BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Même rubrique

La spasmophilie et ses causes - Alexandre Koehler
Développement personnel : les stratégies du silence - V. Cherki et B. Roussillon
Dépression et spiritualité - Jean-Claude Cartier
Le son, la voix... et la musicothérapie - Alexandre Koehler
La fasciathérapie et la méthode Danis Bois - Alexandre Koehler
Approche du rêve lucide, nécessité thérapeutique pour l’occident - Luc Marianni
Chemin d’individualisation - Geneviève Cailloux, Pierre Cauvin
Autres textes
Le Chant d’Illusion - Nyoshül Khen Rinpoche
Une éducation bouddhiste - Ajahn Jayasaro
Paroles de vérité pour apaiser le danger des armes - Thangtong Gyalpo
Le contact des sens, la fontaine de sagesse - Ajahn Chah
Vivre ensemble à Menla Ling -
Maîtres universels et législateurs - Jean-Pierre Sara
Mondialisation : vers une redécouverte du local ? - Adels
Josiane Klasset

Le conte, psychothérapie des enfants par Josiane Klasset

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Intégration > Art de vivre > Psychologie et développement personnel


A quoi sert la psy ?

Alors qu’elles passionnent certains milieux intellectuels ou artistiques, les psychothérapies semblent être souvent oubliées du grand public français. Elles constituent pourtant une alternative des plus intéressantes aux tranquillisants dont ce pays est le plus grand consommateur au monde.

Par Josiane Klasset

[]Une normalité… pas si saine

La plupart des gens à qui l’on parle de psychothérapie répondent habituellement qu’ils “ne sont pas fous” et n’ont, par conséquent pas besoin d’un psy. Pourtant, sans être “fou”, il arrive à l’homme dit “normal” de souffrir. Or, toute souffrance peut être considérée comme liée à une maladie.

Dans le cas d’une pathologie avérée, deux processus sont possibles. Le dépressif va manifester sa souffrance de manière intériorisée, retournée contre soi-même. Et l’excité va l’exprimer sous forme d’agitation extérieure, dans une tentative d’éliminer la tension interne.

Mais il faut bien comprendre qu’au niveau du fonctionnement psychologique ordinaire, ce sont bien ces deux mêmes processus que l’on retrouve ! En chacun d’entre nous, il peut y avoir réaction interne, engendrant la culpabilité, c’est à dire retournement de la violence contre l’image de soi, et donc dépression ; ou, au contraire, réaction externe, avec des projections mentales qui feront d’autrui le responsable de notre propre souffrance, et susciteront l’agressivité.

Bien sûr, tant que cette souffrance reste modérée, on peut parler de personnalité ordinaire, avec son système de compensation habituel qui ne fonctionne pas trop mal ; mais lorsque les systèmes de compensation sont défectueux, l’ampleur de la souffrance devient plus importante, et l’on assiste alors à ce que l’on appelle la maladie mentale.

Ces systèmes de compensations qui permettent à cet homme “normal” - que les psy qualifient d’ailleurs de “normosé” - de faire face à un état de souffrance modéré, sont des systèmes de fuite, comme par exemple l’habitude de boire un ou deux Whiskies pour se sentir plus détendu. Il existe toutes sortes de systèmes de compensations (nourriture, sexe, affairisme…) permettant d’évacuer la tension ; mais, à un moment ou à un autre, dans la maturation, ils apparaîtront insuffisants. C’est alors que la nécessité d’entreprendre une thérapie ou une analyse, bref de partir à la découverte de soi, d’explorer la racine de la souffrance, va s’imposer.

Au-delà, donc, de la dimension physique, l’espace psychologique, émotionnel, et même spirituel, doit lui aussi faire l’objet d’attention et de soins.

Tant que l’on ne jouit pas d’un minimum de connaissance de soi, on court toujours le danger de compenser, d’entretenir des dépendances, et de souffrir. C’est pourquoi les bonnes psychothérapies passeront toujours par la conscientisation des problèmes.

Elles devraient représenter, en fait, une des étapes possibles permettant à l’homme animal, dépourvu du moindre recul vis à vis des événements extérieurs, et inconscient de ses mécanismes intérieurs, d’accéder à l’état d’observateur de lui-même, à l’état d’homo sapiens sapiens, d’homme conscient de sa conscience.

[]Une réalité psychophysique

Même le matérialiste pur et dur, ne s’intéressant, en matière de santé, qu’à son organisme physique, devrait pouvoir comprendre l’importance d’une thérapie du psychisme, puisque chaque émotion déclenche des sécrétions hormonales, et cela à l’insu du cerveau logique.

Le cerveau émotionnel se charge en effet de classer chaque expérience dans les rubriques “agréable” ou “désagréable”, et de mettre conséquemment en route les hormones de stress ou les hormones de bien-être. Or, ces hormones ayant une action sur le système immunitaire, il est bien évident que les émotions finissent par se répercuter sur la santé physique.

Bien pire encore, les émotions refoulées, puisque inconscientisées, se manifeste la plupart du temps en passant par le canal somatique, c’est à dire par le corps et ses contractures, douleurs, blocages et autres dysfonctionnements…

Sans parler de “folie”, il est donc important de comprendre qu’une existence faite de désespoir, de jalousie, de peur, de haine ou de violence, engendre non seulement un mal-être psychologique, mais aussi des maladies physiologiques !

Parallèlement, le corps interagit également sur la psyché ; et la névrose se manifestera toujours plus volontiers chez une personne malade, fatiguée, manquant de sommeil, ou s’alimentant mal... que chez un individu en pleine forme et en parfaite santé physique. De la même manière, l’abus de nourritures carnées, d’excitants ou d’alcool augmente considérablement le stress, l’angoisse, l’insomnie, les phobies et autres problèmes psychologiques…

En fait, ce que nous vivons est à la fois corporel et psychique ; et c’est bien le propos original de la psychologie et des psychothérapies que d’enraciner une philosophie dans la réalité quotidienne du corps et des émotions, plutôt que dans une idéologie ou une logique abstraite.

La psy n’est donc généralement pas un délire d’intellectuels, mais une science humaine établie sur l’observation des différents comportements. Quant aux psychothérapies, elles aident à mettre en lumière et à résoudre des fonctionnements psychiques, voire psychosomatiques, que le sujet subissait jusqu’alors sans en connaître les tenants ni les aboutissants. Dans ce sens, on peut dire qu’elles révèlent la vérité… et c’est peut-être ce qui les rend si impopulaires !

[]De multiples résistances

Outre que personne n’aime voir révéler au grand jour ce que l’on se dissimulait depuis des années, outre que les psy passent pour des gens capables de lire les pensées de leurs patients – ce qui n’aurait, effectivement, rien d’agréable si c’était vrai -, une des raisons essentielles de la résistance à la thérapie réside dans le fait que l’on répugne à admettre ses faiblesses et à demander de l’aide à ce sujet. Tant qu’un virus s’introduit dans un corps ou qu’un accident survient, la responsabilité de la personne ne semble pas engagée, et il n’y a pas de honte à chercher l’aide du spécialiste pour une petite “réparation”. Mais quand c’est la personne elle-même qui faillit, la culpabilité ressentie freine considérablement la décision de chercher remède au problème auprès d’un tiers susceptible, en tant que tel, de porter sur soi un jugement dépréciateur.

De plus, la souffrance psychologique étant socialement reconnue comme une véritable négation de la vie, bien souvent l’individu ne se sent plus capable d’attirer l’amour de ses proches, et encore moins celui d’un thérapeute inconnu. Aussi préfère-t-il s’isoler plutôt que de communiquer.

Quant aux justificatifs que l’on invoque pour ne pas suivre une psychothérapie, ils sont de toutes sortes : “on se connaît déjà suffisamment bien ; il ne sert à rien de parler de ses problèmes ; on a honte de raconter ses turpitudes ; on ne pourra jamais réussir à évoquer les douloureux traumatismes du passé ; on ne tient pas à se retrouver dans un confessionnal ; on ne va pas suivre une thérapie si le conjoint n’en suit pas une aussi ; ce dont on a besoin c’est de boulot et non d’une séance ; on ne va pas courir le risque de devenir dépendant d’un psy ou de subir son influence”…

En fait, tous les prétextes seront bons à l’ego pour éviter toute transformation dans sa structure, dans son économie, dans ses relations entre conscient et inconscient…

En fait, la seule résistance est une résistance au changement !

[]Pourquoi faire une psychothérapie ?

Fort heureusement, les raisons d’accepter le changement sont au moins aussi nombreuses… et même quelquefois plus nombreuses, lorsque le sujet finit par se résoudre à entamer une thérapie.

Naturellement, la raison fondamentale motivant la consultation d’un psychothérapeute est la souffrance. Mais, comme l’écrit si bien Brigitte Minel, “nous souffrons d’abord parce que nous ne voulons pas voir que nous souffrons” ; et la thérapie a pour première mission de nous le faire comprendre, de conscientiser la souffrance.

Cette souffrance, la plupart des écoles psychothérapeutiques vont aller la chercher dans l’enfance. C’est, disent-elles, parce que les souvenirs des difficultés non résolues durant l’enfance provoquent aujourd’hui encore des émotions déplacées, que nous ne parvenons pas à réagir d’une manière adéquate aux événements du présent, et que nous éprouvons de la souffrance, même si celle-ci est en grande partie inconscientisée.

Dès lors, le travail du thérapeute va consister à décrypter l’inconscient de son patient, en observant ses comportements, les mots qu’il emploie, ses attitudes, le ton de sa voix, ses lapsus, ses actes manqués, ses rêves, etc., et en utilisant différentes grilles de lectures empruntées aux théories de Freud et de quelques autres grands psychologues. Là, bien sûr, le travail peut varier du tout au tout selon que le thérapeute se réfère à la psychanalyse ou à l’analyse transactionnelle, à la Gestalt ou à la P.N.L., à la psychologie transpersonnelle ou à l’école de Palo Alto…

Les écoles psychologiques sont légions, et les perspectives théoriques, les approches thérapeutiques, ou les protocoles de séances, n’ont finalement d’autre point commun que la recherche d’une harmonisation entre les émotions et les pensées, le conscient et l’inconscient.

C’est, en tout cas, de cette harmonisation que dépend l’atteinte de cette santé psychique que l’on pourrait définir par une capacité à reconnaître la nature des émotions qui nous traversent… et à les gérer intelligemment.

La connaissance de soi-même sur laquelle toute bonne thérapie doit déboucher va permettre à l’individu de se sentir plus libre, moins bloqué et moins coupable, plus spontané, plus naturel, plus conscient… en un mot : plus heureux !

Octobre 2000






Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling