BuddhaLine Recherche Plan du site Partenaires Forum Annuaire Newsletter CD - Le chant des Dakinis

Même rubrique

Soku Shin Ze Butsu - Maître Dogen
Le message essentiel du Dalaï-lama pour le monde et les générations futures -
DALAI-LAMA Mon autobiographie spirituelle -
L’amour authentique - Dzogchen Rinpoché
Les trois entraînements - Rév. Thich Tri Lai
Pourquoi le Bouddhisme ? - Sa Sainteté le Dalaï Lama
L’art de se guérir - Thich Nhat Hanh
Autres textes
Discours de Lama Zopa Rimpoche le 1er mai 2001 au centre Kalachakra - Lama Zopa Rinpoché
RAIHAI TOKUZUI - Maitre Dogen
Kalachakra : Un Mandala pour la Paix -
« Des fruits en son temps » : les espérances du dialogue interreligieux - DIMMID
La dimension spirituelle dans le soin, besoins et chemins d’expression du patient, missions des accompagnants - Professeur Claude Rougeron
Violences de jeunes : violences expressives - Hugues Lagrange
Astro-science et médecine tibétaine traditionnelle - Jampa Kalsang
Thich Nhat Hanh

Les quatre Mantras ou la vraie présence par Thich Nhat Hanh
Appelez-moi par mes vrais noms par Thich Nhat Hanh
Attaque contre la terreur par Thich Nhat Hanh
Bouddhisme et Christianisme par Thich Nhat Hanh
Comment transformer les peurs par Thich Nhat Hanh
Discours de Berkeley donné par Thich Nhat Hanh , le 13 septembre par Thich Nhat Hanh
Embracing Our Pain in the Aftermath of the Tsunami par Thich Nhat Hanh

Bookmark and Share
- imprimer

> Bouddhisme > Enseignements


A la recherche de l’Ultime

Par Thich Nhat Hanh

Hameau Nouveau, 30 octobre 2005.

(Cloche), (Cloche), (Cloche)

Bonjour chère Sangha.

Nous sommes aujourd’hui le 30 octobre de l’an 2005 et nous sommes au Hameau Nouveau du Village des Pruniers. Quand vous êtes au Village des Pruniers, vous pratiquez la marche dans la Pleine Conscience, vous pratiquez l’assise dans la Pleine Conscience, et vous pouvez toucher la dimension ultime de votre propre personne. On marche dans l’histoire, dans la dimension historique bien sûr, mais on peut marcher aussi dans la dimension ultime ; c’est une chose faisable.

Vous êtes assis sur votre coussin et dans cette salle de méditation, bien sûr, c’est une réalité, mais vous êtes aussi assis sur la France, et vous sentez bien que vous êtes en France ; vous êtes assis dans la France, sur la France, en France. Et si vous êtes encore plus concentrés, vous pouvez découvrir que vous êtes assis sur cette planète bleue ; vous le sentez, vous êtes sur la planète. Donc vous êtes en contact non seulement avec le Village des Pruniers, mais vous êtes encore en contact avec la France et l’Europe, et vous êtes en contact avec toute la planète. Et si on fait un petit effort de concentration, on va pouvoir découvrir que nous sommes aussi en contact avec les galaxies, le soleil, la lune, les étoiles... et l’ici devient le tout ; c’est parce que l’ici contient le partout ; et c’est la notion d’inter-être qui nous renseigne sur cela. Une particule contient toutes les autres particules. Un moment contient le temps infini. Quand on pense au moment présent, on peut croire que le moment présent est quelque chose séparé du présent et du futur. Mais si on regarde plus près, on voit que le moment présent contient le passé et aussi le futur. Et si on est vraiment établi dans le moment présent, on touche aussi le passé, on touche aussi le futur, et on touche l’Infini. Donc, c’est une chose possible de se mettre en contact avec la dimension ultime maintenant. Quand vous posez votre pied sur la terre, vous touchez non seulement la planète, mais vous touchez aussi tout le cosmos. C’est parce que l’ici contient tout le cosmos. Quand vous êtes en contact avec le moment présent, vous touchez le temps illimité, l’Infini. C’est une chose faisable. Et maintenant, si vous pouvez faire ainsi, alors il n’y a plus de frontières, plus de limites, et vous êtes libres. Je me souviens que l’écrivain André Gide a dit quelque part que"Dieu est bonheur". J’ai médité sur cela ; je l’ai trouvé très intéressant, très profond. On va se demander de quelle sorte de bonheur il parle. C’est parce que Dieu, c’est l’absolu, c’est l’infini, c’est l’ultime, c’est la fondation de l’être. Et si vous pouvez toucher votre fondation, votre nature propre, alors vous aurez une sorte de bonheur qui ne se compare pas avec les autres sortes de bonheur ; comme la vague. La vague peut sentir un bonheur quand elle monte, mais après la montée il y a la descente, et avec la descente il y aura la peur. Donc le plaisir de l’ascension va s’associer avec la peur de la descente. Mais si la vague est capable de réaliser qu’elle est l’eau, si elle est capable de toucher sa nature véritable, sa nature ultime, sa nature d’eau, toute peur s’évanouit alors. Elle s’amuse quand elle monte, elle s’amuse aussi quand elle descend. Donc si la vague peut réaliser qu’elle est l’eau, ce bonheur est absolu. Nous aussi quand nous pouvons toucher la réalité de Dieu, notre bonheur est un bonheur absolu. Dans le bouddhisme on ne parle pas de Dieu. Cela ne veut pas dire que dans le bouddhisme on ne parle pas de la dimension Ultime, de l’Absolu. Non, on en parle bien sûr. Mais on utilise d’autres mots comme l’Ainsité, comme la nature véritable des choses, comme le Nirvana.

Il y a eu beaucoup de discussions dans la théologie, afin de savoir si Dieu est une personne ou bien s’Il n’est pas une personne. Il y a des théologiens qui disent que Dieu n’est pas une personne mais que Ce n’est pas non plus quelque chose qui est moins qu’une personne. "God is not a person, but is not less than a person".

Pour moi, je voudrais offrir une autre définition de Dieu : Dieu peut être une personne mais Dieu est aussi plus qu’une personne. Il doit être plus qu’une personne. C’est une chose facile à comprendre. Nous, les êtres humains, nous avons le droit de concevoir Dieu comme une personne. Avec cette personne-là nous pouvons parler, nous pouvons converser, nous pouvons prier. C’est pour cette raison-là que nous avons besoin de Dieu comme d’une personne. La prière sera dès lors possible. Mais quant à moi, je peux parler aux étoiles, je peux parler aux arbres, aux ruisseaux ; je n’ai pas vraiment besoin d’une personne pour pouvoir parler ; je peux parler à l’univers ; je peux parler aux oiseaux, au soleil, à la lune, aux étoiles... Donc, ce n est pas absolument essentiel que Dieu soit une personne...mais je suis d’accord que Dieu peut être une personne. Dieu est même beaucoup plus qu’une personne. Nous, les hommes et les femmes, nous avons le droit de concevoir Dieu comme une personne, mais les roses, par exemple, ont le droit de penser que Dieu est une rose, la plus belle des roses. Elles ont le droit de penser comme cela. Et les poissons aussi ont le droit de penser que Dieu est le poisson le plus merveilleux. Mais en regardant avec plus de sagesse, on voit non seulement que Dieu peut être une rose, mais que Dieu est aussi beaucoup plus qu’une rose. Dieu peut être un poisson, Dieu peut nager comme un poisson, mais Dieu peut faire mieux qu’un poisson. Dieu peut voler comme un oiseau aussi ! Bien sûr que la vague a le droit de penser que l’eau c’est une vague, elle a raison, mais l’eau est beaucoup plus qu’une vague. Dans la vie quotidienne on cherche des conforts matériels, ont cherche des conforts sentimentaux, on perd tout son temps dans cette recherche, parce qu’on pense que le confort matériel et le confort sentimental sont essentiels à notre bonheur. Il y a ceux ou celles d’entres nous qui ne cherchent que le confort. Ils n’ont pas eu l’occasion de chercher quelque chose de plus que le confort matériel et sentimental.

Il y a ceux ou celles d’entre nous qui cherchent l’Absolu, qui cherchent la dimension Ultime de notre être. Et quand nous marchons avec cette Pleine Conscience, avec cette concentration forte, on peut toucher l’Absolu, on peut toucher Dieu, on peut toucher le Nirvana, comme la vague qui peut toucher l’eau en elle. Une fois que la vague touche l’eau, elle perd toute peur et son bonheur est un bonheur absolu. Il est possible pour les hommes et les femmes de toucher le bonheur absolu… Maintenant. Dans le bouddhisme zen on parle de sa nature propre. Le but de la pratique c’est de pouvoir toucher et réaliser sa propre nature, et devenir ainsi un Bouddha. Un Bouddha est celui ou celle qui a réussi à toucher sa propre nature. La nature de la non-naissance et de la non-mort. Il n’y a alors plus de peur. Quand vous regardez, quand vous observez la vague, vous pouvez voir que la vague a cette capacité de réaliser qu elle est l’eau ; et c’est parce qu’elle est capable de cela qu’elle monte avec joie, qu’elle descend avec joie. Elle n’est plus accablée par l’anxiété. C est parce que elle réalise que sa nature est la nature de la non-montée, de la non-descente. Elle n’est plus sujette à la naissance ni à la mort, l’être et le non-être ; en pratiquant la méditation, on peut faire exactement la même chose grâce au regard profond, à la marche méditative, à l’assise dans la Pleine Conscience ; on peut toucher l’Absolu, on peut toucher la dimension Ultime de son être. Il y a dans chacun de nous un souci, un intérêt à se découvrir soi-même, à découvrir sa propre nature, à découvrir l’Absolu, la fondation de notre être. Et si nous avons suffisamment de temps, suffisamment de conditions pour pouvoir nourrir ce désir-là, cet intérêt, alors nous pourrons nous échapper de cette routine quotidienne qui consiste à chercher toujours le confort matériel, le confort sentimental ; on cherche dès lors quelque chose de plus important, de plus essentiel ; on cherche Dieu ; on cherche le Nirvana ; on cherche la dimension Ultime de soi-même. Et je répète : c’est une chose possible.

(Cloche)

On souffre dans la vie quotidienne des gains, des pertes, de la peur, du souci, de la jalousie ; on perd beaucoup d’énergie à cause de cela ; c’est parce que on a utilisé tout son temps pour chercher le confort matériel, pour chercher le confort sentimental. Mais si on peut se concentrer sur ce besoin très profond en soi : chercher à toucher sa propre nature, chercher Dieu, chercher le Nirvana, chercher notre nature véritable, alors il est possible de transcender la souffrance quotidienne. Et les souffrances qu’on endure dans la vie quotidienne deviennent beaucoup moins importantes. Avant cela, on souffre beaucoup ; mais après cela, on ne souffre plus, même si ces difficultés, ces manques sont toujours là ; mais on ne souffre plus, parce que on a pu s’élever sur un plan beaucoup plus haut. On cherche l’Absolu, on cherche la dimension Ultime, on n’est plus pris dans la dimension historique.

Dieu c’est notre dimension Ultime comme l’eau est la nature, la matière de la vague. Vous savez que la vague n’a pas à courir après quelque chose qu’elle appelle l’eau. L’eau n’est pas l’objet d’une poursuite pour la vague ; c’est parce que la vague réalise qu elle est l’eau ici et maintenant. Dans le bouddhisme on parle de la non-obtention. Ce matin les monastiques ont chanté le Soutra du Cœur ; il n’y a pas de gains, il n’y a pas de pertes ; on n’obtient rien, il n’y a pas d’obtention. La vague n’a pas à courir après l’eau, c’est parce qu’elle est déjà l’eau. Vous êtes déjà ce que vous êtes en train de chercher.

Donc, quand vous posez votre pied sur le sol pour faire la méditation marchée, vous pouvez toucher la terre avec la Pleine Conscience ; avec votre concentration, vous pouvez éprouver du bonheur, de la solidité, de la liberté à un certain degré, mais si vous pouvez en même temps toucher l’ultime avec ce pied-là, votre bonheur sera absolu. Il y a des degrés de bonheur. Quand on a la Pleine Conscience, quand on peut générer l’énergie de Pleine Conscience, on peut vraiment entrer en contact avec le sol ; mais si cette Pleine Conscience est forte, si cette concentration est forte, alors on peut aussi toucher en même temps l’Absolu. C’est pourquoi la terre, le sol contient tout le cosmos, tout le temps. Le temps infini lui aussi contient le cosmos. Quand on touche une chose, on touche le cosmos tout entier. Quand vous êtes assis là sur votre coussin, vous êtes assis d ans l’univers, vous êtes en contact avec l’univers tout entier. Il n’y a rien qui peut vous séparer du cosmos. Il faut seulement un éveil, une manière de regarder ; alors vous êtes avec le tout, vous êtes le tout, et vous touchez votre nature de non-naissance et de non-mort.

Vous n’êtes plus caractérisé comme étant ou non-étant ; l’être et le non-être ne vous touchent plus, ne vous accablent plus. Ce sont des mots, ce sont des notions. Il y a des gens qui disent que Dieu est la fondation de l’être. Moi je ne suis pas d’accord. C’est pourquoi le contraire de l’être est le non-être. Si Dieu est la fondation de l’être, qui sera la fondation du non-être ? Comme Dieu est l’Absolu, il ne peut pas être caractérisé par l’être ou le non-être. Et notre vraie nature c’est la nature de la non-naissance, de la non-mort, du non-être. Et du non non-être. Il faut transcender ces notions-là ; l’être, le néant, la naissance, la mort, ce sont des notions dont on doit se débarrasser. Si vous avez des soucis en ce moment, si vous avez de la douleur en ce moment, si vous avez des conflits, des difficultés avec vous-même ou avec l’autre personne, je conseille d’essayer Dieu.

Essayez le Nirvana ; essayez la dimension Ultime, et vous serez libérés de votre angoisse, de votre peur, de votre colère ; ces choses-là ne seront plus aussi importantes qu’elles semblent l’être. On peut transcender tout cela en se mettant en contact avec l’Absolu ; et cela peut se faire avec la marche méditative, l’assise dans la Pleine Conscience, la respiration dans la Pleine Conscience ; vous pouvez boire le thé dans la Pleine Conscience, pour pouvoir toucher l’Absolu, pour transcender la mort, la naissance, l’être et le non-être.

Il y a une vingtaine d’années j’ai écrit ce poème que je vais vous lire :
Où vais-je trouver la chaîne de l’Himalaya, Ce n’est pas hors de moi, c’est en moi. En moi il y a un sommet montagneux, fort et plein de grâce, Qui se dresse, perdu dans les brumes et les nuages.
L’Himalaya ce n’est pas là, hors de vous, c’est en vous. Vous êtes faits avec la roche, avec les étoiles, avec la poussière. Un proverbe du Moyen-Orient dit ceci : soyez humble, vous êtes faits avec l’eau, mais soyez en même temps noble, c’est parce que vous êtes faits avec les étoiles. Donc cette noblesse et cette humilité inter-sont. C’est parce que les étoiles, elles aussi, sont faites avec la poussière ; il y a la nature de l’inter-être dans la poussière et dans les étoiles. Donc, la noblesse et l’humilité c’est la même chose, elles se contiennent. En regardant l’un vous pouvez reconnaître l’autre. Donc quand on pense aux quatre éléments Terre, Eau, Feu, et Air, on voit que la chaîne de l’Himalaya n’est pas vraiment hors de vous ; c’est en vous. Et quand vous respirez, vous pouvez reconnaître cette montagne pleine de grâce qui est en vous.

Où vais-je trouver la chaîne de l’Himalaya ? Ce n’est pas hors de moi, c’est en moi. En moi il y a un sommet montagneux, fort et plein de grâce, Qui se dresse, perdu dans les brumes et les nuages. Allons-y ensemble, répond cette montagne sans nom, Asseyons-nous sur la pierre sans âge, bleue et verte, Tout en regardant tranquillement le temps tisser le fil de soie qui crée la dimension de l’espace.

Le temps et l’espace inter-sont : quand on regarde le temps, on voit l’espace, quand on regarde l’espace, on voit le temps ; ce ne sont pas deux choses séparées de la montagne. Quand on regarde la montagne on voit le temps et l’espace. Alors, en moi, il y a l’espace infini, le temps infini, et c’est pourquoi cette montagne-là est en moi. Vous êtes vous-même, vous êtes Monsieur Jacques, mais vous êtes aussi la montagne Himalaya. Vous portez en vous cette montagne. Vous portez en vous tout le cosmos. C’est pourquoi le un contient le tout. Et l’univers est pleinement présent en vous dans chacune de vos cellules ; c’est l’enseignement du Bouddha. Tous vos ancêtres, tous vos enfants et vos petits-enfants sont déjà dans chaque cellule de votre corps. Le Un contient le Tout, le moment présent contient le passé et le futur, vous n’avez pas à chercher ailleurs cet Absolu, cette dimension Ultime est en vous. Un jour, le Bouddha est visité par un chevalier, une sorte de dieu, qui s’appelle Ro-Hi-Tassa. Ro-Hi-Tassa s’est présenté devant le Bouddha comme un héros. Il a demandé au Bouddha cette question : « Maître, est-ce qu’on peut sortir de ce monde de souffrance, de naissance, de mort, d’être et de non-être, en voyageant avec la vitesse de la lumière ? » Le Bouddha a dit : « Non, on ne peut pas sortir de ce monde de la souffrance, de la naissance, de la mort, de l’être et du non-être par le voyage ». Et Ro-Hi-Tassa a dit : « Maître, vous avez raison. C’est parce que j’ai essayé dans mes vies passées de sortir du monde en voyageant. Même si je voyageais avec la vitesse de la lumière, je ne pourrais pas sortir de ce monde. Je serais mort avant même de sortir de ce monde". Le Bouddha a sourit et a dit : "Mais en disant cela je n’ai pas dit que l’on ne peut pas sortir de ce monde de souffrance, d’être et de non-être, de naissance et de mort. Si tu regardes dans ton corps d’un mètre quatre-vingt, si tu regardes ton corps de très près et d’une manière profonde, alors il te sera possible de sortir de ce monde-là. » La contemplation du corps dans le corps (contemplation of the body in the body).Vous savez que dans le texte Satipatthana Sutta sur les Quatre Etablissements de la Pleine Conscience, on commence avec la contemplation du corps dans le corps. Si on regarde son corps de très près, on touche la dimension historique, et si on regarde plus profondément, on touche la dimension Ultime. Quand on parvient à toucher la dimension Ultime on sort du monde de la souffrance, de la naissance, de la mort. On n’a pas à voyager. On n’a pas besoin d’engin ni de fuel pour pouvoir sortir de ce monde.

On est là sur son coussin, on n’a pas à voyager. Avec l’oeil de la sagesse, avec la concentration, on peut toucher la dimension Ultime et on est libéré du monde de la souffrance, de la mort, de la naissance, etc. Donc quand je me regarde, dans le corps je vois le cosmos, je vois la montagne. Et ce poème-là c’est le fruit de ma méditation, je l’ai écrit il y a plus d’une vingtaine d’années déjà. Et pendant une tournée de conférence au Brésil je l’ai mis en musique.

Où vais-je trouver la chaîne de l’Himalaya ? En moi il y a un sommet montagneux, fort et plein de grâce, Qui se dresse, perdu dans les brumes et les nuages. Allons-y ensemble, répond cette montagne sans nom, Asseyons nous sur la pierre sans âge, bleue et verte, Tout en regardant tranquillement le temps tisser le fil de soie qui crée la dimension de l’espace.

Il y a l’inter-être. Il y a l’Absolu, il y a l’Infini dans ce que vous regardez, c’est pourquoi vous êtes faits de poussière, vous êtes faits de montagne.

Vers où coule le fleuve Amazone ? En moi une rivière sinueuse fait son chemin. Je ne sais pas du fond de quelle montagne elle s’écoule. Nuit et jour son eau d’argent serpente vers une destination inconnue. Allons-y ensemble, mettons à flot un bateau sur son courant furieux et rapide, Afin de trouver ensemble notre chemin vers le but commun à tous les êtres du cosmos.

Bien sûr il y a de l’eau dans le corps ; il y a de la terre, mais il y a aussi de l’eau ; il y a une rivière. Et on regarde cette rivière formidable en soi-même. On essaie de trouver la source de cette rivière. On veut découvrir le but de notre existence sur cette terre, dans le cosmos. Il y a un désir, une nécessité, un besoin de savoir, de toucher, de retourner chez soi. On veut toucher l’Absolu, la fondation de notre manifestation ; alors, grâce à la montagne, on va pouvoir réaliser cela ; grâce au cours d’eau qui coule jour et nuit en nous, on va pouvoir toucher l’Absolu aussi.

Vers où coule le fleuve Amazone ? En moi une rivière sinueuse fait son chemin. Je ne sais pas du fond de quelle montagne elle s’écoule. Nuit et jour son eau d’argent serpente vers une destination inconnue. Cette destination inconnue, je vais l’explorer. Allons-y ensemble, mettons à flot un bateau sur son courant furieux et rapide, Afin de trouver ensemble notre chemin vers le but commun à tous les êtres du cosmos.

Nous avons cette question-là : quel est le but ultime de ma présence ici ? Et si vous pouvez laisser cette question vous porter, alors vous pouvez transcender toutes le misères quotidiennes. Très très vite.
(Cloche)

Quelle galaxie vais-je appeler Andromède ? En moi il y a une galaxie qui bouge doucement avec des millions d’étoiles brillantes.
En vous regardant dans le corps, vous voyez que les étoiles sont là, vous êtes fait avec les étoiles. Vous n’avez pas à chercher les galaxies hors de vous même, c’est parce que vous contenez le cosmos. Non seulement votre corps contient le cosmos, mais chaque cellule de votre corps contient le temps infini et l’espace illimité.

Envolons-nous ensemble, déchirant le voile de l’espace, ouvrant le chemin vers les nuages. Le bruit de nos ailes battantes atteindra même l’étoile la plus distante.

Chaque geste que nous faisons dans al voie quotidienne touche les étoiles, touche le cosmos tout entier ; chaque parole, chaque geste, chaque pensée affecte le cosmos, change le cosmos, soigne le cosmos, guérit le cosmos. Si nous pratiquons la pensée juste, si nous pratiquons la parole juste, si nous pratiquons l’action juste, ça va nous guérir nous-même et ça va guérir le monde, et c’est cela que le Bouddha recommande. Et c’est une chose possible. Dans la Pleine Conscience, on peut faire surgir une pensée juste, une pensée d’amour, une pensée de compassion. Avec cette Pleine Conscience on peut donner naissance à une parole aimante, une parole juste, une parole qui nous apporte de la confiance, de l’espoir, de l’amour, de l’assurance, et c’est une chose que nous pouvons toujours faire dans le moment présent. Nous tous nous sommes capables de dire quelque chose comme cela. Maintenant et ici. Et cette parole correcte va nourrir le corps et l’esprit, cette parole aimante va guérir la société et le cosmos, et ce n’est pas une chose difficile, c’est une chose faisable. Alors quand on se regarde, on voit une montagne, on voit une rivière, on voit une galaxie, on n’a pas à voyager, on touche en profondeur la dimension historique afin de pouvoir toucher aussi la dimension Ultime.
Quelles espèces vais-je appeler homo sapiens ?

Qu’est ce que c’est que cette espèce-là, Homo Sapiens ?

En moi, il y a un petit garçon, une petite fille si vous voulez. Sa main gauche soulève le rideau de la nuit.

Il y a de l’ignorance. Il y a de l’oubli. Nous avons besoin du soleil, nous avons besoin de la lumière, alors tout le monde cherche. Et avec la main gauche, le petit garçon, la petite fille relève le voile de l’ignorance, des ténèbres.

Sa main gauche soulève le rideau de la nuit Et sa main droite tient un tournesol, sa torche.

Il faut donner à cet enfant-là en vous une chance. Qu’est ce que vous faites avec votre temps ? Vous cherchez le confort matériel et sentimental, comme ça vous ne donnez pas au petit garçon en vous, à la petite fille en vous cette chance. Ce petit garçon doit pouvoir se servir de son bras gauche pour soulever le rideau de la nuit ; avec sa main gauche il tient un tournesol pour éclairer le cosmos. Et c’est la pratique. La pratique du regard profond sur le cosmos, sur l’être, sur le non-être.

Les deux yeux de l’enfant sont des étoiles.

Ce n’est pas de la poésie, c’est de la science.

