêche la détérioration de l’albumine, et maintient les substances minérales à leur maximum de concentration ".

Ce régime semblerait donc effectivement garantir une revitalisation de l’organisme, une stimulation du système immunitaire, et une élimination importante des toxines.

Pourtant, nous l’avons dit, les détracteurs du crudivorisme se font entendre depuis déjà bien des années, apportant leurs arguments, parmi lesquels les plus fréquemment invoqués restent évidemment : le refroidissement de l’organisme, et la déminéralisation.

Sans doute faudrait-il faire le distinguo entre les différents crudivoristes, mais, d’une manière générale, on observe, de leur part, il est vrai, une tendance à consommer énormément de fruits, ce qui, sous nos latitudes n’est peut-être pas sans poser quelques problèmes.

A tel point que les médecins et naturothérapeutes, ayant reçu en consultation des personnes pratiquant un crudivorisme strict, s’accordent à dire qu’elles souffrent pratiquement toutes de déminéralisation, de fatigue, de frilosité, d’engelures, d’amaigrissement, d’hypotension, d’impuissance ou de frigidité, de spasmophilie et de dépression...

Le tableau n’est évidemment pas très encourageant, mais il convient toutefois d’émettre une réserve d’importance : ces praticiens n’ont naturellement pas pu poser de diagnostic sur les crudivoristes qui n’ont jamais fait appel à leurs services.

Il est possible, après tout - et quelques diététiciens en ont émis l’hypothèse -, que les fruits et les aliments crus puissent effectivement déminéraliser et refroidir certains organismes (notamment les terrains acides et déjà passablement déminéralisés), tout en reminéralisant et détoxiquant, par ailleurs, certains autres (les terrains alcalins).

L’important étant alors d’être attentif à l’état de son terrain et aux ressources énergétiques et physiques dont on dispose, avant de commencer un régime crudivoriste.

Disons, pour caricaturer, que le nordique blond aux yeux bleus clairs, de santé précaire, maigre et souvent enrhumé, très acidifié, très déminéralisé, et vivant dans une région froide, devrait absolument s’abstenir d’essayer le crudivorisme.

Inversement, le sudiste trapu et musclé, brun aux yeux noirs, au terrain très alcalin, et vivant dans une région chaude, pourrait sans grand danger faire de nombreuses cures de crudivorisme.

En résumé, il est vrai qu’un crudivorisme excessivement fruitarien provoque une acidification importante de l’organisme. Mais cela est-il nécessairement néfaste à tout le monde ?...

Limiter l’irritation des intestins

Un autre inconvénient possible, du régime cru, serait l’irritation des muqueuses intestinales... et les ballonnements qui s’ensuivent.

Toujours à cause de l’excès de fruits, mais aussi de certains légumes, des quantités particulièrement importantes de cellulose transitent quotidiennement à travers le tube digestif du crudivoriste. Or, cette cellulose, qui n’a d’autre utilité que de stimuler le péristaltisme, peut finir par irriter les intestins fragiles.

Il ne faut toutefois pas exagérer la gravité d’un tel symptôme. Déjà parce qu’il ne se présente généralement que chez des personnes passées trop brutalement d’une alimentation conventionnelle (et donc fragilisante) au crudivorisme ; et d’autre part parce qu’il suffit, pour l’éviter, de procéder progressivement, en consommant, pour commencer, des fruits bien mûrs, des salades vertes choisies parmi les plus tendres, des tomates, des carottes (notamment en jus), et de laisser de coté, pour l’heure, les légumes plus difficiles à digérer, tels que le poivron, le chou, ou le concombre...

Il est également possible, tout simplement, de se rappeler l’avis du Dr. Bircher-Benner, et de se satisfaire d’un crudivorisme à 50%, en s’autorisant quelques cures plus radicales, à la belle saison, lorsqu’on ne risque pas de se refroidir... et lorsque les fruits abondent.






Buddhaline

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