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Audace et Compassion

Par Dilgo Kyentsé Rinpoché

Considérez toute chose comme un rêve

Ce précieux corps humain, bien qu’il soit l’instrument suprême pour atteindre l’Éveil, est lui-même un phénomène transitoire ; nul ne sait quand viendra la mort, nul ne sait comment elle viendra. Les bulles se forment à la surface de l’eau, mais, l’instant d’après, elles disparaissent, elles ne restent pas. Il en va de même pour le précieux corps humain que nous avons réussi à obtenir. Nous prenons tout notre temps pour nous mettre à la pratique, mais qui sait quand cette vie va finir, tout simplement ? Une fois ce précieux corps humain perdu, notre flux mental continue son existence et prend naissance parmi les animaux, dans l’un des enfers, ou bien chez les dieux, là où le développement spirituel est impossible.

À présent, d’après la perception de nos sens, l’univers extérieur - terre, pierres, montagnes, rochers et falaises - semble permanent et stable comme une maison en béton armé sensée durer des générations. Mais il n’y a rien de solide dans tout cela ; ce n’est rien d’autre qu’un royaume sur lequel on régnerait le temps d’un rêve.

Nous pouvons aussi prendre l’exemple d’événements appartenant à un passé plus récent : avant l’arrivée des communistes chinois, combien y avait-il de monastères dans ce qu’on appelait alors le Tibet, le Pays des Neiges ? Combien y avait-il de temples comme ceux de Lhassa, Samyé, Trandrouk ? Combien y avait-il d’objets précieux, représentations du Corps, de la Parole et de l’Esprit du Bouddha ? Maintenant, il ne reste pas même une statue. Tout ce qu’il reste de Samyé, c’est quelque chose de la taille de cette tente, à peine plus grand qu’une remise. Tout a été pillé, démoli ou dispersé ; les grandes statues ont été détruites. Tout cela est bel et bien arrivé et nous montre l’impermanence.

Sans une certaine compréhension de l’impermanence, il nous est difficile de pratiquer les enseignements sacrés. Si nos continuons à croire que tout va rester tel quel, notre situation s’apparente à celle d’un homme riche qui fait encore des projets sur son lit de mort. A-t-on jamais vu de tels gens évoquer leur vie future ? Cela prouve qu’ils n’ont jamais apprécié au fond d’eux-mêmes le caractère inéluctable de la mort. C’est là leur tort et leur illusion.


L’esprit

Que dire de ce que l’on désigne par le terme de « pensées » ? Examinons l’expérience mentale, la pensée que vous avez à l’instant en m’écoutant attentivement, alors que je suis en train d’enseigner le Dharma : a-t-elle une forme ou une couleur ? Où la trouve-t-on, dans la partie supérieure ou inférieure du corps, dans les yeux, les oreilles ? Ce qu’on appelle esprit n’est en réalité pas là. S’il était véritablement quelque chose, il devrait avoir certaines caractéristiques : une couleur ( blanc, jaune... ), une forme ( celle d’un vase, d’un pilier... ), etc. Il devrait être grand ou petit, vieux ou jeune... Vous pouvez découvrir si l’esprit est une entité existante ou non simplement en vous tournant vers l’intérieur et en réfléchissant soigneusement. Vous verrez que l’esprit n’a pas de commencement, n’a pas de fin, et qu’il ne réside nulle part ; qu’il n’a ni couleur ni forme ; qu’il ne peut être trouvé ni à l’intérieur ni à l’extérieur du corps. Et lorsque vous voyez qu’il n’existe pas comme une chose, demeurez dans cette expérience sans tenter de la définir ou la nommer.

Toutes les souffrances proviennent du fait que l’on ne reconnaît pas l’ennemi : l’attachement à l’ego.

Quand on nous frappe avec un bâton ou une pierre, cela fait mal ; si l’on nous traite de voleur ou de menteur, nous nous mettons en colère. Pourquoi ? Parce que nous nous tenons en haute estime et sommes très attaché à ce que nous considérons comme nous-même ; nous pensons donc : « On m’attaque ! » L’attachement au moi est le véritable obstacle à la libération et à l’Éveil. Ceux que le « moi » appelle des faiseurs d’obstacles ou forces négatives - fantômes, dieux, démons - ne sont pas des entités extérieures. C’est de l’intérieur que viennent les ennuis. C’est à cause de notre fixation sur ce « moi » que nous pensons : « Je suis si malheureux, je n’ai rien à manger, je n’ai pas de vêtements, tant de personnes m’en veulent et je n’ai aucun ami. » Et ces pensées nous tiennent constamment occupés, ô combien en pure perte ! Voilà pourquoi nous ne marchons pas vers la libération et l’état de Bouddha. Au cours de toutes nos vies successives, depuis des temps sans commencement jusqu’à aujourd’hui, nous avons pris naissance dans l’un ou l’autre des six mondes. Combien avons-nous dû peiner dans les trois sphères du samsara, réduits en esclavage par notre attachement à l’ego ?


Mourir

Maintenant, voici la conduite à tenir au moment même de la mort. Exactement comme le fit le Bouddha lorsqu’il abandonna son corps, on s’allongera sur le côté droit, la tête posée sur la main droite ; on respirera par la narine gauche en maintenant la narine droite bloquée par l’auriculaire droit. En même temps, on méditera sur l’amour en souhaitant le bonheur de tous les êtres, aussi nombreux que le ciel est vaste, et on engendrera une forte compassion, animé du désir de les voir délivrés de la souffrance. En suivant le va-et-vient du souffle, on imaginera que l’on expire tout le bonheur, le confort et les biens que l’on possède, en les offrant à tous ceux qui souffrent, et que l’on inhale toutes les maladies et les émotions négatives des êtres pour les prendre sur soi-même, Puis on fixera sa pensée sur le caractère illusoire du samsara et du nirvana, qui sont pareils au rêve ou aux productions d’un magicien. Tout est dénué d’existence intrinsèque, tout est perception de l’esprit. Là où rien n’existe, il n’y a pas de raison d’avoir peur, que ce soit ici-même ou dans le bardo. On demeurera dans cette conviction sans la moindre fixation mentale.

Bodhicitta

S’accoutumer à la bodhicitta, c’est comme maintenir un jardin propre, sans broussailles ni bois mort, sans mauvaises herbes ni insectes. Pratiquons-la en rassemblant toutes les qualités des Grand et Petit Véhicules, de façon à ressembler au boisseau qui se remplit de grain ou à la jarre que des gouttes d’eau finissent par emplir. Que nous pratiquions les vœux des laïcs ou l’entraînement des Bodhisattvas, ou encore les phases de développement et de perfection du Véhicule Adamantin, tout ce que nous faisons doit servir de support à nos vœux de bodhicitta. La pratique du Véhicule Adamantin doit en effet soutenir et confirmer nos engagements de Bodhisattvas.

Méditez sur les difficultés auxquelles vous ne pouvez pas échapper et essayez d’engendrer la bodhicitta, d’autant plus intensément que cela est difficile. Méditez tout particulièrement sur l’amour et la compassion face à des personnes qui cherchent la compétition, à des amis qui, soudain et sans raison apparente, deviennent des ennemis, ou encore face à des gens avec qui vous ne pouvez pas vous entendre du fait de relations karmiques antérieures. Comme l’a dit Gourou Rinpotché : « Ne soyez pas un souci pour vos aînés, servez-les avec respect ». En aidant nos parents, nos maîtres et ceux qui sont dans le besoin, nous marcherons sur les pas des Bodhisattvas.

Faites ce qui est important

Le Dharma a deux aspects : l’enseignement et la pratique. L’enseignement n’est que le travail de la bouche et ceux qui ne le pratiquent pas sont légions. Ne dit-on pas : « Nombreux sont ceux qui entendent le Dharma, mais très peu passent aux actes ; quant à ceux qui pratiquent un peu, ils s’écartent du chemin et se perdent. » Il est plus important de pratiquer le Dharma que de l’enseigner ou d’en parler ; c’est en effet quelque chose qu’il faut véritablement appliquer. Il est en outre préférable de suivre les instructions de nos maîtres avec une parfaite concentration plutôt que de pratiquer en s’appuyant sur des connaissances livresques et sur notre propre jugement. De toutes nos activités, la plus importante est de nous asseoir et de pratiquer. Nous n’avons pas besoin de nous agiter en tous sens mais simplement de rester assis. En nous levant, nous ne ferons que trébucher ! Restons donc assis dans une posture correcte, pas trop raide, en gardant à l’esprit que les meilleurs pratiquants sont ceux qui usent leur coussin et non les semelles de leurs chaussures.

Extrait de Audace et Compassion
Traduit et publié par les Éditions Padmakara


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