BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Même rubrique

Les Calendriers Lunaires - Christiane Coppex
Les Calendriers Luni-Solaires - Christiane Coppex
Le Yi King, un oracle de l’impermanence - Guadalupe Nettel
Le principe yin-yang : il figure les deux grandes forces de l’univers : clair-obscur, négatif-positif, mâle-femelle - Daojida
Les calendriers solaires - Christiane Coppex
Autres textes
Quel bouddhisme ? - Michel Henri Dufour
La fondation de l’ordre des nonnes - Bouddhisme Actualités
Khandro Rinpotché : "La révolution tranquille des moniales a commencé" - Bouddhisme Actualités
Kōmyōzō -Zanmai - La lumière spirituelle, trésor de Samadhi - Maître Koun Ejō
L’innocence face aux oeuvres - Sofia Stril-Rever
Principes opératoirs éternels - Khoa Nguyen
« Une guérison d’une puissance exceptionnelle », selon le docteur Lionel Coudron - Phakyab Rinpoche et Sofia Stril-Rever
Jampa Kalsang

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Intégration > Art de vivre > Astrologie


Astro-science et médecine tibétaine traditionnelle

Dans la tradition tibétaine, l’astrologie est appelée astro-science, les astrologues sont des astro-praticiens.Car le corps humain est traversé des énergies de la terre, du ciel, des planètes et des étoiles.

Par Jampa Kalsang

JAMPA KALSANG,

Astro-praticien de l’Institut de Médecine et d’Astrologie de Dharamsala,

le Men-Tsee-Khang, placé sous l’autorité spirituelle de S.S. le Dalaï-Lama,

explique les contributions de l’astro-science à la pratique médicale

Les bases de l’ astro-science

Dans le Tibet d’autrefois, la médecine et l’astrologie, qu’on appelle astro-science, étaient inséparables. Aujourd’hui encore, on continue de les associer dans la pratique médicale traditionnelle.

Ces deux sciences ont pour base commune la théorie des cinq éléments que sont la Terre, l’Eau, le Feu, l’Air et l’Espace, l’Air pouvant être remplacé par le Bois, et l’Espace par le Fer, dans l’astrologie des éléments.

Selon les traités médicaux et le K€lachakra Tantra, texte-racine de l’astro-science et de la médecine tibétaines, quand il y a rencontre des cellules-germes du père et de la mère, une conscience pénètre ces cellules pour former un corps humain. L’union du spermatozoïde, de l’ovule et de la conscience ayant existé précédemment, est rendue possible à l’intérieur de la matrice, grâce à l’élément Terre. L’élément Eau permet l’adhésion des trois composantes et le Feu favorise la maturation de l’embryon sous l’effet de la chaleur. L’élément Air aide la croissance du fœtus et dans la suite de la vie, l’Air représente le facteur de développement personnel qui permettra ultimement d’atteindre la dixième terre de bodhisattva. Enfin l’élément Espace assure le développement physique, l’augmentation de volume. On explique ainsi comment les cinq éléments sont liés entre eux pour créer la vie.

Quand une personne meurt, les éléments existant du corps se décomposent successivement. La Terre se remplit d’Eau qui se dissout dans le Feu et le Feu se consume dans l’Air. Enfin l’Air s’absorbe dans l’Espace.

A cet instant la veine subtile du milieu, Uma, s’ouvre spontanément tandis que Roma, la veine subtile solaire de droite, et Kyama, la veine subtile lunaire de gauche, se ferment. La mort survient alors. L’expérience de la mort est différente pour le yogi et le pratiquant tantrique qui éprouvent au moment de la mort une grande félicité et parfois l’Eveil, avec la fusion des énergies de Roma et de Kyama dans la veine centrale d’Uma. Un signe peut alors se manifester, tel qu’une éclipse de lune ou de soleil, en raison de l’interdépendance des énergies externes du monde et des énergies internes du corps du yogi.

Le fondement de l’astro-science et de la médecine tibétaines repose sur les cinq éléments, présents sous forme subtile dans l’esprit, dès la conception, et demeurant avec lui après la mort. Les organes de notre corps, les méridiens, les chakra sont reliés aux planètes et aux étoiles par les cinq éléments. C’est là une explication simple de la relation et du transfert des énergies entre le monde et l’être humain. On entrevoit pourquoi la médecine et l’astro-science sont indissociables.