Les cheveux de l’enfant volent en boucles dans le vent, comme les nuages au-dessus de la jungle ancienne par un après-midi d’orage.
Il y a l’enfant en vous, l’enfant qui cherche. Il y a ce désir très profond en vous de chercher l’Ultime, il ne faut pas enlever à l’enfant cette occasion. Nous sommes tous et toutes un peu trop préoccupés par les choses quotidiennes. Il faut donner à l’enfant en nous une chance, il est toujours là vivant, il cherche, c’est le Bouddha en nous, c’est le Bouddha en devenir.

Quelles espèces vais-je appeler homo sapiens ? En moi, il y a un petit garçon. Sa main gauche soulève le rideau de la nuit. Sa main droite tient un tournesol, sa torche. Les deux yeux de l’enfant sont des étoiles. Les cheveux de l’enfant volent en boucles dans le vent, comme les nuages au-dessus de la jungle ancienne par un après-midi d’orage.

Ensemble, approchons l’enfant et demandons : « Que cherches-tu ? Où vas-tu ? Où est la vraie source ? Où se trouve la destination finale ? Où sont les chemins du retour ? »

Alors, il y a des questions comme ça, et nous n’avons pas de temps pour les poser à nous-mêmes. Ce sont des thèmes de méditation, l’objet de notre contemplation ; en regardant notre corps on peut déjà répondre à ces questions-là. « Que cherches-tu ? Où vas-tu ? Où est la vraie source ? Où se trouve la destination finale ? Et où sont les chemins du retour ? » Alors si on est trop occupés, on ne peut pas répondre à ces questions. Dans la vie quotidienne, on est englouti par le souci, on est préoccupés par des petites choses du quotidien.
Le petit garçon continue de sourire.

Il ne va pas vous répondre, ce n’est pas une question à laquelle on peut répondre oralement, ce n’est pas une question de philosophie métaphysique, c’est une question de pratique, c’est une question de regard profond. Et la méditation c’est ça : la méditation c’est le temps pour pouvoir regarder en profondeur, pour entrer en contact avec la dimension Ultime, et quand vous parvenez à faire cela alors vous êtes libre de toutes les misères quotidiennes. C’est pourquoi vous êtes emportés vers le haut ; la question, le besoin vous soulève au-dessus de ces misères quotidiennes.

Le petit garçon continue de sourire.

Il n’a pas senti le besoin de vous répondre ; si vous voulez le suivre alors c’est possible.

La fleur dans sa main devient soudain un soleil éclatant et rouge, Et l’enfant part seul, Son chemin traversant les étoiles.

Le théologien Paul Tillich a parlé de « ultimate concern » : l’intérêt porté vers l’Absolu ; vous cherchez Dieu, vous cherchez le bonheur véritable, vous cherchez la vraie nature de l’être et du non-être, appelée Nirvana, appelée Ainsité ; c’est le but de la méditation. Vous êtes venus au Village Des Pruniers pour pratiquer et vous pouvez obtenir un soulagement par la pratique de l’assise, de la marche, de la reconnaissance de la peur, de la haine, de la jalousie, de la souffrance ; on peut toujours obtenir un soulagement après quelques jours de pratique, mais le plus grand soulagement ne peut être obtenu que par le contact, la recherche de l’Absolu. Toucher sa propre nature, toucher Dieu, l’Absolu, toucher la dimension Ultime. Et je vous dis : c’est une chose faisable, c’est une chose possible.

(Cloche), (Cloche), (Cloche)

Apres cet enseignement la Soeur Chân Kông a chanté le poème de Thây en nous invitant à toucher la partie Ultime de nous-mêmes, de toucher l’Himalaya, l’Amazone, la galaxie, l’enfant Bouddha, l’enfant Dieu en nous. Si vous êtes inspirés par ce poème écrit par Thây en 1977, vous pouvez écrire la musique pour les versions anglaise et française.

Eglise Bouddhique Unifiée

Village des pruniers
Centre Martineau
33580 Dieulivol
Téléphone :05 56 61 84 18


http://www.villagedespruniers.org/





Buddhaline

E-mail:
Partenaires: O.Vision | Yoga Vision | Karuna | Matthieu Ricard



Cabinet Freling