Les astro-praticiens

Dans le passé, on enseignait l’astro-science et la médecine dans les monastères de sorte qu’en règle générale, les praticiens étaient des moines ou des lamas. Un nombre réduit de laïcs recevaient aussi ces enseignements. Les connaissances étaient gardées secrètes car elles étaient de nature sacrée, appartenant à la religion bouddhiste tibétaine.

Les astro-praticiens étaient alors principalement des pratiquants tantriques qui savaient contrôler les forces surnaturelles. Ils avaient le pouvoir de modifier le climat et de faire tomber la pluie si nécessaire. Ils établissaient les almanachs de l’année, donnant la position des planètes, des étoiles et décrivant leurs influences météorologiques. Ils étaient capables de déterminer le moment le plus favorable pour les récoltes et leurs prédictions pour les personnes ou pour l’avenir d’un pays étaient très écoutées. Ils dressaient les horoscopes, jugeaient de la compatibilité des époux dans la perspective d’un mariage, calculaient la probabilité des maladies. Enfin ils définissaient le moment approprié de la crémation du corps d’une personne décédée.

L’influence des esprits, les énergies négatives de certaines planètes ou de certaines étoiles du thème astral au moment de la naissance permettent de comprendre les maladies qui surviendront dans la vie. L’astrologie peut déterminer quel médecin ou quel remède sera efficace. Elle peut aussi découvrir quel esprit influence un malade et donner en conséquence un anitdote qui, sous forme d’une prière ou d’une offrande, apaisera l’esprit malfaisant. Le calcul astrologique permet en outre de vérifier si les cinq éléments sont équilibrés dans le corps, en particulier les éléments affectant directement la santé, tels que la force-de-vie ou lBa.

Le lBa ou force-de-vie

Le lBa – qu’on appelle aussi chi ou prana, dans d’autres traditions – protège et sauvegarde la force-de-vie. Chacun de nous produit du lBa mais à la suite d’un choc soudain, d’un accident ou d’un deuil, nous perdons cette énergie qui se retire du corps. Quand le lBa se décompose, le corps vient à manquer de force, le patient est incapable d’agir. Le regard fixe, il a une expression de tristesse, se plaint de se sentir le cœur vide, de n’avoir plus aucun désir. L’apparence de cette personne est morne, sa peau grise, sans éclat.

A ce patient, un astrologue ou un lama pourra prescrire un antidote afin que le lBa revienne avant qu’il ne soit définitivement perdu. Cet antidote aura par exemple la forme d’un mouton sculpté dans du beurre qu’on plonge dans une bassine d’eau pendant qu’un officiant entamme la récitation d’une prière rituelle. Après avoir tourné sur elle-même pendant un certain temps, la tête du mouton se dirige finalement vers le patient, et c’est l’indication que le lBa est revenu dans son corps. Le lama, usant de ses pouvoirs, canalise l’énergie du lBa dans une turquoise portée par le patient. Peu à peu, le malade retrouvera ses forces et son état d’esprit normal. Lorsqu’un patient a perdu son lBa, la médecine ne peut lui rendre la santé.

Le médecin tibétain doit apprendre à utiliser un almanach annuel afin de déterminer le mouvement du lBa autour du corps. Le lBa chez les hommes tourne dans le sens des aiguilles d’une montre à partir du pied gauche. Chez les femmes, il tourne dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre, à partir du pied droit. Le quinzième jour du mois lunaire, le lBa se trouve sur le sommet de la tête pour les hommes, comme pour les femmes. Le docteur doit connaître sur quels points du corps le lBa est concentré lorsqu’il recourt à des thérapeutiques telles que la moxibustion, la saignée et l’aiguille d’or.

Mais l’almanach établi par les astro-praticiens est en outre indispensable aux médecins pour interpréter les indications thérapeutiques données par la prise de pouls.

La bascule énergétique saisonnière, ses effets sur le corps et la cueillette des plantes médicinales

La nature du pouls se modifie en fonction des saisons, chaque saison étant caractérisée par un pouls particulier relié aux organes vitaux et aux organes creux. Il est donc essentiel pour les médecins tibétains de connaître les changements saisonniers du pouls, afin de ne pas se méprendre dans leur diagnostic.

A la fin de l’hiver le phlegme s’accumule dans le corps, ce qui ne crée pas de problème, parce que l’énergie intérieure est forte en cette période de l’année. Au printemps, avec le retour de la chaleur, notre système digestif devient plus faible et n’est pas capable de traiter un excès de phlegme.

Le printemps est en rapport avec le Bois tout comme certains organes tels que le foie et la vésicule biliaire. Pendant cette saison de soixante-douze jours, le mouvement du pouls dans le corps est léger et très subtil.

Entre le printemps et l’été, se situe une période transitoire de dix-huit jours avant le début de l’été où dominent la bile et l’estomac. Le pouls est alors court et rude, en liaison avec la Terre, élément dominant à cette époque de l’année.

Pendant les trois mois d’été, le Feu est dominant à cause de la chaleur et les organes qui sont sensibles au moment de la prise de pouls sont le cœur et l’intestin grêle. Le pouls est alors volumineux et long.

Les dix-huit jours de transition entre l’été et l’automne sont dominés par la bile et l’estomac. En automne, les trois constellations visibles dans le ciel sont Altair, Pégase et Aries. A cette période, le Fer domine. Cet élément correspond aux poumons, au gros intestin et le pouls est court et rude. Traditionnellement la dernière période se situe avant l’hiver et les constellations visibles sont les Pléiades, Orion ainsi que le Castor.

En hiver, l’Eau prédomine, en relation avec les reins, les vésicules séminales, l’utérus et la vessie. Le pouls est alors lent et doux.

Les médecins tibétains sont donc directement concernés par les changements de saisons lors du diagnostic. C’est leur rôle de compenser les effets de la bascule énergétique saisonnière en recommandant une hygiène de vie adaptée, permettant d’assurer un bon équilibre des éléments dans le corps.

L’astro-science et la médecine tibétaines sont également indissociables en ce qui concerne la pharmacologie. Il faut connaître les mois de l’année favorables à la cueillette des plantes médicinales ou à la préparation des remèdes. On choisit de préférence les périodes où l’élément Eau gouverne dans les configurations de planètes et d’étoiles, en raison de l’interdépendance des énergies terrestres et cosmiques.

Chaque année, le quinzième jour du huitième mois du calendrier tibétain, on prépare les remèdes d’essence lunaire car c’est alors que la lune communique un maximum d’énergie, tandis que domine la constellation des Rishi, sept jours durant. Il en résulte pour l’Eau des potentialités particulières, facilitant la digestion.

Un autre moment remarquable de l’année est celui des sept jours du « Cochon empoisonné », pendant le cinquième mois lunaire. A cette époque où les plantes récoltées n’ont aucun goût, où les eaux de pluie sont impures et souillées, on conseille aux médecins de ne pas préparer de médicaments, ni d’entreprendre de thérapie.

Plutôt prévenir…, grâce à l’astro-science

Les astro-praticiens diagnostiquent les problèmes de santé avant qu’ils ne surviennent. L’interprétation de l’horoscope de naissance permet d’évaluer le risque de contracter certaines maladies, conformément à la configuration des planètes et des étoiles.

C’est ainsi que des personnes influencées par Mars sont prédisposées à des maladies cardiaques ou sanguines, des fièvres élevées, diverses infections, l’inflammation du foie ou des accidents violents. On peut prévenir ces différents maux par un régime approprié en fonction des saisons, et par des antidotes tels que prières, aumônes, et des actions altruistes.

Les neuf planètes, les vingt-huit étoiles, les douze animaux, les neuf carrés magiques, les huit trigrammes et les cinq éléments influencent la santé. Chacun de ces symboles représente un ensemble de qualités subtiles affectant le corps et l’esprit. La science des astro-praticiens leur permet de prévenir et de guérir les maladies. Si un patient n’a pas été soulagé par un remède, l’astro-praticien établira le thème de la maladie, il déterminera quel médecin et quel système de soins conviennent. Il recommandera également un rituel et un antidote.

Traditionnellement médecins et astrologues ont travaillé ensemble pendant des siècles et, aujourd’hui encore, ils associent leurs efforts. Les étudiants du Men-Tsee-Khang, Institut de Médecine et d’Astrologie tibétaines, placé sous l’autorité spirituelle de S .S. le Dalaï-Lama, reçoivent une formation à la fois en astro-science et en médecine, dans une pratique médicale à vocation holistique.

En même temps, le Dharma du Buddha est enseigné puisqu’il représente pour les Tibétains la racine des dix champs de la connaissance et la source de la bonté, de l’amour et de la compassion. Telle est la contribution unique du système médical tibétain qui sait intégrer le corps et l’esprit dans une thérapie globale de l’être humain réunifié, en harmonie avec les rythmes essentiels de la vie et du cosmos.

traduction Sofia Stril-Rever

Septembre 200






Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling